Bâle Dancers for the World à Elisabethenkirche

mercredi 22 mars 2017 par baleenfrancais

Catherine Habasque Cedric Anselme©VB

Dancers for the World  2 avril 2017 à l’église Ste Elisabeth

Spectacle proposé par Catherine Habasque, directrice de Dancers For the World

Catherine Habasque, directrice de Dancers For the World, une organisation non gouvernementale formée en 2015 à Bâle,  propose le gala annuel de DfW :  Einige Todsünden » (Quelques péchés capitaux) inspiré des Liaisons dangereuses le dimanche 2 avril 2017 à 19h à l’Elisabethenkirche, Bâle.

Certains d’entre vous se souviennent de son spectacle ‘’Elles’’ à l’automne passé.
Accompagnée par la musique de A. Vivaldi, J.S. Bach, G.F. Händel,… cette pièce ‘’Einige Todsünden’’ s’inspire de la variété fascinante d’un siècle entre religion et plaisirs.  Un tableau vivant de plus de 30 acteurs, une fête sensuelle et esthétique à laquelle les spectateurs assistent comme les invités d’une soirée privée accompagnée d’un succulent buffet.

Entretien avec Catherine Habasque

Catherine Habasque Cedric Anselme ©VB

VB : bonjour Catherine  , votre parcours de danseuse et chorégraphe vous a amenée ici à Bâle il y a une quinzaine d’années . Quelles sont les raisons qui ont fait rester la parisienne que vous êtes à Bâle  en terre alémanique ?

CH :  je suis arrivée ici en 2001 à la demande de Richard Wherlock ( NDA directeur du Ballett Basel ) ; j’ai alors quitté Madrid et la Compania  nacional de danza de Nacho Duato  dont je suis restée assistante. Pour moi , Bâle est un super village culturel et je m’y sens très bien ; je suis installée au bord du Rhin et je considère que cette ville sera celle où je resterai . J’ai d’ailleurs plus d’affinité avec la suisse alémanique que francophone bien qu’ayant vécu et travaillé à Lausanne pour le Ballet Béjart.

VB : vous êtes pourtant une grande voyageuse , n’êtes-vous pas nostalgique de la vie de globe-trotter que vous avez menée au cours de votre carrière de danseuse sous la direction des plus grands chorégraphes et metteurs en scène comme Jiri Kylian , Maurice Bejart , Jean-Luis Barrault , William Forsythe…?

CH : non , pas du tout , il y a un temps pour tout et à présent , en qualité de fondatrice de l’association  Dancers for the World Basel , je me déplace dans le monde pour proposer nos spectacles , partout où la danse peut aider des personnes à retrouver une joie de vivre après des épreuves très difficiles , parfois des traumatismes liés à la guerre ,  en Georgie , aux Philippines , au Cambodge… En outre , les six années passées au Ballet de Bâle ont été très remplies , j’y ai monté dans cette pèriode près de 120 spectacles , c’est assez lourd.

VB : Comment vous est venue l’idée de fonder cette antenne bâloise de Dancers for the World ?

CH : la question était déja d’envisager la danse autrement après toutes les années que j’y ai consacré- j’ai commencé à 16 ans – comme pour nombre de mes camarades . Par ailleurs , je pense qu’ un danseur peut réutiliser la faculté d’empathie , d’humanité  qu’il a acquises au cours de son exercice , en se mettant  au service de l’autre tout en modifiant parfois la perception de sa relation au corps , pourquoi pas par le biais d’une cause humanitaire ?Intervenir sur les lieux de tragédies ,l’association Clowns sans Frontières le fait aussi et m’a beaucoup influencée.

Elisabethenkirche ©VB

VB : Dancers for the World est-elle indépendante ?

CH : chaque section fonctionne indépendamment  mais est soutenue par le Conseil International de la Danse à l’UNESCO (UNESCOInternational Dance Council) qui m’a contactée en 2015 pour m’inciter à créer cette section à Bâle. Je m’y suis engagée avec 18 autres danseurs. Je suis persuadée que la danse peut aider le monde à devenir moins agressif et à retrouver la part des rêves volée par un quotidien éprouvant ou même traumatisant.

VB : comment sont rémunérés les danseurs ?

CH : ils ne le sont pas ! Tous travaillent bénévolement, y compris des artistes de renom comme le contre-ténor et danseur Thomas Lichtenecker qui nous a rejoint dans l’association ou la violoncelliste Beatriz Blanco ou encore la danseuse et chorégraphe indienne Sumitra Keshava.  Cette base de volontariat peut rendre les choses un peu compliquées , c’est pourquoi nous sommes en recherche de sponsors que nous devons convaincre du bien – fondé de Dancers for the world .Pour l’heure , nous sommes tout de même une quarantaine .

VB : justement , lors des spectacles que vous mettez en scène , combien de danseurs reunissez-vous ?

CH : l’an passé pour la première édition , nous avions monté une chorégraphie rassemblant 70 danseurs et musiciens ; pour la session du 2 avril 2017 , seulement 30 artistes se produiront . L’idée est de proposer au public un melting pot musical appelant aussi bien le flamenco que la danse indienne ou le Hip-Hop, ce que nous faisons aussi lorsque nous voyageons , mais de façon décalée : le Cambodge découvre la danse indienne et la Georgie le Hip-Hop.

VB : parlons de l’actualité de Dancers for the World Basel ?

CH : le spectacle que je propose le 2 avril avec l’aide de Cedric Anselm ( NDA : danseur du Ballett Basel jusqu’en 2014 ) est inspiré des Liaisons dangereuses . Le public pourra évoluer librement  au milieu des danseurs dans les travées de l’Eglise Elisabeth que j’ai associée dès le début aux propositions de Dancers for the World.

VB : quels sont les projets pour Dancers for the World?

CH: je m’interesse à la Fondation Gol de Letra  de Rio avec laquelle je pourrais envisager une collaboration qui vient en aide aux enfants des favellas.

La danse est un art généreux : qu’on se le dise !

Réservations : cid.basel@gmail.com, tél +41 78 842 06 17, tarifs réduits pour les membres de l’Alliance Française

http://www.catherine-habasque.ch

President and founder

DfW / CID section Basel

http://www.dancersfortheworld.org

 

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