Benjamin Clementine aux Stimmen à Lörrach

mercredi 19 juillet 2017 par baleenfrancais

Benjamin Clementine Stimmen 2017©VB

Benjamin Clementine , Le Prince de Londres porte une étole de rafia sur une combinaison d’ouvrier et marche pieds nus comme ses musiciens

Benjamin Clementine Stimmen 2017 Photo VBBenjamin Clementine Stimmen 2017©VB

Une fois n’est pas coutume , il faut parler du physique avant de parler du job : Benjamin Clementine , environ 2 mètres – avec les cheveux – , une voix à réveiller les morts rappelant furieusement Tom Waits  dans ses moments les plus mélancoliques ( I won’t complain , Cornerstone ou Condolence  – venir de rien , y retourner et s’en souvenir :  absurde destinée de l’humanité , angoisse existentielle par excellence ) ou …Tom Jones dans ceux plus rock – à cause de la tessiture de caverne – un visage glabre aux traits fins surmonté d’une coiffe royale à la Little Richard , une salopette de travailleur réchauffée d’une étole non d’hermine mais de rafia, le tout pieds nus, plus pratique pour sauter d’un instrument à l’autre ! Pour la musique , on navigue sur les montagnes russes au rythme de syncopées musicales inattendues,  parfois brutales servies par une voix de stentor et un piano fantasque qui joue tantôt des berceuses, tantôt  scande une mise en scène digne d’un  opéra -rock. Car Clementine n’est pas seul avec son piano sur scène , il est accompagné de 4 choristes dont on ne sait pas trop si leurs tenues devraient évoquer des uniformes de prisonnière ou d’employé dans une fabrique de chimie , ou encore des  fantômes  bienveillants – ou pas -. Le Divin pourrait peut-être expliquer les choses si l’on observe mieux ce chanteur à voix courbé sur son clavier  comme en une sorte de prière ; Clementine ne considère-t-il pas la musique comme une  véritable religion , la seule raison selon lui qui pourrait justifier la présence du public durant 2 heures entières à ses concerts ?

Benjamin Clementine,  auteur-compositeur-interprète anglais , porte haut la petite trentaine . Il grandit à Edmonton dans le nord de Londres mais c’est vers la France qu’il se tourne à seulement 19 ans pour assouvir son désir d’embrasser la musique  . ( En me répétant si souvent  » Bonne chance , bon courage !  les parisiens m’ont donné confiance » ).  Bien qu’il ait su très vite reproduire les notes d’Erik Satie au piano grâce à l’investissement de son grand frère Joseph , Clementine est un pur autodidacte  amoureux de grands compositeurs classiques comme Chopin , Puccini , ou Debussy .  À Paris, après des années de galère ,- même Montmartre peut devenir une expèrience cruelle si l’on a pas où dormir -,  il  finit par se faire remarquer par un agent clairvoyant jusqu’à se retrouver en 2015 au Festival de Cannes. Notons que la chance , heureusement ,  lui a souri un peu plus tôt qu’à Rodriguez , inoubliable Sugar Man , Phoenix ressuscité aux yeux du monde seulement au détour des années 2000 .

Oui , Benjamin Clementine revient de loin . Avant de briller sous les projecteurs des scènes  internationales jusqu’à obtenir le prestigieux Mercury Prize en 2015 décerné à des stars comme PJ Harvey ( Il dédia son prix aux victimes des attentats de Paris du  13 novembre 2015 ) pour son premier album  » At Least for Now  »  ,  il lui a fallu essuyer les pavés parisiens et squatter la ligne 2 du métro de la capitale , un chemin de croix  sans aucun doute éprouvant  mais qui est devenu la source d’inspiration essentielle de ses compositions en révélant son sens aigu de la dramaturgie . Benjamin Clementine , bien qu’ayant été piètre écolier , s’est toujours interessé à la litterature au point de se transformer en rat de bibliothèque , un autre détour  pour parvenir au statut d’auteur-compositeur  qu’il est devenu , bien que l’observation des autres reste le critère premier de son écriture.

Benjamin Clementine , le vagabond classieux , sera à Rome en le 25 juillet , à New-york en octobre au Carnegie Hall, en novembre à Bordeaux , et au Grand Rex à Paris , Moscou , Hambourg , Munich , Berlin. Köln, Luxembourg , Milan , Londres…. Pas facile à suivre !

Danke schön Bitte schön , wie geht es dir ?  Oui , Clementine peut tutoyer son public car il l’a totalement captivé , même avec cette voix  parlée si douce , un peu timide qu’on a du mal à caler sur la bouche du chanteur qui faisait son numéro sur la scène du Burghof il y a un instant seulement !  Alors , voilà : au risque de passer pour une niaise midinette , je dirais volontiers que le froid n’a pas le monopole de la chair de poule , il y a aussi Benjamin Clementine . Bouleversant ! CQFD

Ars longa, vita brevis / Hypocrate ( l’art dure , la vie est courte )

« La musique est un art , oui , mais j’ai longtemps pensé que c’etait  juste une manière de survivre « 

Nouvel Album : I Tell A Fly

BENJAMIN CLEMENTINE

STIMMEN

Benjamin Clementine Stimmen 2017 photo VBBenjamin Clementine Stimmen 2017©VB
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