China Moses au Théâtre la Coupole

vendredi 14 juillet 2017 par baleenfrancais

Luke Smith China Moses Neville Level Malcolm Jerôme Terry Luigi Grasso Stimmen 2017 Théâtre La Coupole Photo VBLuke Smith China Moses Neville Level Malcolm Jerôme Terry Luigi Grasso Stimmen 2017 Théâtre La Coupole ©VB

China Moses s’installe au Théâtre La Coupole de Saint-Louis dans le cadre du Festival Stimmen de Lörrach

Hot talent ! China Moses chanteuse de Jazz : grand coeur et large sourire

China Moses Stimmen Théâtre la Coupole 12 juillet 2017 Photo VBChina Moses Stimmen Théâtre la Coupole 12 juillet 2017©VB

Parfois , on peut donner une bonne idée de ce que sont les gens en les situant par rapport à leur contraire . Par exemple , sur une échelle de 0 à 10 , China Moses se situerait sur le 10 , à l’exact opposé d’un Bob Dylan devenu le symbole du grincheux méprisant calé sur le 0 de l’empathie . Comme quoi le talent s’imprime de façon différente chez les stars , une question de coeur surement . China Moses et sa gouaille envoutante ont séduit  le public entier du Théâtre La Coupole de Saint-Louis hôte du Festival Stimmen de Lörrach, en chantant bien sur , mais aussi en racontant des tas d’histoires plus ou moins personnelles .

Entre deux morceaux naviguant entre blues, RnB, pop , free jazz et funk ( China est fan de Marvin Gaye mais aussi de Janet Jackson ) , China Moses engage généreusement  une conversation à bâtons rompus avec nous tous . Elle nous raconte des histoires comme celle de cette Desperate Housewife qui  doit planquer son amant sous le lit à l’arrivée du mari Honey i’m home ! Un bon Vaudeville avec portes qui claquent comme on les aime. Ou encore, une affaire d’addiction amoureuse pudiquement métaphorisée par celle à la nicotine. Encore une autre : derrière China Moses  dont la sensualité n’aurait vraiment rien eu à envier à la cultissime Marilyn se cache  une bête de scène . Mimer consciencieusement l’Ivresse de l’amour un verre d’eau à la main en accompagnant les déhanchements faussement désordonnés de l’ivrogne en conversation animée avec ses démons , China sait faire aussi .

China Moses a de l’humour : après avoir expliqué ne pas avoir très bien compris pourquoi elle et ses musiciens ont du atterrir à Zürich, en Suisse,  pour jouer à Saint-Louis , en France ( pas au Sénégal !) , dans le cadre d’un festival proposé à Lörrach ,en  Allemagne , China fait une petite mise au point comique : les gens envient notre vie de saltimbanque mais savent-ils que la plupart du temps ,  nous ne connaissons des villes que nous traversons que les halls d’aéroport , les chambres d’hôtels et les sièges des taxis . Après les concerts , on est fatigués , on rentre se coucher mais notre consolation ce sont les hommes et les femmes que nous rencontrons pendant nos concerts . Cher public de Saint-Louis , désolée, nous ne verrons pas  non plus votre ville ! 

Nightindale 6ème album  : 11 morceaux créés en 5 jours , on en redemande !

China Moses Stimmen Théâtre la Coupole 12 juillet 2017 Photo VBChina Moses Stimmen Théâtre la Coupole 12 juillet 2017©VB

Avant de se consacrer exclusivement à la musique,  China Moses a longtemps oeuvré pour la télé , notamment en chroniquant  au Grand Journal de Canal+ avec Michel Denisot , un exercice qu’elle connaît parfaitement  pour avoir travaillé pour le petit écran durant 13 années ; depuis 2011 , les amateurs de jazz peuvent l’écouter sur Jazz radio où elle anime sa propre émission Made in China. L’autre raison majeure pour laquelle nous la connaissons est sa célèbre filliation :  China Moses est la fille de DeeDee Bridgewater et du realisateur Gilbert Moses, autant dire qu’elle est tombée très tôt dans la marmite artistique ( vers 7 , 8 ans accompagnant sa célébrissime maman sur scène ) . En 1996, la chanteuse franco-américaine sort son  premier album Time  assorti du clip de JB Mondino . 5 albums plus tard , composés essentiellement de grands standards du jazz , Nightindale  est de facture plus personnelle : China raconte que les 11 morceaux sont – enfin- des compositions originales créées en à peine en 5 jours avec le producteur Anthony Marshall et des musiciens anglais ; chaque morceau a son propre univers , quelque chose qui a à voir avec la vie bien réelle, celle de la nuit , et a été enregistré à Londres dans la plus pure tradition : on s’enferme dans un studio et on bosse.

China Moses quitte le Théâtre de la Coupole non sans avoir cédé à la traditionnelle séance de dédicace de façon plutôt originale , c’est-à-dire sans quitter la scène ; si nous sommes nombreux à repartir avec le Nightindale sous le bras signé des mains de China , elle-même embarquera en souvenir les videos prises par ses soins du bout de sa perche à selfie durant le concert ( on est jamais jamais mieux servi que par soi-même ) et la vision du public debout doublant les notes du saxophone de Luigi Grasso avec bonne grâce. Désormais , nous serions tentés de nous interroger :

Dee Dee Bridgewater ?? Ah oui ! la mère de China Moses ! Mais nous ne le ferons pas :  » ma mère est ma première supportrice et on me demande souvent pourquoi nous ne croisons pas nos musiques. Il faut savoir que , sur China. mon  premier album , je reprend la chanson Bad for me  de ma mère et que sur le second On tourne en rond , ma mère a fait tous les choeurs. »

La collaboration Stimmen /Théâtre la Coupole a de beaux jours devant elle . Markus Mufler , directeur du Stimmen Festival et Eleonora Rossi , directrice du Théâtre la Coupole peuvent se réjouir car China Moses a su remplir aux trois quarts la salle du Théâtre.

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