Daniel Mesguich était à La Coupole

vendredi 3 mars 2017 par baleenfrancais

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Daniel Mesguich monte Le Prince Travesti 41 ans plus tard

Le Prince Travesti Sarah Mesguich photo VBLe Prince Travesti Sarah Mesguich ©VB

41 ans ! On a évidemment tendance à ramener l’interêt de la pièce à la raison d’être de cette répétition avant de se concentrer sur la pièce elle-même . Alors , pourquoi répéter ? Disons que Daniel Mesguich affectionne particulièrement  Marivaux et que le faire rejouer par Sarah et William ses enfants , ajoute certainement au plaisir de la redite.

Le Prince Travesti William Mesguich photo VBWilliam Mesguich dans Le Prince Travesti ©VB

Bien sur , Daniel Mesguich n’est pas tout à fait le même  mais pas tout à fait un autre non plus  : en 40 ans de carrière , ce stakhanoviste du théâtre a monté plus de 100 pièces , une quinzaine d’opéras et prêté son talent au cinéma chez Girod , Costa-Gavras , Mnouchkine, Truffaut… Côté privé,  Monsieur Mesguich  compte 7 petits enfants et sera bientôt papa pour la 5 ème fois . Autant dire que l’ex directeur du Conservatoire National d’Art Dramatique de Paris n’a pas pour habitude de se reposer sur ses lauriers. Et Monter de nouveau Le Prince Travesti n’est pas une façon de se reposer , il suffit d’observer avec quelle précision proche de la maniaquerie sont traîtés les réglages son et lumière .

Comme il y a 40 ans , la synchronisation son et lumière reste l’objet d’un travail méticuleux voire millimétré  et même si la fée informatique est passée par là , le Prince Travesti et ses comparses doivent suivre à la lettre les indications du maître Mesguich qui ne plaisante pas sur le sujet dont les décalages , fussent-ils comptés en secondes et centimètres ne sont pas admissibles : Mesguich aurait-il été  horloger suisse dans une autre vie ?

Quels sont les protagonistes ? Un prince travesti , Lelio,  une princesse et son amie Hortense  raides dingues du belâtre , un fourbe sautillant qui retourne sa veste au plus offrant , Arlequin , enfin un conseiller hideux  à l’ambition démoniaque , Frederic . La table est dressée , jouons ! Il va y avoir du sport car les personnages , dont aucun ne se satisfait de sa condition , doivent évoluer entre les murs de miroirs déformants qui leur renvoient sans cesse une image qu’ils rejettent : celle du Prince et de la princesse voués à un mariage de raison, celle d’Hortense victime de l’amour embourbée dans sa fidélité à l’égard de la Princesse, celle de Frederic le laid hargneux, celle d’Arlequin le domestique cupide et veule.

Daniel Mesguich présente un tableau digne de la famille Adams même si , au départ , les femmes rient à gorge déployée . On s’amuse en jouant à Colin Maillard ,  jeu  révélateur où l’on distingue mal le vrai du faux , le bon du mauvais. A la fin , plus personne ne rit , tout le monde intrigue songeant à la meilleure façon de tirer son épingle du jeu. En définitive , tout ce petit monde est prêt à tous les stratagèmes de séduction pour attirer la lumière  , l’amour est bien  un jeu politique , c’est Marivaux qui vous le dit !

THEATRE LA COUPOLE

DANIEL MESGUICH

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