Paris Galerie Thaddaeus Ropac

mardi 5 décembre 2017 par baleenfrancais

Gilbert et George_BEARDED_2015_Courtesy Thaddaeus Ropac ©Gilbert et George

La galerie Thaddaeus Ropac présente ILYA & EMILIA KABAKOV MUSIQUE DE CHAMBRE
2 DÉCEMBRE 2017 – 24 FÉVRIER 2018

PARIS MARAIS 7 RUE DE DEBELLEYME, 75003 PARIS, FRANCE

Concert for a Fly (Chamber Music) (1986)Concert for a Fly (Chamber Music) (1986) Emilia Kabakov
IKA Photo Ilya Kabako and Emilia Kabakov / Adagp, Paris, 2017IKA© Ilya Kabako and Emilia Kabakov / Adagp, Paris, 2017

La Galerie Thaddaeus Ropac a le plaisir de présenter Concert for a Fly (Chamber Music), une exposition d’oeuvres historiques d’Ilya et Emilia Kabakov. Artistes russes vivant aux Etats-Unis, Ilya et Emilia Kabakov comptent aujourd’hui parmi les artistes les plus importants de la seconde moitié du XXème siècle.

Concert for a Fly (Chamber Music) (1986) est une installation historique, exposée pour la première fois en 1986 à la Neue Galerie de Dierikon (Suisse), puis en 1992 au Centre d’art contemporain de Cleveland et au Kölnischer Kunstverein de Cologne. Elle appartient à une série de dix installations qui chacune représente un personnage différent.

Exposée aujourd’hui dans notre galerie du Marais, elle trouve une nouvelle signification. D’après Emilia Kabakov, cette installation «raconte l’histoire d’une personne qui ne peut échapper aux peurs, aux problèmes et à l’oppression de la vie quotidienne. Nous espérons qu’aujourd’hui, à Paris, malgré toutes les peurs et les insinuations liées à la vie politique, ce travail si poétique, pourra être reçu et apprécié à nouveau.

Au centre de l’œuvre, une mouche de papier pend au plafond. Douze chaises vides et douze pupitres sont disposés en cercle autour d’elle.  Sur chaque pupitre est posée une feuille blanche avec des dessins colorés et des textes en russe, traduits en anglais. Certaines comprennent également des partitions musicales. Tout semble indiquer la mouche immobile, qui sert de point focal en attirant notre regard vers le haut et en orchestrant nos mouvements. Un son continu de musique classique émerge d’une source indéfinie. Il contient des notes abstraites, maintenant le spectateur dans un état d’attente, comme si un concert devait débuter.

Une fascination pour le caractère parasitaire de la mouche et ses qualités anthropomorphiques anime depuis longtemps les artistes. La mouche apparaît comme un personnage récurrent et un concept tout au long de leur œuvre. Pour eux, le concept de la mouche est aussi volatile que la mouche elle-même. Concert for a Fly (Chamber Music) est un exemple d’installation totale, terme inventé par Ilya Kabakov. Dans le catalogue raisonné des artistes, l’historien d’art Oskar Bätschmann les décrit comme des constructions encyclopédiques dans lesquelles on pénètre, invitant ainsi le spectateur à devenir un participant actif. Même si l’espace est complètement occupé par l’installation, le spectateur se retrouve avec un sentiment d’illusion et une sensation persistante de vide. Cet état flottant est un thème récurrent de leur travail.

Une deuxième installation nous amène dans une autre salle avec Concert For A Fly (1993), accompagnée d’un arrangement musical de Joseph Morag. La pièce contient des toilettes usagées éclairées par une ampoule à filament. Des murs délabrés et de vieux travaux de peinture entourent une fenêtre qui donne sur un espace vide. Un essaim de mouches grouille autour de la fenêtre et se rassemble autour de la partition pour ‘A Fly Symphony’. Tout ceci participe d’un sentiment général d’abandon mélancolique.

The Fallen Chandelier (1997) est une situation qui nous prend par surprise entre ces deux installations. Le lustre s’est clairement détaché du fil électrique qui le retenait au plafond et s’est écrasé au sol. Le tintement de cristaux qui s’entrechoquent emplit l’espace. Le lustre parle de la nature transitoire de la fonctionnalité, de l’absence ou de la disparition d’objets pratiques et de leur re-matérialisation sous la forme d’une présence indéfinie. «Que s’est-il passé ici?»: Une catastrophe inattendue, un événement qui sort de l’ordinaire et extrait de son inertie le visiteur captivé pour le faire entrer dans un état de réflexion et d’aventure.

Paris occupe une place singulière dans la carrière d’Ilya et Emilia Kabakov. C’est notamment grâce à leur participation à Monumenta au Grand Palais en 2014 que leur travail a acquis une plus grande reconnaissance auprès du public français.

Bien que l’œuvre des Kabakov soit profondément enracinée dans le contexte social et culturel soviétique qui les a vu naître et grandir, leur travail a atteint une dimension universelle. Parmi leurs projets de grande envergure, on peut citer leur participation à la documenta IX à Kassel en  1992, le pavillon russe de la 45ème Biennale de Venise en 1993, leur participation à la documenta IX à Kassel en  1992, et leur exposition The Strange City pour la Monumenta 2014 à Paris qui a ensuite été présentée à la Powerstation de Shanghai  en 2015.

L’année 2017-2018 est celle d’une consécration internationale. Leur exposition Not Everyone Will be Taken Into the Future à la Tate Modern de Londres (18 Octobre 2017 – 28 Janvier 2018) voyagera ensuite au Musée de l’Hermitage à Saint Petersbourg et à la Galerie Tretyakov à Moscou en 2018. Une exposition rétrospective des maquettes de leurs installations est également en cours au Hirshhorn Museum de Washington, D.C. jusqu’en mars 2018.

En parallèle cette exposition d’installations, des peintures récentes d’Ilya Kabakov sont présentées jusqu’au 6 janvier 2018. Les trois séries reflètent Ia reIation compIexe que I’artiste entretient avec Ie passé, en particulier avec les notions de mémoire individuelle et collective. Ilya Kabakov endosse à chaque fois la personnaIité d’un peintre différent, faisant ainsi cohabiter plusieurs niveaux de réalité.

IRVING PENN THE FLAVOUR OF FRANCE  jusqu’au 6 janvier 2018

Marcel Duchamp New York, 1948 Photo The Irving Penn FoundationMarcel Duchamp New York, 1948© The Irving Penn Foundation

The Flavour of France, la première exposition de la galerie consacrée au photographe américain Irving Penn (1917-2009). Intitulée d’après un essai publié par Irving Penn en 1960, l’exposition se concentre sur trois séries majeures de l’artiste réalisées entre 1947 et 1950 : les Nus, les Petits Métiers et les Portraits d’artistes, chacune explore à sa façon la relation étroite qu’Irving Penn a entretenu avec la France au cours sa vie, tant par ses visites fréquentes que par leur souvenir idéalisé.  L’exposition coïncide avec la célébration du centenaire de l’artiste et la rétrospective organisée à cette occasion par les Galeries Nationales du Grand Palais du jusqu’au 29 janvier 2018, à l’initiative du Metropolitan Museum of Art de New York.
Depuis septembre 2017, la Galerie Thaddaeus Ropac représente la Irving Penn Foundation in France en collaboration avec Pace/MacGill Gallery, New York.

Portraits, Paris-New York, 1947-50

Balthus (Balthasar de Klossowski de Rola) (B), Paris, 1948 PhotoThe Irving Penn FoundationBalthus (Balthasar de Klossowski de Rola) (B), Paris, 1948© The Irving Penn Foundation

 Irving Penn a acquis une renommée internationale grâce à la composition élégante et à la profondeur psychologique de ses portraits. Réalisées à la demande d’Alexander Liberman, directeur artistique de Vogue et mentor de Penn, les œuvres frappent par leur simplicité graphique et leur impact visuel, des qualités essentielles à l’impression sur papier glacé. Les portraits de Penn sont le résultat de séances exigeantes, au cours desquelles le photographe essaie de « trouver des moyens de fendre la carapace de ses modèles et les incite à baisser leur garde », comme le commente Maria Morris Hambourg, commissaire de l’exposition du centenaire au Metropolitan Museum de New York.

Le manque de contexte perturbe la notion d’échelle et met l’accent sur ce que révèle le langage corporel du modèle, mais également sur ce qu’il cache, qu’il s’agisse de la présence caverneuse du Père Couturier ou de la mystérieuse silhouette de Marlene Dietrich. Irving Penn développa ce style anti-narratif jusqu’à la fin de sa vie, toujours à la recherche d’un style pondéré et résolu habituellement dédié à la peinture.

Nus, New York, 1950

 En parallèle de son travail pour Vogue dans les années 1940, Penn initie le projet personnel de photographier le corps féminin d’une manière inédite. Cela allait devenir, selon ses propres mots, l’expérience artistique majeure de sa vie. Dégagé des exigences commerciales, il commence une série de nus dans son studio privé situé au 480 Lexington Avenue. Des heures durant, Penn scrute les moindres changements de pose à travers la fenêtre de son Rolleiflex.

Nude No. 62, New York, c. 1949-1950 Photo h The Irving Penn FoundationNude No. 62, New York, c. 1949-1950© The Irving Penn Foundation

Penn commence par photographier des modèles minces dans des poses contorsionnées, puis, s’écartant des canons de la mode, il se met à photographier les femmes aux formes rondes que l’on retrouve dans la plupart des tirages originaux.

Comme l’affirme Maria Morris Hambourg : « La charge érotique de ces clichés est très élevée, mais, comme lors des séances elles-mêmes, celle-ci est contenue dans une distance esthétique. Son musée imaginaire était plutôt rempli des contours et surfaces veloutés des nus d’Arp, de Brancusi, de Maillol, de Moore, de Picasso et de Matisse qui fleurissaient dans les magazines artistiques européens des années 1930. »

La qualité sculpturale du travail de Penn, où le corps apparaît souvent tronqué, déformé et presque abstrait, est renforcée par l’attention portée à la tactilité de l’image elle-même. Pour le tirage de ses Nus, Penn utilise un procédé expérimental afin de créer ces images éthérées où les détails s’estompent et les courbes s’aplanissent en des plans abstraits d’ombre et de lumière.

Aujourd’hui considérée comme un aspect essentiel de son travail artistique, cette série est demeurée en grande partie inédite avant de faire pour la première fois l’objet d’une exposition à la Malborough Gallery de New York en 1980.

Petits Métiers, Paris, 1950

Telegraphiste, Paris, 1950 Photo Condé NastTelegraphiste, Paris, 1950 © Condé Nast

 À la fin du mois de juillet 1950, Irving Penn revient à Paris photographier les collections de haute-couture pour Vogue avec l’idée de débuter une nouvelle série autour des petits métiers. Influencé autant par les portraits réalisés par Eugène Atget au début du siècle que par l’œuvre engagée de Walker Evans, il développe sa propre vision. Choisissant d’isoler le sujet dans un studio loué par Vogue rue de Vaugirard, il s’éloigne du décor vernaculaire de la rue.

En 1991, il se remémorerait : « un flot constant de travailleurs, de vendeurs de rue, de marginaux grimpaient les six étages jusqu’au studio où ils prenaient la pose entre une séance de mode et un portrait d’une célébrité. »

Les travailleurs posent devant l’objectif avec leurs outils dans l’espace neutre du studio qui procure un semblant d’éternité à leur portrait. Dans Moments Preserved (1960), Penn confie « comme tous ceux qui se sont intéressés à l’aspect des travailleurs, j’étais motivé par le fait que ce qui distingue un individu et la fierté qu’il tire de son activité semblaient en déclin. » Il poursuivit ensuite cette série à Londres et à New York jusqu’à établir progressivement une sorte de typologie. Celle-ci finit par constituer son corpus le plus important.

Devenue l’un des jalons majeurs de la photographie moderne, cette série peut être considérée comme un manifeste de la méthode photographique de Penn. Comme il l’a lui-même affirmé au cours d’un séminaire organisé par Edward Steichen au MoMA en 1950 : « Le photographe moderne apporte la même attention et le même soin à son sujet, qu’il s’agisse d’une reine, d’une chaise, d’un mannequin, d’un soldat, d’un cheval. Il trouve toujours quelque chose de lui dans son sujet, et inversement. »

A propos d’Irving Penn

 Né en 1917 à Plainflied dans le New Jersey dans une famille russe d’origine juive, Irving Penn étudie à la Philadelphia Museum School of Industrials Arts de 1934 à 1938 où il suit l’enseignement d’Alexey Brodovitch dans son Design Laboratory.

Le travail de Penn a d’abord été publié dans les pages de Vogue, ce qui lui a permis d’être reproduit et largement diffusé. En 1943, le nouveau directeur artistique de Vogue, Alexander Liberman, engage Penn pour préparer la maquette du magazine et

suggérer des idées pour les couvertures. Liberman, également un russe immigré, se penche sur les planches contact réalisées par Penn au cours de ses derniers voyages, et reconnaît là “un esprit, un regard qui savait ce qu’il voulait voir”.

Après la seconde Guerre Mondiale, alors que Penn se forge une réputation pour ses natures mortes et ses portraits au style saisissant, Liberman l’envoie autour du monde pour effectuer des séries de mode et des portraits. Ces expériences formatrices confirment la préférence de Penn pour la photographie dans l’environnement contrôlé du studio où il écarte tout ce qui n’est pas essentiel à ses compositions et peut se concentrer uniquement sur son modèle. De 1964 et 1971 Penn voyage de plus en plus pour le compte de Vogue, au Japon, en Crète, en Espagne, au Dahomey, au Népal, au Cameroun, en Nouvelle Guinée et au Maroc. Penn est de plus en plus libre de porter son intention sur ce qui l’intéresse vraiment: réaliser des portraits de gens en lumière naturelle.

Au début des années 1970, Penn quitte son studio de Manhattan pour s’immerger dans le laboratoire qu’il a construit dans la ferme familiale de Long Island afin de réaliser des tirages platine. Cette expérience le conduit à concevoir trois de ses séries les plus emblématiques: Cigarettes, 1972 (présentée au MoMA en 1975), Street Material (1975-76, exposée au Metropolitan en 1977), Archeology (1979-80, montrée à la Malborough Gallery en 1982). Tout comme sa série précédente des Nus, ces travaux tranchent radicalement avec les usages prédominants de la photographie.

En 1984, une rétrospective organisée par John Starkowski lui est consacrée au Museum of Modern Art, celle ci est reprise dans le monde entier jusqu’en 1989. Après sa rétrospective, Penn se remet à peindre et à dessiner tout en incluant le tirage platine dans sa pratique.

Les dernières décennies de sa vie témoignent d’une créativité sans précédent. Déterminé à décider de l’œuvre qu’il laisserait derrière lui, il entreprend de structurer et de sélectionner ses archives avec soin. En 2009, Penn décède à New York à l’âge de 92 ans, après avoir établi de son vivant la Irving Penn Foundation.

Irving Penn est considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands photographes du XXe siècle, tant pour l’impact de ses images que pour sa maîtrise du tirage photographique. A l’époque où la photographie était d’abord conçue comme un moyen de communication, il considéra le médium avec un œil d’artiste et repoussa les limites de son potentiel créatif tant dans son travail personnel que professionnel.

PARIS PANTIN GILBERT & GEORGE
THE BEARD PICTURES jusqu’au 20 janvier 2018

Gilbert et George BEARDED 2015 Courtesy Thaddaeus Ropac copyright Gilbert et George Gilbert et George_BEARDED_2015_Courtesy Thaddaeus Ropac ©Gilbert et George

La Galerie Thaddaeus Ropac propose l’exposition d’une nouvelle série d’œuvres de Gilbert & George, THE BEARD PICTURES, dans sa galerie de Pantin. Ces œuvres, créées au cours des deux dernières années seront dévoilées lors des prochains mois dans une série d’expositions à New York, Paris, Londres, Bruxelles, Naples et Athènes. La sélection établie par les artistes pour Pantin comprend des œuvres de différents formats dont OLD BEARD RUIN, un triptyque monumental de 23 m de long.

L’auteur et romancier britannique Michael Bracewell écrit à propos de cette exposition: « Les BEARD PICTURES sont violentes, étranges, grotesques, criardes et délurées. Elles dépeignent  un  monde  fantasmé  où  règnent  la  paranoïa,  la  destruction  et  la  folie. Leurs étranges couleurs dérangent et les paysages absurdes et éclatés à la végétation rampante agressent le spectateur de façon frontale. Ils représentent un monde dépourvu de  raison,  dans lequel le dialogue n’existe plus.

Gilbert et George sont présents dans les BEARD PICTURES dans des versions d’eux-mêmes aussi intenses que sinistres, le teint rouge, le regard fixe, le crâne décérébré. Leurs yeux sont cernés de noir de façon étrangement apprêtée. Avec l’espièglerie d’explorateurs mutants ou   de sentinelles à tête de mort, ils semblent regarder à l’intérieur et à travers le spectateur. Ils semblent à la fois possédés et sérieux. On dirait que leur esprit a quitté leur corps. Ils ont l’air sévères, ridicules, emprisonnés ; ils se moquent de nous autant que l’on se moque d’eux. Dans chaque image, ils portent une barbe aussi surréaliste que symbolique. Il s’agit tantôt de barbes faites de grillage, de mousse de bière, de fleurs et même de barbes abritant des lapins à la langue fourchue. Séculière et sacrée, tant attribut récupéré par les Millennials branchés que signe d’une appartenance religieuse, la barbe est dépeinte dans THE BEARD PICTURES aussi bien comme masque que comme signifiant : un signe des temps.

Dans certaines BEARD PICTURES, les artistes se tiennent devant ou derrière un fil de fer barbelé ou une clôture. Ailleurs, des tiges d’acier rouillées jaillissent de bâtiments en béton effondrés. Dans d’autres images encore, Gilbert & George sont représentés comme des personnages de bande-dessinées grotesques et austères avec leur corps minuscule et leur énorme tête. Derrière eux on aperçoit tantôt un vide argenté, un feuillage décoratif extravagant, des clôtures grillagées, des petites annonces à destination des videurs de boite, des ouvriers du bâtiment et des travailleurs du sexe mais aussi les têtes en relief de papes, de monarques, de dignitaires et de héros.

Par leur agressivité absurde, les BEARD PICTURES mettent en pièce les chichis de l’art contemporain tout en maintenant un niveau symbolique complexe. Elle transforment l’Histoire en un défilé dément ; leur atmosphère oscille entre science-fiction, rêve lucide et caricature victorienne. Cette vision et la forme qui lui est donnée rappellent le récit d’Oscar Wilde sur les Essais de Walter Pater: «… certaines sont médiévales par leur couleur incongrue et ce qu’elles suggèrent de passion, et toutes sont absolument modernes, dans le vrai sens du terme. Car celui pour qui le présent ne réside que dans la seule chose actuelle ne sait rien de l’âge dans lequel il vit. »

Dans les cinquante années qu’ils ont passées à vivre et à travailler en tant que Living Sculptures dans un voyage visionnaire à travers le monde moderne, toujours ensemble et pourtant toujours à part, Gilbert & George ont produit un Anti-Art foncièrement singulier, à la fois poétique, spontané et sensible. L’ordre et la folie y sont mis en tension, l’absurdité propre au vaudeville et aux comptines pour enfants y prend un air de rituel paranormal.

Gilbert et George BEARDED_2015_Courtesy Thaddaeus Ropac copyright Gilbert et George Gilbert et George_BEARDED_2015_Courtesy Thaddaeus Ropac ©Gilbert et George

Plus le spectateur regarde les BEARD PICTURES, plus Gilbert & George apparaissent comme des poltergeists du monde de l’art et comme des sentinelles fantomatiques dans un monde devenu fou. Dans ce chaos résultant d’une destruction des canons esthétiques et d’un renversement des valeurs, tout est devenu symbole et surface: des symboles fous, présentés de façon on ne peut plus sérieuse qui scrutent le spectateur. »

Gilbert (né dans les Dolomites en Italie en 1943) et George (né dans le Devon en Angleterre en 1942) se sont rencontrés au cours de sculpture de la St Martin’s School of Art de Londres en 1967. Pour leur exposition de fin d’année, le Snow Show, Gilbert & George créent  leur première pièce commune, aux antipodes des critères artistiques formalistes enseignés à l’époque. Ils se font remarquer pour la première fois en 1969 avec Singing Sculpture quand, recouverts d’une poudre métallique multicolore, ils chantent dans différents lieux de Londres  dont le classique du music-hall Underneath the Arches. Au début des années 1970, ils créent leurs premières compositions en grid, un format qui devient dès lors leur signature formelle. Leur iconographie gagne en complexité durant les années 1980 et puise dans le symbolisme et l’allégorie pour développer les thèmes de l’érotisme, de la religion et de la politique.

Se considérant comme un seul artiste, Gilbert & George travaillent  ensemble  depuis cinquante ans. Au cours de leur carrière, ils ont acquis une reconnaissance d’envergure internationale et reçu de nombreuses récompenses dont le Turner Prize (1986). Ils ont également été honorés de nombreuses distinctions dont le titre de Professeur Honoraire de Philosophie à la London Metropolitan University. En 2005, ils ont représenté le Royaume-Uni à la 51ème Biennale de Venise.

Leur travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles, notamment au Stedelijk   Van Abbemuseum, Eindhoven (1980), au Guggenheim Museum, New York (1985), à la National Gallery, Beijing (1993), au Shanghai Art Museum (1993), au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (1998), à la Serpentine Gallery, Londres (2002), à la Tate Modern, Londres (2007), à la Haus der Kunst, Munich (2007), au Brooklyn Museum of Art, New York (2008), au CAC Malaga, Espagne, au Museum of Contemporary Art, Zagreb, Croatia, au Palais des Beaux Arts, Bruxelles, Belgique, aux Deichtorhallen, Hambourg, Allemagne, au Lentos Kunstmuseum, Linz, Autriche, au Laznia Centre  for Contemporary Art, Gdansk, Poland  (tous en 2010), Nouveau Musée National de Monaco (2014), au Museum of Old and New Art, Tasmania, Australie (2015), au Museum of Modern Art, New York (2015) et au Ludwig Múzeum, Budapest (2017).

Un catalogue avec un texte de l’essayiste et romancier britannique Michael Bracewell sera publié à l’occasion de l’exposition célébrant le 50ème anniversaire de  la  collaboration  de Gilbert & George.

@ThaddaeusRopac #GilbertandGeorge #TheBeardPictures

GALERIE THADDAEUS ROPAC

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