Kunstmuseum Basel ¡HOLA PRADO!

dimanche 9 avril 2017 par baleenfrancais

Kunstmuseum Basel ©VB

¡HOLA PRADO! DIALOGUE ENTRE DEUX COLLECTIONS au Kunstmuseum Basel

Bodo Brinkmann devant Hendrick Ter Brugghen( 1588-1629) Junge Frau mit textblatt Kunstmuseum Basel©VB

08.04.2017–20.08.2017 | Nouveau bâtiment, 2e étage
Commissaire : Bodo Brinkmann

C’est une visite entre amis et un geste noble d’une des plus importantes collections de peintures du monde : en été 2015, le Kunstmuseum Basel a prêté dix œuvres majeures de Pablo Picasso au Museo Nacional del Prado de Madrid. Celles-ci ont attiré près de 1.4 million de visiteurs. En 2017, c’est au tour du Prado de confier au musée bâlois 26 chefs-d’œuvres de la fin du 15e jusqu’à la fin du 18e siècle.

¡Hola Prado! va proposer un dialogue entre des œuvres majeures du Kunstmuseum et des toiles mondialement connues du Prado.

Cette rencontre au sommet entre deux collections vieilles de plusieurs siècles est une chance inouïe pour le Kunstmuseum Basel – offrant au public l’opportunité d’admirer à Bâle tout un lot d’œuvres du Prado. La sélection effectuée en commun par le Prado et le Kunstmuseum Basel n’est pas une tentative de présenter d’un bloc un échantillon transversal des collections madrilènes. Les hôtes de marque en provenance du Prado seront confrontés en quelques 24 stations avec les peintures du Kunstmuseum Basel. Titien, Zurbarán, Velázquez, Murillo et Goya vont dialoguer avec Memling, Baldung, Holbein le Jeune, Goltzius et Rembrandt. Des cycles de gravures de Goya et de Holbein le Jeune issus du cabinet des estampes complètent les échanges entre les deux collections.

Josef Helfenstein, directeur du Kunstmuseum Basel, se réjouit : « c’est une chance unique pour chacune des institutions, de pouvoir présenter des chefs-d’œuvre triés sur le volet du Museo del Prado, historiquement l’une des collections d’art les plus importantes du monde ». Il est convaincu que l’exposition pourra mettre en lumière de manière formidable pour tous les visiteurs, les différents points forts de chacune des deux collections qui sont parmi les plus anciennes d’Europe.

Ce qui attend les visiteurs, outre une expérience artistique de premier ordre, c’est un voyage plein de surprises. Par exemple : peu avant la Réforme, Hans Holbein le Jeune révolutionne l’art sacré lorsqu’il peint à Bâle son « Christ mort », une nature morte qui est comme une quintessence du récit biblique, remettant en question toutes les frontières et les catégories de la peinture religieuse. Environ un siècle plus tard, Francisco de Zurbarán, suite à la Contre- Réforme, peint dans la tradition des « Bodegones » (la peinture espagnole de nature morte représentant des aliments), un agneau ligoté : c’est l’Agneau de Dieu selon la parole de Jean le Baptiste, l’un des plus anciens symboles pour le Christ. Les deux œuvres posent chacune à sa manière la question de savoir comment représenter le fils de Dieu.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ce rapprochement évoqué en est un parmi d’autres, Hans Holbein le jeune peut ainsi tout à fait se mesurer aux Italiens : avec le Titien par exemple, dont le « Ecce Homo » dialogue avec la « Flagellation » de Holbein, ou encore avec Giovanni Battista Moroni, dont un portrait de soldat répond au portrait de Bonifacius Amerbach par Hoblein. Avec les tableaux d’histoire, les scènes religieuses et mythologiques, les allégories ou les paysages, ce sont tous les différents genres qui seront ainsi représentés.

Pour Bodo Brinkmann, commissaire de l’exposition, ces 54 œuvres en confrontation se mettent mutuellement en valeur. Pouvoir comparer leurs similitudes comme leurs différences fournit une base pour une réflexion continue : « l’écriture de l’histoire de l’art naît de l’observation méthodique et la comparaison entre deux œuvres ou plus. Or la comparaison visuelle paraît un peu technique, comme s’il s’agissait d’un examen ophtalmologique. Cette exposition montre au contraire que c’est une pratique naturelle qui va de soi. Et surtout, cela procure un plaisir certain et nous rapproche sans effort de l’œuvre d’art. »

À l’occasion de cette exposition paraît un catalogue richement illustré aux édition Michael Imhof Verlag avec des textes de Bodo Brinkmann et Gabriel Dette (152 pages).

L’exposition bénéficie du généreux soutien de : Peter und Simone Forcart-Staehelin Stiftung für das Kunstmuseum Basel

KUNSTMUSEUM BASEL

HolaPrado Kunstmuseum Basel©VB

 

Remonter