La Fondation Beyeler a 20 ans

mercredi 8 février 2017 par baleenfrancais

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Lambert Wilson Lecture des lettres de Monet vendredi 7 avril à 18h30 à la Fondation CHF 50  billet d’entrée compris 

Fondation Beyeler photo VBFondation Beyeler ©VB

La Fondation Beyeler a 20 ans : retour sur une passion  COLLECTION BEYELER / L’ORIGINALE

La Fondation Beyeler a été inaugurée officiellement le 18 octobre 1997. Ernst et Hildy Beyeler, couple  de galeristes et de collectionneurs passionnés, avaient constitué depuis la fin des années 1950 une collection de remarquables oeuvres d’art moderne, qui put alors pour la première fois être présentée à Riehen durablement. En 2017, la Fondation Beyeler , bâtiment imaginé par l’architecte italien Renzo Piano , fête ses vingt ans avec trois expositions exceptionnelles successives, qui présentent la Collection Beyeler sous trois perspectives différentes : un regard sur le passé, un regard sur le présent, un regard vers l’avenir.

Raphael Bouvier Commissaire d'exposition L'Original Fondation Beyeler ©VBRaphael Bouvier Commissaire d’exposition L’Original Fondation Beyeler ©VB

La Fondation d’Ernst et Hildy Beyeler : une collection unique  mise en lumière dans un écrin architectural magique

La première exposition de la collection de l’année, conçue en hommage aux fondateurs du musée, Ernst et Hildy Beyeler, s’inspire de la présentation inaugurale de 1997. Raphaël Bouvier , commissaire de l’exposition raconte qu’il  n’a pas été si facile de reproduire à l’identique l’accrochage originel  car , en 1997 , les photos des expositions étaient plus rares . C’est pourquoi , nous nous trouvons en présence de photographies figurant les oeuvres dont l’emplacement n’a pas été déterminé avec certitude . Malgré cela , le public peut admirer les oeuvres des principaux représentants de l’art moderne – de van Gogh, Cézanne et Monet à Giacometti, Rothko et Bacon, en passant par Picasso, Matisse, Léger et Klee – sous forme d’un ensemble d’une grande force expressive, qui met en évidence la qualité artistique exceptionnelle de la Collection Beyeler constituée par affinité élective.

En effet, cette exposition permet d’illustrer le dialogue particulier entre les différentes oeuvres dans la vision et la conception personnelles du couple de fondateurs sur sa propre collection et ainsi le point de départ programmatique de nombreuses présentations passées et à venir de la Collection Beyeler. C’est aussi l’occasion de rappeler le credo d’Ernst Beyeler, formulé dans le discours qu’il a prononcé lors de la conférence de presse donnée à l’occasion de l’inauguration du musée, il y a vingt ans :

« Nous avons toujours été profondément émus par des oeuvres d’art dont, souvent, nous avons été incapables de nous séparer ; plus tard, nous avons pris conscience que nous souhaitions transmettre cet art, ainsi que les bénéfices que ces oeuvres nous avaient apportés. Mais nous tenions aussi et surtout à rendre hommage aux immenses artistes de notre époque, une époque que nous pouvons certainement compter parmi les grands moments de l’histoire de l’art. » Ernst Beyeler

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 Promenade enchanteresse à la rencontre de Picasso , Giacometti et consors

Des oeuvres impressionnistes aux créations de l’art moderne , qui cotoient avec impertinence des objets de l’art primitif provenant d’Afrique, d’Oceanie et d’Alsaka  ( le musée en possède 25 ), voici ce que nous propose la première exposition de la Fondation Beyeler pour célébrer ses 20 ans, le plus bel âge comme tout le monde le sait  . Notons que toutes les toiles originelles ne s’y retrouvent pas obligatoirement . Par exemple , l’autoportrait rose de Warhol est remplacé par un bleu- couleur affectionnée par Ernst Beyeler  qui en avait même choisi le thème d’une de ses expositions à la galerie-..Nous ne verrons que quelques toiles de Paul Klee et pour cause : il aurait fallu pousser les murs pour accrocher la somme des acquisitions réalisées par Ernst Beyeler  auprès du collectionneur américain David Thompson -une centaine d’oeuvres de Klee accompagnée de 80 Giacometti ; entre 1959 et 1965 ,  pas moins de 340 oeuvres- Cezane, Picasso, Klee, Braque, Mondrian et Leger- sont passées des mains de Thompson à celles de Beyeler )   . Il faut dire que dans les années 60 , ces artistes , y compris Monet dont il est un des premiers acheteurs , n’interessaient pas grand monde, il eut fallu être aussi visionnaire que Monsieur Beyeler pour envisager leur brillant avenir. Par contre , treize des Miro et Fernand Leger  partageant les mêmes murs faisaient partie de l’accrochage initial . D’autres artistes comme Mondrian / Kandinsky ou Klee/ Max Ernst , sont présentés en binômes pour respecter l’idée d’un dialogue inédit entre les oeuvres. 

l’Homme couché  à l’entrée de la salle affichant  Oceania , the Sea de Matisse  , baigne dans une pénombre propice à l’observation pour préserver  cette petite merveille de Seurat peu connue – de moi en tout cas- , habitués que nous sommes de la technique hautement maîtrisée du pointillisme du sus-dit. Les toiles de Monet  sont accrochées quelques mètres plus loin pour raison de retrospective personnelle. Après Le Lion de Rousseau qui trône seul comme à ses origines ,  les Nympheas surgissent , couvrant un pan de mur entier ( six mètres sur trois ) en une élégante cohabitation avec  la somptueuse sculpture de Rodin   » Iris , messagère des dieux «  – complètement hypnotique ! -Après les salles dédiées aux américains , Rothko, Tobey,Pollock et Newman,  nous avons terminé notre voyage à travers la presque originale collection Beyeler par la fantastique salle consacrée à Alberto Giacometti que l’on quitte toujours à reculons de peur de rater le rayon de soleil qui donnerait à l’homme qui marche un éclairage encore inédit.

Deux ou trois choses que nous savons d’Ernst Beyeler : le marchand d’art bâlois a débuté sa collection en 1907 avec une toile de Picasso  » Les demoiselles d’Avignon » – Par la suite, il fut le seul marchand auquel Picasso proposa de choisir dans son atelier ce qui lui faisait plaisir – 26 oeuvres élues dans l’atelier de Mougins un peu plus tard en 1966  -,  c’est dire les liens qu’il sut développer avec l’artiste catalan-.

Kandinsky : » lorsque je suis tombé sur Improvisation 10 , ça m’a coupé le souffle, c’était peut-être le premier tableau abstrait dans le monde !  » E.B ( Improvisation 10 a d’abord quitté la Galerie Beyeler puis été racheté par Ernst Beyeler des années plus tard)

Cette phrase pourrait introduire l’hommage rendu par la Fondation en cette année 2017 :   » J’aime lier l’art du passé à celui d’aujourd’hui, ou celui d’ailleurs avec celui d’ici . Certes , les tableaux sont durs . Mais la vie aussi . la joie cohabite avec le tragique. L’art donne des raisons de persévérer . » Extrait de dialogue reporté dans le Monde .fr par Harry Bellet -2 mars 2010-

Depuis la creation de sa galerie en 1945 , puis sa première exposition en 1947 avec des gravures de bois japonaises, Ernst Beyeler a conçu et organisé en l’espace de 60 ans plus de 300 expositions et a vendu 16000 oeuvres originales à des musées de renommée et à des collections particulières du monde entier. Ernst Beyeler a placé Bâle au coeur  de l’art dans le monde  , notamment en co- initiant Art Basel en 1971 , actuellement la plus grande Foire d’Art Contemporain du monde ( Note : Sam Keller , actuel directeur de la Fondation Beyeler a lancé Art Basel Miami en 2002 )

Le commissaire de l’exposition est Raphaël Bouvier. Le Professeur Gottfried Böhm , historien de l’art de l’Université de Bâle  a accompagné la visite à travers l’exposition. 

FONDATION BEYELER 

GRATUITE POUR LES MOINS DE 25 ANS EN 2017 POUR LES  20 ANS DE LA FONDATION BEYELER

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