Le Musée Rodin fête son centenaire

mardi 18 avril 2017 par baleenfrancais

Rodin dans son atelier par René Avigdor Détail ©VB

Le Musée Rodin célèbre en 2017 le centenaire de la disparition d’Auguste Rodin

Le Penseur, et le Baiser, icônes mondialement connues, incarnent une notoriété rarement atteinte par un artiste. Le centenaire  sera présent dans tous les domaines de l’expression artistique : expositions, films, éditions, création musicale, philatélie, numismatique. Rodin, l’exposition du centenaire, est présentée aux Galeries nationales du Grand Palais.
Rodin, après avoir excellé dans la pratique de la sculpture traditionnelle a changé le cours de la sculpture de manière novatrice, explorant les passions humaines, utilisant le langage du corps, pratiquant des assemblages inattendus (Masque de Camille Claudel avec la main gauche de Pierre de Wissant), rompant avec l’unité du corps dans les figures partielles (L’Homme qui marche). Ses dessins découpés et collés précèdent la pratique de Matisse et Picasso, son rapport à la photographie annonce celles de Brancusi.
On peut voir chez des artistes comme Giacometti, Richier, César, Fontana, De Kooning, Baselitz, Lüpertz ou Gormley, des échos souvent revendiqués, de ce grand artiste.
En prolongement de cette exposition, le musée Rodin affirmera plus que jamais sa programmation en lien avec des artistes contemporains et donnera carte blanche à l’artiste Anselm Kiefer.

Anselm Kiefer : “Comme moi, Rodin n’était pas tant intéressé par le résultat que par le processus de création”

Anselm Kiefer Les Cathédrales de France Détail©VB

Invité par le musée Rodin à travailler à partir de l’ouvrage que Rodin consacra il y a plus de cent ans aux « Cathédrales de France », Anselm Kiefer a très vite souhaité élargir ses investigations à l’ensemble de l’univers créatif du sculpteur. Kiefer est un artiste qui, comme Rodin, expérimente sans fin des combinaisons de formes et s’intéresse à la matière, associant délibérément des éléments de provenance et de statut différents. À travers ses vitrines, peintures, livres, il joue de tous les supports et use de toutes les techniques pour comprendre ou digérer l’héritage du passé et apprivoiser ici l’univers rodinien. En écho à cette présentation, le parcours du musée sera modifié afin d’exposer pour la première fois des oeuvres de Rodin totalement méconnues, témoins des préoccupations communes aux deux artistes et de leurs combats esthétiques.

Exposition Kiefer Rodin Cathédrales 14 mars au 22 octobre 2017

Rodin Abattis©VB

Lorsqu’en 1916 Rodin donna tout son œuvre et ses collections à l’État, il avait longuement mûri la création de son musée et sa motivation principale était claire, sa sculpture devant dans sa pensée servir aux générations futures d’artiste : « Je donne à l’État toute mon œuvre plâtre, marbre, bronze, pierre et mes dessins ainsi que la collection d’antiques que j’ai été heureux de réunir pour l’apprentissage et l’éducation des artistes et des travailleurs ». C’est pourquoi exposer des sculpteurs contemporains a été une constante de la politique du musée depuis les années 1940. C’est pourquoi la principale manifestation de l’institution, en cette année du centenaire de la mort de l’artiste, est résolument tournée vers l’art en train de se faire.

Rodin-Kiefer ou le choc des titans : fascination

Kiefer à propos de Rodin : « J’aime sa façon de fragmenter, de reconsidérer ses œuvres, de les réutiliser, et le rythme qu’il parvient à créer. Il avait ce rythme de l’artiste qui m’est cher, un rythme de l’actualité vers l’infini ».

Rodin Porte de l’Enfer Détail©VB

Kiefer nous montre une nouvelle manière de regarder et de comprendre Rodin. Construire sur un terrain ruiné, non pas en tentant d’imaginer le temps de demain, mais, en ramassant les morceaux de celui d’hier et s’efforçant de les réintégrer dans une vision cohérente pour aujourd’hui, voilà d’une certaine manière ce que Rodin cherche dans sa Porte de l’Enfer, et voilà bien une dimension fondamentale pour Kiefer : « J’essaie de voir où je me situe dans l’infini, et je tente de représenter ce qui se trouve autour de moi » La notion de la vie et de l’art comme un continuum infini est en effet au cœur de la pratique de Kiefer, et la notion de flux appartient à son vocabulaire comme à son processus : « La réalisation d’un tableau est un va-et-vient constant entre le rien et le quelque chose. Une alternance incessante d’un état à l’autre » . Rodin, lui, prend, coupe, assemble, retourne et multiplie les mêmes figures. Et fonde cette manière dans une réplique extraordinaire : « Et les cathédrales, est-ce qu’elles sont finies ? » Extrait du texte de  Catherine Chevillot Conservateur général du patrimoine directrice du musée Rodin

Anselm Kiefer Cathédrales©VB

À l’heure du centenaire de la mort d’Auguste Rodin, le musée affirme plus que jamais sa programmation en lien avec les artistes contemporains et donne carte blanche à Anselm Kiefer , l’exposition témoignera de la rencontre singulière de ces deux géants, pétris de liberté et affranchis de toutes contingences artistiques.

Les similitudes de parcours, de sources d’inspiration et de procédés créatifs de Kiefer et de Rodin mettent en évidence une originalité instinctive. Attirés par l’accident, disponibles au hasard, ils exploitent tous les domaines, manipulent toutes les matières, empruntent les chemins de traverses et s’autorisent autant d’agencements et d’audacieuses mutations. Attiré par les débris et abattis directement issus du ciment rodinien qu’il mêle aux reliques de sa propre vie et  à d’autres matériaux inattendus, Anselm Kiefer réalise une série de vitrines totalement inédites. L’artiste ingurgite alors, assimile et digère pour engendrer  ici des formes nouvelles. Sous le verre, Kiefer guette l’étincelle de ses métamorphoses. De la même manière, les moules des œuvres de Rodin exhumés, fatigués et salis, verrouillés, brisés ou éventrés, témoignent d’une vie passée et d’une autre à venir. La forme y est prisonnière, préservée, prête à éclore, presque palpable, traversée, forcée et perpétuellement réinventée par le regardeur.

Rodin Absolution©VB

En écho à cette présentation, le parcours du musée sera modifié afin d’exposer pour la première fois des plâtres de Rodin totalement méconnus, témoins des préoccupations communes aux deux artistes et des mêmes combats esthétiques. Si Kiefer et Rodin jouent de tous les supports, usent de toutes les techniques pour comprendre ou digérer l’héritage du passé et assouvir leur amour du métier, ils célèbrent avant tout leur culte commun du travail à travers une même quête, celle de la vérité, jamais embellie.

Cette exposition sera présentée à la Barnes Foundation à Philadelphie à partir du 17 novembre 2017

Le film de Doillon : il est aujourd’hui difficile d’imaginer qu’à quarante ans Rodin est un inconnu. La commande de La Porte de l’Enfer va lui permettre d’imaginer de multiples figurines en mouvement, vraie chair frémissante, dont certaines, agrandies, feront enfin sa gloire, comme Le Baiser et Le Penseur. Il rencontre alors la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée, qui devient vite son assistante. Dix ans d’admiration commune et de travail complice, dix ans de passion, qui après la rupture les laisseront l’un et l’autre exsangues pour longtemps. Rodin finira par s’en relever et poursuivra son œuvre, de plus en plus consacrée à la splendeur de la femme, jusqu’à devenir le sculpteur le plus célèbre après Michel-Ange.

Le film retrace aussi ses amours « moins tyranniques » avec d’autres assistantes et des modèles, ainsi que sa relation avec Rose, sa compagne de toujours, celle des bons comme des mauvais jours. Sa vie, c’est travailler encore et toujours, et c’est ainsi qu’il va passer sept ans sur la sculpture de son Balzac, une œuvre largement rejetée en son temps, qui deviendra pour tous le point de départ incontestable de la sculpture moderne. Parallèlement, avec ses dessins érotiques instantanés, il atteint la sensualité qu’il touchait déjà par la sculpture. Un siècle après sa mort, son Balzac et son œuvre règnent dans les principaux musées du monde.

Où en est la notoriété de Rodin 100 après sa disparition ?

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Jamais la notoriété de Rodin n’a été aussi forte que maintenant ! Il est connu dans le monde entier et son œuvre est présentée dans d’innombrables musées sur tous les continents, ce qui n’était pas encore le cas de son vivant. En 1900, au faîte de sa gloire, Rodin recevait dans sa maison de Meudon d’illustres visiteurs comme le roi d’Angleterre, ou de nombreux artistes comme Brancusi. Mais c’est la donation de son œuvre en 1916 à l’État français et la création d’un musée dans le lieu qu’il avait choisi, l’hôtel Biron, qui ont assuré sa notoriété tout au long du xxe siècle. Le musée Rodin à Paris reçoit aujourd’hui en moyenne 600 000 visiteurs par an mais grâce aux expositions que nous concevons à l’étranger, ce sont plus d’un million d’amateurs qui découvrent tous les ans le travail de l’artiste. D’importantes collections sont présentées en Europe, à Londres, Zurich et Copenhague, mais aussi aux États-Unis au Metropolitan Museum de New York, à la National Gallery de Washington, au Palais de la Légion d’Honneur de San Francisco, au Mexique, au Japon à Tokyo et Shizuoka, en Corée à Séoul, en Australie à Sydney…

En France, l’Éducation nationale, en faisant entrer Rodin au programme du baccalauréat d’arts plastiques, le consacre comme un artiste médiatique et ce sont des milliers de jeunes qui vont s’initier à travers lui à une histoire et à un mode d’expression. La notoriété de Rodin auprès des artistes les plus reconnus aujourd’hui met en évidence que les réponses qu’il apportait à son époque ont toujours un retentissement sur la sensibilité actuelle. La plupart des grands plasticiens sont encore fascinés par son œuvre, et Anselm Kiefer a accepté une carte blanche au musée Rodin. Cette notoriété prend également les formes les plus proches de monsieur tout le monde : la Monnaie de Paris frappera une pièce de deux euros à l’effigie du Penseur, Rodin sera dans toutes les poches ! La Poste va éditer un timbre représentant le Baiser, et Rodin sera incarné par le comédien français Vincent Lindon et Izïa Higelin dans le rôle de Camille Claudel dans un film de Jacques Doillon.

Par ailleurs, au titre d’ayant droit de l’artiste, le musée étant titulaire du droit moral de l’artiste, il poursuit une veille active sur le marché de l’art pour repérer et poursuivre les auteurs de contrefaçons.Le musée continue, selon la volonté de Rodin, à éditer des œuvres originales en bronze. Cet artiste atypique a conçu pour son musée un modèle économique unique, puisque l’institution est ainsi autofinancée depuis sa création il y a cent ans.  Extrait du texte de Catherine Chevillot Directrice du Musée Rodin

Musée Rodin Extèrieur ©VB

Exposition Rodin: l’exposition du centenaire du 22 mars au 31 juillet 2017 Grand palais

À l’occasion du centenaire de la mort d’Auguste Rodin (1840-1917), le musée Rodin et la Réunion des musées nationaux Grand Palais s’associent pour célébrer l’artiste. Riche de plus de 200 œuvres de Rodin, elle comprend aussi sculptures et dessins de Bourdelle, Brancusi, Picasso, Matisse, Giacometti, Beuys, Baselitz, Gormley… et renouvelle le regard porté sur ce géant de la sculpture.

Le Baiser, le chef-d’œuvre de Rodin, est installé au Grand-Palais pour l’occasion.
Le public pourra découvrir à la place du Baiser au Musée Rodin, une œuvre révolutionnaire  jamais présentée au public Absolution. Cette œuvre sort d’une longue restauration.

Musée Rodin Paris

Grand Palais Rodin L’Exposition du Centenaire 

Musée Camille Claudel Nogent 

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