Performance Process à Bâle Musée Tinguely « Conférence de choses » par 2b company

mardi 7 novembre 2017 par baleenfrancais

Pierre Misfud cdc Photo 2b companyPierre Misfud cdc ©2b company

« Conférence de choses » spectacle/performance , en partenariat avec le Musée Tinguely, dans le cadre de leur programme Performance Process du 13 au 18 novembre prochain.

Le spectacle – très drôle – met en scène une façon de conférencier qui parle et passe du coq à l’âne, de l’âne à Woody Allen, des héros de la mythologie à l’avènement de l’automobile, proposant une déambulation ludique dans une encyclopédie exhaustive aux données sérieuses. Nous présenterons à Bâle 5 conférences dans divers lieux de la ville puis une intégrale de 5 heures au Musée Tinguely.

C’est un spectacle qui rencontre un immense succès à la fois critique et public dans l’espace francophone (vous trouverez une sélection d’extraits de presse sur la première page de notre site ici : www.2bcompany.ch).  De nombreuses représentations ont déja été données en Suisse, au Canada et en France – 6 semaines au Théâtre du Rond-Point à Paris dès mi-novembre-

Echos de la presse

Conference de choses est une perle. Un phenomene. Alexandre Demidoff, Le Temps

Cinquante-trois minutes trente-trois de bonheur. Fabienne Darge, Le Monde

Jouissif et imperceptiblement drole. Anne Diatkine, Liberation

Veritable joyau. Un moment rare a savourer. Herve Pons, Les lnrocks

Un savoir inoui, c’est passionnant. Vincent Josse, Le Masque et la Plume, France Inter

Tout ce qu’on reve de voir au theatre. Un vrai tour  de force. Joelle Gayot, France Culture

Aussi fou que rejouissant. Amelie Blaustein Niddam, toutelaculture.com

Addictif. Quel trip ! Alain Pecoult, La Provence

Curieux de tous les pays, déplacez-vous! Cédric Enjalbet, Les Trois Coups 

On pourrait ne venir à Avignon que pour ça. Audrey Santacroce, I/O Gazette 

Des flots de savoirs pour une rivière de rires. Hadrien Volle, Sceneweb

Synopsis

Pierre Mifsud – sorte de Pécuchet contemporain – salue l’audience et, de lien en lien, de sujet en sujet, de rebond en rebond, du bison à la Reine Margot, de Descartes au bonbon Haribo, de Annie Hall à la Comète de Halley, ne s’arrête plus de parler jusqu’à ce qu’un minuteur ne l’arrête, entre une et huit heures plus tard.« Conférence de choses » est une déambulation ludique au cœur du savoir encyclopédique participatif contemporain, révélant à la fois les vastes étendues qu’il recouvre et quelques-uns des improbables chemins qui le traversent. C’est également une incroyable performance d’acteur qui ne repose que sur l’essentiel : un comédien et un public dans un espace et un temps donné, sans effet, sans filet, sans technique. « On s’y plonge, et c’est un délice absolu. »Thierry Sartoretti, RTS 1

Le texte

« Conférence de choses » se présente comme une digression sans fin. Le corpus de texte permet huit heures de conférence présentées en un ou plusieurs épisode(s). Le processus d’écriture a consisté – en partant d’un sujet donné – à suivre sur Wikipédia une série d’hyperliens. Nous avons minutieusement recopié nos circulations « brutes » puis avons sélectionné les éléments que nous trouvions essentiels (certaines dates ou certaines informations – tantôt pour leur caractère didactique, tantôt pour leur caractère incongru ).

A partir de cette structure – qui constitue le « squelette » de la conférence – nous avons inclu de nouveaux développements et de nouvelles digressions au fil de nos lectures et de nos improvisations. Ainsi, par exemple, Pierre Mifsud a-t-il développé une séquence mémorable autour de l’histoire de Phaéton – fils d’Hélios dans la mythologie grecque qui voulait conduire le char de son père, tout comme Carlos, fils de Françoise Dolto, qui chantait « L’auto du papa de Toto », etc… – alors que le mot « Phaéton » n’était qu’à peine mentionné (en tant qu’exemple de véhicule hippomobile) dans le « squelette » de départ. Si le matériau est précis, il n’est jamais figé. La circulation est décidée et balisée d’étapes obligées, mais nous nous laissons la possibilité d’aménager à l’envie de nouvelles « parenthèses » à l’intérieur du corpus établi, soit en fonction du lieu, soit de l’actualité, soit encore des réactions de l’audience (Pierre Mifsud – en formidable improvisateur – garde une marge de manoeuvre et peut s’adapter à ce qui advient dans l’instant). Nous avons tenté de toujours « rythmer » le corpus texte de manière à maintenir l’intérêt du spectateur en éveil.

Intentions dramaturgiques

Une déambulation idiote à travers les champs du savoir humain – une manière ludique de célébrer le prodige de l’existence .Dans son essai « Le Réel, traité de l’idiotie », le philosophe Clément Rosset revient à l’étymologie du mot – « Idiotie, Idiotès » – qui signifie « simple, particulier, unique », mot qui par extension sémantique – dont la signification est de grande portée – désigne aujourd’hui une personne dénuée d’intelligence, dépourvue de raison.

Si chaque « chapitre » du savoir encyclopédique contemporain se veut une définition raisonnée d’un pan du « Réel », la déambulation hasardeuse et « horizontale » (qui aplatit et pose toutes nos connaissances à un même niveau) à travers l’ensemble de ce savoir qu’effectue Pierre Mifsud se révèle pleinement « idiote », à la fois selon la définition étymologique du mot (simple, particulière, unique) et sa définition commune (dépourvue de raison). La matière de sa conférence – véritable agrégat de multiples sens « accolés » les uns aux autres – semble ainsi révéler l’insignifiance de ce savoir en même temps que la singularité de celui qui le possède et le met en partage.

L’ambition n’est pas de dire que le savoir humain (notre regard porté sur le réel et notre interprétation de dernier) est absurde, mais plutôt, pour paraphraser Clément Rosset, de « Rendre le réel à son insignifiance » en montrant à la fois la grandeur et la vacuité du savoir encyclopédique. « Rendre le réel à l’insignifiance consiste à rendre le réel à lui-même : à dissiper les faux sens, non à décrire la réalité comme absurde ou inintéressante. Et surtout pas à décrire comme anodin le fait qu’il existe une réalité, ignorant ainsi, ou croyant l’éliminer à peu de frais, la question ontologique. Nous disons que ce qui existe est insignifiant, que le hasard peut très suffisamment rendre compte de tout ce qui existe ; cette thèse demeure ambiguë si l’on omet de préciser qu’elle vise ce qui se passe dans l’existence, mais naturellement pas le fait de l’existence elle-même, le fait qu’il existe quelque chose. »

Et c’est bien ce qui demeure, tandis qu’à force de digressions conférencier et auditeurs finissent par se perdre au milieu du magma encyclopédique : des êtres humains rassemblés, partageant et célébrant non pas seulement les choses qui existent, mais le fait « qu’il existe quelque chose ».

De l’ivresse de la durée et de l’étonnement philosophique

La durée de la conférence a été pensée afin que les spectateurs éprouvent (quasi« physiquement ») que ce n’est pas tant la matière traversée qui importe, mais le fait qu’un homme la trouve suffisamment prodigieuse pour se proposer de la traverser, à la manière de l’ivrogne – une des figure possible de l’idiot – décrit par Clément Rosset .

Ce que perçoit l’ivrogne est avant tout la chose saisie dans sa singularité, c’est-à-dire une unicité qui contribue à la faire apparaître à la fois comme prodige – et c’est pourquoi il vocifère et attire sur elle l’attention des passants – et comme phénomène inconnaissable, incompréhensible. La chose est tellement unique, se suffisant à elle-même et se renfermant en elle-même, qu’il lui manque précisément tout autre chose à partir de quoi l’interpréter : elle est cela et rien que cela, là et rien que là. »

Nous voulons croire que l’expérience « physique » de la durée et l’ivresse suscitée par l’accumulation de sujets permettent d’accéder à cet état « d’ivrognerie » dont parle Clément Rosset, à cette perception des choses comme étant à la fois prodigieuses et incompréhensibles, à cet « étonnement » fondamental qui est à la base de toute pensée.

Par ailleurs, le fait de savoir la conférence intégrale si longue (huit heures !) nous semble permettre aux spectateurs qui décideraient de n’en voir qu’une partie de pouvoir « imaginer » le tout, et d’ainsi pouvoir malgré tout saisir la portée « philosophique » de notre proposition.

La version courte consiste en 8 épisodes distincts d’une heure chacun, présentés individuellement. La version longue est une « intégrale » de huit heures.

Tout comme le théâtre documentaire (catégorie vaste et multiple, à laquelle l’édition 2017 du FTA a réservé une belle place), le théâtre-conférence s’inscrit résolument dans l’art vivant d’aujourd’hui. Aux rives de la performance, mais aussi dans la tendance qu’illustre le succès croissant des TEDx.

Dans les villes où est présentée Conférence de choses, les deux créateurs choisissent différents lieux pour des représentations de 53 minutes 33 secondes – juste pour faire joli, un hommage à la pièce silencieuse 4’33 » de John Cage. Mais la pièce de résistance dure huit heures (six à Montréal, le 4 juin), avec les entrées et sorties libres du public. Paraît-il que tous les cas de figure s’y trouvent, des spectateurs furtifs à ceux résolus à rester tout le long, en passant par ceux qui dorment ou se font un pique-nique! Pierre Mifsud nous entretient de choses sans arrêt, dans une sorte de happening qui tient plus de l’expérience que de la performance, dit-il avec humilité. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas de l’improvisation.

«Ce qui est improvisé, c’est l’instant qui est partagé avec les gens, note le comédien. On découvre ces micro-événements qui font une représentation. Quelqu’un qui arrive en retard, un autre qui bouge, qui rit. Ici, on a un public très réactif, très vivant, je dirais même qu’il arrive avec un a priori joyeux, on sent ça dans l’air. Pour moi, c’est comme une conversation qui dure avec des amis, quand on ne voit pas le temps passer

François Gremaud est un grand navigateur. Il met les voiles dans Wikipedia. Toute recherche dramaturgique pour un spectacle de sa 2b company devient une odyssée virtuelle. Il lui suffit de répondre aux invitations de l’hypertexte. Essayez vous-même : circulez dans Wikipedia d’hyperlien en hyperlien.  Ne revenez jamais à votre point de départ et vous vous retrouverez ainsi nourri d’un surprenant savoir. Un acquis disparate et pourtant aux composantes intimement reliées par le cabotage virtuel accompli.

C’est ainsi qu’est né Conférence de choses. Le conférencier Mifsud se lance dans un marathon de huit heures. Il va être question de métaphysique, d’Annie Hall, d’automobile, de Phaéton, avec une minuscule et avec une majuscule, de Cygnos, de langue de signes, de phonème, de chat qui dort, autant de sujets hyper connectés entre eux. Non sans humour, le comédien Pierre Mifsud et son metteur en scène François Gremaud les abordent, en prenant systématiquement comme  entrée en matière le lieu où se tient cette Conférence de choses. C’est ainsi que tous les chemins du savoir, urbi et orbi, mènent au bonbon Haribo, ce qui – il faut bien en convenir – n’est pas désagréable. Thierry Sartoretti est journaliste culturel à la RTS (Radio Télévision Suisse).

Distribution

Avec Pierre Mifsud

Conception François Gremaud

Ecriture François Gremaud Pierre Mifsud

Administration, production, diffusion mm – Michaël Monney

Production 2b company

Co-production ARSENIC Lausanne Centre Culturel Suisse Paris

Avec la participation de far° festival des arts vivants Nyon

Fondée en 2005, l’association 2b company a constitué au fil des années un répertoire de créations originales constitué de spectacles et de petites formes, théâtrales ou autres (films, publications, chansons…)

Contact

2b company

rue Saint Martin 9 1003 Lausanne

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François Gremaud
2b company

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