Tanzfaktor 2013 était à la Kaserne : ovation unanime aux danseurs

samedi 30 novembre 2013 par baleenfrancais

Carena Schlewitt Philippe Olza

Tanzfaktor 2013 : 5 clés pour trouver notre place dans une société interculturelle , intergénérationnelle et multiple

Qui a dit que la danse contemporaine est un domaine difficile auquel le public ne pourrait adhérer que par une sorte de hasard? Près de 350 personnes présentes ont applaudi à tout rompre les danseurs des 5 compagnies  ( sélectionnées parmi 90 ) qui se sont produites mercredi soir dans le cadre  de Tanzfaktor 2013: Humour , imagination , creativité , surprises : la jeune garde de la danse contemporaine allie toutes ces qualités.

L’équipe de Bâle en Français est très heureuse d’avoir  pu contribuer au succès de cette soirée et remercie chaleureusement les nombreux amis  qui ont bravé le froid pour se joindre à nous et rester en seconde partie de soirée pour partager ce pot de l’amitié en compagnie des artistes et de nos hôtes de la Kaserne.

 

Nous remercions tout particulièrement :

  • La direction  et le personnel de la Kaserne ,Carena Schlewitt, Tobias Brenk, Thomas Keller , Kathrin Schmidlin et Nico Grüninger , pour leur générosité , leur gentillesse et  la parfaite logistique sans laquelle nous n’aurions pu organiser cette rencontre et nous réjouir d’un tel enthousiasme .
  • Philippe Olza : coordinateur de Tanzfaktor Interregio à Bâle et membre du jury national( avec Tobias Brenk ) , pour cette coproduction ,avec Reso-DanceNetwork Switzerland , Kaserne Basel et Tanzbüro Basel , lequel nous a largement soutenu et aidé à mettre en place ce projet collaboratif .

  T42 Dance Projects ou tu apprendras à te servir des baguettes de gré ou de force ! cultiver la difference originelle

Diversité, dynamique, burlesque, humour, souplesse… …constamment en quête de voies insolites , les deux chorégraphes, Félix Duméril et Misato Inoue, produisent depuis 2006 des

Misato Inoue ©VAMisato Inoue ©V.Aubry

spectacles de danse, du  théâtre dansé  et des  projets artistiques pluridisciplinaires, présentés avec succès aussi bien en Suisse qu’à l’étranger.

Misato allias Madame Butterfly, est  bien décidée  à imposer à son comparse Felix allias Pinkerton, la culture du Soleil Levant , costume traditionnel à la rescousse; au début , il semble avoir le dessus , enveloppé d’une gigantesque  pelisse  façon Nosferatu dont la silhouette  inquietante se projette en ombre chinoise ; la belle orientale est litteralement avalée par l’olibrius en loden trop grand . Tout cela etant rendu sèrieusement dramatique par la musique de Puccini ! Puis , changement d’ambiance radical: Miss Butterfly reprend la main pour mener son Pinkerton à la baguette . Il va obeïr , au doigt et à l’oeil , se plier , quitter son manteau et apprendre à vivre selon les rites de sa belle jusqu’à revêtir le kimono traditionnel et se débattre avec les baguettes dont il reçoit quelques coups au passage . Hilarante Misato , vociférant sur scène , prenant le public à témoin de la nullité de son imbécile d’occidental  compagnon incapable de manier la baguette avec art  ! Finalement , les baguettes leur tricoteront un chandail à 2 places  bien plus confortable et douillet que  le kimono ou  le grand manteau.

 

Kilian Haselbeck©V.AubryKilian Haselbeck©V.Aubry

 » To be or orthopädie  » le jeune qui voulait se faire aussi agile que la vieille ! Gestion d’opposition  générationnelle

Ils se rencontrent , ils se regardent , ils s’étudient puis ils expérimentent, jouent à  » je te tiens tu me tiens par la barbichette , le premier qui rira …. » ; tout se passe dans le silence et la lenteur des mouvements rappelle davantage l’expression corporelle que la danse ,on est proche de l’ennui . Heureusement viennent les tatonnements  , les rapprochements furtifs , la naissance d’une attirance entre ces deux corps que tout semble opposer ,surtout leur   apparence : lui est jeune , souple , flexible , elle est âgée et ça se voit  … Que se passe-t-il entre eux ? Ou se loge reellement la force ,ou  réside la faiblesse ? Ne vous fiez pas aux apparences ! Le stratagème des pinces à linge que l’on s’accroche à la façon des boules de Noël partout sur le corps et dont il faut se debarrasser par les seuls mouvements du corps, est l’outil proposé par Kilian Haselbeck – le jeune- à Meret Schlegel  pour que l’on perçoive ces notions ; notons que les pinces à linge sont italiennes et non suisses comme le précise Meret , les secondes provoquant  une trop intense douleur . On est pas là pour en baver quand même ! A la fin , qui gagne ? Meret bien sur laissant Kilian aux prises avec ses instruments de torture démoniaques car sa peau de jeune est plus épaisse  et accroche mieux ; aurait-on toujours besoin d’un plus vieux que soi par hasard ?

  » Metamorphosis » :  contradiction entre besoin d’union et besoin d’indépendance

Comment représenter cette ambivalence ? Christina Mertzani et Evangelos Poulinas ont choisi de se mouvoir entre attirance et répulsion : sur scène , deux corps athlétiques  enchevêtrés  s’avancent en rampant au sol à la façon d’une araignée dont on distinguerait pratiquement les pattes velues ; la musique , ou plutôt le fond sonore est angoissant , une sorte de tonnerre de guerre enregistré sur vinyle rayé; manifestement , pour Christina Mertzani et Evangelos Poulinas , maîtriser la contradiction entre nos besoins d’union et d’indépendance relève de la mission impossible.

Derrick Amanatidis©V.AubryDerrick Amanatidis©V.Aubry

  » About Strange Lands and People »: le silence est-il d’or ?

Communiquer , cohabiter , la belle affaire ! mais comment ? faut-il se taire ? Faut-il parler ? Faut-il danser ? Joshua Monten a mis en scène Derrick Amanatidis et Ariel Cohen pour illustrer les ambivalences de la cohabitation ; mais communiquer par le langage des signes peut s’avérer source de surprise ; Derrick explique comment au début de la représentation , seul face au public , il se contente de présenter son show en silence ,  et finalement , l’allure comique de sa posture à la Buster Keaton  provoquant des éclats de rire dans la salle l’amène à transformer le moment en spectacle burlesque , la petite musique de Franz Liszt accentuant la drôlerie des scènes au cours desquelles les danseurs expriment un tas de sentiments humains comme la colère .

Jozsef Trefeli©V.AubryJozsef Trefeli©V.Aubry

 » Jinx103″ : confrontation entre les rituels originels et le contexte contemporain  par la Compagnie Joszef Trefeli

Joszef Trefeli et son comparse Gyula Cserepes ont choisi d’amener le public au plus près , c’est à dire sur la scène même pour ce retour aux sources rythmé ; rien n’est laissé au hasard , le dance floor est soigneusement délimité par un ruban rouge et blanc façon chantier, le public sagement disposé en cercle autour; la disposition des bandes bicolores rappelant le jeu de l’élastique de notre enfance dans les cours de recré ;  mais les danseurs  partent  explorer leur passé  beaucoup plus loin , aux sources  de la tradition populaire hongroise.

Après un temps consacré à des travaux d’approche , Joszef Trefel et Gyula Cserepes   entament comme une danse de la pluie  , le rythme et les pas se faisant de plus en plus précis jusqu’à aboutir aux danses traditionnelles hongroises, les deux danseurs  présentent alors une prestation sportive ,sur un rythme endiablé n’ayant rien à envier à la prouesse de Rabbi Jakob .  De la virtuosité en toute simplicité pour le spectacle le plus visuel de la soirée.

Il vous faudra attendre 2 années pour découvrir les creations des jeunes  compagnies  sélectionnées pour participer au Tanzfaktor 2015

Consultez les liens suivants :

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