Mulhouse Bartabas et Zingaro

Filature de Mulhouse Scene nationale PhotoVB

Zingaro-Bartabas à  Mulhouse : genèse

Voilà un projet initié il y a deja 10 ans de cela  et qui n’a pu voir le jour pour des raisons essentiellement techniques comme l’explique Michel Samuel-Weis , adjoint au maire de Mulhouse , mais cette fois  c’est sur , Bartabas s’installera au Parc des Expos de Mulhouse en 2013.

Un évènement loin d’être anodin pour  les personnalités  mulhousiennes présentes lors de la conférence de presse  , aux côtés du maire  Jean Rottner , son adjoint Michel Samuel-Weis , Monica Guillouet-Gelys , directrice de la Filature et Bertrand Jacoberger , président de la Filature  chantant à l’unisson les louanges de leur belle cité alsacienne ” véritable ville cosmopolite au coeur de l’Europe ” qui méritait bien d’accueillir un évènement de cette ampleur , l’ occasion ou jamais  de valoriser le rayonnement de l’agglomération Haut-Rhinoise au-delà des frontières , objectif clairement exprimé par les protagonistes .

Il faut dire que Mulhouse n’est pas seulement la capitale du Haut-Rhin , c’est aussi le plus grand pôle de musées techniques en Europe , je vous conseille vivement de ne pas louper la Cité de l’automobile , merveilleuse collection Schlumpf , Electropolis musée de l’Electricité   ou la cité du Train.

Avec La Filature – coordinatrice de l’évènement Zingaro  -qui abrite entre autres l’Opéra national du Rhin , ce joyau de la culture mulhousienne  placé au 10 ème rang des scènes nationales de France , justifie encore  l’ambition politique de la ville d’accéder à la position  de place forte symbolique culturelle et économique  du Grand Est , Suisse et Allemagne comprises. Nul doute que la venue de Zingaro donnera une visibilité objective  sur le succès de cet ambitieux  défi .

Zingaro-Bartabas et son théâtre équestre : 14 représentations pour fêter le Printemps une exclusivité dans l’est de la France

Déjà vue par 160000 spectateurs , Calacas, sera présentée du 12 au 30 avril 2013 au Parc des Expos de Mulhouse . Des chiffres pour que vous réalisiez vraiment l’énormité du déplacement : Bartabas en tournée pour Calacas , ça signifie 10 semi-remorques , un village de caravanes , 30 chevaux , les cavaliers  qui vont avec  mais aussi des palefreniers , des voltigeurs , des musiciens et un châpiteau pouvant accueillir 1300 spectateurs.

Danse avec les morts / Calacas  , nouveau spectacle équestre de Zingaro

Ce qui m’intéresse, avec Calacas, c’est la danse macabre. Une danse de mort, c’est aussi une danse de vie. J’installe tout, comme un carnaval, et après, je laisse le spectateur voyager dans l’image. C’est l’une des caractéristiques de Calacas. »

Cher Bartabas , nul doute que ta nouvelle folie va plaire à tout le monde : grands et petits , jeunes et vieux , femmes et hommes ,  vivants et … morts ( comment le savoir  ? ) mais encore , français , allemands et suisses  car le thème de la Danse Macabre, la Totentanz , est familier pour la plupart  , les bâlois lui accordent une certaine affection car Jean Tinguely , artiste bâlois de coeur  que tu ne pourras croiser – car il est mort – lui a inspiré nombres de travaux et bien  avant lui Holbein Le Jeune . Ainsi , danser avec les morts , ça nous connaît dans la région !

Avec Calacas, (squelette au Mexique), inspiré de la tradition mexicaine de la Fête des morts, le Théâtre équestre Zingaro propose un spectacle époustouflant et poétique où la mort est prétexte à célébrer la vie.

Véritable danse de l’âme joyeusement macabre, exécutée sur piste et dans les airs, Calacas évolue comme un double carnaval endiablé au son du tambour des chinchineros, des fanfares mexicaines et des orgues de Barbarie.

Zingaro par  Bartabas

« Ce qui m’intéresse, avec Calacas, c’est la danse macabre. Une danse de mort, c’est aussi une danse de vie. J’ai fait des recherches sur ce que représente le carnaval, aussi bien au Moyen Âge que dans différentes cultures. Assez vite et très naturellement, je me suis approché du Mexique parce que c’est là qu’on trouve l’imagerie la plus passionnante. Derrière cette imagerie, un peu classique et enfantine, avec ses représentations assez naïves et populaires de la mort, on découvre la trace de racines indiennes. Une culture enfouie : le Chamanisme, qui a été récupérée par le Mexique.

Dans le spectacle, j’essaie de dévoiler, à travers la musique et grâce à l’animal, comment le Mexique a évolué par rapport à cette tradition qui était celle des Indiens d’Amérique.

La représentation de la mort au Mexique est très joyeuse et dynamique. Les musiciens sont tout le temps en déplacement pendant le spectacle. C’est la notion même du carnaval. Un déplacement perpétuel. Je l’ai transcrit en scénographie, en une piste suspendue entre ciel et terre, une piste en l’air, une en bas.

C’est toujours la musique que je choisis en premier.Là ce n’est pas un spectacle sur le Mexique.  cela ressemble à des danses, des danses macabres, leur évolution est très lente.

La présence du cheval ressort d’autant plus que l’être humain est désincarné; c’est un squelette.  Celui qui a l’énergie vitale dans Calacas, c’est le cheval, pas l’homme. »

Danse macabre« Toute œuvre d’art parle de la mort. C’est ce qui distingue l’homme de l’animal. Seul l’homme a la conscience, pendant toute sa vie, de la représentation de la mort. Tous les spectacles de Zingaro évoquent cela  d’une manière plus criante dans Calacas ou l’on trouve tout de même le  côté joyeux, car comme dans un carnaval la vie continue.. »

Mort: « En tant qu’artistes, travaillant avec ce partenaire qui est le cheval, nous sommes naturellement davantage confrontés à la notion du deuil puisque nous savons, dès le départ, que notre partenaire vivra en principe moins longtemps que nous.

Un cheval vit, en général, 20 ans environ. Au cours de ma vie j’ai été confronté au deuil de l’animal, un deuil qui est très particulier. Je ne parle pas là de sentiments. Je parle d’absence. L’absence d’un cheval que l’on a travaillé toute sa vie, c’est une partie de soi-même que l’on a construite avec ce partenaire qui disparaît.

Je m’inspire beaucoup des arts plastiques : Basquiat, évidemment, a fait partie des préparatifs, Matisse et tout le travail de Posada sur le Mexique (cela se retrouve dans la scène des charrettes). Nous faisons un spectacle tous les 2 ans et demi environ. On ne perçoit pas tout de suite le chemin. C’est un long processus… »

La mort au Mexique D’après Octavio Paz

« Nous sommes un peuple rituel. Cette tendance, favorise notre imagination et notre sensibilité, toutes deux toujours en éveil. L’Art de la fête se conserve intact chez nous. En peu d’endroits du monde, on peut vivre un spectacle semblable à celui des grandes fêtes religieuses du Mexique, avec leurs couleurs violentes, acides et pures, leurs danses, leurs cérémonies, leurs feux d’artifice, leurs costumes insolites, et l’inépuisable cascade de fruits, de confiseries et d’objets qui se vendent ce jour-là sur toutes les places et marchés. Notre calendrier est peuplé de fêtes. Certains jours, dans les endroits les plus reculés aussi bien que dans les grandes villes, le pays tout entier prie, crie, mange, s’enivre et tue en l’honneur de la Vierge de Guadalupe ou du Général Zaragoza. (…)

Au cours de ces cérémonies – nationales, locales, professionnelles ou familiales – le Mexicain s’ouvre à l’extérieur. Elles lui donnent toutes l’occasion de se révéler et de dialoguer avec la divinité, la patrie, les amis ou les parents. Durant ces jours-là, le silencieux Mexicain siffle, crie, chante, allume des pétards, décharge son pistolet en l’air. Décharge son âme. (..) Dans la Fête, la société communie avec elle-même. Ses membres retournent à la confusion et à la liberté originelle (…) Pour nous, la Fête est une explosion, un éclatement. Mort et vie, jubilation et lamentation, chansons et hurlements se mêlent dans nos réjouissances publiques : il ne s’agit pas de se recréer, de se retrouver mais de s’entre-dévorer. Il n’y a rien de plus joyeux qu’une fête mexicaine, mais il n’y a aussi rien de plus triste. La nuit de fête est aussi une nuit de deuil. (..) La mort est un miroir pour les vaines gesticulations de la vie.

Notre mort illumine notre vie. Si notre mort manque de sens, c’est que notre vie en a manqué. C’est pourquoi lorsque quelqu’un meurt de mort violente, nous disons seulement « Il l’a cherché ». Et il est vrai que chacun a la mort qu’il mérite, la mort qu’il fait. Mort de chrétien ou mort de chien sont des façons de mourir qui reflètent des façons de vivre. Si la mort nous trahit et que nous mourrons de mauvaise façon, tout le monde se lamente : il faut mourir comme on vit. (..)

Pour l’habitant de Paris, New York ou Londres, la mort est ce mot qu’on ne prononce jamais parce qu’il brûle les lèvres. Le Mexicain, en revanche, la fréquente, la raille, la brave, dort avec, la fête, c’est l’un de ses amusements favoris et son amour le plus fidèle.

Le mépris de la mort n’est pas en opposition avec le culte que nous professons pour elle. Elle est présente dans nos fêtes, nos jeux, nos amours et nos pensées. Mourir et tuer sont des idées qui nous abandonnent rarement. La mort nous séduit. La fascination qu’elle exerce sur nous vient peut être de notre hermétisme, et de la fureur avec laquelle nous la faisons éclater. De plus la mort nous venge de la vie, la dépouillant de ses vanités et des prétentions, en la changeant en ce qu’elle est : rien que des os et une grimace lamentable.

Crânes de sucre ou de papier de soie, squelettes coloriés, feux d’artifice, nos représentations populaires sont toujours des railleries de la vie, et affirment l’insignifiance de l’existence humaine. Nous décorons nos maisons de crânes, nous mangeons le jour des Morts des pains qui imitent des os, nous nous amusons de chansons et de mots où rit la mort pelée.

Calacas- Les squelettes au Mexique-

Conception, scénographie et mise en scène : Bartabas

Les chevaux : Antonete, Arruza, Belmonte, Bombita, Cagancho, Calacas, Chamaco, Chicuelo, Conchita, Citron, Dominguin, Edwin, El Cordobes, El Gallo, El Soro, El Viti, Espartaco, Joselito, Lobero, Majectic, Manolete, Manor, Manzanares, Nimeno, Paquiri, Phare ouest, Posada, Tarzan.

Repères biographiques.

Pionnier d’une expression inédite, conjuguant art équestre, musique, danse et comédie, Bartabas a inventé et mis en scène avec tact, fougue et intuition, une nouvelle forme de spectacle vivant : le théâtre équestre.

Avec sa compagnie, fondée en 1984 à l’enseigne du Théâtre équestre Zingaro, il a conquis des centaines de milliers de spectateurs à travers le monde comme au Fort d’Aubervilliers où il s’est installé en 1989, dans un chapiteau de bois conçu à sa mesure par Patrick Bouchain.

Ses créations : Cabaret I-II-III, Opéra équestre, Chimère, Éclipse, Triptyk, Loungta, Battuta et Darshan sont à chaque fois des évènements qui témoignent d’une quête incessante, mystique parfois, et toujours profondément authentique.

Soucieux d’une transmission artistique, il fonde en 2003 l’Académie du spectacle équestre de Versailles. Un corps de ballet sans autre exemple au monde.

Bartabas a reçu en juin 2012 Le Grand prix de la SACD( Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) 

Le 7 novembre 2012, Bartabas signe un nouvel ouvrage aux éditions Autrement intitulé MANIFESTE POUR LA VIE D’ARTISTE avec des illustrations originales de Cabu, et invite musicien, chorégraphe, plasticien, metteur en scène, comédien, mais aussi chef cuisinier, homme politique et torero… à en parler à ses côtés. Ainsi, Bartabas, pour être au plus prêt de ses chevaux, vit toujours dans une roulotte.

Les invités de Bartabas, dans des contributions personnelles et intimes, nous font partager leur expérience de la vie artistique, avec ce qu’elle révèle de contraintes et de plaisir, mais surtout d’implication et d’engagement : Pina Bausch (danseuse et chorégraphe), Alain Cavalier (cinéaste), Chris Christiansen (jongleur), Luis Francisco Espla (torero), Dominique Mercy (danseur), Ko Murobushi (danseur), Alain Passard (chef cuisinier), Ernest Pignon-Ernest (plasticien), Jack Ralite (homme politique), Christophe Soumillon (jockey), Laurent Terzieff (comédien, portrait par André Velter), Alexandre Tharaud (pianiste).

Zingaro :Théâtre équestre depuis plus de 25 ans

Depuis les premiers Cabarets équestres jusqu’à Calacas, en passant par tous les spectacles présentés par la compagnie, les spectacles de Zingaro mêlent au théâtre équestre danse, musiques du monde, poésie et bien d’autres disciplines artistiques. Autant d’invitations au voyage et de vecteurs d’émotions universelles.

En plus de 25 ans d’existence, la compagnie est devenue l’une des plus importantes d’Europe. Ses spectacles triomphent à travers le monde, du Fort d’Aubervilliers où elle est installée, à Istanbul, Hong Kong, Moscou, New York, ou Tokyo.

www.bartabas.fr

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