Théâtre de Bâle : Pignon / Jugnot Cher Trésor

Théâtre pluridisciplinaire de Bâle Photo VB

Théâtre de Bâle saison française :  Pignon / Jugnot joue  Cher Trésor

Comme l’homme est une machine simplissime et simpliste !

Gérard Jugnot Cher Trésor©VB
Gérard Jugnot Cher Trésor©VB

Et tout n’est qu’apparence, l’habit fait le moine etc …

Le pitch : un brave homme , François Pignon de retour sur scène après de longues vacances par les bons soins de son Gepetto alias Francis Veber, dans un appartement cossu avec vue sur la Tour Eiffel , encadré de nombreuses oeuvres d’art contemporain auxquelles il ne comprend rien ( on peut le comprendre) , décide de cesser de passer inaperçu aux yeux de tous ;

sa stratégie? S’offrir un contrôle fiscal : oui , c’est tout nouveau mais pas facile à… contrôler .

Pignon /Jugnot , propulsé par son riche parrain voyageur dans les fonctions de gardien du bel appartement , constate avec justesse combien sa situation de chômeur au long cours le catalogue dans la case invisible voire intouchable , notamment aux yeux de la séduisante décoratrice ( Vandernoot ) ;

Le contrôle fiscal : nouveau signe extérieur de richesse

la visite de l’inspecteur du fisc , Ersatz -faiblard – de Prevost , inénarrable facteur cheval on s’en souvient – fort intéressé par la situation patrimoniale du parrain, lui donne une idée de génie ( pense-t-il ) : simuler un contrôle fiscal pour revenir dans la lumière .

Et ça marche… dans un premier temps.

Pignon propose un arrangement à l’inspecteur à tête de fouine : répandre la rumeur de son contrôle fiscal , notamment auprès de son ancien camarade de classe , un prétentieux à la posture ridicule devenu banquier à l’UBS , pardon , à l’UBE , ainsi qu’à son ex-femme , sorte de harpie sans charme aucun et grandement méprisante à son égard ; contre ce service , Pignon fournira des informations précieuses promet-il sur les comptes bancaires du parrain-globe-trotteur. Et là, on peut commencer à rire sur le thème “ je retourne ma veste et ça ne me gène pas du tout “

 Le cave se rebiffe

L’inspecteur accepte le deal et ça fonctionne très vite : l’ami banquier se fait obséquieux , l’ex femme mal fagotée se déguise en élégante – croit-elle- pour le séduire , les beaux-enfants lui téléphonent , mais surtout , la jolie décoratrice le regarde , lui parle , et même l’invite à dîner et plus si affinités ; il n’en revient pas du succès de sa ruse , pourtant grossière , l’approximation sur sa fortune estimée justifiant l’attention insistante du fisc :”50 , 60 millions , je ne sais pas vraiment “ n’éveillant même pas la méfiance du cupide entourage. La vengeance du petit bonhomme sans envergure , semble être une parfaite réussite , la morale est donc sauve , on peut méditer sur les dégâts collatéraux que cause l’argent , même lorsqu’il n’existe pas .

Mais Veber ne s’arrête pas là , il décide d’instiller un peu d’amour dans ce monde de requins . Ainsi Pignon va-t-il abandonner son action machiavélique pour les beaux yeux d’Irina , la jeune russe du dessus. Le retournement de situation en forme d’apothéose de la fin de la pièce , bien qu’un peu trop “ too much “ et vraiment digne d’un Feydeau ou d’un Vaudeville , où les riches prennent la place des pauvres et vice-versa , moralise encore davantage le sujet : “ Bien mal acquis ne profite pas” ou “ L’argent ne fait pas- toujours – le bonheur “ ou , comme le répète Gérard Jugnot en guise de sous-titre à la pièce de Francis Veber : “ l’important , ce n’est pas d’avoir de l’argent , c’est que l’on croit que vous en avez”.

Ce que j’en pense  

Personnellement , je regrette juste que les décors n’aient pas été modifiés en cours de chemin pour faire plaisir à Pignon , amateur de vaches décoratives dont les suisses sont également de grands fans et qui auraient surement volontiers prêté quelques unes des oeuvres peintes disséminées en ville pour remplacer , le temps de la seconde partie de la pièce les imitations d’Arman , du designer Verner Panton ou de la robe, en mouvement , de Marilyn dans la scène mythique de 7 ans de réflexion , quoique cette oeuvre contemporaine -là n’ait pas suscité réellement de révolte chez aucun des protagonistes , je ne sais pas pourquoi …

Cher trésor, bientôt un film ? Une idée qui pourrait avoir déjà germé dans l’esprit de Francis Veber à l’instar du Dîner de cons, on serait d’ailleurs vraiment heureux d’y retrouver Daniel Prevost , Monsieur Cheval que l’on remercie d’avance ;

Bon théâtre 

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