Steve Mc Queen au Schaulager jusquau 1er septembre 2013

Steve Mc Queen Schaulager ©VB

«la plus grande exposition jamais organisée» de l’artiste anglais Steve McQueen présentée au Schaulager

Le Schaulager rouvre ses portes après une année de travaux et c’est à  l’artiste Steve Mc Queen  qu’est dédiée l’exposition de cette nouvelle ère , un travail collaboratif avec  l’Art Institute de Chicago qui avait organisé l’an passé une rétrospective de moindre ampleur .

Au Schaulager , plus de 20 vidéos , photos  et installations sont présentées sur les deux étages du bâtiment, transformé pour l’heure en gigantesque complexe cinématographique. Maya Oeri (mécène  héritière Roche , présidente Fondation Laurenz)  , initiatrice du projet raconte en préface du catalogue de l’exposition la naissance de sa passion pour les travaux de Steve Mac Queen , rencontré il y a une quinzaine d’années lors de ses premières expositions à Frankfort ou Zürich; au fil des années ,Maya Oeri a rassemblé pour la Fondation Emanuel Hoffmann dix des plus importantes réalisations filmiques de l’artiste.L’installation de l’exposition fut une prouesse technique , un vrai challenge à l’instar de l’écriture du catalogue avec laquelle Mac Queen n’a pas été toujours en accord, jugeant son travail en cours d’élaboration ne justifiant pas déjà une telle rétrospective; c’est James Rondeau de l’Art Institute de Chicago qui a réussi à le persuader du bien-fondé de la chose .La confiance mutuelle est venue petit à petit , à chaque visite de l’artiste avec sa collaboratrice de toujours  Sue Mac Diarmid.

Ceux qui aimeraient visionner tout l’oeuvre filmé de l’artiste devraient y consacrer une journée entière , c’est pourquoi , le billet d’entrée au Schaulager est valable pour 3 visites . Le catalogue très complet rassemble pour la première fois des photos , textes , éclaircissements techniques autour de l’oeuvre de l’artiste iconoclaste.

Visites guidées en français du 26 mai et du 28 juillet 2013 à 13h

Steve Mac Queen ; artiste iconoclaste connu et reconnu

Né en 1969 à Londres, Steve McQueen a réalisé ses premiers travaux pour le cinéma et la vidéo dans les années 1990.

 Formé à la Chelsea School of Arts et au prestigieux Goldsmith’s College, il complète son apprentissage à la Tish School of the Arts de New York . Aujourd’hui, ses oeuvres figurent dans les collections des plus grands musées comme le Guggenheim, le Museum of Modern Arts de New York, la Tate Gallery de Londres ou le Centre Pompidou de Paris. En 2002, il participe  à Documenta XI, la principale réunion de plasticiens contemporains. Ses oeuvres feront depuis l’objet d’expositions à la Fondazione Prada et au Musée d’art moderne de la ville de Paris .

Steve Mac Queen est avant tout un artiste engagé.Ainsi entre 2007 et 2009 , pour rendre hommage aux hommes et  femmes tués pendant la guerre en Irak, il choisit de réaliser une série de timbres-postes représentant des portraits des familles de 160 soldats morts au combat dans Queen & Country( Oeuvre visible au sous-sol du Schaulager sous forme d’un présentoir en chêne à tiroirs verticaux)  associant les visages des soldats à l’effigie de la reine au nom de laquelle ces hommes et ces femmes ont perdu leur vie. Le cabinet de chêne a voyagé à travers de nombreuses institutions au Royaume -Uni ; cependant , Mc Queen considère que son travail ne sera réellement achevé que lorsque les timbres auront été officiellement édités, intention rejetée jusqu’à présent par le ministère de la Défense et la poste britanniques.

Après des expositions dans les plus grandes galeries, de la Tate au Guggenheim, Steve McQueen reçoit le prestigieux Turner Prize en 1999. A la demande de Channel Four, il se lance dans le cinéma avec la réalisation de ‘Hunger’, immersion dans le bâtiment H réservé aux prisonniers de l’IRA. Le cinéaste s’intéresse particulièrement à la lutte menée pour la reconnaissance du statut de prisonniers politiques qui s’achève par la grève de la faim qui fut  fatale pour l’emblématique  militant de l’IRA ,Bobby Sands, leader des républicains irlandais,. Pour sa maîtrise de la mise en scène et la force dégagée par le film, Steve McQueen reçoit la Caméra d’or à Cannes  en 2008.

En 1981, avec son désormais acteur fétiche Michael Fassbender , il plonge avec ‘Shame’ dans l’addiction sexuelle d’un cadre new-yorkais, un film clairement sur la honte, le poids de la morale, et l’isolement.L’acteur le qualifie ainsi :« C’est un génie, honnête dans l’image qu’il donne de lui-même. Il n’a pas peur d’apparaître snob ou peu sûr de lui-même. Cela lui donne beaucoup de force et lui permet de diriger de main de maître un plateau… Steve est passionné par les gens, par la façon dont on interagit les uns avec les autres. Si ses films sont provocants, c’est parce qu’ils mettent en jeu le public. »

Il a été sélectionné pour représenter le Royaume-Uni à la 53e Biennale de Venise en 2009 où il a présenté son film Giardini.

Il est promu Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique le 31 décembre 2010, pour services rendus aux arts visuels.

Le Schaulager consacre Steve Mac Queen hors et dans les murs

 « J’aime faire des films dans lesquels les gens ont le sentiment de pouvoir pratiquement prendre du sable dans leurs mains et le frotter dans leurs paumes. En même temps je veux qu’un film soit comme un morceau de savon humide. Vous devez bouger physiquement et ajuster votre position en fonction du film pour qu’il vous dirige et non l’inverse. »

Relevé après la sortie en salles de Hunger -à l’occasion   d’une exposition d’oeuvres récentes de Steve McQueen à la galerie Marian Goodman à Paris.

 Au rez de chaussée du bâtiment- salle 1- , Steve Mac Queen l’anglais s’approprie New-York et son emblématique Statue de la Liberté , un film en 35mm de 7 minutes nous fait un tour de la belle en hélico ,( son et lumière ) jusqu’à ce que le silence se fasse , nous offre des ailes : pour devenir les rois du monde quelques secondes sans bouger d’un centimètre.

Souvenez-vous de Buster Keaton -salle 6 – en visionnant 4 minutes  Deadpan ,la façade d’une cahutte en bois s’abattre sur Mac Queen , impassible . L’hommage est une référence à la séquence de la tempête de Steamboat Bill Junior(1928). La vidéo est projetée sur un vaste écran de 3 mètre sur 4 occupant un mur entier d’une salle obscure dont le sol brillant reflechit l’image, obligeant le spectateur à une implication physique ,la plupart du temps recherchée par le cinéaste.

Charlotte Rampling a été le jouet de Steve Mac Queen -salle 6-dans un film tourné en 16mm ou l’on découvre en très gros plan l’oeil de Rampling touché du doigt par l’artiste , un moment partagé entre sensualité et agressivité.

” Je veux mettre le public dans une situation où chacun devient très sensible à lui-même, à son corps , à sa respiration

Au sous-sol , les parisiens retrouveront avec plus ou moins de bonheur une série de clichés en couleur figurant les serpillères disposées en boudin dans leurs caniveaux, une méthode archaïque mais toujours en vogue pour canaliser les eaux déversées avec leurs restes  de détritus après les marchés par exemple, une vision plutôt misérabiliste de la ville des Lumières .

Vous l’aurez compris : l’observation et la compréhension du travail de Steve Mac Queen nécessitent un peu plus de temps que pour une exposition classique

Notez  donc les visites guidées en français du 26 mai et du 28 juillet 2013 à 13h.

Vous devez consulter l’agenda du Schaulager qui a pris la décision d’organiser jusqu’à la fin de l’exposition en septembre 2013 , toute une série de manifestations pour éclairer le public sur le travail de cet artiste exceptionnel ; vous aurez ainsi l’occasion de visionner les films Hunger ( attention , très dur , ne pas y aller à mon sens avec des enfants ou des compagnons et compagnes aux âmes sensibles , même s’ils ont vu Midnight express ) , Shame (sujet  addiction sexuelle crue , peut-être pas indiqué pour les enfants ), mais aussi des films affectionnés par Mac Queen que vous reconnaitrez avec plaisir :  Taxi Driver  de Scorsese/Beau Travail de Claire Denis/Zéro de conduite de Jean Vigo/Le mépris de Godard / …Steve Mac Queen aimerait-il la France ?

Si vous êtes libre jeudi 11 avril  à 19h, ne ratez pas l’entretien Steve Mac Queen / Adrian Searle ( en anglais )

Le Schaulager propose également des ateliers et des visites spécifiques en allemand et en anglais autour des nombreuses vidéos présentées.

FILMOGRAPHIE VIDEOS

Deadpan (1997)

Drumroll (1998)

Carib’s Leap / Western Deep (2002)( visible en extèrieur )

Charlotte (2004)

7th November (2004)

Gravesend (2007)

Riding Thunder (2007)

Queen & Country (2007)

Hunger (2008 )

Giardini (2009)

Shame (2011 )

Twelve Years a Slave(Automne 2013)

 10 heures de projection , un billet d’entrée valable pour trois visites.

 Le mixage Art/ video,caractérisé par le mouvement , implique naturellement que le visiteur consacre à l’exposition davantage de temps qu’à une exposition classique de peintures ou sculptures  .Votre billet d’entrée vous donne  accès à une visite de trois temps de l’exposition. Chaque Jeudi,  jusqu’à 22h , le Schaulager présente un programme spécifique  d’événements variés : des  visites, des ateliers, des conférences, des projections de films et un colloque. Les détails exacts et informations peuvent être trouvées dans le dossier Schaulager que vous obtenez lorsque vous visitez l’exposition gratuitement, et sur le site, qui est mis à jour en permanence.

Pratique

  • VISITES GUIDEES EN FRANCAIS les 31 mars , 26 mai et 28 juillet à 13h

Tram 11 à partir de la gare de Bâle (arrêt Schaulager). www.schaulager.org

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