Beatrice Stirnimann CEO Bâloise Session

Beatrice Stirnimann CIO Bâloise 2014 ©VB

La Bâloise Session fête sa 28ème édition

Rencontre avec Beatrice Stirnimann, CEO Bâloise Session

Ainsi se présente la Bâloise Session sur son site :  Depuis 28 ans, des artistes mondialement connus foulent chaque automne la scène du festival de musique lifestyle et garantissent des événements musicaux inoubliables.

Mais ce ne sont pas uniquement les têtes d’affiche qui attirent un public fourni, près de 20’000 personnes par année : les découvertes ont leur part de responsabilité dans le succès du festival. La large palette musicale qui s’étend de la pop, aux auteurs-compositeurs interprètes en passant par le rock, la soul, le funk, le blues, le jazz et la world music offre des concerts pour tous les goûts musicaux.

Rencontre avec Beatrice Stirnimann au Café Zum Kuss 18 novembre 2013

Beatrice Stirnimann CEO Bâloise Session : un changement de sponsor reussi

 VB : Bonjour Beatrice Stirnimann : pas trop fatiguée après ce marathon de 14 jours ?

BS : si , j’ai grand besoin de repos , encore  un peu de patience et je m’envole vers le Bresil pour 6 semaines ; il faut récupérer après ces journées ou l’on est absolument toujours sur la brèche , jamais seul, il est interdit de relâcher son attention car les musiciens s’attendent à ce que tout fonctionne parfaitement bien et , pour certains , leur présence est le résultat d’une longue négociation au terme de laquelle nous réclamons l’exclusivité du passage dans la région – à partir de Genève , la tournée est libre , c’est suffisamment loin de nous -, nous n’avons donc pas droit à la faute , c’est une pression  en continu qui entraîne un  stress important .Cette année , nous avons obtenu de nombreuses exclusivités, Bligg par exemple le soir d’ouverture .Mais je ne suis pas seule bien sur pour gérer au mieux le festival , nous sommes une équipe permanente de 12 personnes , parfois nous pouvons être jusqu’à 250 au cours du Festival.

VB :le challenge d’Avo Session successeur de Rheinknie Session( creation 1986 )  était de rajeunir le public après plusieurs années tournées vers les grands du jazz d’Oscar Peterson à Fats Domino et Buddy Guy sans oublier Miles Davis ( 1988)  ; quel est celui de la Bâloise session ?

BS : Avo Sesssion avait déja opéré un tournant  en 1998 en intégrant progressivement d’autres musiques, le funk, le rock , les musiques du monde ; des noms comme Deed Pruple , Jamiroquai, Grace Jones . James Brown , Sir Elton John… se sont succédés  , et c’etait un peu une question de vie ou de mort  pour notre festival car le public et les musiciens de la scène blues/Jazz étaient de plus en plus âgés. Aujourd’hui , nous avons insufflé un sèrieux coup de jeune avec le HipHop et le Rap.

VB : La disposition des sièges de style club,une installation  qui pourrait paraître  bourgeoise au premier abord  ,ne nuit-elle pas à l’énergie du festival ? Ecouter Deed Purple , Status Quo ou Alice Cooper, assis ???

BS: ce cadre intime , chaleureux est notre marque de fabrique et le public installé de façon si conviviale est concentré et attentif , surement davantage que pour des concerts ou l’on reste debout . Nous avons tenu à préserver cette atmosphère en lumière tamisée , même l’an passé quand il a fallu ,en attendant la fin des travaux  de transformation des bâtiments de la Foire de Bâle  , s’installer au Musical Theater , ce qui nous a couté très cher car ,ne disposant pas de tables pour y placer des bougies , nous avons du installer des rampes de lampes LED le long des sièges inamovibles  pour retrouver une ambiance plus intime. Cette installation toute en douceur plait aussi beaucoup aux artistes  comme Mark Knopfler who  «loved the whole vibe» P!nk «had the closest contact to the audience of the whole tour» et le vieux rocker Joe Cocker «is looking forward to coming back again».

VB :  En 2012, vous-même et Matthias Müller , fondateur du festival de musique avez marqué cette année de transition par la venue de Rod Stewart 2 soirées de suite , que vous avez sollicité plusieurs années ; qu’est-ce qui a décidé Rod Stewart finalement ?

BS : oui , nous avons insisté beaucoup et la chance n’a pas été de notre côté: il y a 3 ans , revenant à la charge , nous avons finalement obtenu un RV mais sommes arrivées en retard  , Matthias Müller et moi étions surs que nous n’obtiendrions jamais rien ; puis , ça a fonctionné . Le budget débloqué à l’occasion a été ( très ) conséquent mais ça valait la peine .

Les soirées en binômes  de la Bâloise Session

VB : on a parfois du mal à comprendre pourquoi vous associez 2 artistes dans la même soirée qui semblent n’avoir rien en commun , quel est votre parti-pris ?

BS : les artistes ont au contraire toujours quelque chose d’assimilable ; parfois , ce sont les sources musicales , Zaz et Bligg puisent leur inspiration dans les racines culturelles  musicales  de leurs pays respectifs  , Stress et Ileoka ont en commun la poesie  que l’on trouve leurs textes et le style Urban Musik , Patricia Kaas et Birdy chantent cette année les textes d’autres artistes…

VB : Vous recevez parfois des artistes français , cette fois-ci Zaz et Patricia Kaas ; quels étaient vos critères ?

BS : il y a une question de gout naturellement et puis , Matthias Müller et moi -même voyageons beaucoup , nous allons à la rencontre des agents en Angleterre et aux Etats-Unis , ou des artistes eux-mêmes – Nous avions rencontré Gloria Estefan à l’occasion du festival Eric Clapton à New-York , la soirée pour la Bâloise Session a été particulièrement originale avec un registre de morceaux jazzy soutenu par l’orchestre de Bâle ; nous observons bien sur  les Hit-Parades de l’année, et  essayons d’être  attentifs à  tout qui se passe sur le marché , nous avons  jusqu’ici un catalogue de plus de 1000 musiciens .Matthias Müller est plutôt connaisseur en blues , jazz , pour moi ce sera plutôt Hardrock , chanson française, italienne aussi.J’en suis à mon 17ème festival , mon expèrience me sert également.

VB : Vous avez remis à ZAZ un award récompensant pour la première fois les jeunes artistes pour leur creativité et leur début de carrière prometteur .

BS: oui , j’aime cette jeune  chanteuse française qui a une grande expèrience de la scène  Zaz a redonné à la chanson française sa puissance et la modernité de sa langue. Nous avons été un peu surpris car lorsque nous lui avons remis son award , notre texte était en anglais , Zaz a tout de suite indiqué qu’elle ne parlait pas anglais , du coup , on a du improviser un texte en français , mais c’était un moment très chaleureux.

VB: Vous repondez au journal Regio que le contact avec les artistes est souvent réduit à son strcit minimum : organisation , installation, prise en charge globale de l’artiste ; a part Grace Jones , Status Quo et Kevin Kostner , pas de long échange donc ; y-a-t-il des artistes avec qui vous regrettez vraiment de ne pas avoir eu de moment privilégié ?

BS : C’est toujours très difficile de caler quelques moments avec les musiciens : avant les concerts , le stress est total , leur disponibilité à peu près nulle , il faut dire qu’ils sont sous l’oeil de 9 caméras en permanence , ils n’ont du coup pas vraiment droit à l’erreur; après les concerts , la plupart quittent Bâle après avoir répondu aux demandes d’interviews. Mais , si les artsites sont heureux , ils reviennent et ça a été le cas pour Patricia Kaas , rentrée fraîchement de Russie , sur scène chez  nous pour la 3ème fois  ( 2002/2008 )et une prestation inédite de reprises d’Edith Piaf très reussie.

Un succès enviable : près de 99% de remplissage encore cette année

VB : vous annoncez volontiers depuis des années  un remplissage de 95 à 100% , cette année encore avec un bilan de 17800 spectateurs .Quel organisateur de concert n’en rêverait pas ? Auriez-vous un secret ?

BS : nous nous sommes toujours attachés à développer la qualité contre la quantité ; donc , nous ne chercherons pas à augmenter la capacité de notre salle , 1500 places convienent tout à fait à l’idée de préserver la proximité du public avec les artistes; de même 14 soirées de concert suffisent , de façon générale , les festivals réduisent plutôt leur durée car le public n’adhère plus s’ils sont trop longs , il faut cultiver la rareté.

VB:vous avez clôturé le festival en fanfare avec 2 soirées offertes au public par Eric Clapton , Mister Blues a-t-il été à la hauteur de sa réputation ?

SB: oui , c’était extraordinaire et les billets étaient sold out des semaines avant le début du Festival; Eric Clapton , malgré sa célébrité et l’admiration qu’il suscite depuis des générations est une personnalité qui a su garder sa simplicité ;ce guitariste de légende est d’une grande timidité , nous avons respecté sa discretion.

VB : quel est le concert qui vous a le plus impressionné cette  1ère année sous la houlette de la Bâloise ?

BS : sans aucune hésitation : celui de Chris Cornell, autrefois leader de Soundgarten ,   seul sur scène en version acoustique nous a donné l’occasion de realiser la puissance de sa voix ; vraiment magique et très personnel .

VB :  Avec la BALOISE ON TOUR, vous prévoyez de mettre sur pied  des concerts dans toute la Suisse  .Des petites Bâloises Sessions ?

BS : non , c’est un projet indépendant de La Bâloise session ; par contre , nous avons deja 2 soirées confirmées pour la Bâloise 2014 .

VB : Vous avez reçu  Alice Cooper , James brown Ray Charles, Dave Gahan, Paolo Conte, Calvin Russell, Pink, Grace Jones ; vous dites rêver de U2 , réminiscences de votre jeunesse , les négociations sont-elles engagées ?

BS : non , pas encore  mais c’est un projet qui me tient à coeur ; je garde aussi dans ma valise de voeux , Tom Waits que j’adore .

VB : chère Beatrice Stirnimann ,merci et au plaisir de retrouver la scène de la Bâloise en 2014 avec autant d’artistes d’excellence .

BALOISE SESSION

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