Bâle : L’enfant et les sortilèges Chorégraphie Adrien Boissonnet

Ballet Bâle Beatrice Goetz Adrien Boissonnet Photo VB

L’enfant et les sortilèges : Maurice Ravel/ Ballet pour ma fille : Colette

La revanche des objets inanimés sur le cruel enfant : une fantaisie lyrique en 5 actes

Dans son « Ballet pour ma fille », Colette a imaginé les objets  qui entourent l’enfant méchant et indiscipliné , dotés d’une âme sensible et les animaux et les plantes dotés de la parole. L’enfant apparaît impitoyable, destructeur, cruel. L’enfant privé de sortie parce qu’il n’a pas voulu faire ses devoirs. il laisse libre cours à sa colère, qu’il passe sur les animaux et objets domestiques. Mais soudain le monde s’anime, commence à exprimer sa douleur et à demander des comptes à l’enfant.

En 1914, Colette fut sollicitée par Jacques Rouché, directeur de l’Opéra de Paris, pour écrire un livret de ballet-féerie. Colette qui a été danseuse et mime,est immédiatement enthousiasmée par l’idée d’écrire pour la danse , elle a en effet été une figure reconnue du music-hall parisien au début du XXème siècle. De 1906 à 1913, elle a mené une double carrière d’écrivain et de mime qui a influencé sa vie personnelle et sa vie professionnelle. Colette accepte donc la proposition de Rouché. Tout Colette, ou du moins les thèmes récurrents de son œuvre se retrouvent dans ce petit texte : l’enfance, la figure maternelle, la maison et le jardin, les animaux.

Finalement , l’oeuvre ne fut crééé qu’en 1925 par George Balanchine à l’Opéra de Monte-Carlo.

Pour mettre sa pièce en musique, Colette a su convaincre le compositeur Maurice Ravel, lui-même fasciné par les jouets, les chinoiseries et les jardins. C’est avec amour qu’il s’est consacré plusieurs années à composer un petit joyau d’opéra finement instrumenté, influencé par le jazz et la musique légère. Une revue d’épisodes et de styles contemporains, pleine de joie de vivre et de poésie.C’est l’une des plus grandes réussites de Ravel, qui exprime avec lyrisme et humour, la sublimation exemplaire du monde pur et violent de l’Enfant.

L’argument :

Dans une vieille maison de campagne, au beau milieu de l’après-midi, un enfant de sept ans est assis, grognon, devant ses devoirs d’école. La mère entre dans la pièce et se fâche devant

©Simon Hallström
©Simon Hallström

laparesse de son fils. Puni, il est saisi d’un accès de colère : il jette la tasse chinoise et la théière, martyrise l’écureuil dans sa cage, tire la queue du chat ; il attise la braise avec un tisonnier, renverse la bouilloire ; il déchire son livre, arrache le papier peint, démolit la vieille horloge. « Je suis libre, libre, méchant et libre !… » Épuisé, il se laisse tomber dans le vieux fauteuil… mais celui-ci recule. Commence alors le jeu fantastique. Tour à tour, les objets et les animaux s’animent, parlent et menacent l’enfant pétrifié. Dans la maison, puis dans le jardin, les créatures exposent une à une leurs doléances et leur volonté de vengeance. Alors que l’enfant appelle sa maman, toutes les créatures se jettent sur lui pour le punir. Mais avant de s’évanouir, il soigne un petit écureuil blessé dans le tumulte. Prises de regret, les créatures lui pardonnent et le ramènent à sa mère en l’appelant en chœur avec lui. L’œuvre se termine par les deux syllabes chantées par l’enfant : « ma man ».

L’Enfant et les Sortilèges est une succession de tableaux indépendants mêlant une multitude de genres musicaux, du jazz au foxtrot en passant par un ragtime, une polka, un duo miaulé, une valse et, en conclusion, un choral sacré. Ce fut pour Ravel l’occasion de démontrer l’ampleur de son génie orchestral, déployant toute sa palette et ayant recours, pour traduire les onomatopées dont regorge le livret de Colette, à des instruments pour le moins inhabituels: râpe à fromage, crécelle à manivelle, fouet, crotales, wood-block, éoliphone, flûte de lotus. Plus proche des actuelles comédies musicales que d’un opéra,l’idée générale étant de nous inviter à écouter notre propre fantaisie.

” L’enfant et les sortilèges ” chorégraphie  Adrien Boissonnet

L’opéra comporte 21 scènes courtes rassemblées comme dans un kaleïdoscope. On est ébloui par la chatoyance des costumes -Bernhard Duss-et emporté par le rythme échevelé de la représentation , on souffre avec l’enfant cruel – sosie d’Angus Young d’ACDC comme le groupe des gentils enfants – contre qui tout se ligue , la nature , les animaux, même sa princesse de conte lui tourne le dos et surtout sa mère qui lègue son affection maternelle à d’autres ; on compatit avec  madame la tasse chinoise et son comparse la theïere noire , on rit aussi beaucoup , le duo des chats amoureux est à la fois drôle et sensuel ; les fauteuils sont habités par des êtres en chair et en os , habillés de costumes aux motifs identiques ( un peu comme Pierre dans le Père Noël est une ordure ), on a de la peine pour la pendule comtoise qui perd son balancier et vire depressif ; le petit vieux chef en arithmétique est terrifiant , même pour les grands ; bref , tous les personnages sont fabuleusement bien joués. Voici pour nous un voyage émouvant au coeur de la fantaisie musicale de Maurice Ravel.

Avec les étudiants de la Hochschule für Musik Basel/FHNW, l’opéra studio « OperAvenir » du Theater Basel donnera vie à ce monde enchanté et accompagnera l’enfant sur la voie riche en enseignements de la sagesse.

En français avec sur-titres allemands

A partir de 10 ans

Direction musicale: Rolando Garza

 Direction artistique: Barbora Horáková-Joly

 Scène: Marion Menziger

 Costumes: Bernhard Duss

 Chorégraphie:Adrien Boissonnet

 Dramaturgie:Ute Vollmar

Théâtre de Bâle

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