Art Basel 2014

Art Basel 2014 14 Rooms 2014©VB

Art Basel Live-Art :14 Rooms pour 14 oeuvres d’art de chair et d’os

On vous parle d’art vivant ! du 14 au 22 juin 2014

Pour  2014 , 14 artistes ont élu domicile dans la Halle 3 de la Messe réaménagée par les soins des architectes bâlois Herzog et DeMeuron. Les magiciens bâtisseurs  ont imaginé une nouvelle version de  la Galerie des Glaces – en plus épuré que l’originale n’ayez crainte – révélant derrière chaque porte-miroir reproduite à l’infini donc , le délire des heureux lauréats . En réalité , cette construction éphémère  avait vécu une première fois en 2001 à l’occasion du mois de la Musique Européenne et le show a déjà été et sera présenté  dans d’autres villes . Mais qu’ importe , l’ébahissement  est de taille !

Organisateurs:  3 institutions phares  de la scène culturelle  bâloise La Fondation Beyeler , Art Basel, le Théâtre de Bâle

Pour présenter l’exposition 14 Rooms à la presse ce vendredi  ,se sont relayées  six  personnalités du monde artistique : les commissaires de l’exposition Klaus Biesenbach, directeur du Moma Ps1 et conservateur en chef général au Moma, Hans Ulrich Obrist , co-directeur des expositions et programmes et directeur des projets internationaux à la Serpentine Gallery; Sam Keller , directeur de la Fondation Beyeler , Marc Spiegler , directeur d’Art Basel , Georges Delnon , directeur du théâtre de Bâle et Jacques Herzog,  realisateur du concept architectural avec son complice Pierre de Meuron .Le thème imposé est le suivant : 14 artistes internationaux disposent chacun d’une pièce ( 5m2 , hauteur 3m) à l’intèrieur de laquelle ils installent leur oeuvre performative dont le materiau central est l’être humain ,les accessoires sont permis .L’idée majeure est de démontrer au public – souvent partie prenante ou pris à partie- que l’expression artistique n’a pas nécessairement besoin de pinceaux , de toiles , de couleurs … le  corps vivant peut suffire à traduire la pensée de l’artiste. Et ça se compte : plus de 70 exécutants sont  utilisés pour les performances , la plupart sont bâlois parmi lesquels des danseurs et des comédiens professionnels. Hans Ulrich Obrist précise quel les travaux de Gilbert & George , habitués à se mettre eux-mêmes en scène  comme des sculptures vivantes, ont été pour lui une source évidente d’inspiration.

Genèse  et justification du projet

Bon , qu’on se le dise , l’art vivant , c’est  du sérieux  ; Klaus Biesenbach , qu’on verrait bien jouer le méchant chez James Bond , visage coupé à la serpe et sourire Victoria Beckam  version masculine , raconte comment lui est venue l’idée de l’exposition 14 Rooms .C’est en visitant la Villa Borghese à Rome ,  splendeur rassemblant des  centaines de trésors sculptés disséminés dans un parc magnifique pour les malheureux qui ne connaissent pas, que le projet a germé. Klaus Biesenbach téléphone à Hans Ulrich Obrist avec lequel ils se mettent progressivement d’accord pour monter une exposition  proposant aux artistes d’installer leur sculpture vivante dans un espace individuel dédié  à l’exploration de la relation entre l’espace , le temps , et la présence physique d’hommes et de femmes . La particularité d’une telle exposition est qu’elle est transposable, reproductible  dans le temps et dans l’espace justement , dans différentes villes et dans 100 ans  à l’identique ou pas. “Elle pourrait devenir la plus grosse exposition collective de tous les temps si nous poursuivons à ce rythme . Qui sait ? Nous sommes très optimistes “HUO.

Une autre notion importante développée par HUO est celle de vouloir ralentir le rythme de visite des œuvres  ; il se réfère à la Joconde , à peine visualisée déjà quittée , ce qu’il trouve scandaleux . HUO prône l’éloge de la lenteur, en matière d’art en tout cas . Ici , pour 14 Rooms , le simple fait de devoir ouvrir une porte inverse la tendance ” je suis pressé ,j’ai tout vu ” , on entre lentement comme si l’on rentrait à la maison ou chez des amis, la rencontre doit être intime, insiste   Klaus  Biesenbach , nous ne sommes pas dans une galerie et les poignées de porte en bois ( toutes différentes ) sont là pour attester l’aspect familier , humain de l’exposition .Et les miroirs reflètent le visiteur bien sur mais sont surtout des portes vers le futur. Chaque artiste donne sa propre vision , on peut aussi bien  pénétrer dans l’obscurité  complète comme chez Yoko Ono que dans une lumière blafarde douloureuse comme chez Marina Abramovic.

Lors de la litanie des remerciements , Sam Keller n’a pas manqué de gratifier le public visiteur pour sa collaboration  active sans laquelle les artistes performeurs ne pourraient  qu’exprimer  une partie congrue de leurs œuvres .Pour Klaus Biesenbach , une exposition est toujours le fruit de la combinaison  entre des histoires et des actions particulières ;  14 Rooms propose une relation combinatoire triangulaire  ,car l’espace lui-même joue un rôle comme chez Dominique Gonzales-Foerster chez qui l’ouverture et la fermeture de la porte fait partie intégrante de l’œuvre.

L’emplacement et le type de construction proposée par Herzog & DeMeuron à la demande de Marc Spiegler et Sam Keller , n’est pas innocente . Le fil d’Ariane est une forme de clin d’oeil : Bâle , au moment de la Art devient le plus grand centre  commercial d’art contemporain du monde , des fortunes passent de main en main en quelques jours ; pour 14 Rooms , rien n’est à vendre , tout est à voir , à expérimenter . Ainsi , les architectes bâlois ont choisi d’éloigner le lieu de l’exposition du centre névralgique de la Art en utilisant un bâtiment ancien inscrit dans le tissu urbain public, afin de bien différencier la démarche.Cette notion de simplicité, de démocratisation , d’ouverture , trouve un écho dans cette affirmation de Klaus Biesenbach : ” je crois que nous montrons une exposition centrée autour de  l’art sur la vie et non autour de  l’art sur l’art.”

Des oeuvres vivantes dans des espaces confinés : une allégorie de nos pires cauchemars

Je dois l’avouer , j’ai plusieurs fois eu l’impression de me trouver devant un répertoire des cauchemars les plus  typiques , genre : se retrouver nu au milieu d’une foule , se trouver dans une pièce dont les murs se rétrécissent progressivement , arriver en retard à une représentation et se retrouver entraîné sur la scène avec les comédiens , entrer dans une pièce vide et ne pouvoir en sortir que si quelqu’un d’autre y entre … Aucune chance de rester indifférent ! Même s’il s’agit comme Laura Lima de montrer les limites de l’ autonomie et de de l’indépendance  humaine sous 45 cm de hauteur de plafond  , ou chez Joan Jonas de montrer la distanciation entre le reflet  partiel de l’actrice dans son miroir et la vision globale  de celui qui regarde , ou encore comme chez Marina Abramovic , de montrer à la fois la vulnérabilité , la force , la solitude, la douleur ; on sent tout cela , mais aussi une compassion et des interrogations triviales ( et pourquoi pas un homme ? ) qui perturbent la compréhension de la performance ,en observant  cette femme nue en position de crucifiction ,accrochée là  30 minutes , en pleine lumière figurant ingénieusement  l’élévation spirituelle.

Vous ne saurez rien à propos de l’installation de Dominique Gonzales-Foerster et je vous laisse le soin de découvrir le travail des autres artistes , prenez le temps ! Bon voyage !

LISTE DES ARTISTES

Marina Abramović

Allora and Calzadilla

Ed Atkins

Dominique Gonzalez-Foerster

Damien Hirst

Joan Jonas

Laura Lima

Bruce Nauman

Otobong Nkanga

Roman Ondák

Yoko Ono

Tino Sehgal

Santiago Sierra

Xu Zhen

Epilogue – Jordan Wolfson

Archive – John Baldessari

CATALOGUE

Publié chez  Hatje Cantz, est disponible à la Fondation Beyeler, durant la Art Basel , au Théâtre de Bâle et dans differentes librairies selectionnées en Europe dès Juin , en Asie en Juillet et aux Etats-Unis en Septembre ; prix :  CHF38.20, €28, $45 or £25.99. (English / German Edition, ISBN 978-3-7757-3915-3)

LIENS UTILES :

Fondation Beyeler

Art Basel

Théâtre de Bâle

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