Christian Rizzo était au Théâtre de Bâle

Théâtre Bâle Photo VB

Christian Rizzo D’après une histoire vraie C’est l’histoire d’une bande de mecs

D’après une histoire vraie  de Christian Rizzo nous a été présentée dans le cadre du TheaterFestival de Bâle-27 août au 7 septembre 2014

Au début , on est un peu désappointé par le silence et les déplacements façon glissés-déposés des danseurs , on est même près de l’ennui bien que la double batterie aperçue à l’arrière-plan de la scène soit prometteuse. Puis , c’est l’éveil: les danseurs arrivent un à un , hirsutes , la plupart pieds nus , envahissant l’espace progressivement . Ils sont 8 , plus les 2 batteurs-compositeurs ( Didier Ambact et King Q4) qui rythment la cadence style rock tribal envoutant.

Christian Rizzo a raconté quelle était sa source d’inspiration en 2004 , une bande de danseurs folkloriques vus à Istanbul dont il a dégagé une creation contemporaine purement masculine et à l’esthetique recherchée ; on y reconnaît parfois aisément jusqu’à la grâce des derviches tourneurs et si l’on peine à repérer le folklore originel , le ralenti des gestes des danseurs placés en une palette graphique fort bien étudiée sur la scène ne laisse aucun doute .

Les tambours de la Méditerrannée

A propos des batteurs donnant leur rythme à la pièce – des solos carrément déments frisant la transe et  magnifiés par les jeux de lumière  hypnotiques de Caty Olive -,Rizzo les intègre dans la troupe au même titre que les danseurs et c’est vrai que la montée en puissance de la performance( “ révélatrice du passage du groupe à la communauté au sein des danseurs , précise C.Rizzo ) en 70 minutes est au moins autant le fait de la musique que de la danse. “Ma pièce est en fait un projet pour 10 hommes “

“La musique que nous avons composée, King Q4 et moi, se base donc sur le folklore en tant que musique communautaire ; sans lien, cependant, avec un territoire ou un groupe précis.

Dans cette optique, nous pouvions ainsi aborder les musiques ethniques mais aussi le rock psyché et le metal, pour leur capacité à fédérer par la danse (headbanging, mosh…).

Le dub (ses échos, sa recherche sonore) a également été mis à contribution car il peut être utilisé sur des types de musique très différents.”Didier Ambact

 Débat public avec Christian Rizzo après la représentation :

Christian Rizz©VB

Comment avez-vous débuté ? J’ai toujours aimé danser , enfant , je voulais être Claude François alors que classiquement mes parents auraient préféré me voir jouer au foot ; finalement , je m’intéressais beaucoup plus à la peinture qu’au foot et j’ai plutôt une formation de plasticien; dans les années 80 , j’ai navigué entre la mode , le rock , la performance artistique et la peinture , je sortais beaucoup à cette période; c’est Mathilde Monnier ( à la tête du Centre National de la Danse de Pantin après 20 ans à la direction du Centre chorégraphique de Montpellier ) venue regarder la compagnie au travail qui a encouragé définitivement mon goût pour la danse.C’était il y a 25 ans , j’ai cessé de sortir et je me suis mis véritablement au travail.” La danse est venue à moi et m’a dit bienvenue ! “

Un prochain voyage vous inspirerait-t-il une nouvelle pièce autour d’une danse particulière , un tango argentin , par exemple ? Absolument , la danse en duo m’intéresse et je prévois d’ailleurs de me rendre à Buenos Aires… mais ma proposition est plutôt celle d’un voyage immobile : pour “ D’après une histoire vraie “ , je cherche plus à retrouver les sensations, les sentiments liés à mon souvenir que le folklore lui-même , le voyage réel n’est donc pas obligatoire. Je peux être inspiré aussi bien par un écrivain , comme Marguerite Duras que j’adore .

Comment est venue la cohésion entre vos danseurs ? progressivement , au début ,j’étais le chorégraphe et je suis très fier à présent d’être devenu “ un chef de bande “ , la pièce appartient aux danseurs , le projet est à eux , je suis pratiquement exclu ; j’aime l’image de Jackson Polllock que me renvoient mes 8 interprètes : un lancer de concentré d’énergies , n’oublions pas que je viens de la peinture ce qui explique que je travaille beaucoup sur l’espace.

Pour en revenir à la cohésion de la troupe , rien n’était vraiment évident ,chaque danseur venant d’un pays different, Grèce , Liban , Turquie , Pérou …Ils ne se connaissaient pas , n’avaient pas le même âge ( entre 25 et 45 ans ) mais ça n’a pas été un problème car ce qui m’est apparu au cours de notre préparation , c’est que les danses populaires de ces pays si différents , sont en fait similaires du point de vue de l’observation factuelle des mouvements. Du coup , le groupe se mue en communauté .

Pourquoi des objets sur la scène puis plus d’objets ? Justement , l’idée est de montrer le vide et le meilleur moyen était de répartir sur le plateau des objets et de les en retirer.( C.Rizzo cherchait peut-être à illustrer le bouleversement provoqué par l’apparition puis la disparition soudaine des danseurs lors de son séjour à Istambul ).Du point de vue humain , pour illustrer l’idée du groupe , j’ai voulu montrer comment ,pour qu’un groupe fonctionne , il y a toujours un individu qui s’élimine ou disparaît ( souvent un danseur ou plusieurs sur scène s’effondrent , semblent mourir ).

« J’imagine aujourd’hui une danse qui, tout en prenant appui sur des pratiques folkloriques, viendrait frictionner avec des notions de chute, de toucher et d’abandon, permettant à chacun de tenir grâce à la présence de l’autre, à son contact immédiat. » C.Rizzo

 Association Fragile  Christian Rizzo

TheaterFestivalBasel

Theatre de Bâle

Concept / Choregrafie / mise en scène / Costume: Christian Rizzo

Performance: Fabien Almakiewicz, Yaïr Barelli, Massimo Fusco, Miguel Garcia Llorens, Pep Garrigues, Kerem Gelebek, Filipe Lourenço, Roberto Martínez |

Musik: Didier Ambact, king Q4

Production :Bureau Cassiopée mit Léonor Baudouin, Mélanie Charreton, Isabelle Morel, Camille Rondeau

Remerciements à l’équipe de l’ Opéra de Lille, Opéra de Lyon, Théâtre du Nord, Fresnoy Studio National des Arts Contemporains, Marie Thérèse Allier, Rostan Chentouf, Sophie Laly, Frédéric Bonnemaison, Catherine Tsékenis, Stéphane Malfettes

L’Association Fragile est soutenue par le  Ministère de la Culture et de la Communication -Drac Nord Pas de Calais, Conseil régional Nord -la ville de Lille et l’ Institut français

Christian Rizzo: chorégraphe, scénographe, metteur en scène et artiste visuel français.

Artiste pluridisciplinaire né à Cannes en 1965  dans une famille italo-espagnole originaire du Maroc , Christian Rizzo, a  suivi une formation d’art plastique à la Villa Arson à Nice puis, devenu styliste, il a exercé tout d’abord diverses professions à Paris à partir 1985. Il monte un groupe de rock, crée une marque de vêtements, avant de se tourner vers la danse contemporaine, la performance et le théâtre dans les années 1990. Il fonde l‘Association Fragile en 1997 et signe depuis une vingtaine de pièces chorégraphiques1.

Il développe des projets où se mêlent les arts visuels, la danse, la musique, le design et le stylisme et  collabore entre autres  aussi avec Jean-Michel Ribes, Mark Tompkins, Georges Appaix, Vera Mantero, Emmanuelle Huynh et Rachid Ouramdane.

En 2003 il entame une collaboration avec Bruno Chevillon pour .../… (b) rencontre improvisée. Il présente la même année Numéro 13, une performance à la Fondation Cartier, dans le cadre des soirées nomades Odorama, sur le thème des parfums. En 2004, Christian Rizzo réalise la scénographie de l’exposition Le Cas du sac pour l’UCAD et Hermès au musée des arts décoratifs de Paris puis crée une pièce pour le ballet de l’opéra de Lyon intitulée Ni fleurs, ni ford mustang. En 2007, il réalise la scénographie en collaboration avec David Dubois de l’exposition itinérante consacrée aux 20 ans de la maison Christian Lacroix.

Christian Rizzo devient de 2007 à 2012, artiste associé à l’Opéra de Lille avec sa compagnie Association fragile. En 2010, le Théâtre du Capitole de Toulouse lui commande trois mises en scènes pour Erwartung et Pierrot lunaire de Schönberg et La Voix humaine de Francis Poulenc.

Il est aussi parallèlement créateur de costumes pour de nombreuses chorégraphies.

Une installation urbaine par le trio français  Boijeot.Renauld.Turon visible chaque jour  pendant le Festival  de Théâtre à Bâle

Laurent Boijeot, Sébastien Renauld et Nicolas Turon, artistes dans l’espace public pour une architecture mobile

Réservez un séjour vraiment merveilleux avec l’Agence de Voyage” de Boijeot.Renauld.Turon! Le trio  organise sur douze jours un chez-soi dehors  invitant les passants à utiliser le mobilier ,lits , chaises , tables …Boire un  espresso, et même à s’installer pour la nuit  dans un bon lit à la  belle étoile!

Les trois  Français se sont rends  rapidement célèbres  avec leurs espaces de vie urbains déplaçables et modulables de Dresde à  Paris et Venise, ils ont créé réellement  des lieux de rencontre dans les quartiers. A Bâle , placez-vous sur l’espace de la Kaserne pendant le festival de théâtre autour de 50 équipements d’appartement à transporter avec votre aide à travers la ville.Que vous propose le trio ? Un voyage de 24 heures inoubliables au cœur de la ville et de ses habitants! Fabriquez votre propre mobilier urbain constitué d’un lit avec couette fraîchement préparée, des oreillers, deux tables et huit chaises, et tracez votre route à travers la ville pour poser quelque part votre chez vous.

KASERNE DE BÂLE

THEATRE DE BÂLE

THEATER FESTIVAL BASEL PROGRAMME COMPLET

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