Saison Française du Théâtre de Bâle : un temps de chien

Théâtre pluridisciplinaire de Bâle Photo VB

Au début , tout va mal  ! On pleure , on crie , on s’évanouit . En plus, il pleut !

Marie-Anne Chazel©VB
Marie-Anne Chazel©VB

De l’importance de la meteo sur le moral des femmes. Où se réfugier par temps pourri  sinon dans un bistro ? Trois femmes au bord de la crise de nerfs se trouvent reunies malgré elles dans l’arrière- salle d’un café bondé ( on entend le brouhaha des clients en fond sonore ) et doivent se serrer sur un sofa entreposé là.  Gabrielle ( Hélène de Fougerolles ) attend le retour d’un gars qui a joué les courants d’air apparemment , elle traîne sa mélancolie comme le boulet qu’on pourrait pratiquement voir accroché à ses chevilles, même pas d’eau pour avaler son Lexomil , ça démarre mal ! On pense au personnage de Gotlib qui se lève du mauvais pied en se cognant le petit orteil contre le pied du lit . Hélène ( Marie-Anne Chazel ) débarque façon histériquement positive  , madame tout va bien dans ma vie  mais qui va se désagréger au fur et à mesure de l’avancée de la pièce jusqu’à devenir madame tout va mal . La petite Loulou ( Juliette Allain ) , vendeuse de lingerie , légère et froufrouteuse comme de bien entendu , dsitribue volontiers   sourire et réconfort  à ses nouvelles copines  , elle qui  a  déjà usé sa jeunesse à la DASS trimballée de foyers en familles d’accueil et dont le fils est la seule joie. Quant au garç0n de café , Philippe Uchan , sorte de  Gabin au grand coeur , souffre secrètement depuis que sa femme s’est tirée au Canada avec sa fille  et balance du coup sa misogynie à la figure de ses clientes du jour.

A la fin , tout va bien ! On rit , on chante , on danse, on  trinque ! En plus , il neige !

Le plus gros problème dans la vie , c’est que l’on doit toujours avoir l’air d’aller bien faute de faire le vide autour de soi . Les trois nouvelles amies ont pris l’habitude de

se débrouiller avec cette imposture , l’alcool et l’impossibilité de sortir à cause ou plutôt grâce au temps , vont défaire petit à petit au rythme des canons – vin , champagne , cognac, tout y passe même la cuvée spéciale du patron )- la carapace soigneusement construite du trio depressif. Hélène Picard va tout d’un coup se liberer de la prison dans laquelle sa mère , son patron , son mari , ses enfants , l’enferment  dans le rôle qui leur convient ; la tirade de Marie-Anne Chazel contre sa détestable  mère vaut bien le ” Colignon tête de fion ” clamé par Djamel dans Amélie Poulain contre son crétin de patron . Loulou décide de s’intéresser  vraiment à son petit ami Remi . Le garçon de café misogyne retrouve la joie de vivre dans les bras de la nouvelle Hélène . On ne sait pas grand-chose des  effets collatéraux de la pluie sur Gabrielle à part que le sourire revient mais peut-être qu’avoir partagé cette journée  avec d’autres éclopés de la vie  lui suffit pour retrouver un sens à la sienne.

Conclusion : il faut parler , ça soulage ,souvent on trouve aussi ou plus malheureux que soi ,ça rassure  !

” Tout va mal , les abeilles tombent comme des mouches , mon fils a décidé que ça servait à rien d’avoir une colonne vertébrale et ma fille me fait peur .” Hélène

” Vous savez , souvent , les gens sont beaucoup moins heureux qu’ils n’en ont l’air ” Le garçon de café ” Ah ben , tant mieux ! ” Hélène

Mise en scène : Jean Bouchaud  (acteur, écrivain et metteur en scène prolifique. Scénariste, il a collaboré avec Claude Berri et Claude Zidi)/ Decor Jean Haas

Un temps de chien ©VB
Un temps de chien ©VB

 Prochaine pièce de la saison française du Théâtre de Bâle:

Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran de et avec Eric Emmanuel Schmitt samedi 18 avril à 19h30

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