Le Triomphe de Judith Ballet de Bâle

Le Ballet de Bâle produit Le Triomphe de Judith

Juditha triumphans  est un oratorio d’Antonio Vivaldi , le seul à nous être parvenu des quatre qui ont été composés par le musicien vénitien . Le livret, œuvre de Iacopo Cassetti, se fonde sur le récit biblique de Judith.L’œuvre a été composée et représentée à Venise en 1716 à l’Ospedale della Pietà où elle obtint un grand succès.Le travail avait été commandé pour célébrer la victoire de la République de Venise sur les Turcs et la reconquête de l’île de Corfou.  Juditha triumphans est aujourd’hui considéré comme l‘hymne vénitien.

Ayako Nakano ©Ismaël Lorenzo

Ballet à tiroirs : l’histoire dans l’histoire dans l’histoire …

Il y a le Livret de Iacopo Cassetti sur l’oratorio de Vivaldi . On y découvre  l’histoire de Judith et sa victoire contre l’envahisseur Holopherne ; en réalité, l’inspiration de Juditha s’inscrit dans l’Histoire vécue  car elle est  une allégorie de Venise vaincue et envahie par les Turcs. Le roi assyrien Nabuchodonosor envoie une armée contre Israël pour exiger qu’on lui paie les tributs en retard. Sous le commandement du général Holopherne, les Assyriens ont assiégé la ville de Béthulie qu’ils veulent conquérir. Judith une jeune veuve juive, va implorer la pitié du conquérant assyrien. Il tombe amoureux d’elle, qui feint de l’aimer elle aussi. Après avoir festoyé et bu tant et plus de vin, Holopherne s’assoupit. Judith alors lui coupe la tête, s’enfuit du camp ennemi et retourne victorieuse à Béthulie. Puis ,il y a la chorégraphie  de Richard Wherlock qui a décidé de mettre en scène  danseurs et chanteuses pour évoquer le plus artistiquement et émotionnellement possible l’histoire de cette jeune et jolie femme juive du village de Bethulie  qui a eu le courage de s’opposer au puissant Holopherne , roi d’Assyrie . Judith contre Holopherne , c’est David contre Goliath , une allégorie de tous les combats des faibles contre les puissants de ce monde  où, finalement on se réjouit d’applaudir la victoire de l’intelligence sur  la barbarie , une utopie hélas ( se souvenir  de  Tiananmen )!

Au début , les cubes empilés façon Antony Gormley accroissent l’impression d’univers hostile et sombre au pied duquel  les femmes paraissent clairement dominées , pour finir carrément prisonnières à terre . La chorégraphie nous promène curieusement entre menuet sur instrumentation baroque multiple- viole de gambe , théorbe, luth, mandoline…  – on pourrait s’imaginer invité dans les salons du Roi soleil – et Musical à la West Side Story, accompagnée du choeur des jeunes filles de la Pieta ( l’ensemble vocal de Bâle La Cetra 17 voix ! ) , perchées haut en guise de voix off  et dont les magnifiques robes immaculées , toutes differentes , fabriquées en  papier mâché sont véritablement une prouesse ( costumes Catherine Voeffray ) car elles évoquent  à la fois la fragilité et la force  par la seule puissance de leur chant.

Les héroïnes n’ont pas froid aux yeux

Dans le premier acte, l’entrée en scène de Judith/Ayako Nakano est fracassante, tellement  immédiatement séductrice qu’on ne doute pas un instant que le charme dégagé par la jolie veuve , voluptueuse et provocante soit fatal au cruel Holopherne, pauvre César face à la sublime Cléopâtre  , Jorge Garcia Perez qui aurait fait un parfait  Zampano mais qui va bien vite redescendre de son piedestal . On suit l’histoire  accroché  comme à un roman-photo dont on veut connaître la fin  mais aussi de quel côté se cache vraiment  Machiavel . Comme l’œuvre originale de Vivaldi utilise exclusivement les compétences musicales et vocales féminines de la Pieta , les protagonistes de Juditha  , hommes y compris , sont tous interprétés par des choristes femmes .  Il y a beaucoup de monde sur scène , toute la troupe des danseurs  et danseuses du Ballet de Bâle ,accompagnée du chant des 5 solistes (Silke Gäng, Dina König, Alice Borciani, Jenny Högström, Alessandra Visentin),  figurant les citoyens d’une ville entière qui ne se laisse pas faire. La première partie prend fin dans une ambiance dramatique .

Deuxième tableau :  une ville assiégée , une population encerclée , une tête coupée , ça sent à fond la

Diego Benito Gutierrez©Ismaël Lorenzo
Diego Benito Gutierrez©Ismaël Lorenzo

tragédie , sauf qu’on est chez Richard Wherlock qui sait jouer de l’ambivalence et du contraste comme personne. Ainsi , quelle n’est pas notre surprise de voir débarquer  Ozias (Diego Benito Gutierrez) , grand prêtre de Bethulie , en zébulon comique  façon Reggaeman à lunettes , lancé dans un break dance de folie .  Un grand moment de joie partagé avec le public du Théâtre de Bâle , d’accord pour célébrer la victoire du peuple de Béthulie sur le tyran désormais sans tête et la supèriorité indiscutable du sexe dit faible sur  la gent masculine fut-elle en nombre et armée.

Judith est l’incarnation  intemporelle de l’héroïne , courage et détermination sont ses plus grands atouts , on pense dans la vraie vie à d’autres femmes comme Rosa Parks , Aung San Suu Kyi, Lucie Aubrac… Sur que la fameuse Judith en inspirera bien d’autres que Veronèse ou Gustav Klimt .

Le Pio Ospedale della Pietà était un hospice, orphelinat et conservatoire de musique vénitien actif notamment aux XVIIe et XVIIIe siècles. Cette institution, financée par la République de Venise, la plus prestigieuse des 4 existantes ,fut fondée en 1346 pour accueillir les nouveau-nés abandonnés,  les orphelins, les enfants illégitimes ou les enfants de familles indigentes. La Pieta avait la particularité de n’abriter que des filles qui  pouvaient y demeurer autant que nécessaire.Antonio Vivaldi y fut maître de violon à partir de 1704 puis  compositeur principal de 1713 à 1740, année où il quitta définitivement Venise. À l’instar des autres hospices vénitiens, le genre musical qui prévalait à la Pietà était l’oratorio. Toutefois d’autres genres furent pratiqués dans cette institution dont le concerto. Cloîtrées presque comme des religieuses, certaines d’entre elles recevaient une éducation musicale poussée, ce qui en faisait des chanteuses et des musiciennes de valeur : quelques-unes pouvaient chanter les parties de ténor et de basse des chœurs et jouer de tous les instruments.Chaque concert est composé d’une quarantaine de filles. en habit blanc, avec un bouquet de grenades sur l’oreille.

DISTRIBUTION :

  • Choreographie: Richard Wherlock
  • Musikalische Leitung:

Andrea Marcon
Johannes Keller
Carlos Federico Sepuldeva

  • Bühne: Bruce French
  • Licht: Jordan Tuinman
  • Kostüme:Catherine Voeffray
  • Dramaturgie:

Hans Kaspar Hort
Bettina Fischer

Casting choregraphique

  • Juditha: une jeune veuve de Béthulie

Ayako Nakano
Kihako Narisawa

  • Holoferne : général assyrien

Jorge García Pérez
Armando Braswell

  • Vagaus:serviteur eunuque d’Holopherne

Frank Fannar Pedersen
Anthony Ramiandrisoa

  • Abra: esclave de Juditha

Debora Maiques Marín
Andrea Tortosa Vidal

  • Ozias: grand prêtre de Béthulie

Diego Benito Gutierrez
Javier Rodriguez Cobos

Ballett Basel

Casting vocal

  • Juditha: Silke Gäng
  • Holofernes:

Dina König
Alexandra Rawohl

  • Vagaus:

Alice Borciani
Yukie Sato
Gunta Smirnova

  • Abra:

Jenny Högström
Aura Elena Gutierrez
Perrine Devillers

  • Ozias:

Alessandra Visentin
Kazuko Nakano

Ballett Basel
La Cetra Barockorchester Basel
La Cetra Vokalensemble Base

THEATRE DE BALE

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