Les amis de la Fondation Fernet-Branca à Nice

CAFFB Nice ©PJS
CAFFB Nice ©PJS

On peut dire que le voyage organisé ce WE par le Club des Amis de la Fondation Fernet-Branca et son directeur Pierre-Jean Sugier  fut tout simplement formidable ! Nous avons eu un temps merveilleux  pour visiter la Fondation Maeght et faire connaissance avec Gerard Garouste puis nous en avons profité pour faire un détour par la  Chapelle du Rosaire tout près de là à Vence  décorée  des  vitraux de Matisse, puis direction le MAMAC de Nice avant de nous rendre à la Villa Arson pour  y passer une après-midi de rêve, instructive et passionnante tout à la fois ; nous n’avons pas non plus manqué de visiter l’Espace d’Art Jean Ferrero dans le prolongement du Cours Saleya à Nice , derrière la Promenade des Anglais .

Gérard Garouste©VB
Gérard Garouste©VB

Vernissage de l’exposition Gerard Garouste à la Fondation Maeght

Gérard Garouste “En chemin” 27 juin – 29 novembre 2015

 L’art n’est pas un luxe , c’est une nécessité , cela m’a sauvé moi qui étais absolument nul à l’école.

Gérard Garouste , l’intranquille : exposition d’un peintre , d’un fils , d’un fou. Garouste ne s’en cache pas, cet homme-là n’est pas tranquille et ses toiles et sculptures naviguant entre surréalisme érotisant  ,références bibliques  et humour grimaçant  sourire sardonique en bandoulière , ne nous diront certainement pas le contraire  . Alors on vit le détour par la Fondation Maeght comme un jeu de piste : où l’artiste se cache-t-il  et qui – ou que- va-t-on reconnaître autour de lui ? Car Garouste reunit tout son monde dans ses tableaux , ainsi , pêle-mêle , les comparses de toujours comme Jean-Michel Ribes avec lequel il crée de nombreuses scénographies, Philippe Starck qui parle de Garouste comme d’“Un homme beau, élégant, et si humainement et intellectuellement créatif”,mais aussi toute une ménagerie dans laquelle on retrouve l’âne sociable et humble cher à Chagall , un gorille pensif, des araignées , un coq, des chats…

Tout cela ne serait pas si singulier si toute cette société tragico-comique  ne devait  se débattre dans un indescriptible  désordre , rien n’est à sa place et rien n’aide à l’instar d’un portraît de Francis Bacon ou d’une fantaisie de Dali : les mains sont englouties par les bouches béantes ( celle de l’artiste ), les pieds vont à l’inverse de la tête, parfois de longs doigts s’écoulent de bras caoutchoutés , on déambule prudemment dans ce monde que Gérard Garouste  semble partager avec Méphistophélès bien qu’on donnerait volontiers le bon Dieu sans confession  à  cet homme en l’observant répondre patiemment et avec le sourire  aux questions  en rafale des curieux  du jour.

Garouste , inventaire à la Vian forcément incomplet : procédons par désordre

Parfois , tout est limpide . Exemple : un marionnettiste activant une dame en rouge est titré ” Marionnette à la robe rouge “, sinon , il faut rassembler les petits cailloux blancs semés par l’artiste au fil de ses obsessions , convictions et autres inspirations. Cette phrase de Rabbi Nahman de Bratsla  peut nous servir de guide dans les méandres du labyrinthe de la pensée garoustienne :

« Ne demande jamais ton chemin à celui qui le connaît, tu risquerais de ne pas t’égarer » : alors là , cher Garouste , soyez sans inquiétude , nous sommes perdus mais comptons sur vous pour nous indiquer la révélation de l’identité humaine , la nôtre donc mais à votre manière .

C’est en cheminant au fil des pages du catalogue de l’exposition Garouste , soigneusement rédigé par Marc-Alain Ouaknin et Hortense Lyon , que le meilleur éclairage sera donné sur le travail de

Le re-geai de la mere 2015©VB
Le re-geai de la mere 2015©VB

Gerard Garouste auquel sont adjoints pour la première fois de très nombreux carnets de dessin ( 40 ans de  Notes et croquis issus d’associations d’idées  qui donnent des clés , comme un spectacle dont on présenterait les répétitions ) .Le catalogue rassemble les oeuvres des 10 dernières années en particulier ; selon Garouste, ” les sources de notre culture sont des mythes connus – les contes de fees, Don quichotte , les pièces de Molière… la constante dans mon education etant le retour aux sources (le  rapprochement des mythologies avec le contemporain chez Barthes m’a beaucoup interessé ) Mes tableaux sont là pour poser des questionnements grâce aux associations libres  que je pratique comme en psychanalyse. D’ailleurs je suis presque toujours présent dans mes tableaux  car pour moi , le premier sujet du peintre , c’est l’autoportraît.

L’Etudiant et l’autre lui-meme 2007©VB

L’âne d’abord : votre âne n’est pas celui  La Fontaine , borné et têtu, non , le vôtre qui s’incruste dans nombre de vos toiles est un être sociable qui aime la compagnie des autres, abandonné à sa solitude , il peut mourir d’ennui .Il est sensible à la spiritualité et grâce à ses grandes oreilles il sait écouter ( voilà le bonnet d’âne coiffé à 6 ans jeté aux orties ), il acquiert un caractère divin car il est désigné pour être chevauché par le Messie  et dans le Talmud , l’ânesse blanche est associée à la sagesse mystique.En voilà un qui nous est tout à fait sympathique , pour ma part , sa traversée des Cevennes auprès de son fidèle Stevenson  m’avait déja totalement acquise à sa cause .

Les bras : là où ils devraient enlacer, ils s’emmêlent , se tordent , aboutissent à des mains immenses  et crochues ou vomissent de la bouche  dans une sorte de vocifération dénonciatrice, mais elles peuvent aussi parfois être protectrices comme l’est la main de Dieu dans la Bible.

Le damier : : il interroge le rôle en  l’homme de la volonté et de la raison. Les neurosciences montrent qu’une activité cérébrale dont nous n’avons pas conscience précède nos choix, ce qui signifie que lorsque nous prenons une décision , notre cerveau l’a déja prise pour nous.Alors , où est vraiment notre volonté ? L’idée du libre-arbitre a-t-elle encore un sens ? Que choisir , entre le bien et le mal si ce n’est pas nous qui le choisissons ?  Sommes-nous réellement libres de penser ? Garouste décide que oui : ” Je suis l’indien qui s’entête, en dépit de mon manque de liberté , je décide que je suis libre. Je choisis la peinture et l’étude des textes.”

Les textes : les mythes,  le Talmud , la Bible .Garouste confie au Parisien le 15 mai 2015 :” dans un tableau, ce qui m’intéresse, ce n’est pas le tableau lui même. Tout a été fait dans le domaine de l’originalité. Aujourd’hui, une des ouvertures possibles dans la peinture, c’est le sujet. D’où ma passion pour les mythes, d’abord gréco-latins. Puis je suis passé aux mythes bibliques.
Ça fait une vingtaine d’années que j’étudie l’hébreu. Il a fallu attendre l’après-guerre pour voir une génération de philosophes qui sont sortis de la dimension religieuse de la Bible ou du Talmud.”Les textes sont des clés possibles  au questionnement humain , des pistes à suivre . Par exemple , la dernière toile peinte par Garouste pour l’exposition de la Fondation Maeght illustrant un passage du Talmud qui met en scène Rabbi Akiva , un élève de Gamzou lors d’un voyage avec son âne , son coq et sa bougie . L’homme perd successivement ses trois compagnons de route , tout va mal et pourtant , tout va bien , grâce au silence qui l’enveloppe car les troupes romaines ne le repèreront pas , il restera en vie .Gamzou Lettova signifie aussi ” cela est aussi pour le bien. “

Fondation Maeght
623, chemin des Gardettes
06570 Saint-Paul-de-Vence, France
Tél. : +33 (0)4 93 32 81 63
Fax : +33 (0)4 93 32 53 22
E-mail : contact@fondation-maeght.com

Fondation Maeght

Ouvert tous les jours, sans exception :
Octobre-Juin : 10h-18h
Juillet-Septembre: 10h-19h
La billetterie ferme 30 minutes avant l’horaire de fermeture.
Fermeture à 16h les 24 et 31 décembre.

 La Fondation Maeght consacre  son exposition d’été à Gérard Garouste. Elle rend ainsi hommage à ce peintre énigmatique, exposé dès les années 1980 dans les plus grandes galeries et musées nationaux et internationaux. Cette exposition invite ainsi à cheminer avec l’artiste, à découvrir ou mieux comprendre le mouvement dont il a fait son principe. Après une exposition consacrée à Jörg Immendorff, Olivier Kaeppelin, directeur de la Fondation Maeght, souhaite, avec Gérard Garouste, que l’on continue à s’interroger sur la figure engagée de l’artiste.

L’exposition proposée par la Fondation Maeght sera l’occasion de découvrir un ensemble de près de 80 peintures, sculptures et dessins avec des œuvres inédites, spécialement réalisées en 2015 pour cette exposition.

LA SOURCE ( crééé  par Gérard Garouste en 1991) : pour aider des enfants en difficulté à découvrir l’art , le sens de l’utopie ,du désir www.associationlasource.fr

La Villa Arson à Nice : la ruche des jeunes artistes

La Villa Arson , du nom de son fondateur , est un lieu de rêve pour les artistes …et pour les visiteurs ! Notre groupe d’Amis de la Fondation Fernet-Branca  y a passé l’après-midi en compagnie de notre guide Sharon .La Villa Arson  construite par l’architecte Michel Marot est la seule institution nationale dédiée à l’art contemporain à réunir un centre d’art, une école supérieure d’art, une résidence d’artistes et une bibliothèque spécialisée. C’est en outre un des fleurons de l’architecture des années 1970.

Implantée sur la colline Barthélemy, la Villa occupe un vaste domaine de plus de 2 ha dominant Nice et la baie des Anges. Elle enchâsse la villa à l’italienne des Arson (XVIIIe siècle) dans un ensemble architectural peu banal : un métissage entre le minéral et le végétal, aux murs en béton habillés de galets du Var.Un hall monumental dessert le vaisseau principal et se poursuit en une « rue » centrale, ponctuée de patios. Celle-ci dessert l’école d’art, logée sous les 3 terrasses « à l’italienne » successives en direction du sud , sorte de jardins suspendus  qui préservent l’emprise au sol et les arbres remarquables admirés par les premiers touristes( des oliviers ou des cyprès d’âge canonique superbes ). Le centre d’art et la résidence d’artistes s’organisent autour de l’ancien jardin d’été ponctué d’œuvres d’art. Les réalisations de Michel Marot se composent de plusieurs édifices qui investissent la quasi-totalité du terrain (17 000 m2 construits sur les 23 000 de la parcelle).La promenade dans le site, proposée un peu comme dans un village méditerranéen avec sa végétation, ses places, ses bancs publics et ses ruelles, replace le lieu dans son espace géographique.

Les 4 activités de la Villa Arson

L’École nationale supérieure d’art: anciennement École nationale des arts décoratifs, elle a été transformée au milieu des années 1980 en une école entièrement consacrée à l’art contemporain et à ses pratiques les plus expérimentales. L’ENSA de la villa Arson fait partie des sept écoles nationales implantées en région sous la tutelle du ministère de la Culture. Elle accueille environ 200 étudiants, dans un unique département Art, pour un cursus de 5 ans. Les orientations pédagogiques, portées par l’équipe enseignante, visent à proposer un parcours progressif sanctionné par deux diplômes d’État :

le DNAP (diplôme national d’arts plastiques) en 3e année ;
un DNSEP (diplôme national supérieur d’expression plastique) en 5e année, homologué au grade de master en 2012.

Le centre national d’art contemporain (CNAC) Le CNAC de la villa Arson appartient à un réseau de 57 centres d’art recevant un soutien du ministère de la Culture. Les centres d’art sont nés d’expériences associatives dans les années 1970, sur le modèle des Kunsthallen allemands. À la faveur de la décentralisation culturelle dans les années 1980, l’État a consolidé ces expériences en leur apportant un soutien régulier. Le projet d’installer à la Villa Arson un centre d’art est dû à Henri Maccheroni, artiste niçois, qui le dépose en juillet 1982 au ministère de la Culture. Il est assuré du soutien de Michel Butor et de celui de Max Gallo.Le CNAC est ainsi créé en 1984. Sa principale activité vise la conception et la mise en œuvre d’un programme d’expositions sur une surface totale de 1 200 m2.

La bibliothèque d’étude et de recherche est spécialisée en art, riche d’environ 45 000 documents, dont une collection patrimoniale datant du XIXe siècle, héritée de l’ancienne École Nationale des Arts Décoratifs de Nice .Véritable outil pédagogique au sein de l’École nationale supérieure d’art, elle est ouverte au public extérieur, en particulier aux chercheurs. Le catalogue de la bibliothèque est accessible en ligne.Outre la gestion de ce fonds d’ouvrages, la bibliothèque est chargée d’une mission de collecte, de conservation, de classement et d’indexation d’archives ayant un intérêt documentaire pour l’enseignement et la recherche.un site internet dédié.

La résidence d’artistes :parallèlement au programme de résidences/recherche lié au post-diplôme 5/7, la Villa Arson accueille deux artistes boursiers en résidence par an. Uniquement sur invitation, les artistes sont choisis par le directeur de l’établissement et le directeur du centre d’art en fonction de projets à développer dans le cadre de la programmation artistique ou pédagogique. Les artistes sont hébergés sur place pour une période de trois mois environ, bénéficient d’un atelier individuel et d’une bourse de 5 000 euros versées par la DRAC Provence Alpes-Côte d’Azur. voir l’actualité des résidences

La Villa Arson peut également accueillir pour des résidences plus courtes des artistes souhaitant travailler à la préparation d’un projet spécifique. Ces résidences sont effectuées sans bourse d’allocation. Néanmoins, l’artiste peut bénéficier gratuitement d’un hébergement et d’un atelier. En contrepartie, il lui est demandé de réaliser un workshop ou de participer à des rencontres avec les étudiants. Par ailleurs, avec le soutien de la DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Villa Arson a lancé un programme de résidences courtes pour des jeunes commissaires souhaitant travailler à l’écriture et à la préparation de projets d’exposition.

 La villa et son jardin sont inscrits au titre des monuments historiques le 1er mars 1943. L’architecture de la villa a obtenu le label « Patrimoine du XXe siècle » le 28 novembre 2000.

Raphael Schwarz Structure en metal , glycine, morceau de tricot d’une voisine decedee 2015©VB

BRICOLOGIE. LA SOURIS ET LE PERROQUET Exposition  jusqu’au au 31 août 2015

A travers les œuvres de plus de quarante artistes et d’objets issus d’autres champs de production (arts populaires, artisanat…), cette exposition entend raconter

une histoire, celle des rencontres de l’art et de la technique dans l’art contemporain. Rencontres aussi nombreuses que diverses, tant les artistes, depuis les années soixante, ont multiplié le choix de leurs outils et de leurs matériaux, ont expérimenté de nouveaux procédés, ont détourné les techniques les plus éprouvées. Loin de réduire la technique à un simple moyen, de la concevoir juste comme une modification de la matière ou de se soumettre à l’histoire linéaire du progrès technique, les œuvres présentées proposent d’autres usages, d’autres conceptions et d’autres histoires des techniques qui font apparaître que la technique est aussi de la pensée en action.

Villa Arson, 20 av. Stephen Liégeard
06 105 Nice Cedex 2

tél. +33(0)4 92 07 73 73
fax +33(0)4 93 84 41 55
communication@villa-arson.org

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