Ben à Bâle au Musée Tinguely

Le Musée Tinguely et Andres Pardey présentent( roulements de tambour ) :

Ben , première grande rétrospective suisse : est-ce que tout est art ?

Ben cherche ses mots Musée Tinguely  Photo VB
Ben cherche ses mots Musée Tinguely ©VB

Pas facile de mettre en route une exposition Ben ; Andres Pardey et Roland Wetzel sont sur l’affaire depuis 2 ans ; au début , ça ne marche pas vraiment bien , Ben déclare à la cantonnade , enregistré par Andres en visite à son atelier niçois : ” on m’a demandé de faire une expo à Bâle ; mais je ne sais pas si je vais la faire , il faut du temps pour ça , et je n’en ai pas , il faut des millions d’heures et…”-cf video RC du Musée Tinguely-   Ben s’est finalement décidé à fêter ses 80 ans à Bâle et faire ce retour  sur ses 20 premières années d’artiste , il  installe même personnellement au Musée Tinguely  400- ou 500-   tableaux et objets dans plus de 30 espaces dont un bar – lounge ( sans bar mais avec fauteuils club confortables ) pour donner un cadre à son Centre Mondial du Questionnement .

En visite moi-même l’été dernier au Centre d’Art Ferrero de Nice dédié aux Nouveaux Realistes , je tombe nez à nez avec la camionnette customisée de Ben portant en guise de plaque d’immatriculation la déclaration péremptoire : ” L’art m’emerde ” . Très drôle comme affirmation pour un artiste qui s’interroge avec une telle force et une telle ténacité sur l’Art  d’où vient-il où va-t-il , qu’il place au  coeur d’un questionnement  au long cours et dont il n’a jamais abandonné la pratique , soixante années tout de même . Mais Ben n’est est pas à une contradiction près , on trouve aussi bien accroché aux murs du Musée Tinguely une toile marquée de Fuck Art qu’une autre de Ben is Art  Qu’à cela ne tienne , nous avons jusqu’a 22 janvier 2016 pour compiler les questions qui nous viennent et les soumettre à Benjamin Vauthier (troublant de voir écrit Benjamin Vauthier , auparavant , je ne me souvenais ni du nom ni du prénom de Ben , pour moi , Ben , c’était …Ben ).

Ben choisit sa sculpture vivante Musée Tinguely Photo VB
Ben choisit sa sculpture vivante Musée Tinguely©VB

Ben fait  trop de choses pour que ces choses puissent  le caractériser se désole-t-il  , il est jaloux du monochrome distinctif de Klein ou des machines inutiles de Tinguely bien qu’il n’ait  rien à envier à ses anciens comparses puisqu’il est aisément reconnaissable à ses écritures .

Alors je vais procéder comme Ben pour rapporter l’exposition dont il est le centre au Musée Tinguely de  Bâle Suisse : des questions avec ou sans réponses ou de simples pensées  dont la liste sera évidemment non exhaustive et totalement subjective.

Ben est impertinent et moqueur mais  sincèrement engagé 

Ben mur d'idées Musée Tinguely Photo VB
Ben mur d’idées Musée Tinguely©VB

“Allez les moutons !  On suit ! ”  Les moutons , c’est nous , il nous manque juste le bêlement alors on se contente de glousser bêtement et de suivre Ben à travers le labyrinthe de ses installations et comme il va  au rythme qu’il juge bon , on est toujours un peu à la traîne , entassés comme des sardines dans chacune des salles visitées .Ben est miséricordieux , il nous explique tout sur le mode humour  ( ” J’ai envie de faire rire…la pagaille ne me gêne pas “)  mais est aussi fin observateur de notre société . Ainsi tombe-t-on sur le tableau ” La Suisse n’existe pas “ présenté à l’expo universelle de Seville en 1992  ( je m’en souviens , j’y étais ! ) qui n’est pas une simple boutade mais une façon de remarquer que  c’est la multiculturalité helvète  qui lui donne sa légitimité. C’est cette même faculté d’observation qui lui fait clamer ( à la grande joie de l’assemblée présente ) que l’Europe devrait devenir suisse pour que les différentes langues et cultures y soient égalitairement  représentées . Le Magasin de la rue Tonduti de l’Escarène 32 est d’ailleurs utilisé comme lieu de fondation du Parti Nationaliste  Occitan  qui amènera Ben à écrire son livre sur l’ethnisme.

Revenons à nos moutons : ist alles Kunst ? Et à quoi sert l’art ? Ben  relève l’opinion de Bourdieu : l’art sert à impressionner les pauvres . Ben est altruiste , il affiche le Tinguely du pauvre , le Fontana du pauvre ou Faux Fontana, le Picabia du pauvre et même le Charlemagne du pauvre . Il dit : ” A Bâle , j’aurais aimé ouvrir une boutique pour vendre du Ben bon marché”

Ben pense ce qu’il écrit et écrit ce qu’il pense

A propos de l’ego

Ben dit :” l’art est une maladie de l’ego “ Mais Ben écrit aussi en 1970  ” Je fais du sous George Brecht , du sous-Duchamp…j’en ai marre” et en 2015 ” Je doute ”  

 ” Mon arrière-grand-père Benjamin Vauthier était peintre suisse . A la maison , mon père se levait de table quand on parlait de Picasso”

Relevé dans le catalogue de l’exposition : ” Je ne crois pas en moi, je n’aime pas quand on me dit ,  tu  es un artiste important, je crois que c’est vrai mais pas pour les mêmes raisons”

” J’aimerais être réduit  au doute et à la recherche de la vérité …je doute toujours de tout …Où est passée la vérité ?

Ben est venu en voiture , mais pas n’importe laquelle , la camionnette dans laquelle Annie son épouse rentrera peut-être à Nice car elle déteste l’avion , une camionnette sur le capot de laquelle est inscrit ” FONDATION DU DOUTE “ et plein de petites interrogations car n’oublions pas que le Centre Mondial du Questionnement se trouve pour l’heure au Musée Tinguely à Bâle

Ben n’a pas le moral

Mais il précise :” A Bâle , je ne veux surtout pas être pris pour un artiste historique -Il a fait cela avant les autres- je préfère être le rigolo de service , le penseur humoriste”

Sinon ,” soyons clairs , il y a la vérité , l’ego , la recherche du nouveau , le reste , la vie , les femmes , l’amour , c’est comédie et survie  “

Ben est angoissé par la mort :  il écrit sur un panneau devant son Centre Mondial du Questionnement ” Ben ist nicht tot ”  et consacre une pièce entière à ceux qui ont choisi leur heure  : Virginia Woolf , Mark Rothko , Kirchner , Nicolas de Staël … Suicidés . Qu’en penser ?  Des hommes et des femmes  au-dessus de la mêlée qui choisissent de disparaître , l’énigme totale à mon sens (nda).

Ben voudrait faire du nouveau , mais comment , tout a deja été fait !” Annie m’a dit , tu ne vas pas encore mettre un lit , tu l’as deja fait mille fois  et Yoko Ono aussi “.” Ce qui compte en art , c’est le courage du nouveau …mais quel courage y-a-t-il 50 ans après le porte-bouteille de Duchamp ?

Ben a peur d’oublier , alors il écrit tout pour s’en souvenir , après il archive mais il n’est pas qu’un archiviste , il se demande pourquoi Roland Wetzel voulait qu’il expose ses archives et Andres Pardey Fluxus . C’est vrai , c’est un peu comme demander à un chanteur en activité qu’il chante seulement  ses vieux tubes , même Bob Dylan refuse ça.

A la  question ” Ben êtes-vous mélancolique ? vient la réponse ” je suis suicidaire à 60% mais j’aime bien être avec vous ” Alors , Ben a construit un salon avec des canapés au centre de son exposition où le public peut s’assoir , parler , se détendre , se poser des questions , pas seulement regarder les tableaux .

Ben est un clown triste : “A Bâle , j’aurais du prendre le taureau par les cornes et décider de tout de A jusqu’à z mais impossible vu l’état de mon cerveau , je serais resté coincé à B “

Histoire de l’art de Ben. Ben  n’est plus libre depuis  sa rencontre avec Duchamp : ” en 1958 , j’ai eu le choc Duchamp . Alors , pour moi , la peinture est finie. je ne pouvais plus rien jeter. Une allumette était aussi belle que la Joconde . Il fallait donc tout garder”… Tout ce que fait Ben est l’illustration du  Tout est art de Dada, Duchamp et Cage.Voilà.

Ben ne se prend pas au sèrieux mais fait les choses sèrieusement : chaque fois qu’il y a une expo dans un musée , il a l’impression d’entrer dans une Brokenhaus, pourtant , il aime l’ordre rectiligne , 45 degrés si possible , parce que dès que c’est penché , ça l’énerve . Ben est très ordonné , son atelier est empli de caissettes à archives , certaines classées Originaux sur les artistes qu’il admire et aime ( une fois , j’ai invité 2 étudiants qui m’ont foutu un tel bazar , je retrouvais plus rien )

Ben procède par thèmes : L’art est-il de l’art ou seulement une signature . L’art ne serait qu’une imposture , un peu comme toute chose ne devient réelle que si l’on en parle dans les médias  et sur les réseaux ; et avant ?  La nouveauté :  Ben et Roche , même combat , faire un truc nouveau.

Ben magasinier de l’art

Ben a reconstitué son magasin perso, peut-être  par nostalgie de son passé de papetier bouquiniste vendeur de vinyls  rue Tonduti de l’Escarène 32 , devenu entre 1962 et 1970   grâce à sa volonté  et son charisme un lieu de rencontre des jeunes artistes du moment comme Yves Klein qui lui suggère de laisser tomber la banane comme thème de prédilection au profit de ses poemes  à l’encre de Chine et autres écritures ; on attend frequemment la fermeture du magasin le soir pour aller boire un verre à l’Eden entre copains . Petit à petit , le magasin devient ” Galerie  d’Art Total ” , ” Laboratoire 32 ” puis “ Galerie Ben doute de tout “; Ben y organise sa première exposition en 1958 sous le titre Scorbut , l’idée étant d’exposer tout ce qui contient de la nouveauté  avec ses complices Martial Raysse, Albert Chubac, Claude Gilli et …Ben bien sur . En 1972 , Ben a besoin de place , il ouvre une seconde galerie , ” la Fenêtre “dans laquelle il monte aussi des expositions , il organise  aussi des séminaires et des discussions sur l’art à St Pancrace dans sa maison chez Cunégonde et Malabar ( seconds prénoms de ses enfants ? )  .En 77 , une partie du magasin se déplace à Paris pour l’inauguration du Centre Beaubourg  . Sa version 2015  entièrement remontée au Musée Tinguely  a été prêté par le Centre Pompidou , il s’agit d’un eternel Work in progress car Ben y ajoute sans arrêt les objets et textes sortis tout droit  de sa pensée en perpétuel mouvement, son magasin ne détonnerait surement pas à Londres  Camden Market ou encore dans les dédales de feu Tacheless à Berlin , mais pour le moment il trône à Bâle en lieu et place du bric-à-brac mécanique de son coreligionnaire Tinguely, c’est plus pratique pour nous.

Andres Pardey Curateur Le magasin de Ben Musée Tinguely  Photo VB
Andres Pardey Curateur Le magasin de Ben Musée Tinguely ©VB

Ben est un artiste  engagé depuis longtemps pour la nouveauté dans l’art  : les Nouveaux Realistes en France dont il fait partie se rebellent contre l’art bien établi d’après-guerre , jugé bourgeois et bien représenté par  l’Ecole de Paris , aux Etats-Unis , Rauchenberg est représentatif de ce nouveau tournant . Les membres de l’Ecole de Nice ,  Klein , Arman , Raysse jettent un pont outre-atlantique . C’est une pèriode heureuse et légère comme l’écrit Martial Raysse: ” La théorie de l‘Ecole de Nice , c’est que la vie est plus belle que tout ” , Yves Klein rencherit : ” nous nous amusons sans penser ni à la religion , ni à l’art , ni à la science .” De bonnes idées qui attirent rapidement d’autres artistes au Magasin comme George Brecht, Robert Filliou, Jean Massa, Sacha Sosno, Bernar Venet , Claude Viallat…Avec Fluxus* , à partir de 1963 , le groupe prend une dimension plus européenne; en 1962 sur l’invitation de Daniel Spoerri , Ben participe au Festival of Misfits à Londres à la suite de quoi il reste exposé  à la Galerie One quinze jours durant, c’est là qu’il fait connaissance avec George Maciunas. Ben s’interesse ensuite de près à ceux qu’ils jugent être les ancêtres du Fluxus , Marcel Duchamp , John Cage et Erik Satie .

C’est à cette pèriode avec Maciunas qu’il s’engage dans l’idée que l’oeuvre d’art n’existe que par sa signature -Ben est préoccupé par l’imposture de l’art – et que  tout peut devenir sculpture vivante : Ben signe Nice comme Oeuvre d’Art Ouverte et la Promenade des Anglais comme Musée de Sculptures vivantes. Au Musée Tinguely , une jeune journaliste aura l’honneur de se transformer en sculpture vivante sur proposition de Ben , très content de son espièglerie. La frénésie communicative de Ben ne s’arrête jamais : dernière creation à visée collective  en date : La “Fondation du Doute “à Blois créée en 2013  qui se veut être la continuité de Fluxus et en montre les interventions artistiques comme celle de Ben en 1960 assis simplement sur une chaise  un panneau en main indiquant ” Regardez-moi cela suffit “. Le magasin de la rue Tonduti de l’Escarene est un lieu de performances  destinées au départ à faire de la pub , il est aussi l’endroit où Ben entasse scrupuleusement ses archives ” J’ai l’habitude de ne rien jeter . Quand j’achète un tableau à quelqu’un que j’aime, je garde tout ce qui le concerne. Ainsi , j’ai une chambre forte  pleine de cartons et de dossiers plastiques contenant des documents, cartons d’invitation, lettres,publications , affichettes, sur George Brecht , Yves Klein , La Monte Young ( compositeur et artiste américain de musique contemporaine), Daniel Spoerri” Ben.

Ben en vrac

Ben produit de l’art en temps réel

Ben ne trouve plus ses lunettes accrochées  à son cou pour choisir un mot au pif dans le dictionnaire , c’est PATIN , et notre artiste  de patiner , c’est signé Ben.

Ben interpelle : allez , poses ta question !

Ben est polyglotte , il switche joyeusement entre le français l’allemand et l’anglais

Ben est jaloux , il veut être plus important que Picasso et Duchamp

Ben a deux enfants :  Eva Cunégonde Vauthier et François Malabar Vauthier, c’est quoi l’histoire des seconds prénoms ?

Ben argumente en images ; il pose ses textes courts sur des toiles et fait ainsi son autopsychanalyse , ça lui coute moins cher qu’une consultation.

A quoi sert la série des gestes , l’art ne doit donc pas avoir de raison d’être ? Ex : tapage tête contre mur 69/71

Un tableau écrit  en répétition : “Je ne me répèrerai plus”  m’a fait penser à  Nickolson  dans Shinning qui écrit indéfiniment :   “All work and no play makes Jack a dull boy” ce qui signe sa folie. Et Ben écrit sur son Mobil Home  planté devant le Musée Tinguely  : Ben est-il fou ? Je ne crois pas( nda).

Ben est venu avec sa femme Annie , sa fille Eva  et son petit-fils Benoit sorti tout fraîchement de la Villa Arson. Ben pense aussi à ses petits enfants quand il raconte. ” Le seul vrai travail que j’ai fait dans ma vie c’était un jour de décharger toute une journée un camion de bouteilles de Coca-cola.Le soir , j’ai pleuré, et je suis pas retourné au travail le lendemain .Cela devrait arriver à Tom et Benoît , comme ça , ils comprendraient ce que travailler veut dire ” Tiens , Ben parle comme moi !

Ben salon ou l'on questionne©VB
Ben salon ou l’on questionne©VB

Ben voudrait créér  à Bâle un espace de débat  libre à 17h33 tous les soirs

Question dans l’assemblée au Salon Ben : “Ben tu es fatigué ? “La réponse qui me vient c’est ” Et toi , tu es depuis longtemps en deuil de ton intelligence ?” à la place de celle penaude de Ben :” oui , je suis fatigué”.

Ben réflechit à la vitesse d’un cheval au galop suivant une forme d’art dérivée de l’idée qu’il se fait de l’art et de la vie qui va avec…ou sans

Dali considérait la gare de Perpignan comme le centre du monde , Ben a bâti son Centre Mondial du Questionnement, c’est la différence entre parler et faire.

En fait , j’ai une question Ben : quand tu as répondu à tes questions , c’est à dire quand tu as trouvé des réponses , est-ce que tu jettes tes questions bien que tu aies dit que tu ne jettes rien ?

Cher Ben , nous nous posons les mêmes questions que toi si ça te console : pourquoi faire , agir , continuer , si ce n’est pas pour la gloire , l’argent , les femmes ( ou les hommes ) ; je n’ai qu’une seule réponse : pour que la vie continue d’être belle jusqu’au bout et pour profiter de tous ceux qu’on aime vraiment et le leur montrer. Voir le tableau My mother told me

Tu dis encore :” 80 ans  et on vient de me proposer 4 expos coup sur coup , Milan , Genève, Varsovie, Luxembourg , ça n’a pas de sens. “Oui Ben , mais regarde, Soulages , Richter, Venet , Botero…continuent d’être exposés partout , Soulages a même créé son propre musée . Artiste tu es , artiste tu restes , c’est ça l’important.

 *FLUXUS

Fluxus est un mouvement d’art contemporain né dans les années 1960 qui touche aussi bien les arts visuels que la musique et la littérature1, par la réalisation de concerts, d’events, la production de livres, de revues, la confection d’objets. Initié par George Maciunas, qui en inventa également l’appellation, Fluxus participe aux questionnements soulevés par les formes d’arts qui voient le jour dans les années 1960 et 1970 : statut de l’œuvre d’art, rôle de l’artiste, place de l’art dans la société, notamment. L’humour et la dérision sont placés au centre de la démarche et participent à la définition de Fluxus comme un non-mouvement, produisant de l’anti-art ou plutôt un art-distraction.

L'essence de Ben©VB
L’essence de Ben©VB

 Qui est Ben ?

Artiste français d’origine suisse ( double nationalité ) né à Naples en 1935 de mère irlandaise et occitane, et de père suisse francophone. Vit à Nice depuis 1949. C’est sa mère qui  lui trouve un travail de garçon de course à la librairie Le Nain bleu, puis lui achète une librairie-papeterie qu’il revend pour s’installer dans une sorte de brocante où il vend des vynils d’occasion.

Rapidement, sa boutique devient un lieu de rencontres et d’expositions où se retrouvent les principaux membres de ce qui deviendra l’École de Nice : César, Arman, Martial Raysse, et autres. Proche d’Yves Klein et séduit par le Nouveau Réalisme, il est convaincu que « l’art doit être nouveau et apporter un choc.

En 1955, fasciné par la banane, il réalise une série de dessins qui marque le commencement de ses recherches graphiques. En 1959, il commence ses “sculptures vivantes” : il signe des gens dans la rue, ses amis, et même sa famille. Prend une jeune journaliste dans l’assemblée pour qu’elle se transforme en sculpture vivante 

Marié avec Annie Baricalla depuis 1964 , il a deux enfants, Éva Cunégonde et François Malabar. En 1965, il signe sa propre fille, Eva Cunégonde, alors âgée de trois mois.

En 1965, dans son magasin, il crée une galerie de trois mètres sur trois dans la mezzanine : « Ben doute de tout. » Il y expose Martial Raysse, Albert Chubac, Daniel Biga, Marcel Alocco, Bernar Venet, Serge Maccaferri, Serge III, Sarkis, Robert Filliou, Christian Boltanski, etc.

En 1977, l’exposition collective «A propos de Nice» inaugurant le Centre Georges Pompidou est une sorte de reconnaissance parisienne aux recherches effectuées et mûries hors capitale par l’École de Nice. Dans la préface du catalogue, Pontus Hulten écrit : « L’art contemporain n’aurait pas eu la même histoire sans les activités et les rencontres qui eurent lieu dans la région niçoise ». Il confie la préparation de l’évènement à Ben.

Au début des années 1980,  il organise avec Marc Sanchez une exposition-échange entre ce qu’il nomme la Figuration libre française et les jeunes peintres allemands. Sont alors exposés dans sa maison à Saint Pancrace Robert Combas et Hervé Di Rosa. Très impliqué dans la scène contemporaine, il soutient depuis toujours de jeunes artistes et donne son point de vue sur toute l’actualité, qu’elle soit culturelle, politique, anthropologique ou artistique, dans ses newsletters régulières et prolixes.

Il vit et travaille depuis 1975 sur les hauteurs de Saint-Pancrace, colline niçoise. Les œuvres de Ben sont présentes dans les plus grandes collections privées et publiques du monde, notamment le MoMA de New York, le Walker Art Center de Minneapolis, l’Art Gallery of New South Wales de Sydney, le Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig de Vienne, le MUHKA d’Anvers, le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le musée de Solothurn, le musée national d’Art moderne de Paris, le musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice, leM.A.C. de Marseille, le M.A.C. de Lyon.

MUSEE TINGUELY BÂLE

BEN SITE OFFICIEL

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