David Lescot artiste résident à la Filature de Mulhouse

David Lescot Filature Mulhouse©VB
David Lescot Filature Mulhouse©VB

David Lescot invente la fiction-documentaire au théâtre

Avant-propos : hier 26 degrés à Biarritz , nous sommes le 7 novembre 2015 et nous nous promenons environ 6 degrés au-dessus des normales saisonnières .La vague de chaleur que nous connaissons actuellement est due à la conjonction d’un anticyclone sub-tropical et des effets du courant chaud El-Niño. L’année 2015 sera très probablement l’année la plus chaude que nous ayons jamais connu. MAIS il n’est pas rare de constater des épisodes de douceur à cette période de l’année. Les anciens, au Moyen-Age, parlaient de l’été de la Saint-Martin pour évoquer les beaux jours du mois de novembre. Il faut aussi savoir que nous sommes en pleine année El-Niño. El-Niño est un courant chaud du Pacifique, apparaissant de façon irrégulière, causant des hausses de température. Le dernier El-Niño date de 1998 et l’année avait été particulièrement chaude. David Lescot présente son spectacle ” Les glaciers grondants ”  créé à La Filature  en prologue à la COP21 qui aura lieu fin novembre à Paris et au cours de laquelle les grands de ce monde décideront de la meilleure façon de réduire le réchauffement de notre planète de 2 degrés. On peut imaginer que Lescot se glisse dans la peau du journaliste Eric Caruso pour se plonger corps et âme dans une recherche inverstigatoire sur les questions climatiques .Grâce à cette démarche didactique dont la volonté est clairement la transmission , le spectateur en apprendra beaucoup au cours de cette partition théâtrale complète où l’on croise danseurs , musiciens , artistes circaciens et comédiens. L’engagement politique de David Lescot traverse son travail depuis longtemps , il a , dit-il , toujours admiré ceux qui ont le courage de prendre position et de défendre publiquement une cause, il est lui-même intervenu pour soutenir les sans-papiers ou donné des cours de soutien dans des quartiers difficiles de Paris.

Attention la menace  gronde et ne fond pas, préparons-nous .

Glaciers grondants David Lescot©VB
Glaciers grondants David Lescot©VB

Glaciers grondants :  théâtre documentaire dansé et slamé de David Lescot est une préparation pédagogique à la compréhension de la prochaine COP21 mais elle est aussi  prétexte à révéler notre côté peu glorieux : le journaliste  chargé par la rédactrice en chef des Inrocks de pondre cet article sur la COP 21 – pour euh …220€-  est content et interessé  mais  tout de même vexé de n’être pas considéré comme la star qui bouclera brillament le sujet, étant  au contraire relégué à la 52 ème place parmi les 52 pekins  ( 1 par semaine  de janvier 2015 à janvier 2016 ) qui seront contactés pour ce dossier chaud chaud . Le jeu est de contacter des tas de gens pour connaître leur point de vue décalé sur les dérèglements climatiques , n’ayant pas obligatoirement de compétence ou de reconnaissance scientifique , par exemple des comédiens qui rejouent Le Conte d’hiver de Shakespeare ou de jeunes climatosceptiques se réclamant de Richard Linszen . Angela Merkel et François Hollande surgissent comiquement sur la scène en leur qualité d’écologistes convaincus , une façon pour l’auteur de dénoncer le greenwashing opéré par nos politiques pour séduire leur électorat. L’astrophysicien et militant écologiste Hubert Reeves pointe son nez.

Les journalistes sont des hommes comme tout le monde , ils ont une vie et celle d’Eric Caruso n’est pas brillante , d’ailleurs  sa femme veut le quitter.  Il  va cependant  retrouver un sens à sa vie en se lançant dans une enquête minutieuse sur la situation climatique de notre planète pour cesser de considerer sa vie privée comme un échec . A l’unisson des changements climatiques annoncés , la mission pédagogique dans laquelle il se sent dorénavant investi va bouleverser l’ordre routinier de son existence . Il convoque le jeune Theo , génie convoité par la NASA et recyclé en acrobate à cerceau  qui lui explique comment les presomptions climatiques actuelles reposent sur des modèles mathématiques relevant d’observations dans le passé pour lesquelles il existe une marge d’erreur à prendre en compte. Et de completer son discours par la reflexion des genies de la Nasa sur la possibilité de mettre de gigantesques miroirs dans l’espace pour détourner les rayons du soleil , l’affaire de 1600 milliards de dollars tout de même .Au beau milieu de la pièce s’invite une montagne péruvienne figurant une solution envisagée réellement pour refroidir les montagnes autour du petit village de Lipaca au Perou devenues noires en lieu et places des sommets glacés d’antan décrits par les paysans ; Eduardo Gold, ingenieur pragmatique propose de peindre les glaciers en blancs pour qu’ils attirent des températures froides . Et ça marche ! L’idée peut paraître farfelue, mais elle semble pourtant fonctionner. Une mesure au thermomètre infrarouge montre une différence de température de 16° C entre les roches noires et les roches peintes en blanc.Grâce à une aide financière de la Banque mondiale, Eduardo Gold et son équipe ont réussi à recouvrir 15 000 m² de roches. 

De l’importance qu’il faut donner ou pas aux choses de la vie : la pièce de David Lescot centrée sur la question de la connaissance en matière de climatologie, est aussi interrompue de parenthèses vécues concrétisées sur un retour à la jeunesse et ses deceptions ou ses ratages amoureux , elle met aussi en lumière quelques  aspects peu glorieux de notre humanité comme l’idôlatrie absurde d’ une star mediatisée invisible qu’on ne connait pas, un type ( Jean Touzel  le Pape du climat soi-disant ) dont tout le monde raconte qu’il faut absolument le connaître et on ne pense plus qu’à ça , finalement on le rate.

Glaciers grondants David Lescot ©VB
Glaciers grondants David Lescot ©VB

David Lescot qui  considère que le présent est attaché au passé et que nous ne pouvons comprendre le premier qu’en l’observation du second , prépare un travail sur la pèriode de la Commune , ce sera un spectacle musical qui placera ce passage de notre histoire comme un laboratoire ou l’on travaillerait au rêve d’une révolution sociale , centrée si l’on peut dire sur l’idée de décentralisation.

A la Filature , après les 3 représentations des Glaciers grondants , David Lescot attend le jeune pulic pour le spectacle ” J’ai trop peur ” , l’histoire d’un jeune garçon de 10 ans et demi aux portes de la sixième  et tout le monde sait que c’est l’horreur absolue !

” J’ai trop peur ” David Lescot mercredi 18  à 15h et jeudi 19 novembre à 19h  Tarif jeune public

www.davidlescot.com

RENCONTRE AVEC LES ARTISTES
mercredi 18 novembre 16h
+ goûter offert pour les enfants
+ livres jeunesse proposés par la librairie Le Liseron

4 SÉANCES SCOLAIRES
mardi 17 novembre 10h et 14h15
mercredi 18 novembre 10h
jeudi 19 novembre 10h

LA FILATURE DE MULHOUSE

DES IDEES :

Le numérique vert. Greenpeace a sorti cette semaine son palmarès de l’infonaugique écologique. L’infonuagique (cloud computing) consomme massivement de l’énergie pour faire tourner tous ces serveurs (et les refroidir), ce qui nous permet d’accéder de partout à nos courriels dans Gmail, à nos fichiers musicaux dans iTunes/iCloud ou à nos livres sur Amazon.

(On y apprend qu’Apple utilise 100 % d’énergie renouvelable pour son parc de serveurs, Google, 48 %, et Amazon, un maigre 15 %. Quand on pense qu’Apple avait été montré du doigt il n’y a même pas deux ans comme un grand pollueur par Greenpeace, on reprend espoir.)

L’idée ici est de se convertir aux énergies vertes.

David Lescot, né en 1971, fils du comédien Jean Lescot et frère de Micha Lescot, est un dramaturge français. Il est également musicien et metteur en scène.

Il monte son premier texte en 1998, Les Conspirateurs, au TILF (Théâtre International de Langue Française), pièce qu’il qualifie de « comédie musicale noire ».

Il compose ensuite la musique de différents spectacles, notamment pour Anne Torrès qui met en scène Le Prince de Machiavel au Théâtre Nanterre-Amandiers (2001) ou Le Fou d’Elsa d’Aragon au Théâtre national de la Colline (janvier 2005).

David Lescot participe à de nombreux festivals comme La Mousson d’été, Temps de parole, Court toujours, Chambre ouverte, où il présente ses nouveaux textes. Parallèlement, il enseigne les études théâtrales à l’Université Paris X (Nanterre) depuis 1999. Il s’essaie à la mise en scène en mélangeant écriture et improvisation, théâtre et musique. Le spectacle Quelques dommages physiques, avec le comédien Scali Delpeyrat et le trompettiste Médéric Collignon, porte les traces de cette recherche.

À l’invitation d’Emmanuel Demarcy-Mota, il est auteur associé au centre dramatique de la Comédie de Reims puis au Théâtre de la Ville.

Print Friendly, PDF & Email
[DISPLAY_ULTIMATE_SOCIAL_ICONS]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton back to top