Kaserne Bâle Gisèle Vienne choregraphe marionnettiste

Gisèle Vienne©Jerôme Bonnet Télérama
Gisèle Vienne©Jerôme Bonnet Télérama

Gisèle Vienne, artiste pluridisciplinaire est chorégraphe, metteuse en scène , marionnettiste et plasticienne

Née en 1976, Gisèle Vienne est une artiste, chorégraphe et metteur en scène franco-autrichienne. Elle est élevée dans  un  certain”confort intellectuel et artistique”. Elle joue de la harpe depuis l’âge de 6 ans. Son prénom, elle le tient de sa mère, Dorothea Vienne-Pollak, autrichienne et peintre. Son nom, de son père, français et professeur d’allemand. Elle a vécu à  Berlin jusqu’à l’âge de 17 ans, où elle a fréquenté beaucoup le théâtre mais aussi  les clubs de musique techno .

Les installations des plasticiens Christian Boltanski et Annette Messager la fascinent. “Les marionnettes font le lien entre le théâtre et les arts plastiques, dit-elle. Je dois beaucoup à ma mère. C’est d’elle que je tiens mon goût pour le travestissement et le maquillage. J’ai toujours adoré me déguiser, porter des perruques.  Avec moi, c’est plutôt Halloween tous les jours, mais c’est drôle tout de même. ( Le Monde 2012 Rosita Boisseau ).”Après des études de philosophie et de musique, elle se forme à l’Ecole Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette où elle rencontre Jonathan Capdevielle et Etienne Bideau-Rey, avec qui elle crée ses premières pièces. Elle travaille depuis régulièrement avec, entre autres collaborateurs, les écrivains Dennis Cooper et Catherine Robbe-Grillet, les musiciens Peter Rehberg et Stephen O’Malley, l’éclairagiste Patrick Riou et le comédien Jonathan Capdevielle.

Depuis 2004, elle a chorégraphié et mis en scène I Apologize (2004), Une belle enfant blonde / A young, beautiful blonde girl (2005), Kindertotenlieder (2007), Jerk, un radiodrame dans le cadre de l’atelier de création radiophonique de France Culture (2007), une pièce Jerk (2008), This is how you will disappear (2010), LAST SPRING : A Prequel (2011) et The Pyre (2013) The Ventriloquists Convention, en collaboration avec le Puppentheater de Halle (2015). En 2009, elle crée Eternelle Idole, pièce pour une patineuse artistique et un comédien. Elle réécrit Showroomdummies avec Etienne Bideau-Rey en 2009, puis ils travaillent à nouveau à sa réécriture en 2013 pour le Ballet de Lorraine.

Depuis 2005, elle expose régulièrement ses photographies et installations. Elle a publié un livre+ CD JERK / ThroughTheirTears en collaboration avec Dennis Cooper, Peter Rehberg et Jonathan Capdevielle aux Editions DISVOIR en 2011 et un livre, 40 PORTRAITS 2003-2008, en collaboration avec Dennis Cooper et Pierre Dourthe, aux Editions P.O.L en février 2012.

Gisèle Vienne est en tournée pour  le  projet The Ventriloquists Convention avec le Puppentheater-Halle  et s’arrêtera à la Kaserne les 4 et 6 février 2016 . Elle présentera par ailleurs en 2016 une exposition FRAC Alsace. Elle prépare également une interprétation du Château de Barbe-Bleue de Bélà Bartok pour 2017 à la Monnaie-Bruxelles.

TheVentriloquistsConvention ©EstelleHanania
TheVentriloquistsConvention ©EstelleHanania

 Gisèle Vienne et les marionnettes : naissance d’une passion

A 10 ans, elle  s’interesse  comme toutes les fillettes aux poupées  sauf  qu’elle ne s se contente pas de jouer avec  , elle les fabrique  dans de la pâte à fibre, les habille en punk ou en pop star . Cette passion ne l’a plus quittée , et aujourd’hui , elle continue à les modeler et les peindre – cinq à huit couches de couleurs sur les visages dont les expressions sont souvent angoissées et angoissantes bien que Giséle souligne qu’elle s’ amuse beaucoup à les concevoir et que c’est en les fabriquant qu’elle en extrait peu à peu un caractère, un personnage, une histoire.”

Depuis une quinzaine d’années , Gisèle Vienne nous invite à nous interroger sur le rapport trouble que nous entretenons aussi bien avec nos fantasmes qu’avec la part maudite faite de manipulation, de domination ,de violence qui compose les relations interhumaines.  Le théâtre de Gisèle Vienne est un théâtre où la parole est rare , elle intervient au mieux dans le cadre d’un monologue. adressé à soi-même , à un absent voire à un mort.

L’image scenique y est mobile, très travaillée plastiquement ( jeux de lumières , brumes , décor) et  est doublée par un flux musical presque ininterrompu.Ni opéra , ni théâtre filmé : des images de rêve, des images du cinéma muet, mais accompagnées d’une musique et de paroles comme venues en off, d’une autre scène. Si la parole est presque absente , il n’en va pas de même pour le mouvement .En effet , dans les compositions chorégraphiées de Gisèle Vienne , toutes les vitesses des corps sont exploitées : danse très rapide et saccadée ou quasi-gymnique, déplacements rapides , lents ou même très décomposés, comme en un ralenti dont Le Bûcher ( The Pyre  donnée à la Kaserne en Janvier 2014 ) est une bonne illustration .

Le petit théâtre mort-vivant de Gisèle Vienne

“Exprimer sur scène des sentiments inavouables”, tel est le but de Gisèle Vienne. “Je sais que je travaille sur des expériences limites, morbides, mais je ressens la nécessité de mettre en scène la mort, l’horreur, la violence, ces choses qui provoquent une excitation trouble.” Elle ajoute : “Dennis ( Cooper , l’ami américain ,auteur ) écrit sur ce qui lui fait peur.” L’adolescence, l’identité, l’érotisme et la cruauté prennent corps chez Vienne et Cooper  en s’incarnant parfois dans des apparitions ectoplasmiques , fantômes de morts ou de disparus qui hantent les spectacles de la chorégraphe , invoquant indifférement l’inconscient des personnages et  celui des spectateurs.

Parmi les complices de toujours , le comédien et marionnettiste Jonathan Capdevielle, rencontré lors de leurs études à Charleville-Mézières qui  a interprété tous ses spectacles depuis 2004, dont Jerk (2008), solo pour une chaise et cinq marionnettes dans lequel il livre un sidérant numéro d’acteur ventriloque et bruiteur. Dans Jerk- fait divers sanglant dans les années 1970, au Texas où un tueur en série assassina plus d’une vingtaine de garçons avec l’aide de deux adolescents- Capdevielle, qui adore les films d’horreur, endosse tous les personnages, les vivants et les morts, le bourreau et les victimes.

La Kaserne de Bâle présente The Ventriloquists Convention par Gisèle Vienne / Dennis Cooper / Puppentheater Halle 

The Ventriloquists Convention © Estelle Hanania
The Ventriloquists Convention © Estelle Hanania

Pour cette création, Gisèle Vienne s’inspire de la plus grande convention internationale de ventriloques au monde, organisée chaque année dans le Kentucky . Cette pièce pour marionnettistes-ventriloques reconstitue, à la manière d’une fiction, les épisodes de cette rencontre : l’histoire personnelle des ventriloques, ce qui les a guidés vers la discipline, leurs préoccupations…Conçue en collaboration avec l’auteur Dennis Cooper et le Puppentheater Halle, la pièce se déploie comme une partition où différents niveaux du dialogue se confondent. Les neufs interprètes font entendre leur voix, leur voix de ventriloque à travers la marionnette et leur voix de ventriloque sans support. Les sous-textes et les non-dits s’entendent alors autant que les dialogues. Toute une dramaturgie se développe en interrogeant les rapports du corps à la voix et les strates de notre psychologie.

Cette pièce pour marionnettistes-ventriloques reconstitue, à la manière d’une fiction, les épisodes de cette rencontre : l’histoire personnelle des ventriloques, ce qui les a guidés vers la discipline, leurs préoccupations…Conçue en collaboration avec l’auteur Dennis Cooper et le Puppentheater Halle, la pièce se déploie comme une partition où différents niveaux du dialogue se confondent. Les neufs interprètes font entendre leur voix, leur voix de ventriloque à travers la marionnette et leur voix de ventriloque sans support. Les sous-textes et les non-dits s’entendent alors autant que les dialogues. Toute une dramaturgie se développe en interrogeant les rapports du corps à la voix et les strates de notre psychologie.

Gisèle Vienne implique les spectateurs

Gisèle Vienne s’interesse avec cette pièce à la figure  des marionnettistes et des ventriloques telle qu’elle est véhiculée par notre imaginaire , et ses différentes représentations, principalement dans la littérature et le cinéma; il s’agit de s’attacher aux traits récurrents qui singularisent ces  personnages souvent représentés comme psychologiquement suspects , étranges ,voire inquiétants.

The Ventriloquists Convention est une fiction d’un grand réalisme, interprétée par 9 marionnettistes-ventriloques, elle se construit à partir de différents moments qui ponctuent la convention: de l’éxécution des numéros à l’évocation des diverses préoccupations tant professionnelles que privées liées à cette activité.

Dans l’espace scénique où sont disposées de nombreuses chaises destinées à accueillir les participants, le spectateur ser considéré comme l’un d’entre eux.La pièce , d’une simplicité relativeau premier abord, va se déployer à l’instar d’une partition, construite à partir des multiples voix des protagonistes qui trahissent leur psychologie complexe. Chaque voix artificielle ou naturelle est singulière et se distingue facilement des autres par sa couleur, et le ” corps ” auquel elle se trouve associée. Ces voix trahissent les différentes facettes qui composent la psychologie du ventriloque et la schizophrénie qui en découle.

Ainsi , les différentes strates qui forment le dialogue, c’est-à-dire ce qui est dit , ce qui est pensé. ce qui émane de l’inconscient, sous-textes et non-dits, s’expriment ici à voix haute, interprétées alternativement par le ventriloque, sa marionnette ou sa troisième voix. Une dramaturgie se développe , qui reflète à la fois la folie et la normalité de ces échanges  et transforme des rapports en apparence simples en un labyrinthe psychologique.

Dennis Cooper écrit cette partition sophistiquée, forme inédite conçue pour un minimum de 27 voix interprétées par 9 marionnettistes -ventriloques. L’idée est de poursuivre , avec cette série de portraits de ventriloques ,le travail engagé sur les rapports du corps à la voix, à travers différents jeux d’incarnation et de dissociation qui permettent d’observer les multiples couches de notre psychologie ainsi que la place et la forme des mots à l’intèrieur de ces couches, d’un point de vue tant singulier que collectif.

EN ANGLAIS SURTITRÉ EN FRANÇAIS

Gisele Vienne à la Kaserne de Bâle les 4/5/6 février 2016

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