Jesus-Christ superstar au Théâtre de Bâle

Jesus-Christ super starlette contre Judas le scélérat

Bon soyons honnête,  notre imagerie de Jesus-Christ en a pris un coup !

Deja , du point de vue scénique , difficile dans les premières minutes de distinguer le Jesus Superstar ( Alexander Klaws ) du reste de la foule en délire façon groupie du chanteur , vu que le fils de Dieu présumé est fringué comme ses fans auxquels il se mélange si bien qu’on n’y retrouve pas son chat , sans doute pour provoquer la confusion dans nos pauvres cerveaux encombrés de contenus culturels multiples , à moins que ce soit pour mieux assoir l’idée que Jesus est parmi nous.

Jesus-Christ Superstar Patrick Stanke Alexander Klaws ©Sandra Then
Jesus-Christ Superstar Patrick Stanke Alexander Klaws ©Sandra Then

Les 7 derniers jours de la vie de Jesus vus par Judas

Acte 1 :  Jesus  est positionné sur son escalier -piedestal comme il se doit , mais affublé de son oiseau de mauvaise augure , un Judas ( Patrick Stanke ) replet à l’air courroucé, fâché que son ami Jesus vire en star fanatisante, et qui voit d’un mauvais oeil l’arrivée de Marie-Madeleine entichée du nouveau gourou , pourtant la seule à pouvoir modérer l’ardeur rassembleuse de ce Jesus surexcité, attitude familière chez nos politiques parfois  hysteriques à l’idée de se transformer en rock- stars  le temps d’un meeting , je n’en nommerai aucun pour ne pas tous les nommer ; pour Judas , brave gars- tout à fait au début en tout cas – il faudrait plutôt s’occuper d’aider les pauvres, la bande de loqueteux que sont en realité les choristes du Gospel Choeur de la Cathédrale et du Théâtre de Bâle qui ont le plus grand mal à jouer la comédie – , à quoi Jesus, trop occupé à deviser avec la belle Marie-Madeleine , répond  péremptoirement qu’il est impossible de sauver toute la misère du monde , autrement dit , on fait ce qu’on peut , mais on peut peu ! Et Jesus d’observer impuissant cette  misérable armée des ombres  ramper  vainement à ses pieds .

Ca me navre un peu de le dire ,mais on espère que le manque de charisme des personnages principaux , Jesus et Marie-Madeleine ( Alexander Klaws et Andrea sanchez del Solar )dont la présence sur scène est pourtant marquée , est voulue par le metteur en scène Tom Ryser , car les interventions musclées et sonores  de Judas  engloutissent complètement leur prestation . Ceci dit , le metteur en scène est très clair sur ce point :  il s’agit de la vie de Jesus vue par Judas , nous voilà donc retombés sur nos pieds .

Tout est question de lutte de pouvoir , en cela l’opéra Rock de Tim Rice reste contemporain . Ainsi ,les prêtres autour de Caïphe voient en Jesus un obstacle possible au développement de leurs bonnes relations avec les autorités de Rome. Craignant un soulèvement du peuple mené par ce Jesus, ils  cherchent une solution définitive pour stopper l’exhaltation de la foule :  ” ce Jesus doit mourir !” . Ponce Pilate ( Andrea Matthias Pagani ) , quant à lui , déguisé en sorte de soldat de Che Guevarra ,fait un rêve prémonitoire : il rencontre cet homme  qu’il  envoie à la mort  tandis que la foule pleurante lui hurle sa haine .

Le temple est empli de gens avides d’argent ( les billets volent au-dessus de la tête des spectateurs ) et Jesus s’ accuse d’avoir laissé faire de ce lieu de prière l’antre de la cupidité , il tente de lutter contre cette situation mais c’est impossible , trop de malades , trop de gens dans le besoin le supplient , il ne peut plus les aider. L’aimante Marie-Madeleine ( qui commet la pénible balade I’Don’t Know How to love him )  essaie à nouveau d’apaiser ce sauveur qui ne peut plus sauver personne , même pas lui-même  et c’est son comparse Judas qui va le livrer comme nous le savons tous .

Cène ReproductionThéâtre de Bâle ©VB
Cène ReproductionThéâtre de Bâle ©VB

Acte 2 : à ce moment , on déraille sèrieux : le pauvre Jesus semblant avoir une idée précise de ce qui l’attend , essaie naïvement de convaincre ses 12 potes que le vin qu’ils boivent ne sera bientôt que son sang comme le pain qu’ils mangent ne sera autre que son corps – allégorie de la Cène  – : les joyeux fêtards en restent bouche bée et en oublient de terminer leur goûter .On suppose que  la scène est censée figurer la culpabilité des apôtres.Il est temps de désigner  celui qui livre Jesus , ce sera Judas comme nous le savons tous . Et la fin , nous la connaissons aussi assez bien , pas de surprise donc . Bon , tout le monde regrette  que ça se termine aussi mal, on aimerait que tout cela ne soit qu’un rêve ou plutôt un cauchemar , on chante : Could we start again please ? Ben non , on peut pas , il paraît qu’on ne réécrit pas l’histoire .

Par contre , les vilains finissent mal eux aussi . Judas , bourré de remords décide d’en finir et rejoint volontairement l’armée des morts , tout de blanc vêtus chez lesquels on chante , on danse , on pianote , tout y à l’air super sympa pendant que Jesus , avant de monter en croix subit ses 39 coups de fouets ( abondance de mercurochrome pour appuyer la scène ) sur ordre de Pilate accédant aux injonctions de la foule en délire .

Personne ne comprend pourquoi Jesus a choisi ce chemin de vie tortueux et peu gratifiant alors que Judas et ses copains, tout bien habillés , dansent avec les anges , blondes donzelles rondelettes en bottes de skaï – belle fidélité à la version originale – , le laissant aux prises avec la police des romains , des mecs harnachés façon Mad Max rappelant les soldats américains qui ont sorti Ben Laden de son trou.

Finalement , Jesus-Christ Superstar semble avoir trouvé son public le soir de la première et a même bénéficié d’une standing ovation , fut-elle un peu timide : au même titre que Hair , le musical fait partie du patrimoine culturel du XXème siècle , il est ancré  à notre mémoire collective , ce qui justifie l’affection que nous lui portons et l’indulgence que nous accordons volontiers aux imperfections de mise en scène ou de casting.

Le théâtre de Bâle avait réservé le soir de la première une jolie surprise au public : une longue table préparée pour 12 et quelques en-cas allusifs au héros de la soirée.

Direction artistique:

Direction musicale: Ansi Verwey
Mise en scène Tom Ryser
CHOREOGRAPHIE Lillian Stillwell
Scène et costume Stefan Rieckhoff
DRAMATURGIE Juliane Luster
CHOEUR Henryk Polus

ENSEMBLE

Place de Jesus Théâtre de Bâle©VB
Place de Jesus Théâtre de Bâle©VB

JESUS CHRIST Alexander Klaws
JUDAS ISCARIOT Patrick Stanke
MARY MAGDALENE Andrea Sánchez del Solar
PONTIUS PILATE Andrea Matthias Pagani
CAIAPHAS Andrew Murphy
ANNAS Vahan Markaryan
KING HEROD Karl-Heinz Brandt
PETER Tim Ludwig
SIMON ZEALOTES Jeffrey Italiaander
1. PRIESTER Wladyslaw W. Dylag
2. PRIESTER Krzysztof Debicki
3. PRIESTER Vivian Zatta
TÄNZERINNEN UND TÄNZER Irene Andreetto Mirjam Karvat Daniel Kenel Jonas Furrer Mukdanin Daniel Phongpachith
WOODWIND I (JESUS ALL-STARS) Ales Koblizek Nico Seibold
HORN (JESUS ALL-STARS) Mark Gebhardt
TRUMPET (JESUS ALL-STARS) Giovanni Siveroni
KEYBOARD I (JESUS ALL-STARS) Leonid Maximov
KEYBOARD II (JESUS ALL-STARS) Dirk Wochner
PERCUSSION (JESUS ALL-STARS) Alex Wäber Timo Stegmüller
GUITAR I (JESUS ALL-STARS) Jan Fitschen
GUITAR II (JESUS ALL-STARS) Michael Goldschmidt
BASS GUITAR (JESUS ALL-STARS) Thierry Humbel Daniel Fricker
DRUMS (JESUS ALL-STARS) Martin Altenbach Lorenz Rutigliano
Chor des Theater Basel Gospelchor am Münster

Prochaines représentations de Jesus-Christ Superstar

En anglais  avec sur-titres allemands

23/25/26 janvier de 19h30 à 21h40

De 19h30 à 21h40 1/3/7/11/13/28 février 18h30 à 20h40

5/19 mars et 9/16/20/21/23 avril  de 19h30 à 21h40 24 avril 16h à 18h10

11/24 mai et 11/17 juin de 19h30 à 21h40

THEATRE DE BALE 

Cène pour Jesus-Christ Superstar Théâtre de Bâle ©VB
Cène pour Jesus-Christ Superstar Théâtre de Bâle ©VB

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