Stefan Balkenhol, Marie Bovo , Philippe Cognée à la Fondation Fernet-Branca

La Fondation Fernet-Branca , un paradis pour artistes pratiquant les grands formats et la sculpture en mode  taille réelle

Fondation Fernet-Branca Vernissage Balkenhol Bovo Cognée 22:05:2016 © VB
Vernissage Pierre-Jean Sugier  Stefan Balkenhol Marie Bovo Philippe Cognée 22:05:2016 © VB

Exposition triple du 22 mai au 9 octobre 2016

De tous les indispensables et toujours très longs   ” je vous remercie de me faire l’honneur de votre présence etc … je ne retiendrai que celle-ci de la bouche de Stefan Balkenhol : “ nous sommes ici au paradis , déclaration  reprise en choeur par les coreligionnaires artistes invités de la Fondation, Marie Bovo et Philippe Cognée ; la Fondation Fernet-Branca , affirme Balkenhol , c’est le paradis pour les sculpteurs  mais aussi pour les peintres et les photographes car nous disposons rarement d’un tel espace de lumière pour présenter notre travail “.

Voici l’affirmation qui met tout le monde de bonne humeur pour entamer la visite de cette triple exposition proposée par Pierre-Jean Sugier, directeur de la Fondation Fernet-Branca .

3 artistes pour décliner splendeurs et misères de notre humanité

Stefan Balkenhol ©VB
Stefan Balkenhol ©VB

Stefan Balkenhol a une spécialité : il  sculpte Monsieur tout le monde , autant dire Monsieur personne avec un art consommé du realisme figuratif . Des sculptures représentant des hommes et des femmes semblant taillés dans un bloc à la serpe , la plupart,  sinon tous , affligés d’un visage grave mais pas sans expression, affichant plutôt un air de défi intimidant . Point de sourire à l’horizon , même les couples en action de galipettes kamasoutresques sur amphores copies d’anciens n’ont pas l’air de trouver ça drôle; Stefan Balkenhol aurait-il un problème avec la joie ? ou bien s’est-il inspiré des mannequins défilant tristement ces dernières années devant nos regards blasés  ? Non , surement pas car l’âme de la famille de bois de Balkenhol suinte par le regard et c’est ça l’exploit . Stefan Balkenhol serait-il sentimental ? Parfois , ses personnages se serrent dans les bras dans la posture du lutteur sur fond de bouches bisoutant très convaincantes  toujours de bois sculptées , parfois cet homme jeune s’expose lascivement sur une couche que l’on imagine sentant bon l’herbe fraichement coupée , observons encore cette danseuse gracieuse au plissé Miyaké fièrement posée sur son piedestal ; tous nous sont plus ou moins familiers et respirent une certaine douceur empreinte de langueur mélancolique qui nous les rend plus attachants encore .

Stefan Balkenhol est l’un des sculpteurs allemands contemporains  les plus importants , il est aussi  Professeur de sculpture à l’Académie des Beaux-Arts de Karlsruhe depuis 1992 .Stefan Balkenhol  est  représenté par la Galerie Thaddaeus Ropac.

 

Philippe Cognée ©VB
Philippe Cognée ©VB

Pour Philippe Cognée , la société de consommation est devenue un thème récurrent depuis les années 2000. Il travaille souvent sur les supermarchés devenus emblématiques d’une consommation débridée et de masse. De fait , ses toiles sont emplies à ras bord à l’image de notre planète , soit d’une foule disparate saisie du ciel, -Cognée , l’oeil du drone- soit d’une somme compacte de toits chapeautant la Medina , soit d’objets du quotidien mis en scène sur fond de paysage urbain . Peut-être cherche-t-il aussi à figurer l’idée de la culture de masse en reproduisant à 1100 reprises des oeuvres d’artistes exposés à Art Basel de 2003 à 2013  . 1100 nuances de Philippe Cognée présentées à la Fondation Fernet-Branca, tapissant les murs d’ une salle indépendante où l’on joue à reconnaître l’artiste épinglé en s’imaginant doué pour l’histoire de l’art confondant ainsi connaissance des arts et culture de supermarché  . Le supermarché dont on peut observer les rayonnages pleins à craquer longeant des allées rigoureusement vides peintes dans un dégradé glacé de gris acier , est une des toiles de la l’exposition dont l’ambivalence du remplissage autour du vide pourrait signer la déviance de notre civilisation , celle du retour de l’homme au neant par la suprematie de la chose à consommer , éphémère et superflue par définition. Où se trouve l’essentiel ? Là pourrait être la seule question à se poser .

La méthode Cognée  consiste à peindre à l’encaustique , recouvrir son travail d’une toile plastique transparente , attraper son fer à repasser qui circule à l’envi , dégoulinant , déformant , magnifiant ou dramatisant le tableau pour lui rendre finalement l’ humanité imparfaite ( la vraie donc )  qu’il aurait perdue s’il n’était que la bête reproduction photographique utilisée par l’artiste comme simple repère topographique.

Philippe Cognée est représenté par la Galerie Templon Paris-Bruxelles.

Philippe Cognée a obtenu le Prix de la Villa Medicis en 1990; il a été nominé pour le prix Marcel Duchamp en 2004; Echo est une oeuvre perenne installée au Chateau de Versailles en 2011. Philippe Cognée enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris depuis 2005. Il a bénéficié d’une première rétrospective ( oeuvre de 1991 à 2013 ) au Musée de Grenoble en 2013.

Marie Bovo © VB
Marie Bovo © VB

Marie Bovo : partout où entre la lumière , Marie Bovo , artiste espagnole née à Alicante , se pose avec son appareil photo à différentes heures de la journée : les fenêtres ouvertes sur les cours habitées d’Alger  ou de Marseille laissent l’oeil impudique faire un tour , entrer par effraction et pénétrer sans-gène l’intimité des familles vivant là un quotidien banal à la ponctuation en forme de cordes à linge tendues d’un mur à l’autre. Chaque heure dessine sa propre histoire en nous laissant imaginer la main qui actionne l’interrupteur , tout devient alors familier et chaleureux ,on entend presque la mère interpeller son fils , on ressent presque l’air tiede se déplaçant tel un ectoplasme avec indolence d’un balcon à l’autre . Marie Bovo observe et porte son regard  tantôt vers le ciel comme lorsqu’elle crée la série Grisailles  ( 2010) capturée sous les porches  d’un quartier populaire de la cité phocéenne, décidément inépuisable source d’inspiration pour la photographe, tantôt Marie Bovo , en vadrouille dans un train , fixe son objectif au sol pour y immortaliser les traces d’humanité en abandon sur les rails ,  chaussures , couvertures et autres bassines de plastique .

 Monographie de référence pour Marie Bovo Juillet 2015 Edition bilingue Français/Anglais 30€ Textes de Joanna Szupinska-Myers, Mouna Mekouar

 Marie Bovo est représentée par la galerie Kamel Mennour à Paris.

FONDATION FERNET-BRANCA SAINT-LOUIS  

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Print Friendly, PDF & Email
Facebook
Facebook
Google+
Google+
https://www.baleenfrancais.ch/2016/05/stefan-balkenhol-marie-bovo-philippe-cognee-a-la-fondation-fernet-branca">
LinkedIn
Instagram

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton back to top