Françoise Petrovitch à Marseille au FRAC

Françoise Pétrovitch – S’absenter 02 juillet — 30 octobre 2016 FRAC PACA

Exposition trilocalisée : Françoise petrovitch à Marseille , Tarascon et Arles

En partenariat avec Semiose galerie , Paris; le Centre d’art René d’Anjou, Tarascon; Asphodèle, ArlesVernissages: vendredi 1er juillet 2016 au Frac, 18h-21h Samedi 2 juillet: Au centre d’art René d’Anjou, Tarascon et à l’Espace pour l’art, Arles

Françoise Pétrovitch Garçon au squelette 2012 FRAC PACA ©VB
Françoise Pétrovitch Garçon au squelette 2012 FRAC PACA ©VB

Pour la première fois, trois institutions culturelles ont souhaité inviter Françoise Pétrovitch à concevoir un parcours artistique qui s’expose tout l’été, de Marseille à Tarascon, en passant par Arles.
Le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Château de Tarascon – Centre d’art René d’Anjou et Asphodèle – Espace pour l’art s’associent en effet pour présenter du 1er juillet au 30 octobre les créations de cette artiste.
Les expositions intitulées S’absenter, Verdures et Îles, organisées dans trois lieux emblématiques de la vie artistique, culturelle et historique de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, permettent de découvrir les réalisations les plus récentes de Françoise Pétrovitch. Peintures, dessins, vidéos, dessins d’animation, céramiques et sculptures composent un corpus aussi riche qu’inédit qui se donne à voir tout au long de ce parcours d’art contemporain. Ces expositions présentent un panorama sélectif en proposant à l’échelle de chaque lieu un récit qui procède par jeux d’associations et de confrontations entre les œuvres. Celles-ci dévoilent des affinités et des obsessions où l’étrange, le merveilleux et l’animal cohabitent dans des paysages hybrides, habités de présences humaines délicates et angoissantes, ambivalentes et silencieuses. Conçues dans une scénographie propre à chaque site, elles révèlent tour à tour le processus créatif et les sources d’inspiration qui fondent ce travail, toujours en quête de nouvelles recherches et de nouveaux médiums.
L’invitation faite à l’artiste d’investir trois espaces radicalement différents, tant par leur architecture, leur échelle que par leur histoire, offre à chacun le rêve d’un imaginaire singulier.
Commissaires des expositions
Pascal Neveux, directeur du Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur
Aldo Bastié, directeur des affaires culturelles et du patrimoine et conservateur du Château de Tarascon
Laetitia Talbot, directrice d’Asphodèle – Espace pour l’art

L’univers Petrovitch : l’enfance , l’adolescence , le monde animalier

Françoise Pétrovitch Verdure 2015 FRAC PACA © VB
Françoise Pétrovitch Verdure 2015 FRAC PACA © VB

Dans les œuvres de Françoise Pétrovitch, il y a des personnages, très jeunes, entre l’enfance et l’adolescence, il y a des animaux, il y a des oiseaux, beaucoup d’oiseaux, de petits oiseaux fragiles, morts ou blessés parfois, et des oiseaux puissants, surdimensionnés, au regard perçant, indifférent.

Les formats vont de petites peintures à de très grandes toiles, les lavis sur papier peuvent être aussi très grands. Il faut dire que l’échelle varie beaucoup, tout peut grandir magiquement ou se réduire tout à coup. Dans les sculptures en bronze, de menus enfants s’hybrident de formes animales gigantesques. Les céramiques, plus petites – des oiseaux morts, des gants vides – ont des formes indécises, comme abandonnées.

À la surface des peintures, tous les motifs sont en circulation fluide : ils traversent d’une œuvre à l’autre, d’un médium à l’autre, d’un plan à un autre : les oiseaux, par exemple, passent devant, passent derrière, passent à travers les personnages, ou se perdent presque dans un tracé en filigrane. Parfois, ces motifs en migration ne sont que d’opaques taches de peinture flottant devant les personnages. Dans une vidéo très liquide, le montage scandé des lavis se reflète en échos tremblés, troublés, comme à travers une larme. À l’œuvre aussi, la fluidité, dans les choix et les décisions : l’artiste travaille avec la peinture à l’huile, avec le lavis, qui agissent selon leurs lois à la surface de la toile et du papier et lui proposent des métamorphoses.

Françoise Pétrovitch tente un équilibre labile entre la présence de la peinture, de l’encre, de la toile ou du papier, leurs matérialités certaines, et une forme d’absence que jouent les manques et les réserves blanches dans les lavis, les trouées et les enchevêtrements de formes qui délient, aèrent l’image peinte. Les jeunes personnages se dérobent dans une évasion intérieure, une fuite immobile. Leurs corps poreux sont criblés d’images mentales, de rêveries, la doublure de leurs paupières tatouée d’apparitions flottantes.

Leurs regards se détournent, s’absentent. Ils s’absentent et nous laissent leur corps, leurs vêtements bariolés qui les illustrent, leurs yeux clos ou perdus dans le vague, leurs mains vacantes, inoccupées. Ils se laissent faire, se laissent coiffer. Ils s’oublient dans leur cachette pendant que les autres les cherchent, se retirent derrière un masque, sous une géante tête animale. Ils ne jouent plus, sont fatigués de jouer, ou devenus trop grands pour ça. Chacun est une île.

Marie Christine Gayffier

Toutes les œuvres, sauf mention contraire, Courtesy Semiose galerie, Paris.

Le FRAC ( Fonds Regional d’Art Contemporain) PACA

Créés il y a 30 ans, les Frac ont pour objectif de constituer des collections publiques d’art contemporain et de soutenir la création artistique au niveau régional. Le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, seul Frac nouvelle génération à être situé en hyper-centre urbain avec un nouveau bâtiment de 5 400 m2 (dont 1000 m2 dédiés aux expositions), signé Kengo Kuma, accueille sur un même site l’ensemble des activités correspondant à ses missions : acquisitions, diffusion et médiation. La collection du Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur est constituée de 1016 oeuvres de 440 artistes internationaux.

Le nouveau projet artistique et culturel 2015-2017, « La Fabrique du récit », s’inscrit dans le respect des missions fondamentales des Frac et dans la continuité des actions entreprises au cours des trois années précédentes, dont l’année Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la Culture.

Son enjeu reste le même : attirer et fidéliser un plus large public au Frac, irriguer de manière équilibrée le territoire régional, aller à la rencontre des publics éloignés, assumer un rôle majeur et innovant en matière de pédagogie et de sensibilisation à l’art contemporain, en s’appuyant sur un réseau de partenaires diversifié.

Le Fonds régional d’art contemporain est financé par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le ministère de la Culture et de la communication/ Direction régionale des affaires culturelles Provence- Alpes-Côte d’Azur. Il est membre de Platform, regroupement des Fonds régionaux d’art contem- porain et membre fondateur du réseau Marseille Expos.

Marseille Joliette face au FRAC © VB
Marseille Joliette face au FRAC © VB

L’Exposition au Château de Tarascon – Centre d’art René d’Anjou Commissaire : Aldo Bastié

Autour de l’exposition

Nocturnes

Mardis 12 juillet, 9 août, 13 septembre, 11 octobre Entrée gratuite de 18h30 à 22h

Visites commentées de l’exposition en compagnie de la médiatrice cultu- relle, à 19h.

Sur réservation préalable à l’accueil du monument :    04.90.91.01.93

Mercredi 27 juillet à 10h, mercredi 17 août à 10h et jeudi 20 octobre à 14h

Atelier du patrimoine – Jeune public (8/12 ans)- Le petit monde de Françoise Pétrovitch. Sur réservation préalable à l’accueil du    monument.

En vente au Château de Tarascon :  quatre sérigraphies imprimées recto/verso Les oublis tirées à 60 exemplaires

Également disponible au Château de Tarascon : la publication Françoise Pétrovitch, Semiose éditions 2014

L’exposition présente un ensemble de pièces récentes – peintures et dessins de grand format, céramiques et installations vidéo. En 2013, le Château de Tarascon – Centre d’art René d’Anjou pré- sentait les sculptures Ils et le Lapin Témoin de Françoise Pétrovitch dans le cadre du projet collectif Ulysses, itinéraire d’art contemporain (Marseille- Provence 2013), en partenariat avec le Frac (Marseille). Cette année, le monument accueille une exposition monographique de l’artiste, Verdures, du 3 juillet au 30 octobre 2016. La proposition de Françoise Pétrovitch s’est construite autour du dialogue création contemporaine-architecture-patrimoine et se déploie dans les appartements du château.

Les personnages-paysages de Françoise Pétrovitch évoquent les décors des verdures médiévales, ces tapis enchanteurs qui paraient les chambres des princes d’Anjou-Provence. Êtres humains, arbres, plantes et animaux se mêlent et se métamorphosent constamment, de salles en salles. Les œuvres sont ainsi reconnectées à ce cadre prestigieux, labyrinthe étrange où le merveilleux a toute sa place. Les pièces du monument se transforment, peuplées de sculptures étranges et magnétiques (Le Renard du Cheshire, Ventriloque, Janus, Lapin Témoin). Les peintures explorent les contrées intérieures de l’adolescence, dans un entre-deux poétique où ani- maux et êtres humains s’entremêlent. Les vidéos plongent le visiteur dans des états tantôt hypnotiques (le Loup et le Loup), tantôt méditatifs. Toutes ces œuvres soulignent la force et la justesse du parcours d’art contemporain proposé dans ce monument d’exception.

Le Château de Tarascon – Centre d’art René d’Anjou est un lieu de production et de diffusion de la création contemporaine dont le projet scientifique et culturel s’inscrit dans la continuité des actions conduites par les princes d’Anjou-Provence en faveur des artistes de leur temps.

Le château a déja accueilli les œuvres de Pierre Huyghe, Claude Lévêque, Michel Verjux, Wendy Jacob, Bertrand Lamarche, Bernard Moninot, James Lee Byars, Jürgen Albrecht, Gerwald Rockenschaub, Jean- Michel Othoniel, Johan Creten, Dominique Angel, Christian Lacroix, Nicolas Rubinstein, Bernard Pourrière, Ariane Michel, Maïder Fortuné, Violaine Laveaux, Marie Voignier, Delphine Gigoux-Martin, Françoise-Xavier Courrèges, Christian Gonzenbach, Jean-Pierre Formica et Françoise Pétrovitch.

Françoise Pétrovitch Sans titre 2016 FRAC PACA © VB
Françoise Pétrovitch Sans titre 2016 FRAC PACA © VB

Iles Exposition à l’Espace pour l’art, Arles Du 4 juillet au 6 août 2016

Commissaire : Laetitia Talbot

Dans la galerie « L’espace pour l’art », deux îles se font face (Île, 2015 et Île, 2016), deux  lavis d’encre sur papier de grandes dimensions (160 x 240 cm). Elles sont toutes les deux à fleur d’eau et dans le miroir liquide sur lequel elles semblent flotter, leur image inversée, les vapeurs verticales et tremblées, accentuent l’impression d’une atmosphère à la fois paisible et aérienne mais légèrement inquiétante et pour la deuxième peut-être plus encore que pour la première, presque méphitique. Elles sont sans doute issues d’une même famille – ou série – mais elles ne se ressemblent pas car leurs formes autant que leurs couleurs les distinguent assez nettement l’une de l’autre. En bronze et céramique une petite statue les accompagne, également présentée comme une « Ile » (2015) au sommet de laquelle un petit animal est posé. On ne sait pas d’où il vient, comment il est arrivé là, ni si il s’y est réfugié et pourquoi.

Les îles, les animaux, les êtres humains, surtout des enfants, peuplent les dessins de Françoise Pétrovitch et quel que soit le média qu’elle emploie, ce sont toujours des dessins qui  sont à l’origine de l’œuvre. Dans les « Îles » dont il est ici question les coulées de peinture, malgré l’arrêt sur image, continuent de glisser sur le papier, se faisant et se défaisant lentement, vers un ailleurs improbable, peut-être vers d’autres mirages au loin qui pour finir les absorbent; tandis qu’au premier plan du miroir, les îles comme une avant-garde épanouie mais pourtant vouées à se dissoudre, n’en veulent rien savoir.

Ce sont des histoires et légendes de marins qui rôdent dans ces parages, celle du « Fliegende Höllander » sans doute et tout autant des îles mystérieuses, aussi ensorcelantes, attrayantes et redoutables que les récifs et les chants des sirènes. Dans un autre registre, on pense à Nerval, au symbolisme, à des mondes parallèles et aux premiers matins du monde comme aux derniers, et le faon sur son modeste pli de terrain peut venir aussi bien de l’un que de l’autre mais s’en tenant toutefois à bonne distance, attentif et vigilant. Il n’y a ni humains, ni animaux dans ces îles et elles ne sont pas le site de rapports entre eux, si fréquents et de tellement de manières dans l’œuvre de Françoise Pétrovitch. Rien que l’eau, le ciel, l’horizon et une « terre »  hiératique dans un espace  inconnu.

L’association Asphodèle organise des expositions dans son lieu, « Espace pour l’art », dans le centre ville à Arles et des expositions « in situ », à l’extérieur, notamment dans les Cryptoportiques, l’église Saint-Honorat des Alyscamps, et aux Baux-de-Provence.

Dans sa galerie l’association propose une programmation accueillant des médias artistiques divers (peinture, photographie, installation, dessin, vidéo, sculpture…) et des propositions de jeunes artistes émergents, tels Edwin Fauthoux Kresser, Pierre Labat et Johan Furaker… ou d’autres déjà confirmés, français comme Paul-Armand Gette ou internationaux, comme Antoni Muntadas. Cette diversité d’âge, de renommée, d’origine et de médias permet de donner à voir aux visiteurs la variété des multiples aspects et des préoccupations caractérisant l’art d’aujourd’hui.

L’association Asphodèle s’associe régulièrement avec différents partenaires du monde de l’art : Ecole Nationale supérieure de la Photographie, Frac Provence-Alpes-Côtes d’Azur, galeries d’art privées…

L’artiste : Françoise Pétrovitch

www.francoisepetrovitch.com http://www.semiose.fr/

Née en 1964, vit et travaille à Cachan Enseigne à l’École supérieure Estienne, Paris .

Cf article d’ Elisabeth Vedrenne Visite d’artiste L’univers insolent de Françoise Pétrovitch dans Connaissance des Arts Juillet-Aout 2016.

Voir l’ouvrage Radio-Petrovitch : Françoise Pétrovitch est une personne organisée et méthodique qui a ses petites -ou grandes – habitudes , par exemple , elle écoute chaque matin les infos sur France-Inter où chaque nouvelle quotidienne est amorcée d’un Bonjour ! énergique comme il se doit . L’artiste en a fait un épais album illustré de 2000 à 2002. On y trouve pêle-mêle:

-Bonjour ! Les 6 otages libérés par les rebelles musulmans du groupe Abou Sayaf…Bonjour! Un évêque en correctionnelle…Bonjour! Une finale historique. Demain dans le tournoi de l’US Open à New-York…Bonjour ! Le franc aura vécu 641 ans, depuis hier soir , tous nos achats se font en euros (18 février 2002 pour info) etc …Instructif et pratique pour les amnésiques !

 Informations pratiques

Frac Provence Alpes-Côte d’Azur

20, bd de Dunkerque 13002 Marseille www.fracpaca.org

t +33 (0)4 91 91 27 55

 accueil@fracpaca.org

Horaires : mardi au samedi de 12 h à 19 h Dimanche de 14h à 18h (entrée gratuite)

Un vendredi par mois : nocturne gratuite de 18h à 22h Fermé les lundis et jours fériés

Tarifs : Tarif plein : 5 € – Tarif réduit : 2,50 € (conditions sur place) Pour venir au FRAC

Métro et tramway Joliette

Bus lignes 35 et 82 : arrêt Joliette Ligne 49 : arrêt FRAC

Accès : autoroute A55

Château de Tarascon – Centre d’art René d’Anjou

Boulevard du roi René – 13150 Tarascon Tél. : 04 90 91 01 93

www.chateau.tarascon.fr

Horaires : tous les jours

Juin – septembre : de 9h30 à 18h30 Octobre : de 9h30 à 17h30

Dernière entrée 45mn avant la fermeture

Un mardi par mois : nocturne gratuite de 18h30 à  22h

Tarifs : Tarif adulte (+ de 25 ans) 7,50 € – Tarif jeune (18-25 ans) 5,50 € – Tarif jeune 2 (10-17 ans) 3,50 € – Tarif enfant (- 10 ans) gratuit – Tarif passager de la halte fluviale 5 € – Détails des gratuités à   l’entrée

Association Asphodèle, Galerie « Espace pour l’art »

5 rue Réattu

13200 Arles

www. espacepourlart.com

Ouvert du mardi au samedi de 14h à 18h Fermeture le dimanche et le lundi

En vente au Magasin du Frac :  une édition de quatre sérigraphies, Les oublis, imprimées recto/verso et tirées à 80 exemplaires.

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