Jackson Pollock figuratif Kunstmuseum

Jackson Pollock figuratif du 2 octobre 2016 – 22 janvier 2017 Kunstmuseum Le Jeune

Kunstmuseum Jackson Pollock©VB
Kunstmuseum Jackson Pollock©VB

Kunstmuseum Basel | nouveau bâtiment, niveau 2 Commissaire : Nina Zimmer

« Lorsque vous peignez à partir de l’inconscient, les figures sont prêtes à émerger »

Voici ce que déclarait Jackson Pollock lors d’un célèbre entretien avec Selden Rodman en 1956. Cette affirmation peut surprendre tant il est d’usage d’associer le peintre américain à ses drip paintings abstraits. Bien qu’abondante, son œuvre figurative réalisée auparavant demeure méconnue, tout comme ses peintures figuratives consécutives à la période « dripping ». En abordant pour la première fois le travail de l’artiste sous cet angle, la rétrospective organisée par le Kunstmuseum Basel souhaite mettre en lumière l’aspect figuratif de son œuvre et poser un regard nouveau sur sa création artistique longue de près de trois décennies.

Jackson Pollock inspiré : de Michel-Ange à Picasso

Jackson Pollock Rolling Hills 1934 ©VB
Jackson Pollock Rolling Hills 1934 Kunstmuseum Bâle©VB

« Pollock figuratif » explore l’œuvre de jeunesse de Jackson Pollock marquée tour à tour par le régionalisme hérité de son professeur Thomas Hart Benton et par les grands noms de l’histoire de l’art tels El Greco, Michel-Ange, Rembrandt et les maîtres du baroque italien. Durant les années qui suivent, Pollock se tourne vers l’art moderne européen et étudie sans relâche le travail de Pablo Picasso. Son œuvre se nourrit également de l’art des premiers habitants de l’Amérique du Nord.

Les fresques monumentales des peintres muralistes mexicains réalisées dans les années 1930 et 1940 constituent une autre source d’inspiration majeure pour l’artiste américain : le travail de David Alfaro Siqueiros, José Clemente Orozco et Diego Rivera – que Pollock rencontre personnellement –, bouleversera sa manière d’appréhender la figuration.
L’exposition propose une vue d’ensemble de la trajectoire figurative du peintre américain, depuis le milieu des années 1930 jusqu’à son décès prématuré dans un accident en 1956. Les fameux drip paintings monumentaux réalisés sur une courte période, entre 1947 et 1950, ne figurent dans l’exposition qu’à titre indicatif. Leur absence volontaire crée un vide qui permet de mieux saisir la continuité entre les œuvres des années 1930 et 1940, souvent marginalisées, et les célèbres tableaux monumentaux des années 1950. Ainsi, l’exposition présente un ensemble impressionnant de Black and White Paintings issus de la période « dripping » aux côtés des dernières œuvres des années 1950 à travers lesquelles Pollock n’a cessé d’explorer la question de la figure.
Au total, l’exposition présente une centaine de peintures et travaux sur papier, dont des œuvres majeures issues de collections privées et des pièces d’exception provenant de collections de musées européens, des États-Unis, d’Australie et du Japon.

Jackson Pollock : de la figuration à l’Action Painting ou le parcours d’un génie torturé

Au début , tout va bien ou à peu près :

Jackson Pollock Stone Head 30-33 Kunstmuseum Bâle©VB
Jackson Pollock Stone Head 30-33 Kunstmuseum Bâle©VB

le petit Jackson , cadet d’une fratrie de garçons , est élevé au sein d’une famille unie. Toutefois , dès son enfance , sa personnalité fragile révèle un caractère instable avec tendance à l’introversion et à la dépression . Lorsqu’on déambule de salle en salle pour découvrir ce Pollock qu’on connait plutôt mal , voire pas du tout tant sa signature en qualité de serial dripper est dominante , on tombe sur une tête sculptée realisée alors qu’il n’a pas encore 20 ans , influencée par la manière du sculpteur Ahron Ben-Shmuel auprès de qui il a étudié.. Pollock écrit à ce moment à sa famille qu’il est bien plus interessé par la sculpture que par la peinture . Cette Stone Head fut la première oeuvre en 3D de l’artiste . Dans la même salle, Rolling Hills ou Wagon Crossing Tracks: The Hat, sont des toiles purement figuratives paysagères qu’on aurait eu peine à envisager sous le pinceau de Pollock et pourtant ! L’action -painter eut une vie avant le Dripping , technique libératoire non orthodoxe , car sa formation et ses influences furent plutôt du genre académiques: l’Art Student League à NY  et les plus fameux représentants de l’histoire de l’art.

Ensuite , tout va mal ou à peu près:

On quitte la première salle sur des toiles assez destabilisantes  dont la violence suinte  de façon si évidente qu’on en sort un peu étourdi , notamment Woman ou Naked Man with knife. Jackson Pollock bataille avec ses démons la plus grande partie de sa courte existence . Ainsi , passer la porte de la seconde salle de l’exposition , donne la désagréable impression de venir fouiner de façon intrusive et sans-gêne , dans la vie intime de Pollock . A partir de 1939 , retombant dans le piège de l’alcoolisme pour combattre sa dépression , il entreprend une thérapie avec un psychanaliste jungien qui échoue . Cependant , cherchant à  faire progresser sa psychanalyse , Pollock produit 69 feuilles qui traduisent son malaise et sa souffrance : des représentations de nus féminins picassiens , des crânes , des animaux , des totems …Cette seconde salle est emplie de Psychoanalytics Drawings donnant un éclairage parcellaire de l’artiste américain. Il faut dire cependant que sa  rencontre avec Lee Krasner  qui sera sa femme de 1946 jusqu’à sa mort , et l’exposition organisée par Peggy Guggenheim en 1943 , sont des parenthèses enchantées  qui tracent une ligne nouvelle dans sa trajectoire d’homme et d’artiste mais ne suffiront pas à le sortir de ses fatales addictions . Le Kunstmuseum nous offre un panorama de l’oeuvre méconnue de Pollock dont nous ne soupçonnions pas l’éclectisme prolifique.

Jackson Pollock The Water Bull 1946 Kunstmuseum Bâle©VB
Jackson Pollock The Water Bull 1946 Kunstmuseum Bâle©VB

Jackson Pollock est à jamais l’âme de l‘Expressionisme Abstrait  , ce que  le film Jackson Pollock realisé par Ed Harris dont il interprète le rôle en 2000, démontre.Celui-ci est projeté en continu au Kunstmuseum . L’idée de la realisation unique de ce film par l’acteur oscarisé Ed Harris , lui a été suggéré par son père en raison de sa resssemblance criante avec l’artiste.

Kunstmuseum Basel

St. Alban-Graben 8, Postfach CH-4010 Basel

Telefon +41 61 206 62 62

L’exposition bénéficie du soutien de : Credit Suisse Office fédéral de la culture OFC Pierrette Schlettwein , Fondation pour le Kunstmuseum Basel

Jackson Pollock Unformed Figure 1953 Kunstmuseum Bâle©VB
Jackson Pollock Unformed Figure 1953 Kunstmuseum Bâle©VB
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