Musée Tinguely Les Machines musicales de Tinguely

” Le rêve , c’est tout – la technique , ça s’apprend ” Jean Tinguely

Les Machines musicales ou le Grand Orchestre de Jean Tinguely jusqu’au 22 janvier 2017

Ecoutez voir !

Sandra Beate Reinmann Metaharmonie  Photo VB
Sandra Beate Reinmann Metaharmonie ©VB

Au Musée Tinguely , nous voici tous attentifs dans une écoute quasi-religieuse,  tout rikiki au pied des machines musicales géantes de Tinguely ; les photographes ont laissé tomber leur appareil au bénéfice des portables. But:  pour ne pas rater une miette de ce concert  digne de la BO de Cris et chuchotements version Cronenberg . Comme Tinguely aurait été content ! Observer toute cette assemblée disciplinée se déplacer en quête de l’objet qui déclenchera la prochaine note , l’aurait à coup sur réjouit. Tout est prêt : le Bontempi , l’accordeon , la cymbale , le violon … Un tas d’objets trouvés qui se répondent les uns aux autres en une cacophonie organisée presque harmonieuse . Ce n’est pas pour rien que  Jean Tinguely le genie facétieux a nommé ses jouets sonores Metaharmonies .

Jean Tinguely auteur-compositeur interprète

Les sculptures de Jean Tinguely ont toujours une dimension acoustique. L’artiste a lui-même délibérément composé et réglé celle-ci comme une partie intégrante de ses œuvres. Cet aspect   musical culmine dans les quatre Méta-Harmonies réalisées entre 1978 et 1985. L’exposition « Machines musicales / Musique machinale » offre pour la première fois l’occasion de voir dialoguer les unes avec les autres ces quatre gigantesques sculptures sonores qui se trouvent sinon à Karuizawa (Japon), Vienne et Bâle.

Les Méta-Harmonies serviront de cadre à des productions d’artistes contemporain(e)s expérimentant avec la dimension sonore. De nombreux concerts, interventions artistiques, workshops et événements auront lieu entre le 19 octobre 20 16 et le 22 janvier 2017   au Musée Tinguely. Le programme interdisciplinaire permettra ainsi aux visiteuses et visiteurs de faire de leur visite au musée une expérience sensorielle multiple et variée, conformément à l’esprit de Tinguely.

Le coup d’envoi sera donné par une installation de l’artiste suisse Zimoun qui a conçu spécialement pour l’exposition un travail mural de onze mètres de long, 27 5 prepared dc- motors, fille r wire 1. 0 mm (2009 /20 10 ), aux accents filigranes et minimalistes. Parmi les autres « Tinguely’s Méta-Harmonies‘ Guests» figurent notamment Julian Sartorius, l’Ensemble Phoenix, Barry Altschul 3 dom Factor, le Musée des automates à musique, l’Ensemble ö!, Bianca Hildenbrand, Eliza Coolidge et Timothy Severo, Thom Luz.

Les Méta-Harmonies (19 78 -198 5)  ou la petite musique de jour  de Tinguely

Metaharmonie Tinguely détail ©VB
Metaharmonie 1 détail ©VB

Ça couine, crisse, grince, craque et claque . Parfois, on décèle même une sorte de mélodie, désordonnée certes, dont une bande de poilus , plumeux , aigle royal , hibou Grand Duc ou lapin de Garenne doit approuver ou non le rythme . Si vous avez du mal à comprendre ces sons , lisez-en simplement la traduction digitale simultanée au mur – réservée à la Metaharmonic 1- Les quatre machines, que Tinguely a nommées Méta-Harmonies, offrent bric-à-brac chaotique et sonore qui paraît tout sauf composé.

« Mes machines ne font pas de la musique, mes machines utilisent les sons ; je joue avec les sons et construis parfois des machines à mixer les sons qui laissent les sons s’échapper en toute liberté. »

Ce faisant, l’artiste ne signifie pas seulement que les sons des machines vont à l’encontre de la notion habituelle d’harmonie musicale. Il souligne également son dessein de faire de la Musique nouvelle en utilisant les sonorités de ses machines : le son devient pour lui matériau artistique. Si les Méta-Harmonies de la fin des années 1970 sont d’abord et avant tout des machines faites avec des instruments de musique, le titre des œuvres des années 1980, avec le mot « harmonie » met en évidence que Tinguely va de plus en plus dans le sens d’un spectacle global, à la fois visuel et acoustique, où ces deux aspects, en plus du mouvement, sont en tension.

C’est dans le cadre de la Hammer-Ausstellung (Bâle, 1978) que Tinguely présenta sa première Méta-Harmonie. Faite de nombreux instruments de musique différents, d’objets quotidiens et des grandes roues typiques de l’œuvre tardive de Tinguely, elle est aussi la plus « mélodieuse ».

Chaque élément qui la compose a été fixé par l’artiste dans une structure-cadre métallique verticale en hauteur. Cet ensemble bariolé est « dirigé » par le hasard contrôlé qui résulte de la mécanique des constructions. Pour son exposition de 1979 au Städel, à Francfort/Main, Tinguely a dû fabriquer une deuxième Méta-Harmonie : la première, vendue entre-temps au célèbre couple de collectionneurs Peter et Irene Ludwig, était désormais visible et audible à Vienne.

Les joyeuses  et démoniaques machines musicales de Tinguely

La nouvelle Méta-Harmonie II (1979) ressemble fortement à sa prédécesseuse et comporte quantité d’éléments semblables : un piano, un harmonica et, surtout, plusieurs instruments à percussion. Cinq ans plus tard, pour la chaîne tokyoïte de magasins Seibu, Tinguely reprend ce même thème et réalise Pandä monium No. 1 – Méta-Harmonie 3 (1984). En plus des nombreux tambours, cymbales, incontournables cloches de vache et autres instruments à percussion, Pandämonium comporte aussi deux crânes d’animaux qui, par leurs grincements de dents, contribuent au caractère morbide de l’œuvre. Dans Pandämonium ,le lieu où séjournent les démons. Mais la noirceur est toujours abordée avec joyeuseté. Une « burlesquification » de la mort, selon le propos de Tinguely.

Comme la troisième, cette quatrième et plus grande Méta-Harmonie intitulée Fatamorgana (1985) est surtout une Méta-Harmonie percussive. Celle-ci ,à l’abri dans les caves du musée na pas été montrée depuis 3 ans . Pourvu de plusieurs grandes roues de couleur, le mécanisme est de nouveau plus évident, du moins visuellement. L’œuvre a été construite par Tinguely et son assistant Josef Imhof (Sepi) dans une usine désaffectée d’Olten, en Suisse, où étaient stockés plusieurs gabarits en bois inutilisés de la société Von Roll AG. C’est là que Tinguely a pu récupérer notamment les plus grands pour cet imposant rouage. La Méta-Harmonie IV est de ce fait aussi plus lente et plus massive, ses sonorités sont plus sourdes : elle donne à entendre le son mécanique d’une machine géante.

Annya Müller-Alsabach Fatamorgana ©VB

Co-programme artistique interactif durant l’exposition

À partir de petits moteurs électriques et de fils à souder, l’artiste bernois Zi moun (né en 1977) a conçu un travail mural de onze mètres . (du 19 au 30 octobre 2016).

À la fois installation multimédia et performance, Things You Do Seldom de Bianca Hildenbrand, Eliza Coolidge et Timothy Severo, de New York, est une machine musicale interactive. Celle-ci emet 100 bruits différents sur la base du morceau composé par Jürg Frey. Les 100 bruits enregistrés ont été générés par les sculptures sonores . Elles-mêmes réalisées à partir de matériaux de tous (du 20 décembre 2016 au 6 janvier 2017).

L’installation Unusual Weather Phenomena Machine, 2016, de Thom Luz. Celle-ci produit de la musique au hasard avec des ballons à l’hélium (du 12 au 18 décembre 2016). Musée des automates à musique de See wen . Quatre orchestrations pour les automates du début du XXe siècle (du 29 novembre au 11 décembre 2016).

Les concerts: par les classes de percussions et d’improvisation du Conservatoire de Bâle /   FHNW (7 janvier 2016) .l’Ensemble Phoenix de Bâle (15 et 16 janvier 2017). Le groupe de jazz new-yorkais Barry Altschul 3dom Factor (27 novembre 2016). Le percussionniste Julian Sartorius (8 janvier 2017 en coopération avec le jazz club bird’s eye).

Un programme interactif les dimanches en famille (23 octobre et 4 décembre 2016) . Des workshops pour jeunes visiteurs . Beatboxing / Human Vocal Percussion avec Claudio Rudin / aka. Ciaccolo (22 octobre 2016) et Die magische Flüstermaschine, workshop de deux jours proposé par l’École de musique de Bâle, l’ Académie de musique et K’Werk Bildschule bis 16, Schule für   Gestaltung (5 et 6 novembre 2016).

Informations pratiques 

Klamauk (19 79 ) circulera au Parc Solitude (23 octobre et 4 décembre 2016 / 8 et 22 janvier 2017).  

Veuillez trouver un aperçu complet contenant tous les événements sur:

www.tinguely.ch/fr/ausstellungen_events/events et dans la brochure de formation.

L’exposition a été suivie par Annja Müller-Alsbach et Sandra Beate Reimann.

Publication fin novembre du catalogue en allemand et en anglais. Textes Annja Müller-Alsbach, Sandra Beate Reimann et Heidy Zimmermann . Préface Roland Wetzel. En vente en boutique du musée et en ligne pour 48 CHF, ISBN: 978-3-9524392-5-8

Musée Tinguely Bâle

Horaires: mardi – dimanche: 11 – 18h

Horaires spéciaux: Samedi, 24.12., 11 – 16h Dimanche, 25.12., fermé Lundi, 26.12., 11 – 18h

Samedi, 31.12., 11 – 16h

Dimanche, 01.01., 11 – 18h

Vendredi, 20.01. (Nuit des musées bâlois), 11 – 2h

Adultes : CHF 18 Réduit: CHF 12

Pour les moins de 16 ans : entrée gratuite

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