Musée Tinguely Stephen Cripps Performing  Machines

Musée Tinguely vernissage Stephen Cripps photo VB
Musée Tinguely vernissage Stephen Cripps ©VB

Stephen Cripps Musikmaschinen  au Musée Tinguely jusqu’au 1er mai 2017

L’Alliance Française de Bâle propose une visite guidée mercredi 1er fevrier 2017 à 15h RV au musée à 14h45

Inscription indispensable auprès de Richard Mansour : +41 61 421 13 38 r.mansour@breitband.ch

Roland Wetzel, directeur du Musée Tinguely, et Sandra Beate Reimann, commissaire de l’exposition , ont présenté  conjointement la première grande exposition monographique de l’artiste britannique Stephen Cripps (1952-1982) . L’exposition rassemble plus de 200 œuvres, parmi lesquelles quelques films et « Sound Works », de nombreux dessins et collages, le tout donnant une vue d’ensemble sur le riche univers de l’artiste et ses idées hors du commun. En raison de la specificité même du travail  expérimental de Cripps , éphémère et dangeureux tout à la fois, le Musée Tinguely invite le public à découvrir l’artiste au travers de dessins et videos . En guise d’hommage , un spectacle pyrotechnique autour de la fontaine Tinguely pèriode glaciaire – un éblouissement – est venu s’interposer entre les discours de Roland Wetzel , Sandra Beate Reimann et Guy Morin profitant de l’occasion pour signaler aux bâlois ses adieux à la politique et son retour à la pratique de la médecine .

Stephen Cripps video Musee Tinguely photoVB
Stephen Cripps extrait video Musee Tinguely ©VB

Cripps s’intéresse au départ aux sculptures et  machines cinétiques, mais aussi  aux feux d’artifice et au potentiel poétique de la destruction ainsi qu’aux nouvelles formes de musique, et c’est à travers tout cela, notamment dans les champs performatifs, qu’évolue sa pratique artistique hautement expérimentale. Les performances de Cripps constituent des expériences radicales et limites qui  seraient aujourd’hui inconcevables compte tenu des risques qu’elles représentent pour le public et leur environnement. Bon nombre de ses idées sont retransmises via le  dessin et bien   souvent n’ont pas été réalisées. L’art de cet artiste prématurément décédé (1982) portait surtout sur l’expérimentation sonore. En montrant toutes les facettes et médias du travail  de Cripps, le Musée Tinguely donne à  le (re)découvrir pleinement. L’exposition aura lieu du 27  janvier au 1er mai 201 7.

Vie et œuvre

La pratique artistique de Cripps échappe délibérément à toute catégorisation. Il ne s’est en effet jamais fixé sur un médium donné. Dans sa brève phase de création, depuis sa formation à la Bath Academy of Art à Corsham (de 1970 à 1974) jusqu’à sa mort prématurée (à l’age de 29 ans), il a construit des machines et installations interactives et réalisé des performances pyrotechniques. Il a réalisé des sculptures cinétiques et mécaniques, il a produit des Sound Works, il a expérimenté dans le domaine du film, mais il a surtout aussi dessiné et effectué des collages. Très souvent, Cripps associait toutes ces pratiques. L’éphémère, le provisoire et l’expérimental sont les composantes majeurs de son travail. Chemin faisant, il a contribué à faire sortir l’art de ses limites, selon le processus entamé dans les années 1960.

Le vaste éventail des projets artistiques de Cripps comprend des « environments », qui proposaient alors de revoir notre notion de jardin en tant que lieu de détente et faisaient ainsi résonner, notamment, des bruits de tondeuses ou des aboiements de chiens. Au moyen d’un rotor d’hélicoptère, l’artiste a fabriqué une machine qui attaquait l’espace de la galerie tout en se détruisant elle-même. Il a également conçu des installations impliquant une participation active des visiteurs, comme par exemple Shooting Gallery : avec un pistolet arrangé, le public pouvait tirer sur des cymbales, un xylophone et autres objets sonores. D’après les descriptions de l’époque, ses performances pyrotechniques constituaient des expériences multisensorielles, souvent aussi dangereuses non seulement pour le lieu d’exposition mais aussi physiquement pour le public. L’art de Cripps a évolué dans un milieu artistique propice aux échanges et à la collaboration, notamment dans des endroits comme le Butlers Wharf ou l’Acme Gallery qui offraient suffisamment d’espaces aux inventions les plus radicales.

Cripps et Tinguely

Cripps fut fortement inspiré par les sculptures-machines de Jean Tinguely, ainsi que par ses actions avec des œuvres d’art se détruisant elles-mêmes, notamment l’Homage to New York (1960). Son mémoire de fin d’études portait d’ailleurs sur « Jean Tinguely ». Le travail de l’artiste britannique présente ainsi de nombreux liens avec son artiste modèle : l’aléatoire, la destruction ou encore l’influence des éléments comme concept esthétique sont des thèmes qui sous-tendent toute l’œuvre des deux artistes.

Exposition

Stephen Cripps Machine for Birds 1975 Musee Tinguely photo VB
Stephen Cripps Machine for Birds 1975 Musee Tinguely ©VB

Les œuvres de Cripps étaient extrêmement éphémères et, en grande partie, n’existent plus aujourd’hui. Faites de feu et de lumière, d’écho et de fumée, elles se dissipaient bien souvent en pleine réalisation. Et même ses machines performatives n’ont jamais eu le caractère d’objets immuables, mais ont été adaptées selon les contextes ou reconstruites à chaque fois. En combinant des travaux sur papier, du matériel audio, des films et des médias de documentation, l’hybridité qui caractéristique la pratique performative multiple de Cripps (en termes de médias et de sensorialité) est transposée dans l’exposition. Le dessin et les enregistrements sonores, les éléments visuels et acoustiques se complètent pour donner un tout s’adressant en même temps à l’œil et à l’ouïe.

Le travail de Cripps est présenté dans un groupement thématique qui veut éviter les catégorisations strictes et laisser de l’espace aux correspondances et associations. L’exposition STEPHEN CRIPPS. PERFORMING MACHINES, en mettant l’accent sur les dessins, entend placer au centre la notion de multiplicité évoquée plus haut. Inconnus jusque-là, les Sound Works résonneront pour la première fois au Musée Tinguely. Cripps collectionnait également des bruits, comme ceux de tondeuses ou d’avions de chasse, qui étaient d’abord envisagés comme du matériau artistique et devaient fournir le fond sonore nécessaire à la conception de ses univers mécaniques. Les recoupements cacophoniques qui en résultent correspondent au caractère fondamental de son art, et à la fois au contexte bruyant et parfois stressant du monde industrialisé et moderne, qui sous-tend souvent le travail de Cripps.

Stephen Cripps Machine for Birds 1975 Musee Tinguely photo VB
Stephen Cripps extrait video Machine for Birds 1975 Musee Tinguely ©VB

Montage de l’exposition et  catalogue

Avant que le projet d’exposition ne prenne forme, deux années ont été consacrées à l’étude et la classification des archives conservées au « Stephen Cripps Archive ». Ce ” Catalogue -Mémoire ”  travail a été mené sur place par le Musée Tinguely, en collaboration étroite avec le Henry Moore Institute, responsable de la succession de Cripps.

Publication

Le catalogue accompagnant l’exposition retrace le travail de Cripps et la place notamment dans son contexte culturel et artistique immédiat qui est le Londres des années 1970 et 1980. Cette publication, qui paraîtra en allemand et en anglais, comprendra des contributions de Lisa Le Feuvre, Dominic Johnson, Sandra Beate Reimann, David Toop et Jeni Walwin, ainsi que interviews inédites et des échanges en galerie. Ce premier grand ouvrage scientifique sur l’œuvre de Stephen Cripps en fera une référence pour l’approche et les recherches ultérieures à ce sujet. En vente en boutique du musée et en ligne pour 48 CHF, ISBN : 978-3-9524392-8-9 (allemand) / ISBN : 978-3-9524392-9-6 (anglais), Verlag für moderne Kunst

L’exposition est curatée par Sandra Beate Reimann et a été réalisée en collaboration avec le Henry Moore Institute, Leeds. En outre, seront présentés des documents du Acme Studio Archive.

MUSEE TINGUELY BALE

Musee Tinguely ©VB
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