Manish Nai à la Fondation Fernet-Branca

Manish Nai Fondation Fernet-Branca Photo VB
Manish Nai Fondation Fernet-Branca©VB

La Fondation Fernet-Branca présente Manish Nai du 10 juin au 8 octobre 2017

Cocktail découverte des expositions le samedi 17 juin de 19h à 22h (VIP Program ArtBasel)

L’artiste indien Manish Nai reconstruit Bombay à sa façon

Une abstraction d’inspiration sociétale

Manish Nai Fondation Fernet-Branca Phto VB
Manish Nai Fondation Fernet-Branca ©VB

“La ville de Bombay est mon inspiration essentielle .  Je l’observe : le fourmillement des gens dans les rues , le foisonnement de couleurs , une ville en perpétuel mouvement  , c’est tout cela Bombay. Tous mes travaux de compression évoquent la densité des villes en Inde  , particulièrement , la ville dans laquelle je suis né  et où je vis et travaille encore aujourd’hui .”

Manish Nai , de passage à Saint-Louis avant le vernissage de son exposition à la Fondation Fernet-Branca le 14 juin , raconte ses motivations artistiques . Il compacte , compresse , accroche  ou dépose ses oeuvres au sol , des créations issues du recyclage de matières qu’il connait bien comme la toile de jute , fibre végétale largement utilisée en Inde, principalement dans l’habillement et dans le secteur de la construction , dont il a pu largement observer les transformations durant sa jeunesse  puisque son père était négociant en textile . De ce fait , explique-t-il , son mode d’expression favori est celui de la transformation des matèriaux , résultat de son analyse visuelle de la société indienne . Manish est un artiste plasticien versé dans la sociologie . Il donne à voir une Inde du quotidien non magnifiée d’où toute représentation figurative est absente mais dont la veine abstraite est explicite. On y reconnaîtrait presque la grouillante ville de Mumbai , Manish Nai précise à ce propos qu’il ne pourrait être inspiré de la même façon en habitant dans une de nos villes d’Europe qu’il trouve trop silencieuses , trop ordonnées , trop…ennuyeuses !

Dès les années 2000 , Manish Nai a acquis une solide réputation de novateur en Inde où sa vision très personnelle de la pratique artistique a permis de ramener au premier plan une forme d’art abstrait que l’Inde avait exclu , privilégiant les oeuvres référentes à la tradition , l’histoire ou les religions,  donnant peu d’opportunité aux jeunes de se former à autre chose – manque d’enseignants , manque de locaux , manque d’institutions ou d’organismes -. Manish Nai , après les esquisses préparatoires de rigueur- sa formation artistique est d’abord le dessin –  redonne vie à des matériaux humbles ou archaïques , ancrés dans un quotidien concret purement économique , pour en extraire une splendeur insoupçonnée digne d’occuper les murs de musées dédiés à l’art contemporain comme la Fondation Fernet-Branca : un exploit ! Parfois faussement interprété.

Manish Nai ou la métamorphose des petits riens

Ainsi , lorsque Manish Nai détourne la toile de jute indigo de sa fonction initiale triviale , l’expert traduit la volonté de l’artiste d’honorer ses prédecesseurs ( Yves Klein ) ou de référer son travail à l’histoire de son pays , à l’époque de la suprématie coloniale anglaise et de l’exploitation sauvage de l’indigotier ayant conduit à la révolte paysanne de l’indigo en 1859. réponse de l’interessé : que nenni ! L’oeuvre bleu de Manish est une réminiscence de l’enfance évoquant les piles de tissu indigo en coton d’une boutique de vêtements tenue par sa famille, qui servaient à fabriquer des uniformes pour écoliers ou des tenues d’ouvriers. Que peuvent devenir les humbles matèriaux, étoffes, cartons , papiers, lorsqu’on leur prête attention ? Ils abordent une autre vie en changeant de rive, s ‘épanouissent au regard et méritent  ainsi à nouveau  toute note attention .

Le langage visuel est universel

“Je voudrais créér une seule langue , universelle : le langage visuel . La compression des journaux édités en Inde ,  100 quotidiens publiés dans 19 dialectes qui composent une partie de la carte linguistique de mon pays est une façon pour moi d’exprimer l’idée que cette foultitude  parvient à une cohésion .” La transformation de l’objet observé en un agglomérat à interpréter librement – Manish Nai y tient tant qu’il ne donne aucun titre à ses oeuvres- s’avère le moyen  d’expression le plus évident pour révéler l’essence socio-économique de l’inspiration de l’artiste et sa concrétisation proche de l’Arte Povera . La série des Billboards – panneaux publicitaires installés en ville-  part d’une exploration sociologique de l’espace public de Bombay la capitale indienne. Manish Nai les a photographiés puis combinés et arrangés digitalement  pour en faire des tableaux aux  formes et motifs abstraits, géométriques : rien ne se créé tout se transforme. C’est la vie ! Celle que Manish Nai nous raconte en effilochant les fibres du jute , matériau clé de la vie économique à Bombay, désormais parvenus au noble statut d’oeuvre d’art .

Manish Nai Bio:   Né en 1980 à Gujarat, en Inde, Manish Nai a obtenu son diplôme en dessin et peinture à la L.S. Raheja School of Art de Mumbai. Il est lauréat du Prix Pollock-Krasner Foundation (New York, 2004 – 2005) et de la Bourse attribuée en 2014 par ROSL Visual Arts au Royaume Uni. Le travail de Manish Nai a été montré à l’occasion de nombreuses expositions de groupe et notamment  Bright Noise curatée par Girish Shahane à la Lalit Kala Akademi, Chennai (2014); The Indian Parallax or the Doubling of Happiness curatée par Shaheen Merali à la Birla Academy of Art and Culture, Kolkata (2012); et le Mumbai City Pavilion à la  9ème Shanghai Biennale, curatée par Diana Campbell and Susan Hapgood (2012) ; la Kochi Muzirus Biennale, Kochi (2014). Matter as Medium est la troisième exposition personnelle de l’artiste à la Galerie Karsten Greve, la première s’étant tenue en 2009 à Cologne, Allemagne, la deuxième en 2014 à Saint Moritz, Suisse. Manish Nai vit et travaille à Bombay.

Les gens s’imaginent que les artistes dont le travail est abstraitn’ont pas beaucoup de connexionavec leur environnement mais ce n’est pas vrai du tout dans mon cas….La ville m’a toujours beaucoup inspiré…Dans la ville , il y a beaucoup de circulation, des trains surpeuplös, du bruit partout et je me nourris de tout ça… Le manque d’espace de la ville est même visible dans mes sculptures compressées.” Manish Nai 

” A l’Université , on nous présentait les exemples de peintres abstraits…Je ne voyais pas ce que je pourrais  créér de nouveau après que ce que ces maîtres avaient accompli. J’ai trouvé ma voie en me plongeant dans les matières et la matèrialité, en particulier avec le jute. J’ai découvert plus tard les artistes de l’Arte Povera et leur investigation des possibilités offertes par les matières. KJe me sens proche de ces artistes…Mon but est d’utiliser une matière afin de la transformer. La matière doit exister avec ses qualités, mais elle doit aussi ne pas exister. C’est ce qui m’interesse le plus dans mes efforts de ces dernières années.” Manish Nai 

Extraits de l’entretien de Manish Nai et Girish Shahane publié dans le catalogue de l’exposition de la Fondation Fernet-Branca

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FONDATION FERNET-BRANCA

CATALOGUE édité contenant des textes en français , anglais et allemand disponible à la Fondation Fernet-Branca.

Le Prix Marcel Duchamp à la Fondation Fernet-Branca LA TERRE LA PLUS CONTRAIRE

Les artistes femmes du prix Marcel Duchamp 10 juin au 8 octobre 2017 Vernissage mercredi 14 juin 2017 à 17h.

Créé en 2000 par l’Association pour la diffusion internationale de l’art français, l’ADIAF, pour mettre en lumière la scène française, le prix Marcel Duchamp a acquis un prestige qui le place aujourd’hui parmi les grands prix internationaux de référence en matière d’art contemporain. Ce prix de collectionneurs, organisé en partenariat avec le Centre Pompidou, s’est délibérément tourné vers la reconnaissance des artistes les plus novateurs de leur génération travaillant dans le domaine des arts plastiques et visuels. Quelque 70 artistes ont été distingués à ce jour.

Parmi eux, une vingtaine d’artistes femmes à qui la Fondation Fernet-Branca souhaite rendre un hommage particulier lors de l’exposition La terre la plus contraire avec le concours de la commissaire Alicia Knock. Parmi elles : Farah ATASSI, Yto BARRADA, Maja BAJEVIC, Valérie BELIN, Carole BENZAKEN, Rebecca BOURNIGAULT, Valérie FAVRE, Joana HADJITHOMAS, Valérie JOUVE, Charlotte MOTH, Zenib SEDIRA, Anne-Marie SHNEIDER, Ulla von BRANDENBURG …

FONDATION  FERNET BRANCA

2, rue du Ballon – 68300 SAINT-LOUIS – 03 89 69 10 77 – info@fondationfernet-branca.org Fondation reconnue d’utilité publique par décret du 23 Décembre 2011.

 

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