Kunstmuseum de Bâle : image de femmes vers 1500

Le Kunstmuseum de Bâle nous présente une certaine idée de la femme :

Strassburger Meister 1536 Kunsthalle Karlsruhe Photo VB
Strassburger Meister 1536 Kunsthalle Karlsruhe©VB

Eros , pouvoir, morale et mort vert 1500  7 octobre 2017 – 7 janvier 2018, Kunstmuseum Basel | Neubau Commissaire : Ariane Mensger

Aujourd’hui, les images de femmes sensuelles, voire dénudées, font partie de notre quotidien. Mais cela ne fut pas toujours le cas : au Moyen Âge, la représentation de nus féminins était réservée à un cadre très restreint défini par l’iconographie religieuse. Ce n’est qu’à la Renaissance, avec l’émergence de l’art profane, que l’image de la femme et du corps féminin devient un thème à la fois apprécié et diversifié, même s’il demeure soumis à des règles spécifiques.

Hans Baldung La jeune femme et la mort 1520-1525 Kunstmuseum Basel Photo VB
Hans Baldung La jeune femme et la mort 1520-1525 Kunstmuseum Basel©VB

Les premières décennies du XVIe siècle constituent une étape importante de l’évolution de l’image de la femme dans l’histoire de l’art : le nombre de « féminités » augmente rapidement et une multitude de nouveaux thèmes picturaux voient le jour. L’exposition Féminité. Éros, pouvoir, morale et mort vers 1500 propose d’explorer cette époque à travers une centaine d’œuvres d’artistes tels qu’Albrecht Dürer, Hans Baldung Grien, Urs Graf, Niklaus Manuel Deutsch et Lucas Cranach. Elle présente principalement des dessins et des gravures, mais aussi des peintures et des petites statuettes, ainsi que quelques œuvres rarement montrées au public, voire jamais pour certaines d’entre elles.

Dans ces œuvres, la femme apparaît tour à tour sous les traits d’une Vénus séduisante, d’une héroïne de vertu de l’Antiquité ou d’une Vanité impérieuse. Elle revêt également l’apparence d’une souveraine rusée dominant l’homme, d’une prostituée sournoise ou d’une sorcière diabolique. Ces motifs apparaissent pour l’essentiel dans le cadre de débats moraux et reflètent les valeurs et les idéaux de l’époque souvent marqués par des stéréotypes négatifs. Certes, la femme était l’incarnation de la sensualité et de la beauté, mais elle suscitait aussi la crainte en raison de sa propension au péché et à la fugacité. On redoutait également que la femme use de ses charmes pour exercer un pouvoir sur l’homme.

L’exposition s’attache à présenter la féminité dans sa diversité. Particulièrement riche du point de vue de l’histoire de l’art, ce thème l’est aussi sous l’angle de l’histoire culturelle, puisqu’il fait écho à de nombreuses questions actuelles. Les débats moraux et vertueux en constituent la toile de fond, tels ceux présents dans les écrits d’Érasme de Rotterdam et d’Agrippa de Nettesheim. Une interprétation des œuvres est proposée à partir de sources textuelles et visuelles provenant de la culture populaire conservées sous la forme de feuilles volantes, d’expressions, de théâtre de carnaval ou de facéties populaires.

Le cœur de l’exposition est constitué du remarquable fonds du Kupferstichkabinett du Kunstmuseum Basel complété par des prêts issus de prestigieuses collections suisses et internationales, parmi lesquelles la Gemäldegalerie de Berlin, l’Albertina de Vienne, le Städel Museum de Francfort, la Gemäldegalerie de Kassel, la Staatsgalerie de Stuttgart, la Graphische Sammlung de l’ETH de Zurich et l’Historisches Museum de Bâle.

Dans le cadre de l’exposition, un catalogue (env. 230 pages) paraît aux éditions Deutscher Kunstverlag, Berlin/Munich, avec des contributions d’Ariane Mensger, Bodo Brinkmann et Karoline Schliemann.

KUNSTMUSEUM BASEL

St. Alban-Graben 8, case postale CH–4010 Basel

Tél. +41 61 206 62 62

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