Almut Wagner Saison Française du Théâtre de Bâle

Almut Wagner directrice du Schauspiel au Théâtre de Bâle

Rencontre avec Almut Wagner en charge de la Saison Française avec Jean-Christophe Nigon

Theatre de Bâle ©Theatre de Bale

VB : bonjour Almut , vous êtes arrivée à Bâle avec l’équipe d’Andreas Beck en 2015 ; quel fut votre parcours jusque-là ?

AW :  j’ai étudié le théâtre, le cinéma et la télévision ainsi que la sociologie à l’Université de Köln. De 1991 à 2001, j’ai travaillé au Schauspiel de  Bonn, à la fin comme dramaturge et directrice de la Biennale de Bonn – Pièces contemporaines en Europe. De 2001 à 2005, j’ai été dramaturge pour le Festival de Vienne ( intendance  Luc Bondy, réalisatrice Marie Zimmermann/Stefanie Carp). J’étais  ensuite directrice générale de la Dramaturgie au Deutsches Schauspielhaus de Hambourg. De 2008 à 2010, j’étais à nouveau dramaturge principale au Wiener Festwochen – l’un des plus grands festivals d’Europe  . J’étais aussi commissaire de la série de programmes “forumfestwochen ff” et chargée de cours à l’Université de Vienne. De 2011 à 2014, j’ai dirigé la dramaturgie du Schauspiel de Düsseldorf avec Stefan Schmidtke. Puis,  j’ai enseigné le théâtre à l’Université Folkwang d’Essen/Bochum. J’entame ma troisième saison au théâtre de Bâle  aux côtés d’Andreas Beck , directeur artistique du theatre de Bâle ,comme directrice de la dramaturgie et on m’a confié la direction du Schauspiel pour 2017/2018.

VB : vous concoctez avec Jean-Christophe Nigon la saison française du théâtre de Bâle ; comment avez-vous développé votre attachement à la culture française ?

AW : d’abord , j’ai étudié le répertoire français durant mes études bien sûr et ma rencontre avec le metteur en scène suisse Luc Bondy au Wiener Festival a été déterminante ,car il est à mon sens  l’un des plus grands directeurs de théâtre . Il a été celui  du théâtre de l’Odéon à Paris et  partageait son temps entre Vienne et Paris où j’ai eu l’occasion de travailler avec lui avant de rester à Vienne pendant 7 années pour m’installer finalement à Bâle en 2015 . C’est ma première expèrience dans un théâtre  pluridisciplinaire comprenant les trois départements ,théâtre opéra et ballet.

VB : quels changements cela implique-t-il dans votre façon de travailler ?

AW : c’est très enrichissant car le challenge est d’associer dans les creations les trois specialités artistiques ; nous travaillons à plusieurs comme pour l’Opéra de 4’sous du début de saison DIE DREIGROSCHENOPER , une pièce musicale d’après Brecht dans laquelle les acteurs chantent ; de quoi étonner le public pourtant prévenu et désarçonner la critique . Cette association entre les trois départements marche cependant bien  et le travail de Thom Luz, metteur en scène résident,  est révélateur de ce mixage entre différents secteurs artistiques au sein de projets imaginés par des auteurs contemporains.

VB : outre ce mélange des genres , on remarque souvent l’utilisation de la video comme toile de fond  , n’est-ce parfois un peu ” too much “ ?

AW : ces temps-ci , les décors  reprennent leur place et la video recule , c’est peut-être une meilleure façon de redonner du réalisme à des pièces plus actuelles . Notre équipe au théâtre de Bâle se concentre sur l’homogeneïté des créations présentées et  nous espérons que notre enthousiasme collaboratif retentisse sur le public .

VB : la faible progression de la fréquentation des secteurs Ballet et Opéra n’est-elle pas une question de prix ?

AW : peut-être , c’est pourquoi nous avons mis en place depuis quelques temps des places au prix spécial de CHF30

VB : voilà une bonne nouvelle ! A propos de la saison française du Théâtre de Bâle , le choix des pièces est calé sur une direction bicéphale . Comment vous répartissez-vous le choix des pièces avec Jean-Christophe Nigon ?

AW : Jean-Christophe connait mieux que moi les comédiens et metteurs en scène français . On pourrait dire qu’il s’occupe préférentiellement des choix de pièces plus populaires alors que je me concentre sur les oeuvres inscrites au répertoire – Feydeau , Marivaux, Molière – produites par exemple au théâtre des Amandiers à Nanterre , ou au Maillon à Strasbourg . Je m’attache particulièrement à présenter la littérature française au public germanophone . Toutefois, notre mission est d’intéresser tous les publics . C’est le leit motiv de représentations données en plusieurs lieux comme les pièces de Philippe Quesnes données à la Kaserne et au Théâtre de Bâle . Le théâtre est plus littéraire , c’est-à-dire que notre travail est basé sur les textes , ceux du répertoire en particulier , établi en début de saison. Notre difficulté est aussi de motiver les compagnies pour venir à Bâle  pour donner une unique représentation .

VB : merci Almut , nul doute que le public français , francophone et francophile saura apprécier les pièces sélectionnées cette année après Hotel  Feydeau en Janvier :

Acting de Xavier Durringer avec Niels Arestrup , Kad Merad et Patrick Bosso

Piège mortel le Dim 25 Mars 2018  De Ira Levin, adaption de Gérald Sibleyras

Les acteurs de bonne foi Mer 23 Mai 2018 De Marivaux

Introduction en français 30 minutes avant chaque spectacle.

PRIX D’ABONNEMENT POUR LES QUATRE PIECES
A CHF 256.–/ B CHF 220.–

PRIX D’ENTREE PAR SPECTACLE
A CHF 70.–/ B CHF 60.–

THEATRE DE BALE

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