Fondation Fernet-Branca Exposition Sens Contresens

Pierre-Jean Sugier directeur de la Fondation Fernet-Branca ©VB

Exposition du 17.03.18 au 06.05.18 « SENS CONTRESENS » GLEN BAXTER, NELLY MAUREL, DIDIER PAQUIGNON, ROLAND TOPOR, TOMI UNGERER

SAMEDI 14 AVRIL 2018 – 17H Table-ronde autour de l’exposition Sens contresens avec Didier Paquignon et Nelly Maurel, animée par Pierre-Jean Sugier

J’aime cette citation, quebécoise paraît-il  :

” Le sens de l’humour a été donné aux hommes pour les consoler de ce qu’ils sont.” J’y ajouterais volontiers : rions à gorge déployée quand il est encore temps car ne l’oublions pas , nous ne sommes que de pauvres mortels ici-bas ;  là-haut , je ne saurais dire . Pour fêter ce beau , bien que frisquet début de printemps , la Fondation Fernet-Branca  nous engage à retrouver le sourire grâce aux artistes invités cette saison . Tomi Ungerer et Glen Baxter seront absents , de même Roland Topor qui aura  peut-être préféré poursuivre ses conversations avec l’ami Desproges là où il se trouve ;

Didier Paquignon Sens Contresens Fondation Fernet-Branca ©VB
Didier Paquignon Sens Contresens Fondation Fernet-Branca ©VB

par contre , Didier Paquignon , convié il y a deux ans pour présenter ses muses , est de retour à Saint-Louis pour nous offrir cette fois-ci un florilège de petites anecdotes relevées dans la presse façon Reader’s Digest  , illustrées librement par ses soins et choisies pour leur caractère comique absurde parfois cruel . Didier Paquignon trace ainsi une chronique animalière cocasse dont le leader serait le lapin – titre  de l’exposition entraînant dans sa joyeuse foulée , les poules réhabilitées de La Rochette en Salledes , Roy le trop loyal perroquet gris et depressif , les pigeons russes atteints de salmonellose , la vache tombée du ciel sur un chalutier japonnais …je ne vous en dis pas plus mais  vous allez rire , c’est sur ! Hommes et femmes ne sont pas en reste dans cette galerie foutraque , en voici un seul extrait pour vous mettre l’eau à la bouche : l’histoire de Robbie , le petit garçon de 6 ans , tellement investi dans l’idée qu’il sera un jour un bon policier qu’il finit par dénoncer son père à ses futurs collègues pour grillage de feu rouge; on rit jaune quand même , mais bon , l’important c’est de rire , non ?

Le Coup du Lapin  180 pages Edition Le Tripode Parution : 29 mars 2018 à 19h 

Dédicace à la Librairie le Divan le jeudi 29 mars 2018 à 19h. 203 rue de la Convention, 75015 Paris

Nelly Maurel , brunette pétillante à fossettes , présente son travail pour la première fois à la Fondation Fernet-Branca ; pour l’heure , une série de gravures – caricatures , portraits avec sur et sous-titres pour qu’on comprenne bien et que l’on évite les confusions et les interprétations par trop simplistes . Exemple : Wonderwoman est Connasse pour Nelly , son alter-ego renfrogné et mal rasé Batmann est Connard  , les deux font la paire donc- pardon pour le jeu de mots moisi mais la tentation était trop forte -. Nelly a l’air- ou l’art- d’égrener ses souvenirs , à moins que ce ne soient ceux des autres , Garcimore le magicien ricaneur , Fufu dans Pouic Pouic ou Delon jeune et beau ne pouvant certes pas s’inscrire dans le vécu de cette jeune artiste. Nelly Maurel saute du coq à l’âne depuis qu’elle est toute petite , c’est ça son truc . Il se peut que son éparpillement artistique se soit déclenché lorsqu’à douze ans elle s’est électrocutée en fixant un potentiomètre sur sa lampe de chevet. Comme elle a voulu comprendre , elle s’ orientée vers des études scientifiques jusqu’à ce qu’elle entende de la poésie à la radio, à seize ans, ce qui lui a donné envie d’entrer aux beaux-arts. La littérature a, comme le fluide dans lequel a lieu l’électrolyse, déplacé son intérêt de l’électrode de la science physique et de la biologie vers l’électrode de l’expression (expression entendue comme écriture artisanale, comme travail manuel, même si la langue y est présente). Nelly Maurel a fait des livres de textes qui évoquent des images (80 vues de l’esprit / Un verbe en commun),  des images qui questionnent le vocabulaire (Pictogrammes / Mnémotechnie). Elle passe son temps à noter dans des carnets des histoires qu’elle vit . Elle dessine des situations, des paysages, écrit des histoires, ce qu’elle entend à la radio.

Nelly Maurel Exposition Sens Contresens Fondation Fernet-Branca ©VB
Nelly Maurel Exposition Sens Contresens Fondation Fernet-Branca ©VB

C’est cette observation , cette écoute et cette curiosité qu’ont en commun les artistes exposés à la Fondation Fernet-Branca, un talent auquel s’ajoute l’humour qui rend la visite de l’exposition sens – contresens si réjouissante. “Le sens des choses se comprend parfois mieux quand leurs illustrations jouent du contresens. Ces artistes évitent l’académisme, se servent du classicisme, de la ligne, du dessin dans l’ultime objectif de tordre le cou à l’attendu, au consensuel, au politiquement correct et donne à voir le déconcertant, le surprenant, le déroutant, l’inconvenant, le drôle et l’irrévérencieux. Parfois c’est l’humour qui est employé afin de trouver un certain surréalisme, une poésie, une ivresse, dirait Baudelaire, dans la réalité, dans la vie quotidienne, qui pourrait lui donner un goût suave, étonnant et surprenant.” Pierre-Jean Sugier Directeur de la Fondation Fernet-Branca Saint-Louis.

GLEN BAXTER

Glen Baxter, Courtesy Galerie Isabelle Gounod
Glen Baxter, Courtesy Galerie Isabelle Gounod

 Né à Leeds (GB) en 1944, Glen Baxter vit et travaille à Londres.

Célèbre pour ses dessins surréalistes et absurdes, c’est après avoir découvert le surréalisme et le dadaïsme (de Chirico, Picabia, Magritte, Ernst, Beckett, Roussel…) que Glen Baxter développe une appétence pour le non-sense, l’incongru, l’ironie. Jouant avec les associations entre textes et images, il agrémente ses dessins de commentaires pour obtenir des effets de décalage, une incongruité commune du texte et de l’image, nouant un rapport intense avec la langue et ses sonorités. Au burlesque de la situation dépeinte répond le grotesque d’un commentaire énoncé le plus sérieusement du monde.

« Les surréalistes appelaient ça le ‘frisson’ [en français dans le texte] cette impression soudain que le sol se dérobe, qu’on est allé trop vite, que l’on s’est trompé. (…) C’est une sensation fugitive, mais très forte, comme si l’esprit perdait momentanément l’équilibre. Exactement ce que j’essaie de faire éprouver à ceux qui regardent mes dessins. J’ai toujours adoré ces accrocs dans la réalité, ces légers vertiges. »

Les plus importantes expositions des dessins et peintures de Glen Baxter ont eu lieu à New York, Londres, San Francisco, Munich, Tokyo, Sydney et Paris où il a régulièrement exposé (Galerie Martine et Thibault de La Châtre). Son travail se trouve dans les collections de la Tate Gallery, du V&A Museum à Londres ainsi que dans de nombreux musées et collections privées à travers le monde. Glen Baxter est l’auteur de plusieurs ouvrages, publiés en anglais et en français (Edition Hoëbeke). Ses dessins ont illustré de prestigieux magazines The New Yorker, The Independent on Sunday, Vanity Fair, Le Monde… Glen Baxter in Stéphane Jarno, «Les dadas du Colonel», Télérama n° 3077, 200

ROLAND TOPOR

Roland Topor, en soi-même, acrylique sur toile, 130x97cm, 1996

 Roland Topor a commencé à exister comme dessinateur dans la presse, une façon pour lui de se

«frotter à la vie» en prenant ses distances avec l’artiste maudit qu’il aurait pu devenir s’il était resté le peintre que tout le monde voulait être. C’est avec le dessin surtout, et avec l’écriture, que Topor a su construire le vocabulaire de ses pensées. Topor était un penseur, mais un penseur actif. Un penseur armé d’un stylo. Un penseur capable d’observer le monde et de s’observer lui- même. Un penseur ayant le courage d’opposer aux consensus du marché, de la politique, de la société et de la culture, les paradoxes de son imagination, produit d’une confrontation des champs de la conscience et de l’inconscient.

Roland Topor, en soi-même,
Roland Topor, en soi-même, acrylique sur toile, 130x97cm, 1996

Rares sont les artistes qui descendent aussi bas et qui montent aussi haut dans leur esprit. Rares sont ceux qui parviennent à transcrire ce qu’ils ont vu de tous les hommes, le bon et le mauvais, dans leur propre tête. Ce don de double-vue, dont pourrait disposer chacun mais auquel la plupart renonce, n’a été qu’un jeu pour Topor. « Je joue avec les images, les concepts et les genres », dit-il. Comme Evguénie Sokolov, le héros du conte de Serge Gainsbourg, Topor a su mettre au point le sismographe de ses tempêtes psychiques plutôt que de mourir étouffé sous l’encombrement, ou de refouler aux frontières toutes entités jugées honteuses par un sur-moi despotique. Pour devenir le maître d’un tel jeu, il faut déjà savoir que « jouer est une manière de rendre les choses moins graves, tout en leur donnant une autre gravité. » Le génie est là.

Pour éviter les pièges du conformisme et prendre la facilité de vitesse, Topor a mis au point des règles de création. Le dessin est une écriture rapide. La plus rapide peut être.

Mais il faut se méfier des labeurs de la réflexion pour que l’imagination puisse éclore et accéder au merveilleux, ou au fascinant.

« La pure imagination n’existe pas. Si je devais définir l’imagination, je dirais qu’il s’agit plutôt de souvenirs mélangés. C’est une faculté qui, comme le rêve, permet de déplacer cette hiérarchie des valeurs qui dominent la vie courante. Tout n’est pas inventé dans ce que je dessine. Il y a même certains éléments (une pose, un regard, un pli de vêtement) que je vais chercher dans les photos de magazine car j’aime qu’un même dessin soit fondé sur une certaine diversité d’intentions et de factures : un détail exactement observé renforcera l’étrangeté d’une situation ; telle partie du dessin demandera une exécution lente, une autre sera rapidement couverte, rendu réaliste et stylisation, à-plat et volume pourront coexister. Ma méthode ? Chercher d’abord un prétexte pour dessiner, une idée, que je trouve souvent en lisant ou en regardant des livres. Trouver cette raison pour me mettre au travail, c’est le plus difficile. Après il se produit un entraînement d’un dessin à l’autre. L’unité de cette série de dessins ne résidera pas dans un thème mais dans le laps de temps relativement court durant lequel je les aurai réalisés dans un état assez obsessionnel, si bien que dans ces périodes il m’arrive de rêver de dessins tout faits. Ma démarche est pour une grande part systématique. Par exemple, je peux partir de l’idée d’un personnage qui se tiendrait sur un doigt. Je multiplie alors les combinaisons, je cherche les analogies, les contraires. C’est comme un jeu. Je joue la partie du doigt : est-ce que ce personnage va se tenir en équilibre sur un autre doigt ? Ce doigt appartiendra-t-il à une main ? Etc. » Extrait d’un texte d’Alexandre Devaux écrit pour l’exposition « Génie connu et méconnu » en 2014 à la galerie Anne Barrault à Paris 

TOMI UNGERER

Copyright Tomi Ungerer / Diogenes AG Zurich, Suisse
Copyright © Tomi Ungerer / Diogenes Verlag AG Zurich, Suisse

 L’œuvre de Tomi Ungerer se distingue par sa diversité et sa créativité. Ses dessins d’enfance réalisés pendant la Seconde Guerre mondiale montraient déjà son talent. Son parcours démarre en 1957 à New York quand il débute comme dessinateur et auteur de livres pour enfants. Les Mellops, Les Trois Brigands, Le Géant de Zeralda, Otto comptent aujourd’hui parmi les titres-phares d’une production riche de plus de soixante-dix volumes. Parallèlement il a créé pour le monde publicitaire des affiches qui ont marqué son temps comme la campagne réalisée pour The New York Times dans les années 1960, ou celles exécutées en Allemagne dans les années 1970 et 1980 pour de grandes entreprises comme Bonduelle ou Nixdorf.

Mais Tomi Ungerer est avant tout un grand dessinateur satirique. Les recueils comme The Party, Babylon et Rigor Mortis montrent combien il a su prendre la mesure du monde contemporain. Les dessins tracés à la plume ou au crayon sont féroces et cyniques, dans la continuité de Daumier, Goya ou Grosz. Ses objets-assemblages réalisés avec des matériaux usagés expriment sa vision critique de la société de consommation, et transposent en trois dimensions ses dessins-collages d’inspiration surréaliste. La critique politique est un élément significatif de son œuvre satirique. Des posters protestataires comme “Black Power/White Power” et la série contre la guerre du Vietnam, réalisés dans les années 1960, continuent d’impressionner par la violence de leur message. Tomi Ungerer est un grand témoin de son temps qui n’a cessé de s’engager avec force contre toutes les formes de dictature et d’injustice.Texte provenant du Musée Tomi Ungerer, Strasbourg

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Histoire de la Fondation Fernet Branca

DE LA DISTILLERIE À L’ART CONTEMPORAIN 

La société italienne Fernet-Branca est créée en 1845 par les frères Branca. Ils commencent alors la commercialisation d’un amer à base de plantes, le Fernet-Branca. En 1909, une distillerie ouvre à Saint-Louis, elle est destinée à approvisionner l’Allemagne en alcool. Petit à petit, la production et la commercialisation déclinent dans l’usine ludovicienne et l’usine cesse son activité le 22 juillet 2000.

Le député-maire Jean Ueberschlag sollicite la Direction Régionale des Affaires culturelles, afin d’obtenir le classement à l’inventaire des monuments historiques de la façade principale de la distillerie, ainsi que l’aigle, symbole du Fernet-Branca qui la surplombe. Ils sont tous deux inscrits au registre des bâtiments historiques depuis l’arrêté préfectoral n°95/155 du 4 juillet 1996. C’est la première étape du rayonnement culturel de ce bâtiment qui commence alors.

En 2004, la ville de Saint-Louis loue le bâtiment à son propriétaire et assure la transformation

en un musée d’art moderne avec l’architecte Jean-Michel Wilmotte.

Sur les 4000 m2 du bâtiment, 1500m2 sont destinés à des expositions d’art contemporain

temporaires variées.

L’espace d’art contemporain est d’abord géré par l’Association pour le musée d’art contemporain Fernet-Branca, qui le sous-loue et en assure la gestion culturelle. Elle en organise notamment le lancement en 2004. Le 15 juin de cette même année, l’artiste coréen Lee Ufan inaugure son exposition, qui sera la première de la Fondation Fernet-Branca.

Par le décret du 21 décembre 2011, l’espace d’art contemporain acquiert le statut de fondation, dite “Fondation Fernet-Branca” et est reconnue d’utilité publique.

En 2014, la Fondation fête son dixième anniversaire et on inaugure sa trentième exposition le 13 juin 2015 avec l’artiste irlandaise Claire Morgan.

Selon les statuts de la Fondation Fernet-Branca, l’établissement “a pour but d’exploiter l’espace d’exposition d’art contemporain en assurant le rayonnement trinational et de développer une politique d’accès à l’art contemporain”. Pour ce faire, ses moyens d’actions principaux sont : “l’organisation et la présentation d’expositions d’œuvres individuelles, collectives ou thématiques”, ainsi que “le développement d’une politique d’accès à l’art contemporain tant pour le jeune public que le grand public, au moyen d’actions d’initiation à l’art, d’ateliers pédagogiques, conférences didactiques à finalité éducative”.

La Fondation Fernet-Branca accueille des artistes de tous horizons, locaux comme mondiaux et son rayonnement va plus loin que les frontières de la région puisqu’elle n’attire plus uniquement alsacien, bâlois et badois

Informations pratiques :

Fondation Fernet Branca

1500m2 pour l’art contemporain

2, rue du Ballon

68 300 Saint-Louis – Alsace

+33 3 89 69 10 77

www.fondationfernet-branca.org

Horaires d’ouverture : du mercredi au dimanche de 13 heures à 18 heures

Président : Jean Ueberschlag

Directeur : Pierre-Jean Sugier

Médiation jeune public : Coralie Oberlaender

Chargée des projets et de la communication : Anaïs Roesz

Régisseurs : Perrin Keller, Michele Morando, Aglaé Rochette, Manon Cézaro

Nos partenaires :

Nous remercions les artistes, la Galerie Isabelle Gounod, la Galerie Anne Barault et Nicolas Topor.

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