Les films français en Suisse alémanique

Le cinéma français en Suisse alémanique Printemps 2018

Les distributeurs suisses aiment les BONS films français!

Petit paysan de  Hubert Charuel  avec Swann Arlaud dès le 29 mars à Bâle

César du Meilleur premier film  pour Hubert Charuel , Meilleur acteur : Swann Arlaud  Meilleure actrice  dans un second rôle pour Sara Giraudeau BRAVO !

Nous ne regarderons plus jamais les vaches paître dans les prés de la même façon.

FFFH 2017 Swann Arlaud Photo VB
Swann Arlaud FFFH 2017 ©VB

Le cinéma français nous réserve toujours de belles surprises : voici le premier film d’Hubert Charuel , mais , ne nous y fions pas , ce jeune réalisateur connaît son sujet sur le bout des doigts : le monde paysan , l’élevage bovin  , il sait , c’est toute sa jeunesse passée dans la ferme de ses parents , Droyes en haute-Marne, dans laquelle a eu lieu  une grande partie du tournage . Pour ce long-métrage rural Hubert Charruel a raflé trois prix, amplement mérités dont celui du meilleur film,  Festival d’Angoulême en août dernier et a été présenté  lors de la Semaine de la critique au dernier Festival de Cannes .

Pierre /l’excellent Swann Arlaud est un jeune éleveur sentimental et passionné . Il aime ses vaches qu’il appelle par leur petit nom : Verdure, Griotte … elles prennent le ptit dej avec lui , son veau prend le bain et dort sur le canapé ; autant dire que Pierre a une relation sentimentale avec ses protégées. Tout va pour le mieux – à condition d’accepter de travailler 7 jours sur 7qu’il pleuve ou qu’il vente- – jusqu’à l’apparition de symptômes signant une maladie contagieuse allusive à la Vache Folle , calamité des temps modernes qui a décimé des troupeaux entiers dans les années 90 – 200 000 têtes  -. Pierre n’accepte pas l’idée d’un possible abattage de son cheptel en vertu du principe de précaution , même conseillé par sa soeur vétérinaire / Sara Giraudeau et commet une succession d’actes délictueux en guise de tentatives ultimes pour sauver son troupeau, mais qui n’y  changeront rien .

Swann Arlaud est au centre du film , le désespoir , la solitude puis la folie qui gagne , c’est lui , ce n’est pas un tableau du paysan français moyen  mais c’est sa brillante et poignante prestation qui donne l’occasion au spectateur de se faire une idée du risque de désocialisation que l’éleveur encourt à attacher sa vie entière à celle de ses vaches , du petit matin à la nuit tombée chaque jour invariablement réveillé par une sonnerie stridente façon alarme incendie.

Le film de Hubert Charuel est une chronique du quotidien paysan proche du tableau sociétal et aussi une façon de rendre hommage au travail de sa famille , de se déculpabiliser peut-être de n’avoir pas repris la ferme familiale. Le mélange fiction / documentaire est une totale reussite et porte à refléchir sur ce que nous devrions avoir appris des catastrophes sanitaires subies par le monde paysan . Nous pourrions cesser de consommer du lait de vache mais l’éleveur ne pourrait cesser de respirer faute de subsides.

https://www.youtube.com/watch? v=zncds9QxhOI&feature=youtu.be

Distributeur : Look Now

Jeune femme de Leonor Serraille Jeune Femme à partir du 28 avril 2018

 Leonor Serraille filme Laetitia Dosch en looseuse magnifique

Distributeur Cineworks

FFFH 2017 Laetitia Dosch Leonor Serraille Photo VB
Laetitia Dosch Leonor Serraille FFFH 2017 ©VB

Caméra d’or au dernier Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard  ! C’est le moins qu’on pouvait offrir à Leonor Serraille pour honorer ce  bijou cinématographique , coup d’essai brillant  dans le grand bain du long-métrage . L’histoire ?  Paula/ Laetitia va mal . Comme son mec l’a foutue dehors , Paula a les nerfs . Après une castagne sanglante avec la porte dudit , Paula se barre avec le chat …puis traîne . Au début , on a peu d’empathie pour cette grande fille bruyante et agressive version féminine de Serrault dans Albert est méchant qui pique le manteau de sa voisine d’hôpital  . Après , elle devient celle dont on aimerait partager le courage , la répartie , la désinvolture. Paula trouve un boulot dans le bar à culottes d’un grand magasin ( inénarrable scène de l’audition d’embauche ) et crèche dans la chambre de bonne de la danseuse contre du baby – sitting . Bref,  Paula se débrouille . Leonor Serraille sait de quoi elle parle , débarquée elle-même à Paris pour y exercer 100 petits boulots bien éloignés de sa vocation de cineaste.

Paula est seule , peut-être à cause de son caractère bien trempé et aussi parce qu’elle est bipolaire des yeux  : être immortelle ? Paula s’en fout de l’immortalité , elle veut être une mortelle comme tout le monde / Libre ? La liberté , c’est pour les connards et les égoïstes /Paris ?  il y a trop d’argent à Paris , pas de place à l’imagination/ Stable ? La stabilité c’est l’ennui/Les parents ?  Eux et moi sur la même planète , c’était pas possible / Mais Paula fait tout de même des rencontres  parce qu’au fond , c’est une gentille : Ousmane , un humain comme elle qui passe le temps en gagnant sa vie , avec qui elle partage ses repas puis une jolie fille croisée dans le métro qui la prend pour Princesse Sarah .

La surprise du film de Leonor Serraille , c’est que rien n’est à la place qui lui est dévolue : ” Dans la vraie vie , les choses peuvent changer à tout moment , c’est angoissant ;  les forts et les faibles ne sont pas ceux auxquels vous pensez ; dans Jeune Femme , Paula pleure au début , à la fin c’est Joachim qui se traîne à ses pieds , Ousmane et Paula pourraient coucher ensemble , mais non finalement , Lila déteste Paula , puis l’aime,  vendre des culottes , c’est bien aussi , c’est un boulot ; il y a de la haine entre Paula et sa mère . Lorsqu’elles se retrouvent , c’est violent et silencieux , les deux femmes s’empoignent comme dans un combat de cerfs sans un mot pour finir par partager un plat de frites dans un élan réconciliateur  . Tout peut changer tant qu’on est vivant . A la fin , la liberté de Paula , sa victoire , c’est de choisir de rester seule .

Lorsqu’on demande à Leonor Serraille si elle considère avoir fait un film féministe générationnel , elle répond que ce n’est pas tout à fait cela mais qu’elle voulait tout de même montrer la confrontation d’une jeune femme avec la realité du monde d’aujourd’hui : rechercher un  travail , un logement , des amis , garder contact avec la famille…tout un faisceau équilibrant difficile à construire et surtout à préserver. Trente ans , le bel âge ?

 https://cineworx.ch/movie/jeun e-femme-2/

 Kultkino Bâle

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