Le Museum der Kulturen fête ses 125 ans

Museum der Kulturen Masques de Papouasie Nouelle-Guinée photo VB

Le Museum der Kulturen Basel célèbre ses 125 ans : un évènement chaque mois en 2018

L’anniversaire est célébré pour et avec les visiteuses et les visiteurs. Chaque mois comprend un moment fort. L’exposition « Faites un vœu – 125 objets pour le 125e anniversaire » sera unique en son genre : c’est le public qui choisit ce qu’on pourra y voir. Lors de la nuit des musées, une fête somptueuse a marqué l’entrée dans l’année anniversaire du Museum der Kulturen Basel. Mais ce n’est qu’un début. Onze moments forts suivront.

Toutes les cultures savent faire la fête – chacune à sa manière. Cette diversité se reflète dans le programme anniversaire. Certains moments forts permettent de se détendre à merveille, d’autres impliquent une participation active. Divers partenaires – certains issus de domaines complètement différents, tels la musique et le sport – viennent enrichir l’offre. Le musicien et compositeur Daniel Schnyder fait, par exemple, vibrer la route de la soie. Le Sinfonieorchester Basel rend hommage au musée avec un petit concert d’anniversaire exclusif et Andrew Bond, tout juste nommé docteur honoris causa, fera briller les yeux des enfants lors de son concert de plein air. Le Bouddha promet un moment de délicate détente, tandis que Gsünder Basel met la culture en mouvement. La ville de vacances d’enfants, qui plantera ses tentes dans la cour, proposera des jeux du monde entier.

Daniel Schnyder fait sonner la route de la soie © MKB, Omar Lemke Images
Daniel Schnyder fait sonner la route de la soie © MKB, Omar Lemke Images

Le musée mise sur la participation

La journée des familles, au mois de juin, propose de nombreuses énigmes. Son thème : « le secret ». L’exposition de même nom ouvre en avril. Elle présente de fascinants porteurs de secrets sous la forme d’objets provenant de la collection du musée, dévoile ça et là l’un ou l’autre secret et révèle ainsi qui a le droit de savoir quoi. Des étudiants de l’université de Bâle se projettent dans l’avenir du musée : ils élaborent des visions pour de futures expositions. Dans le cadre de son exposition d’anniversaire, le Museum der Kulturen Basel mise également sur une participation du public mais aussi sur des perspectives complètement différentes. 125 objets choisis par le public seront présentés dès le mois de septembre. Il s’agit d’une expérience des deux côtés, assez inhabituelle dans l’univers muséal.

L’aboutissement de l’année anniversaire sera le passage de témoin à la cathédrale de Bâle, qui célèbrera en 2019 le millénaire de son inauguration. Thème du jour : transmettre. C’est avec un bateau que le musée rejoindra la nef de la cathédrale, et tous deux soulignent ainsi l’importance de la transmission dans l’ethnologie et la théologie. Sans oublier les relations de bon voisinage.

Exposition d’anniversaire le choix du public © MKB, Omar Lemke

Programme à la carte : dans les dépôts du musée, le public choisit les objets qu’il souhaite voir dans le cadre de l’exposition d’anniversaire .

les objets de l’exposition « Le secret » sont porteurs de secrets © MKB, Omar Lemke
Déclaration d’amour : fureter dans d’anciennes lettres d’amour au sein de l’exposition « Le secret » © MKB, Omar Lemke

Histoire du MKB 125 ans Museum der Kulturen Basel

C’est en 1893 que la Commission ethnographique se réunit pour la première fois. De ce fait, cette année est considérée comme l’année de fondation du musée. Les origines du musée remontent au milieu du 19e siècle. Le bâtiment Berri « Museum der Stadt Basel » (musée de la ville de Bâle) ouvert en 1849 a également accueilli, entre autres, l’importante collection mexicaine de Lukas Vischer. La ville de Bâle possédait ainsi l’une des premières collections ethnographiques d’Europe accessibles au public.

Ce fût d’abord la grande bourgeoisie de Bâle qui ramena des objets de ses voyages. Du fait de la professionnalisation de l’ethnologie comme discipline, cette tâche fut progressivement reprise par des scientifiques. Des chercheurs tels que Fritz et Paul Sarasin, Felix Speiser, Alfred Bühler et Paul Wirz contribuèrent grandement à élargir les collections du musée.

En 1892, la régence décida de séparer la collection ethnographique de la collection d’histoire et d’antiquités et de créer une commission pour la collection ethnographique. La commission se réunit pour la première fois l’année suivante – c’est pourquoi 1893 est considérée comme l’année de fondation du musée. Mais ce n’est qu’en 1918 que la collection ethnographique fut nommée «Museum für Völkerkunde» (musée ethnographique). Fritz Sarasin fut le premier président de la collection, en l’occurrence directeur du musée.

Rénovation et repositionnement en 2011

En 1944, le Conseil fédéral nomma la section Europe, qui existait déjà depuis 1904 «Schweizerisches Museum für Volkskunde» (musée suisse du folklore). Désormais, le musée s’appelait donc «Museum für Völkerkunde und Schweizerisches Museum für Volkskunde» (musée ethnographique et musée suisse du folklore). En 1996, il devint le «Museum der Kulturen Basel» (musée des cultures de Bâle). La réouverture du musée en 2011, suite à d’importants travaux de rénovation, a constitué un moment fort de l’histoire du musée : celle-ci a été accompagnée d’un nouveau positionnement du contenu et de la présentation des collections, de l’utilisation de la grande cour intérieure et d’une entrée indépendante par la Münsterplatz.

Moment fort de mars

Que fait le Bouddha dans l’espace bien-être ?

L’ethnologie à portée de main le 7 mars .De la salle de méditation au sauna, en passant par le salon – le Bouddha est partout. Pourquoi fascine-t-il tant l’Occident ? Des expertes éclairent cette relation et présentent les témoignages bouddhistes au Museum der Kulturen Basel. Pour finir, il y aura une séance d’initiation à la pleine conscience.

Bouddha, alias Siddhartha Gautama, vécut vers 500 av. J.-C. au nord de l’Inde. Ce noble quitta sa famille en quête de rédemption. Il la trouva. Sur le chemin de la rédemption, il exerça surtout la méditation et l’ascèse, qu’il enseigna jusqu’à sa mort, à environ 80 ans. Aujourd’hui, le Bouddah est présent dans de nombreuses salles de méditation, centres de bien-être et appartements privés. Lui-même et le bouddhisme constituent une tendance qui perdure en Occident. Comment nous est-il parvenu ? Comment a-t-il évolué ? Pourquoi en avons-nous besoin ? Trois expertes débattent de notre rapport au bouddhisme. Sous la direction de Sabine Rotach, responsable formation et médiation du MKB, Marta Kwiatkowsky, chercheuse de tendances à l’institut Gottlieb Duttweiler, Catherine Newmark, philosophe, et Stephanie Lóvasz, curatrice pour l’Asie du sud, centrale et de l’est au MKB, expliquent les différentes vagues de propagation du bouddhisme ainsi que ses formes d’adaptation et les raisons de sa fascination.

Dans les expositions actuelles au sein du Museum der Kulturen Basel, on peut également admirer des statuettes du Bouddha. Notamment dans l’exposition « Paille d’or ». Dans le cadre d’une brève visite guidée portant sur les témoignages du bouddhisme, Stephanie Lovász donne aux participants des explications sur ces passionnants objets du musée.

Réduire le stress

Pour finir, Regula Saner, du Zentrum für Achtsamkeit Basel (centre de pleine conscience de Bâle), propose une initiation à la technique de la pleine conscience. Celle-ci est très tendance actuellement. Grâce à des exercices simples on peut réduire le stress quotidien et percevoir le monde avec une conscience accrue. La technique est même recommandée par des médecins comme un bon complément à des traitements médicaux ou psychothérapeutiques pour des personnes souffrant d’affections passagères ou chroniques, ou encore de troubles anxieux, de dépression ou d’insomnie.

Cet évènement fait partie de la série de manifestations mensuelles intitulée « Ethnologie à portée de main ». Le Museum der Kulturen Basel propose ainsi un modèle de médiation de format spécial. Des visites guidées, entretiens, ateliers et lectures publiques éclairent de manière compréhensible des questions culturelles et sociales pertinentes. Les curateurs et les conférencières invitées intègrent toujours les participants. Ce type d’échange est enrichissant pour les deux côtés ; il montre que l’ethnologie est résolument à portée de main.

Moments forts d’avril

Le secret – Qui a le droit de savoir quoi Vernissage de la nouvelle exposition le 12 avril

Le secret détermine qui a le droit de savoir quoi. Il distingue les initiés des exclus. Les frontières sont parfois claires, parfois floues, mais en tout cas négociables. L’exposition se penche sur le secret comme outil d’ordre social et montre comment il est utilisé dans différents contextes culturels – un thème classique en ethnologie, brûlant d’actualité dans le contexte de Wikileaks et de la protection des données. Les objets de l’exposition sont porteurs ou signes de secrets : des masques d’alliances exclusives, des documents rédigés dans une écriture secrète, des représentations de mystères ou des coffres à compartiments secrets. Au fil de l’exposition, vous pourrez fureter dans des mots de passe inconnus et lire des lettres d’amour. Vous découvrirez les aspects pesants et plaisants du secret et vous pourrez venir livrer le vôtre qui sera, le cas échéant illustré ou exposé. Un chemin secret conduit les enfants jusqu’au coffre-fort qui ne s’ouvre qu’avec un code.

Le vernissage a lieu le 12 avril à 18h30. L’exposition dure du 13 avril 2018 au 21 avril 2019. Une publication portant le même titre paraîtra en allemand et en anglais aux éditions Hatje Cantz.

Petit concert d’anniversaire Concert le 27 mai

Que le Sinfonieorchester Basel donne un petit concert en l’honneur de l’anniversaire du Museum der Kulturen Basel n’est un secret pour personne. Le violoniste Gille Apap, célèbre dans le monde entier, mêle des sonorités de jazz et de folklore dans le concerto pour violon n° 5 de Mozart. Il en va de même avec le violoniste Vincent Brunel et son groupe de folk Eyrinn’s qui déclenche un feu d’artifice de styles musicaux les plus divers. Le concert commence à 11h00. Entrée libre au concert. Comme toujours lors des concerts de plein air du Sinfonieorchester Basel dans la cour du musée, il est permis de pique-niquer.

Le secret Journée de la famille le 3 juin  10h00 à 17h00. Entrée libre.

Lors de la journée de la famille, petits et grands peuvent tenter de dévoiler de nombreux secrets. Une trace mystérieuse les conduit à travers le musée, au bout de laquelle ils devront déchiffrer un code.Ceux qui le souhaitent peuvent apprendre une écriture secrète ou confectionner une petite poupée à laquelle on peut confier des secrets. Le Duo Domenico est également de la partie : non seulement il impressionne son public par ses tours de magie, mais il lèvera aussi le voile sur certains de ses tours.

 Exposition d’anniversaire Faites un vœu

Le public peut choisir quels objets seront présentés dans le cadre de l’exposition d’anniversaire du Museum der Kulturen Basel. Le thème du voeu correspond parfaitement à l’exposition d’anniversaire – le 125e anniversaire du Museum der Kulturen Basel. En outre, le musée a voulu faire participer directement le public au projet d’exposition. L’idée de laisser le public choisir des objets pour l’exposition s’est imposée rapidement. Actuellement ont lieu des visites du dépôt. Avec un public très divers. Les associations, organisations et personnes les plus diverses ont été invitées, qu’il s’agisse, entre autres, de carnavaliers, d’employés d’entreprises bâloises ou encore de réfugiés. Tous ne font pas partie des habitués du musée. Ils choisissent environ 300 objets qu’ils souhaitent voir dans l’exposition d’anniversaire. Dans un deuxième temps, ces objets seront mis en ligne. Du 13 au 30 avril, l’ensemble de la population est invité à voter. Chacune et chacun peut donner sa voix à son objet préféré.

Des émotions sont en jeu

De part et d’autre, il s’agit d’une expérience. Les gens se retrouvent face à des objets qu’ils ne connaissent pas nécessairement, mais qui exercent un effet sur eux. Voilà ce qui intéresse la curatrice de l’exposition, Karin Kaufmann. Elle découvre qui souhaite voir quel objet exposé et pourquoi et quelles associations y sont liées. Les premières visites du dépôt ont montré que ce sont généralement les émotions qui entrent en jeu. Ont parfois été sélectionnés des objets qui n’auraient en temps normal jamais été choisis pour intégrer une exposition. Pour Karin Kaufmann, ce hasard représente un grand potentiel créatif. Elle espère en tirer des conclusions passionnantes.

Les visiteuses et visiteurs peuvent, pour leur part, voir comment se déroule la préparation d’une exposition. Ils ne voient donc pas seulement le produit final, comme c’est le cas d’habitude. C’est une expérience unique. Tout comme la visite des dépôts, qui leurs sont généralement fermés. Ils attendront également avec impatience de savoir comment la curatrice fera de leurs objets une exposition, quel message elle en tirera. Normalement, la curatrice commence par définir un thème, puis cherche des objets pour illustrer cette thématique. Dans le cas présent, c’est l’inverse qui se produit, ce qui constitue pour elle un défi de taille.

Le vote relatif à l’exposition d’anniversaire « Faites un vœu – 125 objets pour le 125 anniversaire » aura lieu du 13 au 30 avril sur www.bzbasel.ch/wünschdirwas ou à une station dans le musée. Le vernissage aura lieu le 13 septembre à 18h30.

Fêter sur un mode ethnologique

Dans le cercueil Hummer

Toutes les cultures célèbrent des fêtes. Mais ce sont des fêtes complètement différentes, célébrées de manière très diverses. Seule la mort unit.

Il ne faut pas laisser passer une occasion de faire la fête. Cette expression est largement répandue sous nos latitudes. À Bali, on célèbre des fêtes selon les indications du calendrier. En d’autres termes, on consulte différents calendriers et les fêtes et bénédictions n’ont lieu que lors de constellations particulières – il existe même un jour en l’honneur des objets en fer, dont les voitures et les motos, ou encore en l’honneur des animaux de rente. Certaines combinaisons permettent de chasser les forces malignes, d’autres sont idéales pour faire des sacrifices aux dieux.

À Bali, le calcul du temps diffère complètement du nôtre et n’a qu’un lien limité avec les astres. Certes, il existe un calendrier de la lune et du soleil comprenant douze mois, mais au quotidien, on utilise généralement le calendrier Wuku. L’année n’y comporte que 210 jours, à savoir 30 semaines de 7 jours. En outre, il y a la semaine à 1 jour, la semaine à 2 jours et ainsi de suite, jusqu’à la semaine à 10 jours. Ces semaines se déroulent en parallèle, sachant que celles à 3, 5 et 7 jours sont les plus importantes. De tels calendriers sont exposés et peuvent être décryptés dans l’exposition actuelle « Soleil, lune et étoiles ».

Terriblement beau

En Nouvelle-Guinée, sur les rives du fleuve Sepik, on ne célèbre guère les anniversaires, baptêmes ou mariages. En revanche, on y fête l’initiation. Celle des femmes est peu étudiée et n’existe plus en partie, celle des hommes demeure spectaculaire. Elle a lieu dans des maisons de culte portées par d’immenses piliers. On en voit quelques exemplaires dans l’exposition permanente « GRAND ». L’initiation dure plusieurs semaines. Le moment auquel elle se déroule est défini de nos jours par la vie professionnelle de l’homme. L’initiation permet à l’homme d’obtenir un statut qui augmente la considération qu’on lui porte.

Alors, il arbore fièrement ses cicatrices. Elles constituent une importante partie de la fête et il les garde toute sa vie. Les cicatrices symbolisent la morsure du crocodile mythique. Le sang qui en coule est du sang féminin. C’est le sang de la mère que l’homme fait couler et qui le fait devenir homme.

En Nouvelle-Guinée, on célèbre aussi la mort. Comme pour toutes les autres fêtes, les excès sont de mise. Les enterrements dans la petite ethnie des Ga au Ghana, en sont un exemple aussi terrible que beau. On y emploie des cercueils figuratifs. Cela date de l’époque des missions et de la colonisation. Aujourd’hui, les cercueils constituent une branche commerciale intéressante pour les artistes. Et l’immense gamme de cercueils que les gens se font confectionner pour leur enterrement est incroyable. On en trouve dans l’exposition « GRAND » une illustration parfaite : une voiture de la marque Hummer. La mort relie tous les êtres humains et toutes les cultures ; c’est l’une des rares fêtes célébrées sur tous les continents.

MUSEUM DER KULTUREN

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