Ballet de Bâle Mort à Venise revu par Richard Wherlock

Tod in Venedig Richard Wherlock Basel ©Werner TaschanUne

Mort à Venise et autres joyeusetés Première de Richard Wherlock Ballet de Bâle vendredi 13 avril 2018

Le (non) amour à mort signé Richard Wherlock

Après avoir été l’oeuvre de Thomas Mann publiée en 1912 , librement inspirée de la vie de Gustav Mahler , Mort à Venise fut un film franco-italien réalisé par Luchino Visconti  en 1971 , lui-même librement inspiré de la nouvelle Thomas Mann . En 2018 , Thomas Mann et Visconti ont, de nouveau librement inspiré Richard Wherlock pour la chorégraphie éponyme dont nous avons vu la première ce vendredi. Nous voici donc tout à fait libres de commenter cette mémorable nouvelle interprétation à notre guise.

Richard Wherlock est assez fidèle à l’original . On retrouve … Venise en proie au choléra  , Gustav maquillé en femme à la fin , Tadzio sa mère et ses trois soeurs, le luxueux  Grand Hôtel des Bains  . Pour le reste ,  le maître de ballet déchaîne toute la fantaisie que nous lui connaissons : son  Gustav von Aeschenbach respire la jeunesse , peut-être par la grâce de l’ange gardien, Mephisto à ses heures ,  qui l’accompagne partout ( Frank Fannar Pedersen ) ou de son anachronique catogan qui lui donne un petit air échappé du Musical Hair ( Javier Rodriguez Cobos le danseur qui sourit tout le temps même à l’ aune de la mort ).

Tod in Venedig Richard Wherlock Basel ©Werner Taschan
Tod in Venedig Richard Wherlock Basel ©Werner Taschan

Une histoire qui finit mal

Tadzio est joué par Anthony Ramiandrisoa et Gustav von Aschenbach par Javier Rodriguez Cobos et sa queue de cheval genre artiste ou gars qui travaille dans la pub ; chez Wherlock , Aeschenbach est photographe , question d’actualisation des situations  , autant dire que la beauté est le leit motiv de sa vie. Cependant, la vie d’artiste n’est pas un long fleuve tranquille et Gustav , en proie à un mal être existentiel , en permanence en lutte avec ses propres contradictions , finit par abandonner  ses shootings mode ( Lydia Caruso la perfection ) pour tenter de redonner un sens à sa vie ; il  part en voyage , en proie à un mal être existentiel ,  en lutte permanente avec ses propres contradictions . En chemin pour Venise , il croise de nombreux personnages de plus en plus perturbants , une foule féllinienne qu’il essaie pourtant de graver dans sa mémoire en les photographiant , on retrouve le fou édenté de Visconti , les femmes légères , le manager de l’hôtel maître des groomettes, ( Piran Scott , extraordinairement plausible qu’on croirait sorti du film Grand Budapest Hotel ) …

A son arrivée à l’hôtel , il est fort bien accueilli et décide d’aller à la plage; c’est là qu’il rencontre pour la première fois Tadzio et son meilleur ami. Il est aussitôt fasciné par le jeune homme et son originale famille , sa mère ( Ayako Nakano ) et ses trois soeurs . Dès lors Tadzio tourne à l’obsession pour Aeschenbach. Fin du 1er acte. Tadzio et sa famille deviennent les modèles du photographe qui immortalise une rixe sur la plage entre les soeurs et des voyous puis suit fidèlement toute la famille à travers les rues de Venise. De retour à l’hôtel , sa condition lui semble être celle d’un homme âgé et laid, il sombre dans des rêves fébriles où il est question d’aménagements esthétiques ( Sergio Bustinduy chef styliste ), L’objet de son trouble compte chez Thomas Mann à peine 14 printemps et la comparaison est rude .Gustav subit la perception hyperrealiste de son vieillissement comme une torture de chaque instant

 Bien qu’il soit question dans l’histoire traîtée par Thomas Mann d’érotisme retenu par un amour platonique  unilatéral , on a un peu de mal à percevoir la sensualité des relations entre Gustav et l’objet de sa fascination Tadzio . L’interêt de Gustav pour Tadzio semble être purement artistique lié à la photogénie de son jeune modèle ; à nouveau , la prouesse de Richard Wherlock est de fournir à ce drame par touches inattendues des scènes proches du burlesque qui insufflent une respiration salutaire au ballet car voici encore une histoire de (non)- amour qui se termine mal . Pendant que tous fuient Venise  Venise envahie par le Choléra et que les hôtels se vident,  Gustav se rend une dernière fois sur la plage où il croise Tadzio sans parvenir à l’interesser davantage. Gustav s’abîme dans les eaux saumâtres de la Serenissime , quoi de plus romantique ?  Fin .

Tod in Venedig Richard Wherlock Basel ©Werner Taschan
Tod in Venedig Richard Wherlock Basel ©Werner Taschan

PROCHAINES REPRESENTATIONS :

Avril : ven  13/dim 15/ dim 22 /mar 24/ven 27/dim 29

Mai : dim 6/ Jeu 10/sam 19/ Ven 25 /

Juin : ven 1er / lun 11 /mer 13 / mer 20 /sam 23
THEATRE DE BALE

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