Kunstmuseum Basel | Gegenwart Martha Rosler & Hito Steyerl

Martha Rosler & Hito Steyerl War Games

5 mai – 2 décembre 2018, Kunstmuseum Basel | Gegenwart Commissaire : Søren Grammel

MARTHA ROSLER Photo OP Image courtesy of the Artist, Mitchell Innes and Nash, New York and Galerie Nagel Draxler Berlin: Köln 2004 2008 ©VB
MARTHA ROSLER Photo OP Image courtesy of the Artist, Mitchell Innes and Nash, New York and Galerie Nagel Draxler Berlin: Köln 2004 2008 ©VB

L’exposition War Games organisée au Kunstmuseum Basel | Gegenwart présente des œuvres de Martha Rosler et Hito Steyerl. Elle réunit à la fois des travaux de leurs débuts et d’autres plus récents à travers un dialogue conçu par les deux artistes. Pour chacune d’entre elles, il s’agit de la première grande exposition en Suisse. C’est également la première fois que leurs travaux font l’objet d’une présentation commune. Un grand nombre de vidéos, photographies, photomontages, banderoles et objets côtoient d’immenses installations multimédia réparties sur deux niveaux du musée qui placent le visiteur face à des images high tech dans une mise en scène spectaculaire.

Les œuvres de Rosler et Steyerl explorent les articulations entre politique et médias de masse. Leur production artistique et théorique met en évidence le lien entre notre perception de la réalité sociale et les médias audiovisuels essentiels à sa transmission.

Ainsi, dès les années 1970, Rosler s’appuie sur le format télévisé de l’émission culinaire afin de véhiculer des messages féministes. Aujourd’hui, elle étudie les effets produits par les images tournées à l’aide de drones et les bouleversements provoqués par les médias sociaux dans le façonnement de l’opinion politique.

MARTHA ROSLER House Beautiful Bringing the War Home, New Series ©VB
MARTHA ROSLER House Beautiful Bringing the War Home, New Series Courtesy of Galerie Nagel Draxler, Berlin. Gallery Mitchell-Innes & Nash, New York ©VB

Les premiers travaux filmiques de Steyerl reflètent son intérêt pour le film documentaire et l’essai cinématographique. Ses installations vidéo les plus récentes mêlent des univers visuels animés par ordinateur à l’esthétique de clips autoproduits tels qu’on en trouve sur de nombreuses plateformes en ligne. Ce faisant, elle analyse la fonction ambivalente des appareils numériques mobiles – destinés à communiquer et à produire des images – dont l’utilisation implique la coexistence d’antagonismes comme autorisation/contrôle ou guerres fictionnelles/guerres réelles.

Hito STEYERL Exposition War Games ©VB
Hito STEYERL Exposition War Games ©VB

Les œuvres réunies dans War Games contiennent un motif récurrent : l’étude artistique des formes d’hégémonie sociale, politique, économique et militaire. Plusieurs travaux abordent les mécanismes à la fois anodins et impitoyables des rapports de force et de pouvoir à travers différents facteurs de conflit tels que le (post)colonialisme, l’antisémitisme, les migrations, la xénophobie, la guerre, le développement urbain, la consommation et les questions de genre. Dans ce contexte, le rôle des institutions culturelles – musées inclus – relève également des hégémonies politico-économiques existant actuellement. Un grand nombre d’œuvres exposées traitent ainsi de la tendance grandissante à une vaste militarisation du quotidien à laquelle fait également référence le titre de l’exposition.

L’exposition bénéficie du soutien de :

Fonds für künstlerische Aktivitäten im Museum für Gegenwartskunst der Emanuel Hoffmann- Stiftung und der Christoph Merian Stiftung

CSR Swiss Center for Social Research AG Stiftung für das Kunstmuseum Basel

Kunstmuseum Basel | Gegenwart, St. Alban-Rheinweg 60, 4052 Basel

Martha Rosler

Depuis 40 ans, l’artiste américaine Martha Rosler (née à New York, vit à Brooklyn) compose une œuvre protéiforme de photomontages, séries photographiques, art vidéo, performances et installations à travers lesquels elle ne cesse d’explorer des thématiques sociales, politiques et sociétales de son temps. Elle s’est fait un nom grâce à la série de collages – désormais légendaire – intitulée House Beautiful: Bringing the War Home (1967–1972) où de tranquilles scènes d’intérieurs de maisons américaines de la revue House Beautiful côtoient des photographies documentaires de la guerre du Vietnam du magazine Life. Ces mises en scène proposent une réflexion sur l’expérience de la guerre sur le sol étranger et la manière dont celle- ci est vécue dans les foyers à travers le poste de télévision ou les journaux.

Depuis les années 1960, Rosler fait figurer des postures féministes dans ses vidéos et performances. Elle est également connue pour ses écrits théoriques consacrés en particulier au rôle de la politique en photographie. Dans ses séries photographiques réalisées à partir des années 1980, elle s’intéresse davantage à des scènes du quotidien observées dans les rues de New York ou durant ses nombreux voyages. Ses photographies explorent l’uniformisation et les rapports de force qui dominent les sociétés. La réflexion critique menée sur les structures et les rapports urbains constitue un autre aspect de son travail. Dans le cadre de l’édition 2007 de Skulptur Projekte Münster, son installation Unsettling the Fragments proposait une nouvelle contextualisation de monuments de l’espace urbain débarrassés de leurs insignes nazis, afin d’attirer l’attention sur les blessures et les fractures historiques de la ville.

Hito Steyerl

Les vidéos et les écrits de Hito Steyerl (née à Munich, vit à Berlin) analysent avec pertinence et provocation la société contemporaine et ses institutions. L’artiste allemande, qui enseigne également à l’Universität der Künste Berlin où elle a fondé le Research Center for Proxy Politics, étudie les flux financiers et de marchandises globaux, les conditions de travail à l’ère du néolibéralisme et les liens entre grandes entreprises et politiques publiques. Elle explore des régimes visuels et réfléchit au pouvoir des images en tant que médiums de notre perception, mais également supports et éléments structurants d’information.

Les technologies numériques jouent souvent un rôle central dans ses travaux récents comme The Tower (2015), tant d’un point de vue de la forme – leur réalisation repose sur une production numérique – que du contenu. Dans ses vidéos, les flux d’information numériques sont présentés tels des agents actifs intervenant dans des processus à la fois physiques, sociétaux et sociaux. Selon Steyerl, la réalité est soumise aux technologies numériques, la réalité augmentée résultant de celles-ci. Avec un sens certain pour le montage et le rythme assorti d’une légèreté apparemment ludique, l’artiste bricole des montages immersifs à partir d’animations par ordinateur, de captures d’écran, de found footage provenant des médias de masse, ou bien de scènes tournées par Steyerl elle-même, à l’instar de How Not to Be Seen (A Fucking Didactic Educational .MOV File) (2013).

KUNSTMUSEUM BASEL | GEGENWART
St. Alban-Rheinweg 60, 4052 Basel

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