Sam Gilliam The Music of Color au Kunstmuseum de Bâle

Sam Gilliam Kunstmuseum Basel ©VB

The Music of Color Sam Gilliam pèriode 1967–1973  exposition du 9 juin au 30 septembre 2018

 Kunstmuseum Basel | Neubau Commissaires : Jonathan Binstock, Josef Helfenstein

Sam Gilliam Kunstmuseum Basel 2018©VB
Sam Gilliam Kunstmuseum Basel 2018©VB

Avec The Music of Color, le Kunstmuseum Basel organise la première exposition individuelle et institutionnelle en Europe consacrée à l’artiste Sam Gilliam (né en 1933). L’équipe curatoriale internationale propose d’apporter un éclairage sur les années 1967–1973, soit la période de création la plus radicale de l’artiste américain qui fut le premier Afro-Américain à représenter les États-Unis à la Biennale de Venise. Une sélection resserrée de 45 œuvres provenant de collections particulières et publiques du monde entier offre aux visiteurs un aperçu de l’œuvre singulière de ce peintre influent pourtant inconnu en Europe et permet, dans le même temps, d’aborder l’histoire de la peinture abstraite dans les années 1960 et 1970 sous un angle nouveau.

Sam Gilliam est né en 1933 à Tupelo Mississipi . Après son service militaire en Corée  , il débute ses études à Louisville dans le Kentucky sanctionnées par un Master of Fine Arts . Dans la deuxième moitié des années 60 , il s’installe à Washington pour se lancer dans une démarche artistique  personnelle.

sam Gilliam Whirlirama 1970 Courtesy of the Artist Kunstmuseum Basel ©VB
sam Gilliam Whirlirama 1970 Courtesy of the Artist Kunstmuseum Basel ©VB

Sam Gilliam invente l’architecture de la couleur

Sam Gilliam Ruby Light 1972 Courtesy of the Artist Kunstmuseum Basel ©VB
Sam Gilliam Ruby Light 1972 Courtesy of the Artist Kunstmuseum Basel ©VB

Il est vrai que l’accrochage des toiles bariolées de Sam Gilliam , suspendues en vagues du plafond ou dont les ondulations gracieuses s’ étendent harmonieusement au sol , évoquent facilement des portées musicales , et la musique , Sam Gilliam connait : il traîne sa nostalgie du côté des grands  John Coltrane , Miles Davis , mais aussi de tout ce qui est attaché aux années Hippies , et la liberté qui va avec , les films cultes comme Easy Rider , le pop Art , Andy Wharol, Rauschenberg , les icônes comme Martin Luther King , Bob Dylan qui ont lutté pour les droits des hommes à leur époque , tout ce petit monde disparu sert d’empreinte  historique à son délicat travail qui tient autant de l’installation que de la réalisation picturale. À travers ses œuvres souvent monumentales et dotées de couleurs vives, Sam Gilliam ouve un débat artistique et théorique en interrogeant la séparation communément admise entre peinture, sculpture et architecture. Pour l’exposition bâloise, l’artiste a repensé certains de ses travaux afin de répondre aux particularités architecturales du Neubau. Lorsqu’il emménage à Washington D.C. en 1962, Gilliam se rapproche de la Color field painting, raison pour laquelle les historiens de l’art l’associent souvent à la Washington Color School.

Cependant, Gilliam ne tarde pas à délaisser la voie tracée par Mark Rothko, Louis Morris et Kenneth Noland pour affirmer son indépendance. Deux ensembles d’œuvres majeurs – les Slices (ou beveled-edge paintings) et les Drapes (ou Drape paintings) – permettent de saisir la diversité de sa pratique artistique et le caractère novateur de ses travaux réalisés entre 1967 et 1973.

En 1967, Gilliam commence à réaliser les beveled-edge paintings. Sa technique consiste à verser de la peinture acrylique largement diluée sur la toile non apprêtée, puis à la plier et à la froisser tandis que la peinture est encore fraîche. Il tend ensuite la toile sur un châssis incliné qui confère à l’œuvre des qualités spatiales semblables à celles d’un objet. Malgré leurs dimensions considérables, les œuvres paraissent flotter à quelques centimètres du mur. Les slices of color – motifs et lignes aléatoires résultant du séchage – forment des textures contingentes. L’application gestuelle de la couleur renvoie au processus pictural et à la matérialité de la toile et de la peinture, non au peintre lui-même. Ce faisant, Gilliam prend le contre-pied des représentants du Minimal Art et du Pop Art qui se prononcent alors contre le geste expressif de l’expressionnisme abstrait.

Sam Gilliam Kunstmuseum Basel 2018 ©VB
Sam Gilliam Kunstmuseum Basel 2018 ©VB

Gilliam réalise sa performance artistique la plus radicale avec les Drapes qu’il débute en 1968. Il continue à employer de la peinture acrylique largement diluée et des toiles non apprêtées, mais il renonce au châssis. Présentant des formes et des formats les plus divers, les Drapes semblent onduler dans l’espace, glisser sur les murs et s’apparenter aux angles d’une salle, à des rideaux, des vêtements ou bien des voiles de bateaux. Gilliam parvient ainsi à maîtriser le champ d’action de ses peintures, à jouer avec le plafond, le sol et les murs de l’espace d’exposition et à proposer aux visiteurs de nouvelles expériences esthétiques. Ainsi libérés, les Drapes se renouvèlent sans cesse et enveloppent l’espace d’exposition de manière performative. En jouant avec des éléments figuratifs, certains Drapes présentent des caractéristiques florales ou anthropomorphes.

The Music of Color aborde également la dimension politique et historique de l’œuvre de Gilliam. Même s’il est rare que l’artiste s’exprime personnellement sur la politique, l’exposition présente des travaux des séries Martin Luther King et Jail Jungle qui font écho aux émeutes raciales de 1968. De plus, l’œuvre intitulée Composed (formerly) Dark as I am (1968–1974) aborde, non sans ironie, la polarisation du débat autour du Black Art et le rôle des artistes noirs dans la peinture abstraite dans les États-Unis des années 1960 et 1970.

Sam Gilliam Kunstmuseum Basel 2018©VB
Sam Gilliam Kunstmuseum Basel 2018©VB

Pour la première fois, l’œuvre Rondo (1971) sera présentée dans l’exposition. Grâce au soutien du Arnold Rüdlinger-Fonds de la Freiwillige Akademische Gesellschaft pour la collection du Kunstmuseum Basel, cette œuvre a pu être acquise en 2017. Des prêts d’exception provenant de collections particulières et publiques du monde entier, dont celles du Museum of Modern Art (New York), du Metropolitan Museum of Art (New York) et du Smithsonian American Art Museum (Washington DC), viennent compléter l’exposition.

La cote de Sam Gilliam n’a pas encore atteint celle de ses coreligionaires Morris Brown de l’école de peinture de Washington ( jusqu’à 3,6 millions de dollars) ou Kenneth Noland ( jusqu’à 3,3 millions de dollars) , mais il pourrait vous en couter pour l’heure à en croire la dernière vente chez Sotheby’s , quelques centaines de milliers de dollars : exactement 684 500 $ pour Rays (1971), une grande acrylique sur toile qui a pulvérisé son estimation en prévente de 100 000-150 000 $ .

Dans le cadre de l’exposition, la publication The Music of Color, Sam Gilliam 1967–1973 paraît aux éditions Buchhandlung Walther König avec des contributions de Josef Helfenstein, Jonathan Binstock, Sam Gilliam, Rashid Johnson et Lynette Yiadom Boakye.

L’exposition bénéficie du soutien de : Credit Suisse (Schweiz) AG

Terra Foundation for American Art Pierrette Schlettwein

L. + Th. La Roche-Stiftung

Stiftung für das Kunstmuseum Basel

KUNSTMUSEUM BASEL

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