Fondation Luma Arles 2004-2020

Luma Exposition Gilbert & George été 2018 ©VB

Arles : Luma le projet grandiose de Maja Hoffmann

Il était une fois …Bâle et la famille Hoffmann-Oeri  :

Luma Arles ©VB
Luma Arles ©VB

L’axiôme : La famille Hoffmann-Oeri est constituée des descendants du fondateur des laboratoires suisses F. Hoffmann-La Roche SA ,  Monsieur Fritz Hoffmann épouse d’ Adèle LaRoche ; ça se passe entre la seconde moitié du 19 ème et la première du 20ème. Depuis , la famille ne s’est jamais contentée de profiter des rendements de l’entreprise pharmaceutique, le mécénat artistique ou intellectuel s’avérant  une seconde nature chez les Hoffmann quoique Lukas Hoffmann ( Luc )  , décédé en 2016 à l’âge avancé de 93 ans ait pris le temps de démontrer , d’une part , sa passion pour la nature en devenant l’un des co- fondateurs du célèbre WWF en 1961 , d’autre part , son interêt pour l’écosystème de la région en créant la station biologique de la Tour du Valat, dans les années 1950, un centre de recherche pour la conservation des zones humides en Méditerranée, de leur protection et de leur restauration. L’enjeu de l’eau, avec ses marécages camarguais, est crucial .  Luc Hoffmann a ainsi entraîné dans son sillage camarguais ses 4 enfants , dont Vera Michalski-Hoffmann fondatrice de la La Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature à Montricher, entièrement dédiée à la littérature  . De son côté ,  Maja Hoffmann a créé la Fondation LUMA en 2004 dans le but de soutenir les travaux d’artistes novateurs indépendants et d’institutions actives dans le domaine des arts visuels, de la photographie, de l’édition, des films documentaires et du multimédia. Il faut préciser que Luc Hoffmann,  le père de Vera et Maja est aussi à l’origine de la Fondation Van Gogh, une manière de rendre hommage au peintre qui rêvait  à son arrivée en 1888 de créer à Arles l’Atelier du Midi avec son ami Gauguin. A Bâle Maja Oeri, fille de Vera et cousine de Maja Hoffmann,  présidente de la Fondation Laurenz , a créé le Schaulager , un bunker abritant la collection d’art contemporain Hoffmann-Laroche , qui , toutefois , prend les atours d’un musée puisque les oeuvres y sont montrées et des expositions temporaires y sont organisées.

Au début , il n’y a rien ou presque ! De la friche ferroviaire au centre d’art contemporain expérimental

Autrefois , Les Alyscamps , cette partie relativement excentrée de la ville d’Arles accueillait des ateliers destinés à  la réparation des locomotives de la Compagnie PLM ( Paris-Lyon-Marseille ) ; en 1984 , les ateliers ferment définitivement laissant une surface désertée disponible de 11 hectares .Un projet de réhabilitation est lancé dès le début des années 90, la dernière restauration confiée aux Ateliers étant celle de la locomotive BB 9004 que l’on peut encore admirer au Musée du Train à Mulhouse. Cependant , l’histoire du quartier est bien plus ancienne puisque l’on y construisit sur les vestiges d’une Nécropole antique , les Alyscamps  qui figurent sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO .

Ce site est aujourd’hui la trace, ô combien visible dans le tissus urbain, d’une histoire, celle du chemin de fer, qui a contribué à façonner le visage actuel de toute l’agglomération, et qui fut son poumon économique pendant plus de cent ans.

Maja Hoffmann et le projet LUMA ou  la belle arlésienne : une niche à creativité multiple intégrée au patrimoine industriel

“Ce que je tente de réaliser ici est très différent: un centre d’art, de recherche et de production, investi dans l”art contemporain accueillant de la photo, de l’édition, du documentaire, du multimédia… Un véritable écosystème.” Maja Hoffmann Propos recueillis par Lydia Bacrie et Sylvie Wolff  lexpress.fr le 

En 2013, Maja Hoffmann a lancé LUMA Arles ( de la fusion des prénoms de ses enfants Lukas et Marina ) afin de concevoir, développer et gérer le Parc des Ateliers, 6,5 hectares qui constitue le principal centre culturel rassemblant les diverses activités de la Fondation LUMA. LUMA Arles comprend un centre ressource conçu par l’architecte Frank Gehry qui ouvrira ses portes en 2019 ; des bâtiments industriels dont la réhabilitation a été confiée au cabinet Selldorf Architects ; et enfin un parc public dessiné par l’architecte paysagiste Bas Smets. Le travail de réhabilitation et d’expansion du Parc des Ateliers est mené sous l’égide de Maja Hoffmann, en étroite collaboration avec le Core Group de LUMA Arles (Tom Eccles, Liam Gillick, Hans Ulrich Obrist, Philippe Parreno et Beatrix Ruf), qui présente un programme occupant les espaces d’ores et déjà ouverts du site : la Grande Halle, Les Forges et la Mécanique Générale.

Chaque année, le Parc des Ateliers accueille des expositions temporaires , cet été , Gilbert & George se sont déplacés en personne pour l’accrochage de leurs exposition The Great Exhibition 1971-2016 qui occupe l’entièreté de l’atelier Mécanique Générale.  Outre l’exposition grandiose des artistes britanniques , la Grande Halle , 5000m2 calés entre la Mécanique Générale et le Magasin Electrique , abrite la Librairie Offprint , la maison de JEAN PROUVÉ : Architecte des Jours Meilleurs (2017-2018), une salle consacrée aux premières années d’artiste  d’Annie Leibovitz  1970 – 1983, l’ Archive Project #1 (2017), l’înstallation video de Arthur Jafa – Love is the Message, The Message is Death (2017), Peter Fischli David Weiss -Visible World (2017), la Pixel Forest de la suissesse Pipiloti Rist ; l’une des salles est dédiée à la photographe Lily Gavin et les clichés de Willem Dafoe alias Vincent Van Gogh pris lors du film tourné par Julian Schnabel sur l’artiste . A Story with Vincent est une allusion À la porte de l’éternité ,  un tableau du peintre Vincent van Gogh, réalisé en 1890 et exposé au musée Kröller-Müller d’Otterlo, aux Pays-Bas.

Luma Pipilotti Rist Pixel Forest©VB
Luma Pipilotti Rist Pixel Forest©VB

La Fondation Luma se donne également pour mission d’accueillir des artistes en résidence dans le bâtiment consacré aux Arts Vivants  , ainsi Benjamin Millepied achève sa troisième année à Luma , le public est invité à assister librement aux  répétitions de la compagnie L.A. Dance Project.

Luma Rirkrit Tiravanija ©VB
Luma Rirkrit Tiravanija ©VB

A Luma , en extèrieur , on nourrit son âme mais aussi son corps : avec l’installation de Rirkrit Tiravanija en collaboration avec les architectes Nikolaus Hirsch & Michel Müller , faites-vous cuire un oeuf dans l’une des soucoupes géantes chauffées à l’énergie solaire comme il se doit dans une région qui s’offre près de 3000 heures de soleil par an , 40% de plus que la moyenne nationale. L’installation  Do we under the same dream  2015-2018 fut présentée precedemment à Art Basel en 2015 . Si vous voulez aromatiser un peu votre repas , libre à vous de cueillir quelques herbes sous la tonnelle en bambous juste à côté ; vous n’oublierez pas de laver votre assiette ! la Cuisine des Forges et la cantine biologique du Réfectoire sont les deux restaurants emmenés par le chef camarguais Armand Arnal . Aujourd’hui , toutes les formes d’art devraient se partager aussi généreusement , qu’on se le dise ! JUSQU’AU 23 SEPTEMBRE 2018 

Luma The Bambou Open-air pavilion©VB
Luma The Bambou Open-air pavilion©VB

LUMA Un centre interdisciplinaire qui s’appuie sur les ressources locales, les matériaux, le savoir-faire et les talents d’Arles et au-delà

De la nature à la culture

L’idée de Maja Hoffmann n’a pas été de venir s’établir en conquérant mais d’intégrer le complexe pluridisciplinaire expérimental qu’est la Fondation LUMA au canevas socio-économique local dans un souci de préservation des savoirs-faire et des ressources disponibles autour d’Arles . C’est ainsi qu’est née la collaboration entre designers ,  producteurs , biologistes occupés à réutiliser ce dont ils disposent sur place : voyez les plats , verres , objets décoratifs issus des déchets des tournesols , un recyclage parfaitement réussi à la fois esthétique , écologique  et pratique , pas étonnant que les réalisations aient été présentées cette année à Design Miami Basel . Du panneau d’isolation au matériau absorbant, en passant par le boulon d’assemblage ou le boîtier d’un iPhone, le projet Sunflower entreprise envisage de nombreuses possibilités de réutilisation de ces précieux déchets , d’autres recyclages naturels sont en projets tels que le riz, le sel, le bambou.

Luma dechets de tournesols recyclés ©VB
Luma dechets de tournesols recyclés ©VB

Intéressé par ce projet ? Contacter Atelier Luma

Un autre élément révélateur de la volonté d’utiliser les ressources naturelles et économiques loco-régionales dans l’élaboration du complexe LUMA est la spectaculaire tour de Frank Gehry, un ensemble architectural destructuré à facettes miroitantes- 11500 boites en inox martelé provenant d’une entreprise d’Alès –  de 56 mètres de hauteur, assis sur une rotonde de verre et adossé à un mur semblant être de bois , en réalité , en béton sablé référant aux pierres de Fontvieille. Ce mur  est en fait le 4ème élément de l’oeuvre de  Gehry  car celle-ci comporte 3 tours  dont on distingue difficilement à l’oeil nu l’éclatement . L’ensemble sur 9 niveaux  accueillera dès l’ouverture prévue en 2010 , des expositions , un auditorium , deux bibliothèques mettant à disposition les archives de la Fondation Luma  comprenant des ouvrages sur les artistes exposés , et un café-restaurant.

Luma Tour Gehry ©VB
Luma Tour Gehry ©VB
Luma Tour Frank Gehry ©VB
Luma Tour Frank Gehry ©VB

La ville d’Arles pourra désormais accueillir un public interessé aux divers compartiments de la culture en dehors des Rencontres Photographiques de l’été ,  l’un des objectifs de Maja Hoffmann. En outre, Pour conforter l’idée d’un pôle culturel pluridisciplinaire de haute qualité , La Fondation Luma développe des synergies avec les acteurs culturels locaux comme  l’Ecole Nationale Supèrieure de la Photographie , bientôt voisine ,  les Rencontres bien sur , la  ministre de la culture Françoise Nyssen et  les éditions Actes Sud, le festival Les Suds et Cargo de nuit pour la musique…

Le projet de la Fondation LUMA dont le financement s’élève à 150 millions d’€ en fonds exclusivement , sera achevé en 2020 .

The Great Exhibition ( 1971-2016)  Gilbert & George :  60 ans d’étroite collaboration sous le commissariat du Suisse Hans Ulrich Obrist et du Suédois Daniel Birnbaum Jusqu’au 6 Janvier 2019

A l’aide d’images grand format dont l’intensité iconographique a parfois choqué, ce duo crée des fresques sociétales provocatrices sur le sexe, l’argent, le communautarisme, la religion. Plus de 80 œuvres exposées permettent de revisiter la société anglaise des années 70 aux années 2000, et d’appréhender l’œuvre globale de Gilbert & George tout en révélant l’audace de leurs créations au cours des 50 dernières années, comme un instantané de la vie ordinaire.

Gilbert et George, sculptures vivantes

Luma Gilbert & George The Great Exhibition©VB
Luma Gilbert & George The Great Exhibition©VB

Gilbert Prousch1(né à San Martino in Badia, province de Bolzano (Italie), le 11 septembre 1943) et George Passmore (né à Plymouth en Angleterre le 8 janvier 1942), sont deux artistes plasticiens britanniques travaillant en couple. Ils vivent et travaillent à Londres. Deux de leurs photos, dont Red Morning (Hate) (1977), font partie des 25 photos les plus chères du monde . Gilbert et George se sont rencontrés le 25 septembre 1967, en étudiant la sculpture à la St Martins School of Art, maintenant Central Saint Martins College of Art and Design, un des six collèges de l’University of the Arts, de Londres.  Au début, ils furent connus comme artistes de performance. Les costumes d’hommes d’affaires qu’ils ont portés pour ces performances sont devenus une sorte d’uniforme pour eux, et ils apparaissent rarement en public sans les porter.

Un certain nombre de leurs travaux du début des années 1970 consistait simplement à se saouler tous les deux, habituellement avec du gin.  Le couple est certainement plus connu pour ses photomontages de grand format, comme Cosmological Pictures (1993), souvent teintés en couleurs extrêmement vives, contrastés, et avec des grilles noires en surimpression, le tout ressemblant à des vitraux. L’image de Gilbert et George est souvent présente dans ces travaux, avec des fleurs et des jeunes gens, leurs amis. Leurs premiers travaux dans le genre étaient en noir et blanc, avec des touches de rouge et de jaune dans les séries suivantes.Puis, ils ont utilisé une gamme de couleurs plus audacieuse. Leur travail de 2005, Sonofagod, est revenu à une palette plus sombre et plus foncée. Leur série de photos Naked Shit Pictures (1995) a contribué à attirer l’attention des médias. En 1986, Gilbert et George ont attiré la critique des commentateurs de gauche pour la série de photos montrant avec de belles couleurs des stéréotypes de personnes du quartier East End de Londres, par exemple des skinheads.

Pendant de nombreuses années, ils ont résidé Fournier Street, Spitalfields, East London. En 2000, ils ont changé de galerie pour être représentés par la galerie White Cube.

Ils ont reçu le prix Turner en 1986, et ont représenté le Royaume-Uni à la Biennale de Venise en 2005.

L’exposition Gilbert & George : The Great Exhibition (1971-2016) est produite par Luma et le Moderna Museet. L’exposition bénéficie du soutien de Parfums Christian Dior.

FONDATION LUMA ARLES

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