Société d’Etudes Françaises de Bâle Automne 2018

Société d'Etudes Françaises

Saison 2018-2019  Cycle d’Automne de la Société d’Etudes Françaises de Bâle « 1918-2018 ».

                        Vers le prochain centenaire Héritage et Innovation

Edito de Robert Kopp : LES MONDES DE BÂLE 22 septembre 2018

Une vue aérienne de Bâle le montre à l’évidence : notre ville ne forme qu’une seule et même agglomération avec Saint-Louis. Et la même chose est vraie pour Lörrach. Chaque matin, des dizaines de milliers de frontaliers viennent travailler à Bâle, venant de la France voisine et aussi d’Allemagne. Toutefois, deux frontières coupent en trois ce qui forme un tissu urbain continu, dont les différentes parties sont désormais reliées par les transports en commun, et une communauté humaine, où les contacts et les échanges sont permanents.

Pourtant, cette proximité géographique et ces passages incessants d’un côté comme de l’autre de la frontière ne doivent pas nous faire oublier que nous avons affaire à trois mondes que beaucoup de choses séparent : la langue, les mœurs, le système scolaire, le droit, l’administration, la culture, la conception de l’État. On ne finirait pas d’énumérer tous les domaines où les notions ne sont pas les mêmes, où les mots n’ont souvent pas le même sens.

Comment un responsable politique vit-il cette différence au quotidien ? Quels sont les terrains d’entente, quels sont les sujets d’incompréhension qu’il rencontre ? Que signifie pour lui le terme de « frontière » ? Dans quelle mesure est-elle effective ? À quels niveaux se situent les barrières ? Dans quelle mesure n’existeraient-elles que dans les têtes ?

Depuis des années, de nombreuses commissions transfrontalières s’efforcent de fluidifier les échanges. Pourtant, dans les cafés de Saint-Louis, on ne lit guère la Basler Zeitung et parmi les journaux que proposent nos kiosques, L’Alsace est loin de figurer à la première place. Il suffit de penser à la dernière édition du « Forum du Livre » de Saint-Louis, où Bâle fut l’invité d’honneur. Les Bâlois présents sur place se comptaient sur les doigts d’une main et les autorités brillaient par leur absence. De là à penser qu’il reste beaucoup à faire pour une meilleure compréhension mutuelle, il n’y a qu’un pas. L’invitation que nous avons adressée à Jean-Marie Zoellé voudrait y contribuer.

À celles et à ceux qui ont envie d’aller un peu plus loin, on recommandera les ouvrages d’Antoine Mislin (Imprimerie de Saint-Louis, 1999) et de Paul-Bernard Munch (Coprur, 1995).

1 octobre       Jean-Marie Zoellé Saint-Louis / Bâle : la coopération transfrontalière

15 octobre       Jean-Pierre Le Goff Des années 50 à Mai 68 : la France entre deux mondes

29 octobre       Ran Halévi Claude Lanzmann: les vivants et mes morts

31 octobre  à la Fondation Beyeler, à Riehen, 18h30 Robert Kopp Balthus entre Rilke, Jouve et Artaud

12 novembre  Danièle Sallenave Au cœur de la Vendée d’hier et d’aujourd’hui

19 novembre  Amandine Rabier Le paradoxe Füssli : quand la scène se retrouve de mise

26 novembre  conférence à préciser

3 décembre  Maryvonne de Saint Pulgent Musique et Révolution 

Ce cycle débutera le lundi 15 janvier 2018 par la conférence de Bruno Chauffert-Yvart : la renaissance de Chambord

Notez le RV 1er octobre 2018 avec Jean-Marie Zoellé Maire de Saint-Louis à propos de la coopération transfrontalière Saint-Louis-Bâle

Cotisation pour la saison 2017-2018 (cycle d’automne 2017 et cycle de printemps 2018). Membres individuels : CHF 80.- Couples : CHF 110.

Les conférences ont lieu à 18h15 à l’Université de Bâle, Petersplatz 1, salle120, sauf la conférence du 27 novembre, qui aura lieu dans la salle 116.

Participation aux frais: non-membres: CHF 15.- . Étudiants gratuits

Robert Kopp, Président de la Société d’Etudes Françaises à Bâle , promu au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur .

Monsieur le Professeur Robert Kopp, Président de la Société d’études françaises de Bâle, s’est vu décorer des insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur, le 14 juin à l’Ambassade de Suisse à Paris. Cette distinction lui a été remise par Madame Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie française, pour avoir dédié sa vie au service de la littérature française, du développement des échanges entre la Suisse et la France, en présence de  Monsieur l’Ambassadeur de Suisse en France, Bernardino Regazzoni .

Dans le souci de rappeler une partie de  l’itinéraire de Robert Kopp et son engagement pour la promotion de la langue française dans notre bonne ville de Bâle , véritable chemin de croix en cette terre foncièrement alémanique , voici un extraît du discours  prononcé en réponse à celui de Madame Hélène Carrère d’Encausse :

(En espérant qu’il me pardonnera ce subjectif saucissonage )

Hélène Carrère d'Encausse Robert Kopp à l'ambassade de Suisse à Paris le 14 juin 2017
Hélène Carrère d’Encausse Robert Kopp à l’ambassade de Suisse à Paris le 14 juin 2017

…” quand je suis arrivé tout jeune professeur à l’université de Bâle, je pensais convertir la ville tout entière à la littérature et à la civilisation française. Je me souvenais de cette lettre de Nietzsche se moquant de certains de ses collègues allemands qui ignoraient la Chartreuse de Parme. « Je me trouve à Bâle dans une ville tout à fait française », disait-il en substance, « je ne vois que des devantures françaises, des librairies françaises ». A en croire Nietzsche, il ne restait plus qu’à terminer le travail !

Il est vrai qu’on était alors au lendemain de la guerre franco-prussienne (durant laquelle, à vrai dire, notre grand homme n’a pas encore brillé par sa francophilie) ; Bâle venait d’accueillir nombre de réfugiés français et la ville fit aussitôt établir une école française, afin de leur permettre de scolariser leurs enfants en français. Elle existe toujours.

…désormais, pour les bacheliers alémaniques, la deuxième langue nationale n’est plus qu’une option parmi d’autres – sur laquelle il est possible de faire l’impasse – , vous comprendrez qu’il faut être Don Quichotte, comme je le suis, pour n’avoir d’yeux que pour sa Dulcinée.

Restait le bastion de l’Institut de français à l’université. Non seulement il résistait, il s’est même largement développé. Et ceci grâce aux nombreux amis réunis ce soir et à qui je tiens à rendre hommage. A commencer par Pierre Brunel, mon vieux camarade et complice, qui, pendant plusieurs années a enseigné à mes côtés comme professeur invité, afin de montrer à la Faculté et aux autorités bâloises que le français méritait vraiment d’être développé. Venant de la part d’un professeur à la Sorbonne, la démonstration a été tellement convaincante qu’une deuxième chaire a été créée et la Faculté a remercié Pierre Brunel en le nommant docteur honoris causa. Grâce à toi, cher Pierre, le français s’est grandement développé à Bâle. La chaire, qui avait été crée pour Marcel Raymond et qui fut celle d’Albert Béguin, de Georges Blin, de Jean Starobinski et de Claude Pichois, a été dédoublée, triplée même, dans les années 1980, qui ont marqué l’apogée de la discipline…

Je me suis toujours senti bien dans l’espace des musées, depuis les temps, déjà lointain, où avec Hartwig Fischer, j’ai travaillé à une exposition sur le portrait de l’artiste à partir du Zola par Manet, une coopération qui s’est poursuivie au musée Folkwang, à Essen, à propos de Paris, capitale du XIXe siècle. Le Zola de Manet avait été prêté au musée de Bâle par le musée d’Orsay…

J’ai toujours aimé travailler en équipe, que ce soit au sein de « Bouquins », Agnès Hirtz le sait, où à la Revue des Deux Mondes, dont Valérie Toranian assure la direction …La même chose vaut pour mes amis de Commentaire, Jean-Claude Casanova, Alain Besançon, Philippe Raynaud, Laurent Wetzel. Que d’articles qui sont le résultat de nos discussions, que de conférences que je n’aurais pas faites sans être poussé par vous, ne fût-ce qu’à l’Académie des sciences morales et politiques.

Vous voyez, chère Hélène, je ne serais rien sans mes amis. Vous le savez, d’ailleurs, puisque vous êtes venue me prêter main forte à plusieurs reprises à Bâle, en acceptant de venir parler à l’université, dans le cadre de la Société d’Etudes françaises.

( Parmi les conférenciers de Robert Kopp lors des soirées de la SEF à l’Université de Bâle  : Mohammed Aïssaoui, Pierre Assouline, Paule Constant, François Bujon de l’Estang, Alban Cersier, Huges Gall, Adrien Goetz, Fabrice Hergott, Jean-Frédéric Jauslin, Gilles Kepel, Jean-Pierre Le Goff, André Lorant, Frédéric Mitterrand, Eric Roussel, Jean Tulard, Thierry Wolton…Liste non exhausitive)

… j’ai toujours pu compter sur l’indéfectible soutien de l’Ambassade de France. Je remercie René Roudaud, qui vient de quitter son poste en Suisse…L’Ambassade de Suisse à Paris ne m’a pas été d’un moindre secours. Le premier qui m’a accueilli dans cette belle maison a été François de Ziegler et tous ses successeurs ont fait de même.

Si, au début d’une carrière, on pense pouvoir tout faire tout seul, plus on avance dans la vie, plus on doit reconnaître, en tout cas c’est l’expérience que j’ai faite, que si notre action n’est pas relayée par des institutions, elle a encore moins de chance de durer. C’est pourquoi j’ai donné tant de temps à la Société française de Bâle, fondée en 1917, avant même la fin de la guerre, au moment de la dernière grande offensive allemande La fondation de la Société d’études françaises est un autre acte de résistance, par lequel quelques amis de la civilisation française qui se sont interrogés sur l’avenir de celle-ci à Bâle au cas où Mulhouse continuerait à s’appeler Mülhausen, ont voulu marquer leur attachement à une autre forme de civilisation..

Oui, nous sommes sans doute entrés en résistance désormais, pour défendre une certaine forme de civilisation et une certaine idée de l’homme qu’elle porte, qui ne réduit pas celui-ci à un simple citoyen aspirant à satisfaire ses besoins élémentaires, au nombre desquels on veut bien compter un peu de consommation culturelle. Et pour réfléchir à ce qu’il pourrait bien être, cet homme, méritant son nom d’homme, peut-on mieux faire que de s’aider de Platon et d’Aristote, de saint Augustin et de Montaigne, de Racine et de Pascal, de Voltaire et de Rousseau, de Balzac et de Baudelaire, de Camus et de Cioran. Leurs réponses, toutes provisoires qu’elles soient, ne sont pas devenues caduques par prétendues certitudes des neurosciences et des sciences cognitives. C’est pourquoi je continuerai à militer pour l’étude des humanités. D’ailleurs je ne sais rien faire d’autre.  J’aime ce mot de faire, je le préfère au mot être. Bien que suisse et d’origine protestante, je ne suis pas rousseauiste pour deux sous, je ne demande pas qu’on m’apprécie pour ce que je suis, je préfère qu’on m’encourage dans ce que je fais.”

Le spécial Bâle de la revue ArtPassions du mois de juin 2017 produit à l’occasion d’Art Basel ,a été écrit par Robert Kopp, Bernard-Henri-Lévy et Gilles Monney. L’article tente un tour d’horizon non exhaustif de la part que la ville de Bâle consacre à l’Art.

Société d’Etudes Françaises de Bâle: cycle de Printemps 2017

sef_logo_lundiPrésident de la Société d’Etudes Françaises de Bâle , le professeur Kopp a étudié les Sciences humaines (1983-1985), il fut professeur associé à l’Université de Paris IV-Sorbonne (1985-1986), à l’Université de Paris X-Nanterre (1987-1989), directeur d’Etudes associé à l’Ecole pratique des Hautes Etudes (1989-1990), il est membre du Comité de rédaction des Travaux de littérature (Droz et de la Revue des Deux Mondes), directeur des Travaux et recherches des universités rhénanes (Champion) et Membre correspondant de l’Académie des Sciences morales et politiques, officier de la légion d’honneur.
Ses domaines de recherche sont : l’ Histoire de la littérature et des idées aux XIXe et XXe siècles; rapports de la littérature avec les autres arts; Balzac, Baudelaire, les Goncourt, Zola, le Surréalisme, Pierre Jean Jouve. Ses dernières publications sont :

UN SIECLE DE GONCOURT
Gallimard, coll. “Découvertes”, 2012.

ALBUM ANDRE BRETON
Gallimard, ” Bibliothèque de la Pléiade “, 2008.

BAUDELAIRE. LE SOLEIL NOIR DE LA MODERNITE
Gallimard, coll. “Découvertes”, 2004.

 Les conférences ont lieu à 18h15 à l‘Université de Bâle, Petersplatz 1, salle 118, sauf la conférence du 2 novembre, qui aura lieu à la Fondation Beyeler à 18h30.

Participation aux frais: non-membres: CHF 15.- . Étudiants gratuits

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