Bâle Coups de chapeaux au Spielzeug Welten Museum

Chapeaux MuseumWeltenSpielzeug Basel 2018 Photo VB

Exposition Coups de chapeaux au Spielzeug Welten Museum Basel .

De l’objet utilitaire en 1750 aux créations actuelles jusqu’au 7 avril 2019

Coups de Chapeaux SpielzeugWeltenMuseum Basel 2018 Photo VB
Coups de Chapeaux SWMB 2018©VB

 Le chapeau connaît de nos jours une petite renaissance. Un nombre croissant de stylistes de mode célèbres enrichissent leurs collections de créations de chapeaux. Des artistes internationaux donnent au chapeau une impulsion nouvelle. L’exposition temporaire accompagne les visiteuses et les visiteurs pour un petit voyage à travers l’histoire du chapeau, tout en leur présentant les chapeaux de chapeliers connus ainsi que ceux d’artistes contemporains. Toutes les créations sont présentées sous cette forme exclusivement à l’occasion de l’exposition à Bâle.

Coups de Chapeaux SpielzeugWeltenMuseum Basel 2018 Photo VB
Coups de Chapeaux SpielzeugWeltenMuseum Basel 2018©VB

120 chapeaux d’époque pour dames, pour enfants et naturellement pour hommes représentent les tendances de la mode des deux cents dernières années. Le 21e siècle avec ses créations hors du commun et extravagantes est représenté par 69 artistes femmes et hommes originaires de 17 pays, ainsi que par plus de 120 chapeaux. On retrouve parmi ceux-ci des créations de John Boyd, qui travaillait entre autres pour Lady Diana, mais aussi des modèles de Stephen Jones, le favori de Rihanna, de Katy Perry ou de Mick Jagger. Ses modèles se trouvent dans les plus grands musées du monde tels le Louvre ou le Metropolitan Museum of Art de New York.  Les membres de certaines corporations portaient aussi le chapeau les désignant comme tels. Il faut nommer le cylindre, le melon, mais aussi les casquettes et les casques.

La façon dont les femmes se couvraient la tête avait une fonction différente. Elle indiquait par exemple si une femme était mariée ou célibataire. Les épouses portaient des coiffes qui symbolisaient leur soumission à l’homme. De plus, les femmes devaient couvrir leur chevelure. La variété des chapeaux pour dames est liée aux changements de mode – par exemple les petites structures équilibrées sur des constructions capillaires toujours croissantes de boucles et de tresses vers 1860/70. Sur leur base se développèrent les très amples chapeaux du début du 20e siècle.

Objets de design et d’art contemporains

En collaboration avec Madame Liza Snook du Virtual Shoe Museum de La Haye, il devint possible de gagner la participation des meilleurs modistes et chapeliers contemporains pour l’exposition temporaire. La variété des créations est renversante. Les matériaux employés vont du tissu au feutre, du papier à l’acier en passant par le verre. Trois chapeaux présentés, dont le Stained Glass Mask, sont issus de la maison Justin Smith Esquire Ltd. de Londres. Elle créa le chapeau du film Maleficent avec Angelina Jolie et travailla pour le film Star Wars : Les derniers Jedi. Dan Sorensen et Sara Grundy, originaires d’Angleterre, présentent trois chapeaux intéressants sur les thèmes artisanat et nature. Ils conçurent entre autres des chapeaux pour la comédie musicale Mamma MiaFlora MacLean de la maison House of Flora à Londres travaille pourRihanna et Lady Gaga.

Les chapeaux de Philip Treacy font partie des créations les plus remarquables du monde de la mode de ces deux dernières décennies. Ils attirèrent l’attention de célébrités comme Grace Jones ou Lady Gaga, de

Madonna à la duchesse de Cornouailles. Le premier prix de notre concours sera son chapeau présenté par notre exposition.

John Richardson Boyd (1925-2018), Member of the Order of the British Empire (MBE), était un chapelier écossais dont l’entreprise siégeait à Londres. Il créa des chapeaux durant plus de soixante-quinze ans, il est considéré comme l’un des chapeliers les plus prestigieux de Londres et il est connu pour ses créations pour Diana, princesse de Galles, et Anne, princesse royale. Boyd fut le chapelier de quatre générations de membres de la famille de Diana. Sa maison a créé en exclusivité pour cette exposition temporaire deux des trois chapeaux présentés.

Coups de Chapeaux SpielzeugWeltenMuseum Basel 2018 Photo VB
Coups de Chapeaux SpielzeugWeltenMuseum Basel 2018©VB

Chapelier et modiste

Chapelier est un métier d’artisanat dont on trouve la trace d’une corporation à Nuremberg dès 1363 . Au 17e siècle, l’apprêtage et la garniture des chapeaux élégants étaient le travail de la corporation des apprêteurs ou des décorateurs de chapeaux. Le métier de modiste se développa plus tard sur cette base.  Depuis 2004, l’appellation officielle de la profession est modiste en Allemagne. Jusqu’au 20e siècle, la clientèle des modistes était féminine, alors que les chapeliers et les chapelières fabriquaient les couvre-chefs pour hommes.

Femmes et chapeau aujourd’hui

Le chapeau appartient encore de nos jours à la garde-robe quotidienne des membres des familles royales. Ils portent parfois des chapeaux fantastiques, portant ainsi une aide active à l’industrie chapelière. Bien que le style des Windsor soit conservateur, les chapeaux sont à la fois très élégants et classiques. À l’occasion des mariages royaux, les couvre-chefs des dames invitées attirent toujours les regards et ils sont reproduits dans la presse internationale. Cela se remarqua la dernière fois à l’occasion du mariage du prince Harry avec Meghan Markle en mai de cette année.

Il est encore de nos jours très répandu de porter un chapeau en Grande-Bretagne. La survie du secteur du chapeau est assurée par des évènements comme la course hippique du Royal Ascot. De plus, les mariages offrent une possibilité à chacun de porter un chapeau.

 

Hommes et chapeaux aujourd’hui

L’homme du monde ne porte de nos jours certainement plus le haut-de-forme, mais il connaît probablement ou il pourrait essayer un chapeau melon, un fédora, un trilby, un boater ou un pork pieNos ancêtres ne quittaient pas la maison sans chapeau. Jusque dans les années 1950, le chapeau était considéré comme un accessoire masculin courant et nécessaire. Les historiens de la mode supposent que l’arrivée massive de la voiture mit fin à cette tradition. Il est par ailleurs reconnu qu’un chapeau protège efficacement d’un refroidissement et de la grippe durant la saison froide. En effet, l’être humain perd au moins 40 pour cent de sa chaleur corporelle au niveau de la tête .

Le chapeau de l’Antiquité à nos jours

Durant l’Antiquité, il n’allait pas de soi de porter un couvre-chef. Les Grecs se déplaçaient ordinairement tête nue. Le climat doux de la Grèce et la chevelure épaisse des Grecs rendaient certainement la protection d’un chapeau inutile. Un couvre-chef était seulement porté durant les voyages et pour travailler en plein soleil : un chapeau plat en feutre appelé petasos.  On trouvait aussi un petit bonnet sphérique en feutre ou en cuir appelé pilos. Les chapeaux pour femmes n’existaient pas en Grèce . Les Romains ont repris les formes de chapeaux grecques –pileus et petasus-. Au début, l’utilisation du bonnet ou du chapeau représentait probablement une sorte d’insigne de rang de l’homme libre. En effet, l’esclave affranchi était coiffé d’un chapeau comme signe de son admission au rang d’homme libre. Les Romaines ornaient leur tête de voiles, de foulards, de coiffes et de filets pour cheveux.

Coups de Chapeaux SpielzeugWeltenMuseum Basel 2018 Photo VB
Coups de Chapeaux SpielzeugWeltenMuseum Basel 2018©VB

Au Moyen Âge, l’Église imposait aux femmes de couvrir leur chevelure. Elles recouvraient leurs cheveux de foulards, de voiles et de coiffes. Cacher ses cheveux devait symboliser la dépendance de la femme par rapport à la volonté de son mari. Il avait seul le droit de la voir avec les cheveux découverts.

Au 11e siècle est apparu le chapeau de feutre avec sur son pourtour un bord tombant. Les chapeaux étaient l’indice de la position sociale. Les chapeaux de paille à calotte ronde, à bord relativement large et tombant à l’oblique et avec un galon étroit se répandirent au 13e siècle.

Le couvre-chef typique porté par les hommes au 14e siècle était le gugel, en forme de capuche et de couleur flamboyante. Il se conformait à l’idéal de la mode de cette époque : étiré et tombant. La mode du gugel n’était que rarement suivie par les femmes. Vers la fin du 14e siècle, les coiffes à cornes et le hennin en forme de pain de sucre firent leur apparition. Les femmes de la bonne société pouvaient porter un hennin d’un mètre de hauteur, les femmes de la bourgeoisie de 50 à 60 centimètres. Les femmes des couches sociales plus basses portaient un foulard.

Depuis le milieu du 15e siècle, le turban appartenait à l’habit de cérémonie de la cour des ducs de Bourgogne.  Le chapeau de feutre porté par les plus hautes classes sociales à la cour constituait une nouveauté notable.

La culture bourgeoise et la mode de la Renaissance étaient déjà en germe dans l’Italie du 15e siècle. Les couvre-chefs étaient plus discrets qu’en Bourgogne. Les bonnets en forme de fez étaient particulièrement appréciés. À partir de la seconde moitié du 16e siècle, le rôle important joué par l’Espagne sur la scène internationale se reflète aussi dans l’influence du pays sur la mode. Un nouveau couvre-chef nommé toque se répandit avec des variations en Italie, en France et en Allemagne.

L’époque de la guerre de Trente Ans apporta des éléments complètement nouveaux au sein de la mode.  Le chapeau était considéré comme le reflet de l’humeur de son porteur, ce qui est prouvé par son appellation de respondent (mot ancien pour correspondre). Les plumes d’autruche et la queue de renard touffue firent sa renommée durant la guerre. Il fut enfin adopté comme chapeau de cavalerie par la bonne société. Le tricorne naquit vers 1690 et il couvrit la tête des hommes durant plus d’un siècle.

Sous Louis XIV,et  dès 1661,’Europe entière était inspirée par la cour française. La coiffure caractéristique sous le Roi-Soleil était constituée de boucles abondantes. Les nobles portaient les perruques adaptées. L’amas de boucles poudrées se répandait sur la poitrine et sur le dos et s’amoncelait sur la tête. Les coiffures des femmes à la cour faisaient concurrence à celles des hommes. La coiffure à la Fontange fut nommée ainsi d’après une maîtresse de Louis XIV. Elle était composée d’une coiffe portée sur la nuque.

Le haut chapeau européen, plus particulièrement le haut-de-forme, fut porté à travers les siècles presque exclusivement par l’homme bourgeois. Vers 1832, le chapelier parisien Gibus inventa le chapeau claque en soie, le chapeau du soir par excellence. On pouvait le plier grâce à un ressort afin de le porter sous le bras. Il devint le symbole du bourgeois rangé au milieu du 19e siècle.

Coups de Chapeaux SpielzeugWeltenMuseum Basel 2018 Chapeau pour enfants 1920 Photo VB
Coups de Chapeaux SpielzeugWeltenMuseum Basel 2018 Chapeau pour enfants 1920 ©VB

Les femmes sous l’Empire (1800-1815) préféraient les coiffes inspirées des casques romains. Au début du 19e siècle, les femmes portaient une coiffure plate et des rubans coquettement drapés avec les larges robes à crinoline. La capote fut un type nouveau de chapeau pour femme. Les chapeaux féminins étaient très variés à l’époque du haut Biedermeier (vers 1825).

Outre la Première Guerre mondiale, l’avènement de l’automobile eut pour conséquence que la taille des chapeaux diminua tout d’abord.  La forme des chapeaux se transforma complètement à partir de 1924/25 ; les femmes,  portaient alors de petits chapeaux de feutre décorés , les chapeaux cloche Outre le béret basque porté près du crâne, la garçonne portait le chapeau mou pour homme entré largement dans les mœurs.

Dans les années 1930, les formes de chapeaux originales et surréalistes étaient en vogue. Il faut nommer le chapeau encrier et le chapeau chaussure d’Elsa Schiaparelli . L’invention de la permanente en 1936 occasionna le repli du chapeau.

Dans les années 1950, le chapeau connut son dernier âge d’or.  Dans les années 1960, Jackie Kennedy fut à l’origine de la mode du petit chapeau tambourin fixé sur l’arrière de la tête. Depuis le tournant du siècle, l’intérêt porté au chapeau connaît une renaissance.

Un chapeau est un message

En langue allemande, mot chapeau (Hut) est affilié au mot protéger (hüten), mais aussi avec cabane (Hütte), nid (Hort) et peau (Haut).

Déjà les Romains utilisaient certains chapeaux en signe de liberté.  Au Moyen Âge, un chapeau pouvait symboliser et représenter la domination et la puissance publique. C’est dans ce cadre que l’on place le refus du légendaire Suisse, résistant pour la liberté Guillaume Tell, qui refusa d’honorer d’un salut le chapeau et ainsi le symbole de la domination étrangère.

Le chapeau est encore de nos jours l’insigne d’un office et de son honneur. Les juges portent leur chapeau lors de cérémonies particulières et durant les phases importantes du procès lorsque l’on prête serment ou lors de la proclamation du verdict.

Les hommes devaient absolument posséder un chapeau pour suffire aux conventions sociales du 18e et du 19e siècle.  Bien que la poignée de main ait remplacé le chapeau au 20e siècle comme forme de salutation, le chapeau  était un accessoire du langage des signes bien ancré dans la vie publique des siècles passés.

Les couvre-chefs typiques renseignent de manière tacite sur le rang et l’office occupé par son porteur : couronnes et casques de chevaliers, chapeaux de duc, de prince, de comte, d’évêque ou de cardinal.

Le couvre-chef n’indiquait pas seulement l’appartenance à un groupe, une position sociale, un métier ou une communauté, mais aussi son exclusion de ceux-ci. Dans de nombreux endroits, les juifs du Moyen Âge devaient se démarquer par le port de certains chapeaux. Les hérétiques étaient mis à l’index par le port du chapeau voyant de la honte en forme de pain de sucre et les écoliers stupides et fainéants étaient coiffés d’un bonnet d’âne.

On pouvait aussi rendre publiques ses idées politiques par le port d’un bonnet. Le bonnet phrygien (bonnet rouge) de la Révolution française est l’exemple le plus connu.

Le chapeau de Bâle

La ville de Bâle possède sa propre histoire de chapeaux. Longtemps, la barrette welsch fut le couvre-chef couramment porté par les Bâlois. Au milieu du 16e siècle, la tendance de la mode changea le chapeau de Bâle devint une caractéristique infaillible du costume bâlois. Ce dôme noir et haut rappelait un pain de sucre. Il était légèrement aplati sur sa partie supérieure, le bord était de petite taille ou pratiquement inexistant. Seule une visière retroussée se trouvait sur la nuque. Le Bâlois devait payer une somme qui équivaudrait à 50 francs suisses actuels pour un modèle représentatif élégant en feutre anglais.

Les hautes personnalités de la corporation devaient paraître coiffées du chapeau de Bâle au conseil des maîtres, sinon ils étaient redevables d’une amende. De même, les membres du conseil municipal . Jusqu’à une période avancée du 17e siècle, le port du chapeau en public était une  obligation citoyenne .À Strasbourg, l’édit somptuaire statuait à la même époque que cette forme de chapeau ne pouvait être portée.Le chapeau de Bâle fut surtout porté par les messieurs, pourtant il coiffait aussi parfois femmes et enfants.

Concours de creation de chapeaux du Spielzeug Welten Museum Basel.

Nous recherchons durant notre concours les créations de chapeaux absolument hors du commun, les plus aventureuses et extravagantes, en accord avec le thème de l’exposition temporaire Coups de chapeaux. Le trilby nécessaire à la participation au concours sera mis à votre disposition gracieusement à partir du 20 octobre 2018 au Spielzeug Welten Museum Basel. Tous les chapeaux seront exposés en janvier 2019 dans nos vitrines pour être soumis à l’appréciation.

Spielzeug Welten Museum Basel

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Coups de Chapeaux SpielzeugWeltenMuseum Basel 2018 ©VB
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