Fondation Fernet-Branca 5 femmes l’engagement poétique

Vannessa Fanuel Fondation Fernet-Branca Expsosition cinq artistes femmes Photot VB

La Fondation Fernet-Branca présente l’exposition intitulée 5 femmes : l’engagement poétique

Du 25.11.18 au 10.02.19 / Horaires d’ouverture du mercredi au dimanche 13h à 18h

Marie-Hélène Fabra Fondation Fernet-Branca 5 femmes L'enfgagement poetique Photo VB
Marie-Hélène Fabra Fondation Fernet-Branca ©VB

Avec des œuvres de Marie-Hélène Fabra, Vanessa Fanuele, Marie-Amélie Germain, Marine Joatton et Haleh Zahedi.

Pardon pour le non respect de l’ordre alphabétique , mais comme j’ai d’abord rencontré Vanessa Fanuele , c’est avec elle que nous noirciront nos premières lignes pour honorer cette exposition résolument féminine plutôt que féministe . Ces 5 artistes femmes sont en effet engagées , mais plutôt du côté de la poésie que de la politique dans une représentation du monde à la fois onirique et concrète . Pierre-Jean Sugier , directeur de la Fondation Fernet-Branca , a organisé pour nous ce voyage entre ciel et terre au cours duquel se croisent des coqs et des corbeaux , des clowns noyés dans un parterre de fleurs , des nuages si merveilleux qu’ils en deviennent hypnotiques , des arbres dont les couleurs se dévorent avec délicatesse , des tableaux à gourmandises , un Narcisse perdu dans les reflets changeants de sa propre image …Impossible de donner une liste exhaustive de ce que vous débusquerez au détour des salles , et tant mieux , on aime toujours être surpris . C’est un peu la mission des artistes : surprendre , provoquer le questionnement .

Vanessa FANUELE : bâtisseuse de rêve spontanée

Vanessa Fanuele Fondation Fernet-Branca 5 femmes L'enfgagement poetique 5 femmes L'enfgagement poetique Photo VB
Vanessa Fanuele Fondation Fernet-Branca 5 femmes L’engagement poétique ©VB

Vanessa raconte avoir grandi au sein d’une famille d’architectes ( père et grand-père )  dont elle a suivi les traces . La jeune artiste qui a commencé a exposer il y a 12 ans , est influencée bien sur par sa formation en architecture mais aussi par d’autres secteurs artistiques comme l’art primitif . Ses  toiles laissent souvent apparaître des animaux embusqués au coeur de forêts qui pourraient être aussi bien tropicales que vosgiennes , on pense à Peter Doig  . Vanessa aime brouiller les codes : parfois , le jour ne se distingue pas vraiment de la nuit , une perte de repère qui réfère au plan cinématographique de la Nuit Américaine . On trouve dans les travaux exposés à la Fondation Fernet-Branca  tous les éléments qui ponctuent l’univers de Vanessa Fanuele : le rêve, la nature , l’architecture, la lumière , la nuit et… la gourmandise  . La grande salle qui abrite un quadriptyque paysager lumineux laisse également découvrir une série de sculptures de plâtre et de bronze représentant des Donuts , métaphores du cycle de la vie ,  jouxtant une construction aux allures de Tour de Babel  tout près d’une oeuvre évoquant la maison Farnesina à Rome , clin d’oeil aux origines italiennes de l’artiste. Vanessa Fanuele aime  travailler aussi bien le béton que les matèriaux naturels comme le bois  telle cette poutre de cèdre utilisée pour une interprétation personnelle de l’arche de Noé . Il y a aussi des personnages  blottis au fond des bois , mais qui souvent s’apparentent à des créatures fantomatiques comme pour signifier leur égarement sentimental ( allusif au songe de Poliphile ) ou spirituel ( allusif à l’Enfer de Dante ) .

Née en 1971, Vanessa Fanuele vit et travaille à Paris www.vanessafanuele.net

 

Marie-Hélène FABRA : voyage au pays des mythes

Marie-Hélène Fabra Fondation Fernet-Branca Photo VB
Marie-Hélène Fabra Fondation Fernet-Branca ©VB

Ce qu’est le processus de creation pour Marie-Hélène Fabra : ” un petit courant qui coule depuis l’esprit ... ” . L’esprit  ou plutôt , les esprits , voici la grande affaire de cette artiste parisienne formée aux Beaux Arts à Paris . Marie-Hélène Fabra a longtemps  travaillé en unité psychiatrique dans les prisons , Fresnes en particulier . Il y a une dizaine d’années , elle y a engagé un travail filmique de 40 minutes autour des tragédies grecques Sophocle et Oedipe. L’ensemble du travail a été réalisé sur place : décors , costumes , textes . Marie-Hélène Fabra en a gardé en tête et au bout de son pinceau les visages de Narcisse ou d’Oedipe ou encore d’Icare , fondus dans un paysage arc-en-ciel acquarellisé tout de douceur enveloppé . Au décès de sa mère , Marie-Hélène doit trouver dans son travail les ressources pour supporter le deuil. Elle se plonge alors dans les archives familiales composées de photos d’un monde disparu et des journaux intimes de sa grand-mère . Les grands-parents maternels de Marie-Hélène Fabra ont perdu la vie dans les camps roumains dans les années 50. Les Métamorphoses d’Ovide font écho à ce passé douloureux car elles ont été conçues vraisemblablement lors de l’exil de l’auteur en Roumanie , le pays de sa mère. Marie-Hélène trouve donc une partie de son inspiration dans les légendes et les histoires venues de tout le continent eurasiatique. Ces réminiscences ouvrent la porte à des revenants, des spectres, des apparitions  , parfois inquiètants jetés sur les toiles sobrement en noir et blanc .

En 1987 Marie-Hélène Fabra, est diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, atelier Cueco, mention TB et prix Raucheron . www.marie-helene-fabra.fr

Haleh ZAHEDI : une vision du  dessin entre le délire et le fantasme

Haleh Zahedi Fondation Fernet-Branca Photo VB
Haleh Zahedi Fondation Fernet-Branca©VB

Doigts levés, entortillés avec des ongles phalliques , arbres  vus  à  la  fin  de  l’hiver,  dans  une  nudité  qui  contorsionne  l’espace , visages grimaçant contenus dans les écorces, ce sont des yeux avides de voir, de serrer l’espace du dehors,  corps à la peau noire et grise comme un cuir tanné par le fusain. Ce sont des dessins naturalistes : animaux , arbres , parfois , on ne sait pas , on est sur de rien sauf que ce sont ces formes humaines qui donnent au dessin de l’artiste la dimension poétique recherchée . Haleh Zahedi laisse faire son imaginaire. Elle puise dans une introspection forte des images que le monde a portées pour elle et en elle. C’est d’un travail analytique qu’il s’agit . Elle utilise le fusain, l’encre, et parfois du blanc . Haleh Zahedi travaille par séries qui deviennent des suites .

Née en 1982 à Téhéran, Iran. Haleh Zahedi  vit et travaille en France depuis 2008 www.halehzahedi.com

Chargée d’enseignement en Arts visuels à l’université de Strasbourg (depuis 2013) Présente dans la collection publique de l’Artothèque de la ville de Strasbourg (depuis 2014) Participation aux Ateliers ouverts Alsace à Zone d’art, Strasbourg (de 2013 à 2017)

Marine JOATTON : un destin d’artiste tracé par des ancêtres peintres du Roi

Marine Joatton Fondation Fernet-Branca©VB

Même si l’un de ses ancêtres était peintre du roi côté maternel , Marine Joatton n’est pas tombée toute jeune dans la marmite artistique. Elle a d’abord fait Sciences Po à Paris , pour faire plaisir à ses parents dit-elle  .  Puis , elle est sortie diplômée en 2001 de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris . Comme son père était un acquarelliste d’assez grand renom , pas question d’un second artiste dans la famille ; Marine fuit donc en Ecosse pour suivre des cours puis en donner à la célèbre St Andrews School . Marine Joatton est installée dans le 18 ème dans un atelier , minuscule dit-elle,  tout proche de son appartement , où elle vient consciencieusement chaque matin – ” l’aprés-midi n’est pas propice à la concentration “ – peindre ce qui l’inspire , des fleurs , en bouquets multicolores et désordonnés à grands coups de pinceau volontaires,  des personnages aux allures de trolls sans malice . Son art est d’abord figuratif , plutôt sentimental . Ainsi , lorsqu’elle peint un bouquet floral pense-t-elle spontanément aux fleurs offertes à la maman ou à la grand-mère. C’est aussi une manière de revenir au beau , ce qui lui paraît vraiment vital . Elle ne démarre jamais un travail avec des idées préconçues mais fonctionne par associations , des chansons peuvent enclencher le geste pictural ( Charles Trenet que chantonnait son père ) . Marine Joatton a gardé sa capacité d’émerveillement , c’est son âme d’enfant qui tient haut le pinceau.

« Face aux dessins, peintures et sculptures de Marine Joatton, il est bien difficile de savoir sur quel pied danser. Que sont, ou qui sont, ces silhouettes, présences aussi affirmées qu’improbables, jaillissements de vie animale et humaine singulièrement entre mêlée ? Antoine de Galbert, fondateur et président de La Maison Rouge, découvrant son travail dans son atelier parisien, lui disait en 2005 : « Vous avez le choix, vous pouvez poursuivre vos recherches soit du côté de l’Art brut soit du côté de l’art contemporain ». « Je n’ai rien répondu à l’époque, j’étais un peu perdue », se souvient Marine Joatton, qui poursuit : « Je ne fais pas de l’Art brut, que j’aime beaucoup. J’espère qu’il y a des qualités de mon travail qui peuvent se retrouver dans l’Art brut.» Clairement, elle débusque, combat et brise avec bonheur les opacités et les chaînes des conventions du regard. Ces derniers mois, Marine Joatton peint des grands portraits à l’acrylique sur papier. « J’aime peindre les têtes, les têtes qui ne se regardent pas. Je travaille beaucoup la présence de la peau, du pelage. J’aime qu’il y ait de la chair, une vraie présence de la matière picturale. » Colin Cyvoct, journal l’œil, septembre 2018

Marine Joatton est née en 1972. Elle vit et travaille à Paris . Elle est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris (1992) . Et de l’école nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, ENSBA (2001)

Marine Joatton s’est vue consacrée par une grande exposition consacrée au Musée d’art moderne et contemporain (MAMC Saint-Etienne ), où différentes étapes de son parcours sont déployées de manière à mettre en lumière sa dimension universelle.

www.joatton.com

Marie-Amélie GERMAIN : le ciel , les arbres , les cabanes

Marie-Amélie Germain Fondation Fernet-Branca 5 femmes engagées en poétique Photo VB
Marie-Amélie Germain Fondation Fernet-Branca ©VB

“Qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages ! ” Voici ce que m’ont inspiré les tableaux bucoliques de Marie-Amélie Germain , l’extrait de ces jolis Petits poèmes en prose de Baudelaire .

Pour l’exposition de la Fondation Fernet-Branca , Marie-Amélie Germain s’est focalisée sur le thèmes des cabanes , une survivance de notre enfance si bien exprimée qu’elle en devient presque palpable .

« Le dessin, le signe, la marque, l’écriture personnelle m’ont toujours semblé, du plus loin dont je me souvienne, des outils intimement nécessaires pour comprendre le monde, l’apprivoiser et tenter de m’expliquer. Est-ce que parce que solitaire par obligation dans une vaste campagne où marcher et regarder venait tromper l’absence de projet clair, où la contemplation forcée des heures qui s’égrènent m’ont occupée des saisons durant, j’ai aujourd’hui le besoin de revisiter ces pages édéniques où l’émerveillement et l’ennui se mêlaient confusément. A moins que ce soit plutôt l’infusion lente dans la lumière changeante du jour, année après année, la vision des trouées de lumière après celles des vastes ombres noires ou bleutées le long des sentiers, les formes amples et souples d’obscur et de clair qui bousculent la perception, de l’éblouissement jusqu’à l’ivresse qui me rendent aujourd’hui si passionnément nécessaire le travail des contrastes et plus particulièrement celui du noir et du blanc grâce au fusain. Avec un outil primitif quoiqu’amélioré, le fusain, retrouver une simplicité technique qui me permet de revenir aux fondamentaux de l’écriture dessinée. C’est à chaque fois une remise à plat, un retour au geste, aux origines des apprentissages, une façon de retrouver l’innocence des premiers essais. L’infini des possibilités m’oblige à des choix précis qui serait d’opposer des noirs et des réserves de blancs pour trouver « un suspens », comme on entrechoque des silex pour créer des étincelles, entrechoquer des masses de noir pour faire surgir la lumière. Une alchimie à réinventer sans cesse, construite autour de la dualité du noir et du blanc. »

Née le 29.10.1966 à Lyon, formée à l’école des arts décoratifs de Strasbourg, possède  une licence de lettres modernes. Figure dans les collections du département du Rhône et de la ville de Strasbourg (Artothéque).

Vit et travaille à Strasbourg.

Publication Codirection (avec Germain Roesz) de la collection Bandes d’artistes des éditions Les Lieux Dits depuis 2015.

Éditions des livres d’artistes avec les poèmes de Claudine Bohi (Paupière blanchi, livre à 4 exemplaires pour la maison de la poésie Rhône Alpes, août 2016 et c’est les yeux, livre pauvre réalisé en 4 exemplaires pour le compte de Daniel Leuwers, juin 2014), avec les poèmes de Germain Roesz (Exemplaires n°1 et n°11 de la collections de Bandes d’artistes des éditions Les Lieux Dits) et avec les poèmes de Jean de Breyne pour la collection 2Rives des éditions Les Lieux Dits) et pour le texte de Sylvie Villaume (Paysage borrelia).

La Fondation Fernet-Branca accueille des artistes de tous horizons, locaux comme mondiaux et son rayonnement va plus loin que les frontières de la région puisqu’elle n’attire plus uniquement alsacien, bâlois et badois.

Informations pratiques :

Fondation Fernet Branca

1500m2 pour l’art contemporain

2, rue du Ballon

68 300 Saint-Louis – Alsace

+33 3 89 69 10 77

www.fondationfernet-branca.org

Horaires d’ouverture : du mercredi au dimanche de 13 heures à 18 heures

Président : Jean Ueberschlag

Directeur : Pierre-Jean Sugier

Médiation jeune public : Coralie Oberlaender

Chargée des projets et de la communication : Anaïs Roesz

Régisseurs : Perrin Keller, Michele Morando, Aglaé Rochette, Manon Cézaro

Nos partenaires :

Nous remercions les artistes et Gabriele Lechner, traductrice.

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