Fondation Fernet-Branca 5 femmes l’engagement poétique

Saint-Louis Fondation Fernet-Branca

Prochaine exposition de la Fondation Fernet-Branca intitulée 5 femmes : l’engagement poétique

VERNISSAGE samedi 24 novembre 2018 à 17h

Avec des œuvres de Marie-Hélène Fabra, Vanessa Fanuele, Marie-Amélie Germain, Marine Joatton et Haleh Zahedi. Exposition du 25.11.18 au 10.02.19 / Horaires d’ouverture du mercredi au dimanche 13h à 18h

Exposition 5 femmes Fondation Fernet-Branca

La Fondation Fernet-Branca présente cinq femmes artistes. Rien ne les réunit si ce n’est l’engagement qu’elles mettent en place pour défendre la peinture et le dessin dans une volonté de représentation du monde toujours renouvelé. Un langage poétique pour matérialiser le réel et lui donner sa vérité.

Ce ne sont plus des paysages, des ciels, des fleurs, la nature, ou des personnages… mais des univers en tensions où tous convergent dans une inquiétante familiarité…Ces cinq femmes nous font voyager dans la peinture et le dessin avec chacune leur origine et leurs influences d’une grande richesse plastique. C’est à chaque fois un nouveau monde qui s’ouvre au visiteur, à lui de se laisser emporter dans ce voyage intérieur.

Pierre-Jean SUGIER

Informations pratiques

Vernissage : Samedi 24 novembre 2018 à 17h

Exposition du dimanche 25 novembre au dimanche 10 février 2019

Horaires d’ouverture : du mercredi au dimanche de 13 heures à 18 heures

Marie-Hélène FABRA

www.marie-helene-fabra.fr

Il y a dans les œuvres de Marie-Hélène Fabra, des revenants, des spectres, des apparitions .  Marie-Hélène Fabra représente les messagers qui s’imposent à elle. Cependant, dans ses tableaux, ces êtres sont rarement menaçants, contrairement à ceux que l’on rencontre généralement  comme ce petit monstre dans Le Cauchemar de Füssli, dont la tête grimaçante est si fière de faire mourir la dormeuse, de peur. Dans les peintures de Marie-Hélène Fabra, les spectres sont plus amicaux, plus secrets aussi. Même dans une peinture de 2000 intitulée,  comme  la  toile  de Füssli, Cauchemar (140 x 130 cm), les choses se passent sans terreur. Rien de grave, et pour cause, le cauchemar représenté s’inspire d’une scène de film de série B.

Plus curieux encore, ces êtres irréels ayant la consistance d’une image mentale sont aussi des spectres dans le sens d’un déploiement de couleurs, acidulées, à partir d’une lumière vive : fantômes et arcs-en-ciel à la fois. Dans une toile de 2003 de la même série (Fictions), un autre personnage m’amuse beaucoup, venant d’une artiste, une pin-up en culotte rouge très basse, gros seins et yeux verts fluo, poursuivie par un cow-boy. Avec son regard illuminé, est-elle en train de faire signe à des amis intergalactiques qui viendront la sauver, ou elle-même se transforme-t-elle en un loup-garou extra-terrestre ? Derrière eux, un ciel rose-orange et des roches désolées rappellent les paysages      de Forbidden Planet,  même  si  la  source  de  cette  peinture  est  une  scène  du  film  de  Russ  Meyer Supervixens (1975) qui a d’ailleurs donné son titre au tableau (130 x 130 cm). Surnaturel et couleurs se répondent (…) Phantoma, texte de Vanessa Morrisset

En 1987 Marie-Hélène Fabra, est diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, atelier Cueco, mention TB et prix Raucheron

Vanessa FANUELE

Mêlant paysages peints et architectures-objets, Vanessa Fanuele crée un autre espace, celui d’un conte qui raconterait la survivance d’un monde à venir. Les Œuvres par leur traitement et leur référence évoquent la mémoire des lieux et le caractère puissant de la nature. Si le Songe de Poliphile de Francesco Colonna ou encore les Villes invisibles d’Italo Calvino pouvaient être des sources, c’est justement que l’artiste y trouve tous les éléments qui ponctuent son univers : le rêve, le paysage, l’architecture, la couleur et l’effacement. A la densité de la végétation représentée sur certaines toiles viennent s’opposer des sculptures en plâtre aux formes évoquant des Duck Architectures et des éléments des parc d’attractions des années 30. Ces « curiosités » semblent témoigner les traces d’une civilisation évanouie mais évoquent simultanément l’enfance, le jouet et des constructions futuristes.

Née en 1971, vit et travaille à Paris www.vanessafanuele.net

Marie-Amélie GERMAIN

« Le dessin, le signe, la marque, l’écriture personnelle m’ont toujours semblé, du plus loin dont je me souvienne, des outils intimement nécessaires pour comprendre le monde, l’apprivoiser et tenter de m’expliquer. Est-ce que parce que solitaire par obligation dans une vaste campagne où marcher et regarder venait tromper l’absence de projet clair, où la contemplation forcée des heures qui s’égrènent m’ont occupée des saisons durant, j’ai aujourd’hui le besoin de revisiter ces pages édéniques où l’émerveillement et l’ennui se mêlaient confusément. A moins que ce soit plutôt l’infusion lente dans la lumière changeante du jour, année après année, la vision des trouées de lumière après celles des vastes ombres noires ou bleutées le long des sentiers, les formes amples et souples d’obscur et de clair qui bousculent la perception, de l’éblouissement jusqu’à l’ivresse qui me rendent aujourd’hui si passionnément nécessaire le travail des contrastes et plus particulièrement celui du noir et du blanc grâce au fusain. Avec un outil primitif quoiqu’amélioré, le fusain, retrouver une simplicité technique qui me permet de revenir aux fondamentaux de l’écriture dessinée. C’est à chaque fois une remise à plat, un retour au geste, aux origines des apprentissages, une façon de retrouver l’innocence des premiers essais. L’infini des possibilités m’oblige à des choix précis qui serait d’opposer des noirs et des réserves de blancs pour trouver « un suspens », comme on entrechoque des silex pour créer des étincelles, entrechoquer des masses de noir pour faire surgir la lumière. Une alchimie à réinventer sans cesse, construite autour de la dualité du noir et du blanc. »

Née le 29.10.1966 à Lyon, formée à l’école des arts décoratifs de Strasbourg, possède  une licence de lettres modernes. Figure dans les collections du département du Rhône et de la ville de Strasbourg (Artothéque).

Vit et travaille à Strasbourg.

Marine JOATTON

« Face aux dessins, peintures et sculptures de Marine Joatton, il est bien difficile de savoir sur quel pied danser. Que sont, ou qui sont, ces silhouettes, présences aussi affirmées qu’improbables, jaillissements de vie animale et humaine singulièrement entre mêlée ? Antoine de Galbert, fondateur et président de La Maison Rouge, découvrant son travail dans son atelier parisien, lui disait en 2005 : « Vous avez le choix, vous pouvez poursuivre vos recherches soit du côté de l’Art brut soit du côté de l’art contemporain ». « Je n’ai rien répondu à l’époque, j’étais un peu perdue », se souvient Marine Joatton, qui poursuit : « Je ne fais pas de l’Art brut, que j’aime beaucoup. J’espère qu’il y a des qualités de mon travail qui peuvent se retrouver dans l’Art brut.» Clairement, elle débusque, combat et brise avec bonheur les opacités et les chaînes des conventions du regard. Diplômée de Science Po Paris à 20 ans, elle s’envole pour l’Ecosse, y enseigne le Français à l’Université de Saint-Andrews, et dessine, dessine beaucoup, dessine tant qu’elle décide de suivre un cursus de sculpture à l’université de Dundee. Puis elle revient en France pour intégrer les Beaux- Arts de Paris. Depuis, toutes ses journées sont consacrées à ses recherches terriblement libres, radicalement éloignées de toute censure de la raison raisonnante. Ces derniers mois, Marine Joatton peint des grands portraits à l’acrylique sur papier. « J’aime peindre les têtes, les têtes qui ne se regardent pas. Je travaille beaucoup la présence de la peau, du pelage. J’aime qu’il y ait de la chair, une vraie présence de la matière picturale. »

Colin Cyvoct, journal l’œil, septembre 2018

Marine Joatton est née en 1972. Elle vit et travaille à Paris . Elle est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris (1992) . Et de l’école nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, ENSBA (2001)

www.joatton.com

Haleh ZAHEDI

Doigts levés, entortillés avec des ongles phalliques , arbres  vus  à  la  fin  de  l’hiver,  dans  une  nudité  qui  contorsionne  l’espace , visages grimaçant contenus dans les écorces, ce sont des yeux avides de voir, de serrer l’espace du dehors,  corps à la peau noire et grise comme un cuir tanné par le fusain. Ce sont des dessins. Il faut s’approcher et regarder d’abord comment procède Haleh Zahedi. Elle est presqu’étonnée de la blancheur de la feuille, c’est un aveuglement qui d’abord se produit. C’est pour cela qu’elle part du noir. Elle dessine le noir, le contour du noir, la forme du noir .

Haleh Zahedi laisse faire son imaginaire. Elle puise dans une introspection forte des images que le monde a portées pour elle et en elle. C’est d’un travail analytique qu’il s’agit . Elle utilise le fusain, l’encre, et parfois du blanc . L’art ici puise au plus profond de la quête humaine, de son sens et parfois de son assomption, parce que l’avers de la mélancolie peut donner, comme nous le dit Jean Starobinski, lieu à « un gai savoir ». Haleh Zahedi travaille par séries qui deviennent des suites .

Née en 1982 à Téhéran, Iran.

Vit et travaille en France depuis 2008 www.halehzahedi.com

Chargée d’enseignement en Arts visuels à l’université de Strasbourg (depuis 2013) Présente dans la collection publique de l’Artothèque de la ville de Strasbourg (depuis 2014) Participation aux Ateliers ouverts Alsace à Zone d’art, Strasbourg (de 2013 à 2017)

Publication Codirection (avec Germain Roesz) de la collection Bandes d’artistes des éditions Les Lieux Dits depuis 2015.

Éditions des livres d’artistes avec les poèmes de Claudine Bohi (Paupière blanchi, livre à 4 exemplaires pour la maison de la poésie Rhône Alpes, août 2016 et c’est les yeux, livre pauvre réalisé en 4 exemplaires pour le compte de Daniel Leuwers, juin 2014), avec les poèmes de Germain Roesz (Exemplaires n°1 et n°11 de la collections de Bandes d’artistes des éditions Les Lieux Dits) et avec les poèmes de Jean de Breyne pour la collection 2Rives des éditions Les Lieux Dits) et pour le texte de Sylvie Villaume (Paysage borrelia).

La Fondation Fernet-Branca accueille des artistes de tous horizons, locaux comme mondiaux et son rayonnement va plus loin que les frontières de la région puisqu’elle n’attire plus uniquement alsacien, bâlois et badois.

Informations pratiques :

Fondation Fernet Branca

1500m2 pour l’art contemporain

2, rue du Ballon

68 300 Saint-Louis – Alsace

+33 3 89 69 10 77

www.fondationfernet-branca.org

Horaires d’ouverture : du mercredi au dimanche de 13 heures à 18 heures

Président : Jean Ueberschlag

Directeur : Pierre-Jean Sugier

Médiation jeune public : Coralie Oberlaender

Chargée des projets et de la communication : Anaïs Roesz

Régisseurs : Perrin Keller, Michele Morando, Aglaé Rochette, Manon Cézaro

Nos partenaires :

Nous remercions les artistes et Gabriele Lechner, traductrice.

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