Fondation Fernet-Branca Anne Immele

Fondation Fernet-Branca Saint-Louis Photo VB

La Fondation Fernet-Branca propose l’exposition Comme un souvenir… du 24.02.19 au 05.05.19

Dove Allouche (Le temps scellé, Collection du FRAC Alsace), Pierre-Yves Freund, Anne Immelé

Présentation du travail de l’artiste Anne Immelé. 
Rendez-vous le jeudi 07 mars à 19h30 pour une soirée rencontre conviviale suivie d’une dégustation de vins choisis par l’artiste auprès de Fabrice Jego, caviste Au Monde du Vin, Saint-Louis.
Pour s’inscrire

Andrei Tarkovski Solaris 1975 Extrait Fondation Fernet-Branca 2019 Photo VB
Andrei Tarkovski Solaris 1975 Extrait Fondation Fernet-Branca ©VB

Le temps et la mémoire sont deux aspects majeurs du cinéma d’Andreï Tarkovski. Pour le cinéaste russe l’image est nécessairement poétique, elle a pour vocation d’exprimer la vie à travers le passage du temps. La dimension contemplative du rapport au paysage, l’importance de l’eau sous toutes ses formes, l’imbrication de différentes temporalités et l’errance sont autant d’éléments que l’on retrouve dans la pratique photographique d’Anne Immelé, invitée par la Fondation Fernet-Branca pour cette exposition qui ne se veut pas une illustration, mais une interrogation de l’univers visuel d’Andreï Tarkovski.

Afin de créer un dialogue en écho aux multiples dimensions de l’image chez Tarkovski, Anne Immelé a convoqué quelques pièces de Pierre-Yves Freund et Dove Allouche, deux artistes dont toute l’œuvre est marquée par le passage du temps. Les sculptures de Pierre-Yves Freund revêtent une dimension de suspens, de questionnements sans réponse ; l’altération et la modification des éléments solides ou liquides résonnent avec les préoccupations esthétiques de Tarkovski. Pour la série Le temps scellé, Dove Allouche est allé photographier les lieux du tournage de Stalker (1979) quelque trente ans après le tournage du film. Il en résulte des paysages chargés de la mémoire du film.

Informations pratiques

Vernissage : Samedi 23 février 2019 à 17h

Exposition du dimanche 24 février au dimanche 05 mai 2019

Horaires d’ouverture : du mercredi au dimanche de 13 heures à 18 heures

ANNE IMMELE

 Les photographies d’Anne Immelé interrogent notre rapport au territoire dans ses multiples dimensions : géographique, humaine, sociale mais aussi mémorielle et poétique. C’est à travers l’édition et l’accrochage que ses images entrent en dialogue les unes avec les autres, créant un terrain de confrontation. Anne Immelé expérimente des rapprochements, montrant simultanément des visages et des vues de lieux chargés de nos mémoires individuelles ou collectives. Par ce moyen, elle renouvelle un questionnement sur le vivre ensemble et sur le partage d’une expérience commune.

Elle a publié deux livres aux éditions Filigrane, Paris : En 2003, WIR avec le philosophe Jean-Luc Nancy, puis en 2009 Les Antichambres avec Corinne Maury, maître de conférence en esthétique du cinéma. L’édition WIR réunit des photographies prises dans différents territoires canadiens et Rhénans. La collaboration avec Jean-Luc Nancy se poursuit au fil des années, et a donné lieu au texte “L’approche / Die Annäherung” publié en Allemagne puis en France en 2008, ainsi qu’à une conversation filmée WIR+10 en 2013. L’édition Twin cities (Kunsthalle Mulhouse 2011) s’attache à trois villes jumelées avec Mulhouse : Timisoara (RO), Chemnitz et Kassel (DE). Ces villes sont vues à travers la métaphore des nuages, véhiculant différents thèmes comme le transfrontalier, les communautés, les migrations, la fraternité.

Docteur en art, Anne Immelé exerce une activité de commissariat d’exposition, qui prend appui sur les recherches théoriques, engagées depuis son Master en Arts Visuels à l’Université Laval de Québec, Canada (1997). Elle a développé une réflexion sur la mise en espace de la photographie et sur le médium de l’exposition en lui-même. Ses recherches curatoriales font suite à une thèse de Doctorat en Arts, soutenue en 2007 à l’Université de Strasbourg, parus sous le titre “Constellations photographiques” chez Médiapop éditions.

En 2013, elle fonde, avec Jean-Yves Guénier, la Biennale de la photographie de Mulhouse dont elle assure la direction artistique et le commissariat de certaines expositions.

Anne Immelé, vit et travaille dans l’espace Rhénan, elle enseigne à la HEAR, Haute école des arts du Rhin. Elle a participé à de nombreuses expositions, entre autres à la galerie Dazibao de Montréal, à la galerie VU de Québec, à l’Institut français de Stuttgart, au Centre Européen d’Actions Artistiques Contemporaines (CEAAC) de Strasbourg, au 19 Centre Régional d’Art Contemporain de Montbéliard, à la Biennale d’art contemporain de Sélestat ou à la Fondation François Schneider.

Anne Immelé

PIERRE-YVES FREUND

L’œuvre de Pierre-Yves Freund s’apparente à une méditation sur le très peu et le lien forme/pensée/forme. Ses prélèvements de matériaux dans la nature ou la ville, lors de ses marches, sont des suspensions de temps destinées, dans un espace géographique donné, lors d’une exposition, ou dans le secret d’une déposition imperceptible dans un torrent ou un bois, à transformer l’espace à partir du geste d’intervention.

Inassimilable socialement, l’œuvre de Pierre-Yves Freund produit, entre résistance des matériaux et sensation de mutabilité, une impression d’ailleurs, telle une entaille dans l’ordre de la réalité.

L’INTERVALLE, Entretien de Fabien Ribery, Janvier 2018

[…] Ce qui fonde la pratique de Pierre-Yves Freund c’est avant tout une attention et une attente. Une attention à la façon dont la matière se prête à l’expérimentation et ce qu’elle permet et propose. Cela dans un dialogue entre ce qu’elle induit, ce qu’elle subit et ce qu’elle autorise. Pour Pierre- Yves Freund toute forme se conçoit à l’aune du geste qui l’engendre.

Mais cet engendrement est chez lui déterminé par la nature du matériau, sa plasticité, sa résistance et ses limites. Ainsi ce qui porte son travail est ce qui fait lien entre l’anticipation d’un protocole de production, comme le choix d’associer des matériaux aux qualités contraires et l’aléatoire du processus en ce qu’il produit comme rupture, comme tension ou comme altération. Il y a chez lui ce que l’on pourrait énoncer comme une esthétique de l’attente : celle qui laisse la forme advenir à l’expérience du geste, celle qui laisse le temps donner sa tessiture à la surface des choses et celle de la rencontre entre matière et énergie afin de permettre au dessin d’émerger dans les interstices de la forme ou à la sculpture d’être engendrée par une tectonique à la fois destructrice et créatrice.

Le lieu même de l’œuvre de Pierre-Yves Freund est cette ligne de crête fragile où se font et se défont les visions et les choses. En ce lieu le vide permet d’éprouver la plénitude et le flou reconfigure le visible. Dans un très beau texte, Caroline Sagot Duvauroux chemine dans cette œuvre dont l’ambition est d’être au plus près ce point d’équilibre ou de basculement entre naissance et engloutissement.

Ses œuvres évoquent une méditation sur la matière de notre monde, comme condition de sa pensée et de son expérience entre l’infinitésimal et l’incommensurable.

Dove ALLOUCHE

Le travail de Dove Allouche analyse le passage du temps, en cherchant à rendre perceptible l’insaisissable. Par exemple, sa série intitulée Mélanophila I est basée sur des photographies prises dans une forêt calcinée au Portugal, à partir desquelles il réalise des dessins au fusain, qu’il photographie à leur tour pour effectuer finalement des tirages au charbon. Comme s’il voulait, par ce processus en strates, que l’œuvre soit au plus près de la nature et du matériau photographié. Les images sont des représentations du réel, contenant des éléments physiques de cette réalité. Il a ensuite développé cette idée avec Melanophilia II, un ensemble de 140 dessins de petit format, réalisé à partir d’autant de photographies de cette même forêt calcinée, prises en quelques minutes. Il réalisera ces dessins au fusain sur une période de cinq ans, comme pour restituer l’existence – mentale – des arbres disparus dans l’incendie.

Le Temps scellé, ensemble de 13 photographies, résulte d’un voyage à Tallin, en Estonie, sur les lieux du tournage du film Stalker (1979) d’Andréï Tarkovski. Dove Allouche a retrouvé les sites de la mystérieuse « zone », dans laquelle se rendent un écrivain, un professeur de physique et un passeur (le « stalker »), à la recherche d’une chambre censée combler les vœux de ceux qui y pénètrent. Les lieux sont quasi intacts, calmes et désolés, seuls les arbres ont poussé. Prises près de trente ans après le tournage du film, ces vues d’un paysage apparemment banal, mais chargé de la mémoire de cette fiction, prolongent l’existence mentale de la « zone » dans le présent du regard de l’artiste, et par-delà, lui donne une permanence atemporelle. Olivier Kaeser, 2007

Informations pratiques :

Fondation Fernet Branca

1500m2 pour l’art contemporain

FONDATION FERNET-BRANCA

2, rue du Ballon

68 300 Saint-Louis – Alsace

Tel : +33 3 89 69 10 77

Horaires d’ouverture : du mercredi au dimanche de 13 heures à 18 heures

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