Marianne James de retour à la Coupole

Marianne James Theatre La Coupole Soirée au coin du feu janvier 2019 Photo VB

Marianne James inaugure les soirées intimistes de la Coupole : bavardage décontracté  Au coin du feu 

La couleur de la soirée est annoncée : canapé large et confortable , feu crépitant dans la cheminée ,  bref , nous voici plongés dans une atmosphère chaleureuse , gaie et …musicale . Oui , Marianne James est guitariste de formation et nous en apprendrons beaucoup plus au cours de la soirée . Sur une idée de Marianne James associée à Eleonora Rossi , directrice du Théâtre La Coupole  , les soirées Au coin du feu seront désormais partie intégrante du programme et permettront au public d’en connaître davantage sur les artistes se produisant au théâtre. Belle idée vraiment ! 

Alors , Marianne , raconte ton entrée des artistes ! 

Commençons par le commencement en suivant les étapes du périple de l’artiste sur grand écran  

Maurice et la chocolaterie
Marianne James au Théâtre la Coupole soirée au coin du feu janvier 2019  Photo VB
Marianne James Théâtre la Coupole ©VB

La famille : Marianne Gandolfi est née en 1962 au pays du nougat , Montélimar . Maman est italienne , papa est ardèchois , il ressemblait comme deux gouttes d’eau à Saddam Hussein . Marianne et sa soeur aînée Pascale aiment passer les étés chez la grand-mère dans le petit village d’Ardèche . Jacqueline ( Giacomina ) et Maurice , les parents , sont patissiers chocolatiers , le rêve pour n’importe quel enfant sauf que le métier occupe la presque totalité de leur temps qu’ils ne peuvent donc accorder à leurs enfants. ” Il existe une connexion entre l‘histoire professionnelle de mon père et la ville de Bâle . Il y était venu pour intégrer la très prestigieuse COBA , l’Ecole des Chocolatiers à Bâle qui fut longtemps la seule école de confiserie au monde ( fréquentée entre autres par un certain Gaston Lenôtre  et le chocolatier Raymond Bonnat ) . Mon père sentait toujours bon le chocolat et la vanille ! ” Pour retrouver sa famille sans doute et pour des raisons de santé , Maurice vend la patisserie et le salon de thé en 1983 , l’occasion pour Giacomina d’ouvrir un salon de coiffure – parfumerie tandis que Maurice intègre une fabrique de nougat à Montélimar, ça va de soi . Marianne a 14 ans et s’interesse depuis plusieurs années davantage à la musique qu’au nougat . Certainement que voisiner avec les Petrucciani père et fils y fut pour quelque chose . ” Mon père et Tony Petrucciani étaient de bons potes , commerçants tous deux , Tony vendait des instruments de musique et Michel et moi étions nés en 1962 , ça nous faisait des points communs.  Je montais chez les amis corses prendre des cours de guitare auprès de Tony  fumait comme un pompier ( Autres temps , autres us ), des Boyard Maïs  ( Aïe , ça fait mal !) .

La musique : au début , Billy Holliday me rendait juste triste . Ensuite , j’ai découvert Ella Fitzgerald , un de mes modèles avec La Callas . J’étais fascinée par cette technique du Scat toute particulière au jazz dans laquelle les paroles originales sont remplacées par des syllabes ou des onomatopées  improvisées. Je voulais aussi scatter comme les grandes dames du jazz . C’est aussi la pèriode au cours de laquelle j’ai découvert mes possibilités vocales , bien au-delà de 2 octaves ( une octave et demie pour une voix non formée ; à partir de 3 à force de travail ). Au début , 14 ans,  Marianne se lance dans une interprétation de Stormy Weather , magnifique reprise de Fitzgerald jouée pour nous dans un anglais à la française version occitane  , parfait donc . Je plaisante ! A 18 ans , adieu l’assent du Sud , bonjour Paris ! Marianne monte à la capitale , sans idée préconçue de la catégorie dans laquelle elle se placera sur la scène musicale : jazz , pop , classique … “Le fait de n’avoir jamais vraiment choisi a été clairement un frein . En France , on aime les classements et laisser les gens dans leurs cases . C’est bien différent dans les pays anglo-saxons où chacun a sa chance pourvu que le talent soit là. Oprah Winfrey par exemple coiffe sans la moindre critique sa casquette de woman talk show et celle d’actrice- souvenons-nous de La Couleur Pourpre de Spielberg. ” 

Ulrika von Glott : c’est un sketch que Marianne James avait déja en tête à 14 ans. Avant de passer à la Sorbonne une licence de musicologie et recevoir le premier prix de chant du conservatoire national supèrieur de musique et de danse de Paris  , elle s’occupe quelques temps  à gagner sa croute en chantant dans les ruelles de Saint-Tropez ou  les bouches de métro parisiennes avec Pascale . Les soeurs sans peur vont même jusqu’à se produire sur l’esplanade du Vatican avant d’en être virées par les bons gardes suisses avec une bonne prune en prime . Mais, la vraie popularité  arrive avec l’ invention d’Ulrika von Glott en 1989 . La cantatrice allemande complètement foldingue, semble être une  version surdimensionnée d’elle-même – du point de vue physique s’entend – dont la principale activité sur scène est de torturer sa pianiste à coup d’injures . Marianne raconte comment, avec l’Ultima Recital ,  sa créature a occupé le devant de la scène durant 1178 représentations pour aboutir à la consécration : le Molière du meilleur spectacle musical en 1999 , reçu en salopette – tenue de gala oblige –  des mains de Michel Leeb . C’est peu dire du succès remporté par cette grande artiste pluritalentueuse qui a du tout de même , après une coquille incontrôlée , approuver forcée contrainte la distribution de 2000 affiches titrant L’Ultima Rectal ” ! 

La question du poids : j’ai lutté jusqu’à perdre plus de 100 kilos en total cumulé sur toutes mes années de régime draconiens ; à un moment donné , j’ai laissé tomber il y a une quinzaine d’années en vertu de l’idée qu’être maigre ne rend pas heureux . Mes idoles en musique sont très rondes , peut-être n’est-ce pas innocent et puis , je suis insubmersible ! Pour le RV en terre inconnue avec Frederic Lopez , on a du me lester de 17 kg de plomb pour que je ne remonte pas systématiquement à la surface de l’eau ! Ce qui n’empêche nullement Marianne James de s’intéresser à la mode , elle avait d’ailleurs créé  pour la Redoute onze collections dont les modèles nous sont montrés pour preuve sur grand écran .

Cette rencontre privilégiée avec Marianne James, première soirée au coin du feu, se termine sous une pluie d’applaudissements sur la Javanaise , joyeusement reprise par un public aux anges , invité à poser quelques questions avant de laisser l’artiste  à son dîner tardif après deux heures de conversation – presque – en privé . Attendons patiemment la prochaine soirée au coin du feu à moins d’envisager une version été , coquillages et sable fin .

Note : Marianne James reviendra à la Coupole l’an prochain pour le festival BULB , tenez-vous prêt!

PROCHAINS SPECTACLES DE LA COUPOLE

La nouvelle star de Marianne James chante la Javanaise au Théâtre la Coupole soirée au coin du feu janvier 2019  Photo VB
La nouvelle star de Marianne James connaît la Javanaise comme sa poche Théâtre la Coupole soirée au coin du feu janvier 2019 ©VB
Print Friendly, PDF & Email
[DISPLAY_ULTIMATE_SOCIAL_ICONS]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton back to top