Paris Jean-Michel Basquiat Egon Schiele Fondation Vuitton

Jean-Michel Basquiat Accrochage Drawings galerie Robert Miller New-York 1990 Fondation Vuitton 2018 Photo VB

Exposition Jean-Michel Basquiat Prolongation jusqu’au 21 janvier 2019

Exposition Basquiat Schiele Basquiat et Warhol Chair 1985 Fondation Louis Vuitton Photo VB
Basquiat et Warhol Chair 1985 Fondation Louis Vuitton Collection Bishofberger, Männedorf-Zürich ©VB

Jean-Michel Basquiat : l’oeuvre à lire investit les quatre niveaux de la Fondation Vuitton 

A Bâle, nous avions eu la chance en 2010 de pouvoir admirer une centaine d’oeuvres de Basquiat à l’occasion du cinquantenaire de la Fondation Beyeler. Un pur régal renouvelé en 2018 grâce à la Fondation Vuitton , autre écrin précieux pour artistes extraordinaires . L’exposition de la Fondation Vuitton parcourt, de 1980 à 1988, l’ensemble de la carrière du peintre en se concentrant sur plus de 120 œuvres décisives ( prêts de 100 collectionneurs privés ) . À l’image des Heads  de 1981-1982, pour la première fois réunies ici, ou de la présentation de plusieurs collaborations entre Basquiat et Warhol, l’exposition présente des travaux essentiels tels que Obnoxious Liberals (1982),  In Italian (1983) ou encore Riding with Death (1988), et des toiles rarement vues depuis leurs premières présentations du vivant de l’artiste, telles que  Offensive Orange  (1982), Untitled (Boxer)  (1982), et Untitled (Yellow Tar and Feathers)  (1982).

Jean-Michel Basquiat Sans titre 1981 Photo VB
Jean-Michel Basquiat Sans titre 1981©VB

Dès la sortie de l’enfance, Jean-Michel Basquiat quitte l’école et fait de la rue de New York son premier atelier . L’exposition affirme sa dimension d’artiste majeur ayant radicalement renouvelé la pratique du dessin et le concept d’art. Sa pratique du copier-coller a frayé la voie à la fusion des disciplines et des idées les plus diverses. L’acuité de son regard, sa fréquentation des musées, la lecture de nombreux ouvrages lui ont donné une réelle culture.  L’artiste concentre une grande partie de son oeuvre sur  les cultures et les révoltes africaines et afro-américaines dans son œuvre. Le décès de Basquiat en 1988 interrompt une œuvre très prolifique, riche de plus de mille peintures et davantage encore de dessins. L’exposition  s’organise chronologiquement, mais aussi par thématiques et dictant des rapprochements. L’exposition suit sa création graphique assortie de mots, de locutions et d’énumérations et du recours à la poésie hip hop concrète.

Jean-Michel Basquiat : une violence magnifique et militante

 

Fondation Louis Vuitton Basquiat Arroz con Pollo 1981 Courtesy The Brant Foundation Greenwich, Connecticut, Etats-Unis  Photo VB
Basquiat Arroz con Pollo 1981 Courtesy The Brant Foundation Greenwich, Connecticut, Etats-Unis ©VB Des symboles, des souvenirs  : la femme mère nourricière , Suzanne ?  Le poulet , arroz con pollo , plat traditionnel attaché à l’enfance de Basquiat  ; Suzanne est blanche , Basquiat est noir ; le mot TAR- goudron ou heroïne, noir-

Basquiat raconte sa vie à coups de brosses  furieux , certainement la meilleure façon de traduire les obsessions qui l’habitent au long de sa courte existence : la figure noire , la mort , les héros invincibles tels Sugar Ray Robinson , les musiciens fantastiques tels Dizzy Gillespie , les artistes esxtraordinaires  tels Picasso, les femmes de sa vie , sa compagne Suzanne en tête . Une violence magnifique servie par un genre figuratif reconnaissable entre mille qui tire le portrait de personnages aux visages effrayants marqués par la souffrance , de guerriers à l’air souvent pré-mortem  mais nageant dans un océan de couleurs vives complètement hypnotiques . Comme il se doit , les héros sont souvent couronnés  : l’exposition s’ouvre sur l’ensemble exceptionnel de trois grandes Heads (Têtes) de 1981 à 1983 .

Exposition Basquiat Schiele Basquiat Riding with death 1988 Fondation Vuitton Collection particulière Photo VB
Basquiat Riding with death 1988 Fondation Vuitton Collection particulière ©VB

Toute l’oeuvre de Basquiat est explicite .

Pour preuve,  Heads qui désigne aussi  le thème principal qui fournit la structure à partir de laquelle les musiciens de jazz créent leurs improvisations . Un modèle pour Basquiat brodant lui aussi ses propres variations à partir d’images d’autres artistes pour en réaliser ses propres versions ( Allégories de l’Envie Leonard de Vinci ) . Avant d’entrer au musée ( Whitney Museum NY )  ou même dans les galeries (Gagosian dès 1982 ) , Jean-Michel Basquiat graffe à l’air libre sous le pseudo de SAMO© – Always the Same Old Shit-.

Ainsi , jusqu’en 1981 , les rues de New-York  sont son premier atelier . La thématique de la rue occupe le rez-de-bassin de la Fondation . On y découvre un ensemble d’œuvres, majoritairement de 1981-1982. Le portrait saisissant d’un policier noir (Irony of Negro Policeman) ou celui du policier blanc , La Hara  trônent comme pour signifier avec plus de force l’insupportable hiatus porteur de trahison suprême entre la condition des noirs américains et le costume que certains d’entre eux choisissent de revêtir : celui de l’autorité blanche .

Exposition Basquiat Schiele Jean-Michel Basquiat Sheriff 1981 Fondation Louis Vuitton / Carl Hirschmannn  Photo VB
Jean-Michel Basquiat Sheriff 1981 Fondation Louis Vuitton / Carl Hirschmannn ©VB

Jean-Michel Basquiat autodidacte cultivé sous influences multiples

Certains ont pour habitude de classer Basquiat dans la case autodidactes sauvages : une fable risible dont la commissaire d’exposition Suzanne Pagé , directrice artistique de la Fondation Vuitton , s’applique soigneusement à détricoter les fausses ficelles pour  faire voler en éclats les préjugés y associés . Grâce à ses prédispositions d’ouverture liées à ses doubles racines haïtienne et portoricaine, l’artiste absorbe tout, tel un buvard, mixant l’apprentissage de la rue à un répertoire d’images, de héros et de symboles issus des cultures les plus diverses.

Un mix entre culture hip-hop et références à l’histoire de l’art

La culture hip-hop trouve se fraye un chemin parmi les références contemporaines socio-économiques ou historiques : la Bible, l’Égypte, le vaudou, les héros afro-américains, la bande dessinée voisinent avec Léonard De Vinci, Matisse, Picasso, etc. De là, à partir du collage et du graffiti, Basquiat invente un langage totalement inédit. L’interprétation des deux allégories de l’Envie réalisées autour de 1490 par Leonard de Vinci , est particulièrement notable : Basquiat en déduit Riding with Death ( Christ Church College , Oxford pour la première fois présentée à Paris) , oeuvre  dans laquelle l’artiste chevauche triomphalement bien que nu voire écorché une mort désarticulée ridiculisée qu’il domine fièrement . La toile est produite l’année de sa disparition en 1988.

Jean-Michel Basquiat : des chiffres , des lettres , des signes et des messages

Jean-Michel Basquiat mixe les techniques picturales et typographiques en réalisant des collages façon affichistes . On peut lire dans ses toiles comme dans un livre ouvert . Ainsi en est-il par exemple pour Slave Auction ( 1982 ) , un collage de papiers ( prêt du Centre Pompidou )  dans lequel il est explicitement question de l’exploitation des Noirs et de la traîte des esclaves. Les textes laissent apparaître des listes de noms : Jesus , Ben Hur , Jules César , Alexandre le Grand , Cleopâtre , Sophocle, Socrates , Aristophènes , Spartacus, les pyramides d’Egypte … qui pourraient rappeler de quoi l’homme est capable , du pire et du meilleur à la fois . Per Capita , toile de grand format réalisée en 1981,  recèle des indices socio-économiques .

Basquiat Per Capita 1981 Fondation Vuitton Courtesy The Brant Foundation Greenwich, Connecticut photo VB

Basquiat Per Capita 1981 Fondation Vuitton Courtesy The Brant Foundation Greenwich, Connecticut©VB

Jean-Michel Basquiat y relève l’écart discriminatoire entre le revenu par tête en Californie par exemple ( > 10 000$ / tête -Per Capita- ) et celui de l’Alabama peuplé essentiellement de noirs ( < 7500 $ / an / tête ); si l’on se concentre sur le haut de la toile , on peut y lire , au-dessus de la tête de Cassius Clay ,  E Pluribus , devise tronquée des pères  fondateurs des Etats-Unis  , Unis dans la diversité , amputé de Unum , message tout à fait clair référant à la faillite d’un ideal qui ne devrait laisser place à quelque discrimination que ce soit . Parfois , les mots prennent une telle importance qu’ils envahissent la totalité des tableaux comme dans Pegasus, dessin réalisé en 1987 , hommage probable à  Andy Warhol disparu la même année qui , lui-même ayant peint Pegase à sa façon dans une de leurs oeuvres collaboratives . Dans cette toile de plus de 4 mètres carrés entièrement occupée , on repère entre autres 47 fois le mot Schwarz , Eroïca – la 3ème Symphonie de Beethoven – de nombreuses fois, Pegasus bien sur mais aussi des diagrammes et symboles provenant de l’ouvrage de Henry Dreyfuss Symbol Sourcebook ( 1972 ) , somme rassemblant des mots , expressions et phrases répétés cohabitant avec des indications liées à des composants et outils sonores .

L’exposition présente Basquiat comme l’une des plus importantes figures de l’histoire de l’art, un artiste qui a radicalement renouvelé la pratique du dessin et le concept même d’art. Par son approche qui rappelle le copié-collé, il a introduit une convergence entre plusieurs disciplines et conceptions, ouvrant ainsi de nouveaux espaces de pensée, anticipant notre société Internet et post-Internet et les formes contemporaines de communication et de réflexion. Depuis le début des années 1990, la perception et l’analyse de son travail ont évolué. L’accent mis naguère sur le rôle et l’histoire de la peinture a glissé vers une vision plus conceptuelle, qui jette un éclairage revivifiant sur son procédé d’échantillonnage des sources et des techniques – y compris son utilisation du collage et de la sérigraphie -, le replaçant au sein du temps présent où prévalent les réseaux sociaux, la surveillance et la connexion ininterrompue” . Dieter Buchhart, commissaire 

Basquiat Young Picasso Old Picasso 1984 Fondation Vuitton Photo VB
Basquiat Young Picasso Old Picasso 1984 Fondation Vuitton©VB

 

Exposition Basquiat Schiele Basquiat Dos Cabezas 1982 Fondation Vuitton Photo VB
Basquiat Dos Cabezas 1982 Fondation Vuitton ©VB

 

Egon Schiele Fondation Louis Vuitton jusqu’au 14 janvier 2019

Egon Schiele Autoportrait Fragment 1913 Fondation Louis Vuitton Exposition Basquiat Schiele 2018 Photo VB
Egon Schiele Autoportrait Fragment 1913 Fondation Louis Vuitton©VB

Préambule de Bernard Arnault Président de la Fondation Louis Vuitton ( Extrait) 

…Jean-Michel Basquiat (1960-1988) n’est pas seul cet automne à la Fondation Louis Vuitton. Il est présenté aux côtés d’Egon Schiele (1890-1918) à qui nous dédions une section importante. Tous deux sont décédés dans leur vingt-huitième année, l’un en 1918, l’autre en 1988. Pour Egon Schiele, nous réunissons plus de cent œuvres, dessins, gouaches et tableaux. C’est l’exposition la plus conséquente présentée à Paris depuis près de vingt-cinq ans .Egon Schiele s’inscrit dans un des moments les plus captivants de l’histoire de l’art du XXe siècle : la Vienne des années 1900, une capitale qui a été le berceau de Gustav Klimt, de la musique d’Arnold Schönberg, de l’invention de la psychanalyse par Sigmund Freud. L’art de Jean-Michel Basquiat est, lui, situé au cœur de la scène new-yorkaise des années 1980, lieu d’un croisement inédit entre l’art et des cultures qui lui sont jusqu’alors périphériques, étrangères.

Bien que réalisés aux deux extrémités du siècle, sur deux continents, dans deux contextes différents, les travaux de Schiele et Basquiat ne sont pas sans points communs : la virtuosité, la place prédominante des corps, l’expression d’une subjectivité vive, parfois écorchée. Je dois remercier Dieter Buchhart, le commissaire invité de ces deux expositions, pour avoir affirmé, tout au long de ces deux parcours, l’appréciation d’une nécessité vitale de l’art, et avoir collaboré de si près avec Suzanne Pagé, directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton, et son équipe. Cette nécessité vitale de l’art est la donnée capitale des œuvres de Basquiat comme de Schiele. Basquiat parlait de « colère », Schiele écrivait que « celui qui n’est pas assoiffé d’art est proche de sa dégénérescence »

Egon Schiele Autoportrait au gilet debout 1911 Fondation Louis Vuitton Exposition Basquiat Schiele PhVB
Egon Schiele Autoportrait au gilet debout 1911 ©VB

 Exposition « Egon Schiele » (texte tiré du catalogue « Egon Schiele ») par Suzanne Pagé

En 2015, l’exposition « Les clefs d’une passion » à la Fondation révélait, en contrepoint de sa collection contemporaine, les fondements historiques des quatre grandes lignes qui la structurent et les engagements artistiques de son programme. Ceux-ci privilégient la contemplation, l’intérêt pour la musique/le son, un goût « popiste », mais aussi une vision éruptive et irréductible, celle de l’expression subjective de l’artiste. Dans cette première exposition se dégageaient les présences iconiques d’Edvard Munch, Alberto Giacometti et Francis Bacon.

Pour Schiele, d’emblée rétif à tout académisme, traitant frontalement, non sans narcissisme, à la fois de la sexualité et de la mort, un grand peintre est un « peintre de figures ». Portraits, autoportraits sont ici au centre de l’exposition d’une centaine d’œuvres mêlant travaux graphiques et quelques peintures. Elle est enrichie d’une sélection de paysages et de natures mortes nécessaires à l’appréciation de l’œuvre dans sa progression et ses détours. Dieter Buchhart, le commissaire, a dégagé pour l’ensemble du parcours « quatre lignes existentielles ». Littéralement, celui-ci suit l’évolution d’un trait d’abord ornemental, dans la suite du Jugendstil et encore placé sous l’impulsion directe de Klimt qui restera à tous égards la tutelle et la grande référence de l’artiste. Puis ce trait devient plus anguleux, tortueux, cassé par la vigueur d’un élan très expressionniste.

Ensuite, une ligne à la recherche d’un nouvel équilibre renvoie à un groupe d’œuvres contemporaines ou immédiatement postérieures à l’emprisonnement de l’artiste en 1912 et à l’angoisse prémonitoire de la guerre. Plus tard, dans les dernières années, la ligne sera recomposée à mesure que le peintre renouera avec un certain modelé. Le caractère « existentiel » de cette ligne s’apprécie aussi métaphoriquement, en tant que contour, non sans porosité, entre le peintre, ses modèles et sa propre expérience : la démence de son père, son refus d’une carrière balisée après l’entrée élogieuse à l’Académie et sa rupture avec celle-ci, ses diverses amours, l’épisode mal vécu de son emprisonnement pour une affaire dont il sera relaxé, et, prégnante, l’ombre de la guerre et de la mort.

Continûment, une ligne torturée pose des interrogations inquiètes : celles d’un observateur pénétrant, osant aborder frontalement les questionnements les plus crus, notamment la sexualité, à travers une introspection implacable et le regard sans bienveillance qu’il pose d’abord sur lui-même et les modèles auxquels il s’identifie. Plus qu’érotique, ce regard conjugue lucidité et effroi. Schiele avait écrit à son oncle en 1911 : « J’arriverai à un point où l’on sera effrayé par la grandeur de chacune de mes œuvres vivantes ».

À l’échelle du siècle, cette décennie viennoise est l’une des plus longues, eu égard d’abord à la guerre, mais aussi à l’effervescence stupéfiante de la pensée et de la création et aux bouleversements culturels décisifs dans l’histoire de l’art du XXe siècle. En 1906, lorsque Schiele entre à l’Académie de Vienne, les fauves en France et les expressionnistes de la Brücke ont déjà secoué l’Europe. Dès 1911, Kandinsky délivre ses premières aquarelles abstraites.

Schiele souhaitait que ses tableaux soient montrés dans « des édifices comme des temples ». Les très nombreux collectionneurs institutionnels et privés que nous avons dû solliciter l’ont entendu en rendant publiques, le temps de cette exposition, les pièces rares qu’ils ont réunies. Nous tenons à leur exprimer notre très particulière gratitude. La générosité des uns et des autres est d’autant plus appréciée qu’en cette année d’anniversaire de la mort de Schiele les institutions viennoises, dont les collections sont parmi les plus riches à cet égard, n’ont pu se départir de leurs œuvres en vue de cette légitime célébration dans son propre pays.

Suzanne Pagé Directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton ( texte parcellaire )

FONDATION LOUIS VUITTON

Informations pratiques

Horaires d’ouverture (hors vacances scolaires)

Lundi, mercredi et jeudi de 11h à 20h Vendredi de 11h à 21h, Nocturne le 1er vendredi du mois jusqu’à 23h Samedi et dimanche de 9h à 21h Fermeture le mardi

Horaires d’ouverture 

Tous les jours de 9h à 21h

Nocturne le 1er vendredi du mois jusqu’à 23h

 Tarifs

Tarif plein : 16 euros Tarifs réduits : 10 et 5 euros

Tarif famille : 32 euros (2 adultes + 1 à 4 enfants de moins de 18 ans)

Gratuité pour les personnes en situation de handicap et 1 accompagnateur

Accès

Adresse : 8, avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75116 Paris.

Métro : ligne 1, station Les Sablons, sortie Fondation Louis Vuitton.

Navette de la Fondation : départ toutes les 15 minutes de la place Charles-de-Gaulle – Etoile, en haut de l’avenue de Friedland. (Service réservé aux personnes munies d’un billet Fondation et d’un titre de transport – billet aller-retour de 2€ en vente sur www.fondationlouisvuitton.fr ou à bord)

Information visiteurs

+ 33 (0)1 40 69 96 00

Les applications de la Fondation

Nouveau parcours avec des interviews et des vidéos inédites. Prêt au comptoir d’accueil, également disponible sur smartphone grâce à l’Application Fondation Louis Vuitton sur l’App Store et Google Play. Accès WiFi gratuit.

Fondation Louis Vuitton 2018 Photo VB
Fondation Louis Vuitton©VB

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