Filature La photographie au Cambodge aujourd’hui

Filature 40 ans de photos Cambodge Photo VB

Filature de Mulhouse 40 ans après . La photographie au Cambodge aujourd’hui . Jusqu’au 17 avril 2019

Lim Sokchanlina Expo  Photos Cambodge Filature  Photo VB
Lim Sokchanlina Expo Photos Cambodge Filature ©VB

Sur une proposition de Christian Caujolle avec les 5 photographes Remissa Mak, Philong Sovan, Sophal Neak, Sorn Seyhaktit (dit Ti Tit), Sokchanlina Lim

+ 1 projection présentant la scène photographique actuelle : Remissa Mak, Chhin Tang Sothy, Chhin Tangchhea, Vandy Rattana, Khun Vannak, Khvay Samnang, Philong Sovan, Ly Min dit Lamo, Sokchanlina Lim, Heng Ravuth, Dareth Rosaline, Hong Menea, Sophal Neak, Pha Lina, Soun Sayon, Dav Leak Pheakdey, Khiev_Kanel, Chea Nging, Vong Sopheak, Chuon Nyra, Suong Mardy, Kong Vollak, Sorn Seyhaktit dit Ti Tit

CHRiSTiaN CaujoLLe commissaire de l’exposition

Né le 26 février 1953 à Sissonne dans l’Aisne, Christian Caujolle entre en 1973 à l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud, où il devient élève et collaborateur de Michel Foucault, Roland Barthes et Pierre Bourdieu. De 1978 à 1986, il collabore à Libération en tant que critique photographique, puis à partir de 1981 il est rédacteur en chef chargé de la photographie. À ce titre, il conçoit les numéros spéciaux consacrés à Jean-Paul Sartre et Jean Cocteau. En 1986, il crée l’Agence VU’ qu’il définit comme une agence de photographes plutôt que comme une agence photographique, affirmant ainsi la spécificité des identités qui la composent. En 1997, il est directeur artistique des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles. En 2001, il est commissaire invité du festival PhotoEspaña et organise ensuite de nombreuses expositions à travers le monde.

Christian Caujolle est le fondateur du festival Photo Phnom Penh. Créé en 2008, le festival est une manifestation annuelle, organisée par Photo Phnom Penh Association, structure de droit cambodgien, en partenariat avec l’Institut Français du Cambodge. Le festival reçoit une aide de l’Institut Français (Paris), de donateurs privés, français et étrangers, et du soutien de l’Association des Amis de Photo Phnom Penh basée à Paris.

40 ans après. La photographie au Cambodge aujourd’hui. texte de Christian Caujolle

Mak Remissa Expo Filature Cambodge Photo VB
Mak Remissa Expo Filature Cambodge©VB

Le 17 avril 1975, les soldats Khmers rouges entrent dans Phnom Penh et, en trois jours, vident la ville alors habitée par un million et demi de personnes. En dehors de quelques fonctionnaires et dignitaires du régime, la capitale devient une cité fantôme jusqu’à ce que les troupes vietnamiennes en prennent le contrôle le 17 janvier 1979. Ils trouvent une ville dégradée, sans électricité, aux rues défoncées dans lesquelles ont poussé des arbres, des immeubles dévastés.

Il faudra attendre le milieu des années 90 pour que la reconstruction redonne à la ville l’attrait qu’elle avait auparavant, avec cette extension caractéristique et fluide que lui donnent des immeubles bas puisque rares sont ceux qui ont plus de deux étages. Aujourd’hui, la ville vit une transformation profonde et anarchique, sur fond de spéculation immobilière et de corruption, de développement incontrôlé, de destruction du patrimoine architectural – aussi bien colonial que celui des années 70, en béton, remarquable –, d’édification de tours et de bâtiments massifs. Si elle perd de son cachet et de son identité, si elle n’évite aucun des écueils connus dans les grandes villes asiatiques à la circulation infernale, Phnom Penh vit l’illusion d’avoir rejoint, à une vitesse sidérante, la « modernité ».

C’est dans ce contexte qu’une riche scène artistique est apparue, surprenante dans un aussi petit pays qui ne connaît aucun enseignement artistique digne de ce nom et qui reste très éloignée de ce qui se fait ailleurs dans le monde. Elle est singulière, innovante, marquée par des individualités fortes impossible à rattacher à des courants internationaux et elle apparaît d’autant plus forte qu’elle ne se fonde sur aucun marché local. Tous ces artistes créent par nécessité profonde et, si certains commencent à être reconnus par les expatriés et quelques-uns à l’international, c’est avant tout un besoin d’expression, de se définir, de se chercher et de se situer face à la situation actuelle du pays qui fonde leur expression.

La photographie est un des domaines – avec la danse et le cinéma – les plus riches et créatifs de cette nouvelle scène cambodgienne. Portés par la dynamique du festival Photo Phnom Penh qui va fêter cette année sa 10e édition et qui leur a donné accès et permis de rencontrer des photographes étrangers, des jeunes ont commencé à s’exprimer fortement, pour analyser la situation de leur pays, pour critiquer, tenter de mieux comprendre, pour, aussi, regarder vers l’avenir. Dans des styles très divers, du documentaire au conceptuel, ils sont la preuve d’une reconstruction profonde, dense, marquée sur quatre générations par les problématiques de la mémoire, de l’histoire et de l’identité. Au moment où le pays se confronte à la présence de plus en plus massive de ce qu’ils considèrent comme une « invasion » chinoise.

E-book de Philong Sovan à consulter ici

Plus d’infos Remissa Mak – www.philongsovan.comwww.sophalneak.comwww.seyhaktit.wordpress.comwww.limsokchanlina.com

Galerie de La Filature en entrée libre du mardi au samedi de 11h à 18h30, les dimanches de 14h à 18h et les soirs de spectacles.

FILATURE DE MULHOUSE

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