Loïs Weinberger au Musee Tinguely

Loïs Weinberger Musée Tinguely Fouilles Grenier familial Stams Tirol 14 au 20 ème siècle Photo VB

Au musée Tinguely , la mort vous va si bien ! Loïs Weinberger jusqu’au 1er septembre 2019 : Debris Field

Le musée Tinguely continue de familiariser le public avec la mort : Loïs Weinberger troisième opus après Jerôme Zonder et Gauri Hill.

En présentant« Lois Weinberger – Debris Field», les restes de notre humanité vus par l’artiste ,  le Musée Tinguely propose au public de découvrir du 17 avril au 1er septembre 2019 un travail de recherche archéo-poétique. À travers son travail, l’artiste autrichien Lois Weinberger explore et révèle de manière fascinante des vestiges de plusieurs siècles d’occupation de la ferme de ses parents. Debris Field (2010- 2016) s’apparente à une fouille se déployant dans les strates sédimentaires du grenier et du plancher de la ferme. L’artiste considère la maison comme les archives de l’existence et les vestiges comme des notes marginales qui accompagnent l’essence des archives, à savoir leurs espaces vides. Il exprime ces lacunes essentielles et leurs espaces de mémoire avec des œuvres poétiques et rend le surréalisme du quotidien visible à travers des objets, dessins, textes et photographies.« Lois Weinberger – Debris Field» est la troisième d’une série d’expositions en dialogue avec Mengele-Danse macabre (1986) de Jean Tinguely qui s’attache à souligner le caractère pluridimensionnel de cette œuvre tardive. Avec l’exposition consacrée à Lois Weinberger s’ouvre un dialogue sur les différentes histoires de la ferme qui ont servi de sources matérielles à chacune des deux œuvres.

Pionnier dans la recherche archéo-artistique sur fond de spiritualité

Loïs  Weinberger Debris Fields Musée Tinguely photo VB
Loïs Weinberger Debris Fields Musée Tinguely ©VB

Les recherches artistiques pionnières de Loïs Weinberger (*1947 à Stams, Haut-Adige) associent l’art, la société et la nature. Il accède à la notoriété lors de la documenta X en 1997 lorsqu’il implante des néo phytes invasives sur une voie ferrée abandonnée en guise de métaphore des processus migratoires de notre époque. Il s’intéresse à la beauté des rebuts et des dissimulés de l’envers du paysage et des terrains vagues. À travers une variété de formes d’expression et une inclination pour l’expérimental, il entend présenter ses recherches comme des processus complexes qui témoignent du changement constant, du devenir et semblables à des complices à entreprendre un voyage et à faire des découvertes par de la disparition. Par leur franchise et leur indétermination, ses installations invitent les regardants semblables à des complices à entreprendre un voyage et à faire des découvertes par eux-mêmes.

Loïs  Weinberger Debris Fields Musée Tinguely Photo VB
Loïs Weinberger Debris Fields Musée Tinguely ©VB

Loïs Weinberger , l’artiste ordonné des petits riens

Tu es poussière et tu retourneras poussière mais pas tout à fait.

Debris Field ( 2010 – 2016 ) explore et révèle de manière fascinante des vestiges de plusieurs siècles d’une ferme exploitée jusqu ‘à nos jours par la famille de Weinberger. Rattachée au monastère de Stams, la ferme reflète l’histoire de leurs influences réciproques. Elle renferme des histoires tour à tour pieuses et superstitieuses et d’autres qui racontent l’austérité de vies de privations entre culture monastique et pratiques associées au Moyen Âge tardif. Debris Field s’apparente à une fouille se déployant dans les strates sédimentaires du grenier et du plancher de la ferme. Dans cette « archéologie de l’habitable  », l’absence de contact avec la terre et l’humidité a permis de préserver  une  richesse  semblable  à  un  cabinet  de  curiosités  composant un remarquable cosmos de la vie paysanne qui  rend  possible  une  plongée  dans le  quotidien. Parmi les débris les plus captivants, ceux qui trouvent leur origine dans des rites issus  de la culture populaire pour  conjurer  le  malheur. Ainsi  une serie de chaussures : pour garder le  souvenir des morts, on en gardait toujours une seule, afin que les défunts ne reviennent pas hanter les maisons. Ou encore, une momie de chat retrouvée dans les fouilles : on les tuait lors de rites, en offrande aux maisons. Et une chaussette datant de la guerre de Trente Ans et une planche sur laquelle ses ancêtres étaient transportés au cimetière (les cercueils étaient interdits).

Loïs  Weinberger Debris Fields Musée Tinguely Photo VB
Loïs Weinberger Debris Fields Musée Tinguely ©VB

Ces  objets  parareligieux et apotropaïques –  crânes d’animaux, pattes de chien,  momie de chat  et  chaussures orphelines de défunts conservées sous le plancher  –  s’imposent  grâce  à  leur  pouvoir  instantané  aux  côtés  de  témoignages  de  la foi chrétienne comme des textes sacrés, des  images  d’indulgence  et  des  billets  de  confession, des insignes de pèlerins ou encore des reliquaires.

Weinberger considère la maison comme les archives de l’existence et les vestiges comme des notes marginales qui définissent l’essence des archives, à savoir leurs espaces vides. Il exprime ces lacunes essentielles et leurs espaces de mémoire avec des œuvres poétiques et représente le surréalisme du quotidien à travers des objets, dessins, textes et photographies. Ceux-ci se prêtent à des mises en scène ludico-animistes conçues par association ainsi qu’à des réévaluations par l’intégration de ce que l’archéologie classique perçoit comme insignifiant.

Ainsi, des journaux fragmentés en morceaux  par des souris pour la construction  de leur  nid sont par la suite rongés autour des caractères d’imprimerie par des poissons d’argent.

En dialogue avec Mengele-Danse macabre de Jean Tinguely « Lois Weinberger – Debris Field» est la troisième d’une série d’expositions en dialogue avec Mengele -Danse macabre (1986) de Jean Tinguely qui s’attache à souligner le caractère pluridimensionnel de cette œuvre tardive. Dans le cadre de l’inauguration du nouvel aménagement de la salle en 2017, une première exposition consacrée à Jérôme Zonder mettait en évidence les aspects de la critique du totalitarisme. En 2018, une seconde exposition organisée autour de Gauri Gill abordait les thèmes du memento mori et de la danse macabre . A présent, cette troisième exposition consacrée à Lois Weinberger ouvre un dialogue sur les différentes histoires de la ferme qui ont servi de sources matérielles à chacune des deux œuvres.

Loïs  Weinberger Debris Fields Musée Tinguely  Photo VB
Loïs Weinberger Debris Fields Musée Tinguely ©VB

Commissaire d’exposition: Roland Wetzel, directeur du Musée Tinguely, conjointement  avec  l’artiste .

Publication

A l’occasion de l’exposition paraitra en référence à la publication épuisée Debris Field Erkundungen im Abgelebten, 2010-2016 de la documenta 14 (2017) une nouvelle interprétation de cet ouvrage en allemand et en anglais. Une présentation d’œuvres inédites sera complétée par un texte poétique de Lois Weinberger ainsi que deux contributions de Roland Wetzel et Adam Szymcyzk, commissaire de la documenta 14 à Kassel et à Athènes. En vente à la boutique du musée et en ligne.

 Musée Tinguely I Paul Sacher-Anlage 1 l 4002 Bâle

Durée : 17 avril – 1 septembre 2019

Horaires: mardi – dimanche, 11h-18h

Site internet : www.tinguely.ch

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