Richard Wherlock Shakespeare Antony Genn Martin Slattery

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The Comedy of Error(z) au Ballet de Bâle : une fois n’est pas coutume , Shakespeare nous fait une bonne blague servie par Richard Wherlock

The comedy of error piran_scott_claudine_schoch_ensmble  Photo Lucia Hunziker
The Comedy of Error(z) Piran Scott Claudine Schoch Ensemble ©Lucia Hunziker

Difficile de se concentrer sur la chorégraphie somptueuse de Richard Wherlock ce soir de Première de The Comedy of Error(z)  !  J’aurais pu , en effet , ne pas dire merci à Bono et sa femme Alison , pas plus qu’à Damien Hirst , d’avoir voulu honorer le compositeur Antony Genn de leur présence . Encore eut-il fallu que je les visse , ce qui n’a pas été le cas bien qu’à deux encablures à peine au-dessus de ma tête ( oui , je note tout de même mais sans consolation ) se trouvât le premier , idole de ma jeunesse et de ma pré-vieillesse si tout va bien jusqu’à ma mort , puisse-t-elle ne pas survenir trop tôt . Quant à Damien Hirst , de toute façon , je le connais très bien – pardonnez cette familiarité un peu incongrue mais ça me fait plaisir –  depuis que j’ai visité son monde aquatique personnel en long en large et en travers à la Biennale de Venise il y a deux ans , ses papillons cloués ou ses vaches tronçonnées ou encore sa pharmacie inutilement encombrante . Bref ! Merci mon Dieu , j’ai pu me concentrer à fond sur le spectacle grandiose de Richard Wherlock et grand bien m’en fasse ! Revenons-à nos moutons à présent.

Le pitch : “The Comedy of Error(z)” est l’une des premières pièces de Shakespeare. Elle est basée sur une comédie du poète romain Plaute, considéré comme l’un des premiers poètes comiques de la Rome antique . C’est une histoire de fous , pardon ! de frères jumeaux : les vrais et leurs esclaves , les uns coiffés à la Andy Wharol qui aurait pris la pluie , les autres coupe au bol teinture irlandaise . La confusion qui s’installe après un naufrage emportant une partie des protagonistes , est immense . On rirait très fort si on en avait l’envie mais le tableau ne brille pas d’un rose franc à tout moment et vire même parfois au noir foncé et pour cause :  un bateau , un naufrage , des gens perdus qui courent en tout sens : la référence au désastre des migrants aujourd’hui paraît claire , de même le hiatus riches-pauvres qui laisse toujours les mêmes sur le carreau , les premiers préservant jalousement leur quotidien rassurant animés par une agitation vaine  , les seconds  seulement occupés à survivre . A la fin , tout le monde s’embrasse après s’être entre-dévisagé , ahurissement appuyé joué avec grande justesse , une happy end à l’américaine donc dans une ambiance circassienne qui doit beaucoup à la lumière de Yaron Abulafia car c’est  bien la lumière qui  mène le spectateur par le bout du nez autour de cette sorte d’amphithéâtre grec comme si l’on évoluait dans les entrailles d’un vaisseau spatial , l’antre d’un Allien peut-être ou bien un sous-marin , en tout état de cause un espace clos dans lequel évoluent pareillement gueux et princes .

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The Comedy of Error(z) Giacomo Altovino Piran Scott Diego Denito Gutierrez Claudine Schoch ©Lucia Hunziker

Ce Shakespeare-là est donc transposé à l’ère contemporaine dans un univers à paillettes . Confusion et malentendus se succèdent au rythme effréné imposé par les compositeurs-musiciens  Antony Genn et Martin Slattery. L’univers rappelle celui du Cinquième Elément de Luc Besson à tel point qu’on s’attend à  croiser Mila Jojovitch , à moins que ce ne soit la Nathalie Portmann de Leon ( encore Besson ) ou encore la Uma Thurmann de Pulp Fiction ,  Tarantino  cette fois . Une farce shakespearienne écrite vers 1592  réinterprétée à la manière d’un voyage filmique d’anticipation choregraphié et orchestré brillamment, puissamment  : un conte de la folie peu ordinaire , un pan de l’ histoire de  notre humanité en clair-obscur voici ce que nous a offert Richard Wherlock assisté des compositeurs Antony Genn et Martin Slattery .

Musique Antony Genn

Ancien musicien du groupe Pulp, Antony Genn est un compositeur anglais né en 1971. Il est connu pour avoir co-écrit avec Joe Strummer  , co-fondateur et guitariste de The Clash DCD en 2002 , il a aussi  formé le groupe The Mescaleros dont il a produit le premier album en 1999  Rock Art and the X-Ray Style . Il produit ici pour The comedy of error une musique tantôt envoutante et mélancolique  , tantôt tribale à nulle autre comparable .

Les costumes de Catherine Brickhill

Pour le ballet “The Comedy of Error(z)”, Richard Wherlock collabore pour la première fois avec la styliste Catherine Brickhill surnommée “The Leather Queen”. Les figurines et les costumes de ces pages ont été créés par la créatrice britannique, découverte par le légendaire designer Alexander McQueen . Aujourd’hui Catherine Brickhill vit et travaille à Paris, où elle travaille pour des maisons de couture françaises comme Givenchy et Montana. En 2004, elle lance sa propre collection . Plus récemment, elle a développé la collection de prêt-à-porter pour la marque ASH, dont elle était la directrice artistique.

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The Comedy of Error(z) Javier Rodriguez Cobos Frank Fannar Pedersen©Lucia Hunziker

Richard Wherlock Chorégraphie et mise en scène

Né à Bristol (GB). A étudié à la célèbre Ballet Rambert School London et danseur dans leur compagnie. Lauréat du Prix Rhénanie-du-Nord-Westphalie des jeunes artistes 1992, de 1991 à 1996 directeur de ballet au Theater Hagen, puis pendant trois saisons directeur du Lucerne Ballet, puis directeur artistique et chorégraphe du Berlin Ballet au Komische Oper Berlin. Richard Wherlock a travaillé entre autres avec Werner Schroeter et Willi Decker. Depuis 2001/2002, il est directeur et chorégraphe en chef du Ballett Theater Basel, et de 2004 à 2009, il a été directeur artistique du festival “Basel tanzt”. Il a créé de nombreuses chorégraphies pour le Ballett Theater Basel. Ses adaptations des grands classiques tels que “A Swan Lake” sont particulièrement réussies, “Traviata – A Ballet”, “Carmen”, “Snow White”, “Juditha Triumphans”, “Eugen Onéguine” ou “Tewje” – des ballets historiques complets que Wherlock a réinterprétés avec la technique de danse contemporaine. Il a travaillé comme chorégraphe pour les compagnies suivantes, entre autres : New English Contemporary Ballet, Tanzforum Köln, Scapino Ballet Rotterdam, Finnish Dance Theatre Helsinki, Ballett Staatsth.

Prochaines représentations de The Comedy of Error(z)

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