49 ème édition d’ Art Basel 2019

Art Basel 2019 Photo VB

Art Basel  ouvert pour tous les amateurs d’art contemporain jusqu’au dimanche 16 juin 2019

Vous n’aurez peut-être pas assez de temps pour rendre visite aux 290 galeries et de découvrir les oeuvres des 4000 artistes choisis , alors , soyez méthodiques ! Ne ratez pas Art Unlimited  et son gigantisme ; réservez-votre soirée de samedi pour Art Parcours disséminé dans le centre historique de Bâle ; la relève de l’art contemporain , artistes et galéristes , se trouve dans le secteur Statements ; la crème des designers est reunie dans la Halle Design Miami Basel , vous y serez accueillis dans une ambiance très sixties vacances d’été au bord de la mer par la magnifique collection de voitures , la Riviera Rendez-vous de Stuart Parr , le rendez-vous au soleil à ne pas manquer ! Occupez le reste de votre temps à déambuler dans les allées des secteurs Galleries et Features – j’y ai rencontré les mariés de Modigliani ( la joie ! ) ou David Hockney en portrait de groupe à reflet chez plusieurs galéristes ou Tony Cragg un peu partout . Par contre , je n’ai pas croisé Rihanna car je n’étais pas au Teufelhof et pas non plus Brad Pitt car …peut-être n’y était-il pas.

Note à l’attention ce ceux qui ont du mal à séparer le bon grain de l’ivraie : Le galériste se reconnaît de loin car souvent doté d’un uniforme qui se veut plus cool que moi tu meurs : baskets, si possible fluos , costume bleu marine , allure décontract genre j’ai-péché-ça-en-vitesse-dans-mon-dressing et surtout visage fermé du gars qui discute avec son Mac et qui a autre chose à faire que causer avec les gueux de passage pour leur raconter deux trois choses à propos des artistes qu’il expose aux potentiels acheteurs . Ami n’appartenant pas à ce monde , passe ton chemin , fais quelques photos et surtout ne prends pas ombrage . Illustration : Emmanuel Perrotin , joyeux galériste reconnu , surement très convivial lors des fêtes qu’il organise , n’aime pas du tout qu’on le dérange pour lui poser des questions idiotes : bonjour , est-ce que les Baby Bears de Paola Pivi que l’on ne voit plus aujourd’hui ont été vendues ? Non , elles sont derrière vous …Oups – … on pourrait penser qu’elles ont été vendues . Oui , on en vend des fois … au revoir Madame ! Fin de cet échange chaleureux et instructif dont on sort bien informé et réconforté par tant de bienveillance  . Moralité , ne cherche pas à engager la conversation avec un galériste occupé à ne rien faire ; il est probable qu’il réflechisse en l’absence de son ordinateur ou de son smartphone et surtout dans l’attente d’un acheteur du futur immédiat. Note numéro 2 : garde-toi de généraliser , certains sont aimables , j’en ai rencontré.

Ceci dit , ne soyons pas bisounours , nous sommes dans un marché ou l’argent se passe d’émotion même si j’ai lu dans une revue que les collectionneurs achèteraient en fonction de leur coeur , c’est un collectionneur qui parle naturellement ! On pense aux comédiens interrogés sur leur motivation à accepter ou non un scénario : non , non , je ne cherche pas les grands réalisateurs , j’aime les sujets qui m’obligent à sortir de ma zône de confort , les films d’auteur , les jeunes metteur en scène ,blablabla… Bon , nous mentons tous pour rendre les choses plus jolies , plus humaines,  à moins que ce soit pas pure lâcheté.

Les chiffres de l’art en majuscule , cela va de soi .

Selon les estimations de la Cie d’assurances AXA , des œuvres d’art d’une valeur totale d’environ 3,5 milliards € sont en vente au salon de Bâle. Tandis que le marché mondial de l’art annonce royalement une progression de 6% par rapport à l’an dernier pour un montant total de  67,4 milliards de dollars ( Etude UBS ) , le positionnement de la tête de liste est sans surprise : USA n°1 avec 44% , Grande-Bretagne 21% , la Chine 19%  suivis très loin par la France avec 6% puis la Suisse avec 2% du marché. Prix des stands : les gros peuvent atteindre les 6 chiffres ; les petites galeries ont bénéficié d’une ristourne de 13%. 

A Art Basel , les galéristes sont là pour nouer des contacts importants , et montrer aux collectionneurs , aux musées , à tout acquéreur potentiel en somme, ce qu’ils ont dans le ventre . Ca s’est plutôt bien passé pour plusieurs d’entre eux , à commencer par David Zwirmer qui a vendu dans la première heure pour 20 millions de dollars un Gerhard Richter. Un Fontana ( fond rouge 24 coups de couteau ) vendu pour CHF 17 millions , un autre de Cy Twombly pour CHF 7,5 millions. La Caroline de Giacometti a été cédée pour 18,5 millions de $ par la Galerie landau Fine Art de Montreal. La galerie Haas a vendu son Kirchner pour CHF 4,5 millions ; même prix pour le Thrilllerbild de Paola Rego chez Marlborough . Jeff Koons se vend toujours aussi bien à en croire les 22 millions de dollars réclamés pour son Sacred Heart, un peu plus accessible tout de même que le  «Rabbit» cédé pour 91 millions de dollars le 15 mai dernier, lors d’une vente aux enchères de Christie’s à New York, un record absolu payé à un artiste vivant.

Le Baloise Art Prize a été remis à Giulia Cenci ( Cortonna 1988) pour Territory qui en a retiré la somme rondelette de CHF30 000 .Le prix consiste également en l’acquisition par le Groupe Bâloise des œuvres lauréates, qui sont ensuite données à la Nationalgalerie – Staatliche Museen zu Berlin et au MUDAM à Luxembourg. En plus du prix de l’artiste un ensemble d’œuvres a été acquis et fera partie de la collection du MUDAM au Luxembourg. L’artiste a été invitée par les conservateurs du Palais de Tokyo à participer à une exposition à la prochaine Biennale de Lyon.

Pour les gueux que nous sommes , c’est à dire non collectionneurs ou directeurs de musées , une petite boutique de trucs estampillés ou non Art Basel vous tend les bras , exemple une paire de lunettes pour CHF39.

L’olivier : l’arbre de la discorde , un comble !

Oliviers Art Basel Unlimited 2019 Photo VB
Oliviers Art Basel Unlimited 2019©VB

En guise d’accueil à Art Unlimited , 8 majestueux oliviers d’âge canonique ( entre 300 et 700 ans ) ont été déposés là comme les gardiens du temple. Ils sont censés nous faire prendre conscience de l’équilibre fragile entre la civilisation et la nature . C’est écrit sur les tablettes et cela suscite la polémique . L’installation  titrée Use/Abuse” a été envisagée par Enzo Enea, architecte paysagiste de Rapperswil Jona. Il aimerait montrer que nous donnons trop peu de place aux arbres dans nos villes. Dans les années 70 , nous reprenions en choeur Maxime Le Forestier , chantant à tue-tête très fortement convaincus : Comme un arbre dans la ville , j’ai grandi entre béton et bitume où mes frères des forêts aux racines engrillagées se débattent pour pousser . Conclusion numéro1  : rien n’a changé . Conclusion numéro 2 : est-ce bien charitable pour nos vénérables de les emprisonner de telle sorte après les avoir trimballé sans complexe depuis leur Italie natale là où un adepte de l’Arte Povera se serait contenté d’une branche morte et peut-être d’un feuille d’olivier moribonde pour passer le même message ? je m’interroge cher Enzo Enea.

Note – pour le plaisir-  à l’attention de celle ou celui qui lira : ” Depuis l’Antiquité, l’olivier que la déesse Athéna fit sortir de terre, est le symbole d’Athènes et représente la force et la victoire, la sagesse et la fidélité, l’immortalité et l’espérance, la richesse et l’abondance. La paix en quelque sorte ; d’ailleurs , la colombe ne transporte-t-elle pas en son bec un rameau d’olivier ? 

20 ème édition d’Art Unlimited 2019 : grandiose , bruyant , causant !

Unlimited présente  75 oeuvres  en 2019

Sislej Xhafa Ovoid Solitude  Art Basel 2019  Photo VB
Sislej Xhafa Ovoid Solitude Art Basel 2019 ©VB

Après 8 ans de bons et loyaux services , c’est Giovanni Carmine qui succèdera à Gianni Jetzer pour Art Unlimited en 2020 .Conservateur et critique d’art, Giovanni Carmine est directeur de la Kunsthalle Saint Gallen depuis 2007, où il a organisé des expositions d’artistes tels que Ryan Gander, Lawrence Abu Hamdan, Sylvia Sleigh, Hassan Khan, Amalia Pica, etc. Carmine a déjà été commissaire de plusieurs projets internationaux, dont le Pavillon suisse à la 55e Biennale de Venise en 2013 avec une présentation de Valentin Carron.

La plupart à vendre , préparez vos porte-feuilles , les prix sont en proportion de la taille des installations ! Une des plus gigantesques : L’œuvre performative du Kosovar Sislej Xhafa. Dans “Solitude Ovoïde” (2019), l’oeuvre n’est pas à vendre : ainsi le vieux cubain , Raul Portillo Sama 80 ans , déplacé de sa native Havane et replacé pour Art Basel par l’artiste Kossovar Sislej Xhafa, au milieu de son magasin d’oeufs ; pas facile à interpréter voire dérangeant mais plutôt impressionnant par le contraste formé par l’immensité du mur de tôle figurant la boutique et l’encadrement de porte enfermant le vieux monsieur .(Galleria Continua). Bunny Rogers ,née en 1990 , la  plus jeune artiste d’Unlimited , présente une nouvelle série de 15 autoportraits, Self-portrait as Clone of Jeanne d’Arc, ( référence au show MTV Clone High )générés par ordinateur qui explorent les réactions ambivalentes au massacre de l’école secondaire Columbine en 1999 et qui incorporent la découverte par l’artiste d’une sous-culture adolescente qui s’intéresse aux tireurs impliquant parfois une certaine fascination( Société Galery ). 15 autoportraits pour les 15 morts de Columbine  comprenant les assassins : Eric Harris, Dylan Klebold .

L’artiste Do Ho Ho Suh a créé sa première sculpture “Hub” comme une version en tissu de sa maison qui pourrait s’effondrer pour tenir dans une valise. “L’idée était d’emporter sa mémoire et sa culture dans une valise et de se réconforter quand on est à l’étranger”, explique Rachel Lehmann, co-fondatrice de la galerie Lehmann Maupin . L’œuvre “Hub, 260-7 Sungbook-Dong, Sungbook-Ku, Séoul, Corée” de 2017 mesure environ 10 mètres de long et, malgré son aspect délicat, n’est pas légère non plus, en raison de sa structure en acier inoxydable très mince.
Depuis sa création en 2000, Unlimited, qui n’est proposé qu’à la foire de Bâle, s’est révélé être un tirage particulièrement populaire. La plupart des personnes présentes à la foire – il y en avait 95 000 l’an dernier – devraient visiter la section, non seulement pour l’effet d’émerveillement des œuvres, mais aussi pour la pertinence de l’offre.

Alicia FramisLifeDress’ (2018) se compose d’une ligne de vêtements faits de matériaux d’airbags conçus pour protéger les femmes du harcèlement ; du plus bel effet , on en porterait très volontiers ! L’artiste chinois Xu Zhen place son Nirvana sur des tables de jeu , 6 jeux de roulette et baccarat , dont les cases numérotées  et le fond sont emplies consciencieusement de pigments fins , pour être ensuite balayés au sens propre : faire , défaire , le mythe de Sisyphe réinterprété à l’orientale : selon le directeur de la galerie Uli Zhiheng Huang , le Nirvana canalise l’étreinte du bouddhisme pour la création et la destruction dans un contexte ” puriste contre capitalisme “. la totalité de l’oeuvre était disponible pour 350 000$ ; les tables sont également à la vente. 

Xu Zhen Nirvana 2019 Art Basel 2019  photo VB
Xu Zhen Nirvana 2019 Art Basel 2019 ©VB

Non , Breathing , l’oeuvre deMonica Bonvicini( 54 ans ) ne réfère à aucune pratique sado-masochiste , quoique…- c’est ce que pourraient évoquer le balaiement bruyant de la grappe de ceinture noires au sol – L’artiste italienne avait décroché un lion d’or à la Biennale de Venise , sa ville natale, il y a 20 ans . Il vous en coutera – seulement- 220 000 € auprès de la galerie Peter Kilchmann si vous êtes interessés !Olaf Nicolai a imaginé cette immense basket Nike ,  Big Sneakers ( The Nineties ) 2001 , reproduction parfaite du modèle Air Max porté par la moitié de la planète Djeun dans les années 90 ; on peut s’installer confortablement à l’intèrieur de la chose gonflable et légère donc,  ou en faire le tour en (re) lisant le texte de Zadie Smith A short Catalogue Of Things That You Think You Want . Bon , le but est louable , parfois , nous utilisons notre cerveau (galerie Eigen+Art Berlin ). Le Carwash de Daniel Knorr trône en plein milieu de la grande Halle d’Unlimited; on y lave des voitures en carton à grands coups de peinture projetée , une sorte de blanchiment allusif en version multicolore , pendant que défile un répertoire didactique des différents styles artistiques des années 60/70 , Op Art , Ready Made , Tachisme , Surrealisme … 

Olaf Nicolai Big Sneaker Art Basel Unlimited 2019 Photo VB
Olaf Nicolai Big Sneaker Art Basel Unlimited 2019©VB

Aggregate’ (2017-2019) : la performance d’Alexandra Pirici sélectionnée pour le projet d’Art Basel sur Messeplatz

Art Basel 2019 présente ‘Aggregate’ (2017-2019), un environnement performatif de la chorégraphe  roumaine Alexandra Pirici, organisée par Cecilia Alemani pour la Messeplatz de Bâle. Reconnue pour la mise en scène d’actions complexes et de chorégraphies en direct, Pirici explore souvent dans son travail des manifestations symboliques de l’histoire, des notions individuelles et collectives de la présence corporelle et des structures du pouvoir. Alexandra Pirici réunit ici plus de 60 interprètes qui forment un vaste corps collectif .

Alors que les spectateurs se promènent dans ce paysage performatif, les danseurs et les comédiens se mélangent harmonieusement avec le public. Les danseurs choisissent d’improviser la façon dont ils combinent des éléments individuels à partir d’un large choix de matériaux chorégraphiques, y compris des extraits de chansons pop comme’Enjoy the Silence’ de Depeche Mode (1990). En identifiant et en mettant en évidence les fragments d’une conscience collective,’Aggregate’ invite les spectateurs à réfléchir sur la façon dont les identités sont construites et réalisées, et dont la collectivité est construite par la collecte sélective, la multiplication et l’hybridation des connaissances et des informations. 

La nouvelle édition de’Aggregate’ à Art Basel 2019 est présentée dans un pavillon temporaire nouvellement conçu sur la Messeplatz inspiré par les coupoles géodésiques de l’architecte américain Buckminster Fuller et par les espaces d’isolation médicale.  Aggregate’ a été présenté pour la première fois au Neuer Berliner Kunstverein en 2017 et a ensuite été présenté lors de la première édition de la semaine Art Basel Cities à Buenos Aires en septembre 2018 dans le cadre de’Hopscotch (Rayuela)’, également organisé par Cecilia Alemani.

Alexandra Pirici Art Basel Messe 2019 Photo VB
Alexandra Pirici Art Basel Messe 2019©VB

Gagosian ouvre une nouvelle galerie à Bâle 

Tout va bien pour Larry Gagosian . Après avoir réalisé 880 millions de dollars de chiffre d’affaire en 2018 , le galériste installe à Bâle sa 13ème filiale qu’il inaugure avec l’exposition de groupe Continuing Abstraction. Le nouvel espace est situé au Rheinsprung 1 et ouvre ses portes à l’occasion d’Art Basel 2019. L’exposition explore la trajectoire de l’abstraction aux États-Unis et en Europe depuis l’immédiat après-guerre jusqu’à nos jours, en retraçant les diverses approches de la matérialité et du geste des artistes – de la peinture coulée  de l’expressionnisme abstrait aux innovations multiréférentielles à l’avant-garde de la peinture actuelle.

Les premières œuvres incluses sont de Willem de Kooning : Janvier (1947-1948) et Untitled (1948). Ces peintures servent de pivot entre l’abstraction basée sur l’observation et la non-objectivité qui caractérise une grande partie de l’abstraction américaine d’après-guerre. Dans Moon Vibrations de Jackson Pollock (v. 1953-55),  la toile devient  l’acte même de peindre. Dans With Blue d’Helen Frankenthaler de la même année, les événements se déroulent plus lentement, avec des zones de peinture semi-transparente imbibées dans la toile au fil du temps ; et dans des œuvres de Cy Twombly et Robert Ryman de la fin des années 1950 et du début des années 1960, le geste oscille entre lisibilité et obscurité . Untitled (Capri 50.85) (2018) de Mark Grotjahn pousse le geste répétitif à un nouvel extrême, avec ses arcs de peinture épais .

ART BASEL 2019 

Art Basel 2019 Photo VB
Art Basel 2019 ©VB
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