Silhouette. Le corps mis en forme Musée historique Lausanne

Musee Historique de Lausanne Silhouette Le corps mis en forme

Le Musée historique Lausanne propose  Silhouette. Le corps mis en forme jusqu’au 29 septembre

Du 11 avril au 29 septembre, Silhouette. Le corps mis en forme remonte le temps jusqu’au 17e siècle dans un dressing fabuleux retraçant les us et coutumes propres à l’habillement, ses formes, ses étoffes, ses rituels à travers des pièces issues majoritairement de la collection du musée. Le style contemporain ne sera pas en retrait, immortalisé dans les rues de Lausanne par la photographe et directrice artistique Christiane Nill. 

LE CORPS SOUS TOUTES SES COUTURES

Rapport du corps au vêtement, variations des volumes, réinvention des lignes à travers les époques: le Musée historique Lausanne présente Silhouette. Le corps mis en forme, sa première exposition temporaire depuis sa réouverture en 2018, l’année de son centenaire.

Dès son origine, le vêtement remplit de multiples fonctions, il protège, il sublime, il signifie l’identité sociale. Hanches affinées ou élargies, jambes galbées, torse bombé, taille à hauteur variable, seins pigeonnants ou aplatis: l’habillement modifie la perception du corps à l’infini. Au Moyen-Âge, l’essor du luxe doublé de l’apparition de la notion de mode dans le courant du 17e siècle attribue une nouvelle fonction au vêtement: il sculpte la silhouette.

DANS LE DRESSING DE NOS ANCÊTRES

Cette réinvention incessante des formes, des lignes et des volumes au fil des saisons et des époques concerne autant la garde-robe féminine que le vestiaire masculin. D’où l’apparition d’un riche vocable haut en couleurs ! Des robes, des paniers, des faux-culs, corsets, des pièces d’estomac pour elle. Des redingotes, des braguettes, des vestes, des gilets, des costumes, des culottes pour lui. Au fil du temps se trame l’enjeu du vêtement, tout sauf futile. On s’habille par goût personnel, mais ne le fait-on pas aussi en fonction du regard des autres ?

DU RANG !

La contrainte sociale existe: celle des lois somptuaires promulguées entre les 16e et 18e siècles avec plus ou moins de succès, pour limiter les dépenses jugées excessives et garantir la séparation des classes sociales : un domestique ne doit pas être confondu avec son maître. Ça non! Depuis le 19e siècle à nos jours, les « règles » établies, souvent malmenées par la mode, ont les reins solides. Si aujourd’hui les questions liées aux genres entrouvrent de nouveaux horizons, beaucoup de gens jugeront encore comme   un acte de transgression un homme portant une jupe.

UN BOND DE L’HISTOIRE AU STREET STYLING

Des salons et bals d’antan, la mode est descendue dans la rue pour y faire sa révolution du style dans la deuxième moitié du 20e siècle. Silhouette. Le corps mis en forme fait ainsi audacieusement dialoguer les époques jusqu’à nos jours, en dévoilant le travail très abouti de la photographe et directrice artistique Christiane Nill, qui immortalise des looks dans les rues de Lausanne.

Depuis son apparition au 17e siècle, la mode et son industrie sont au centre des enjeux sociétaux. Bien avant l’émergence de la «slow fashion» en écho à la responsabilité sociale et environnementale représentant le grand défi de notre ère, l’habillement met en lumière le savoir-faire des métiers de la confection, le raffinement, la distinction sociale et tant d’autres attributs sur lesquels se cristallisent les silhouettes à travers les époques.

TOUR D’HORIZON EN TROIS SALLES DE LA 2D À LA 3D

Plutôt que remonter le temps de façon sommaire et chronologique, Silhouette. Le corps mis en forme – dont les pièces proviennent en majorité de la collection du Musée historique Lausanne – crée des liens entre les siècles afin de permettre aux spectateurs de se projeter dans le temps en adoptant une posture autant contemplative qu’immersive.

Silhouette. Le corps mis en forme se déploie dans trois salles et autant d’ambiances différentes. Confiée à trivial mass, la scénographie de l’exposition invite le public dans un dédale sous forme de lèche-vitrines dans une capsule temporelle allant du 17e siècle à nos jours. La visite commence par un espace réservé aux lignes féminines avec des robes aux coupes tantôt somptueuses tantôt délicates, dialoguant avec les lignes masculines, construites sur mesure de l’attitude « torse bombé» en redingote de l’idée que l’on se faisait du mâle conquérant dans le passé.

LE BAL DES FAUX-CULS

Porter son attention sur la silhouette, c’est regarder non seulement la forme générale, mais surtout se préoccuper des variations de volumes et de courbes de certaines parties du corps.

Au cours de l’histoire de la mode, le vête- ment a traversé d’innombrables fluctuations, tant au niveau du volume de la jupe et de la poitrine— de l’homme autant que de la femme— la forme des jambes, la largeur des épaules, des cols et la hauteur de la taille à géométrie variable, la silhouette n’a cessé d’évoluer au fil du temps.

Mais venons-en aux fesses, cette partie de l’anatomie féminine qui attire l’attention depuis fort longtemps. Effacées au Moyen-Âge, elles s’imposent dès le 17e siècle avec l’avènement des robes circu- laires en forme de cloche. Un siècle plus tard, ce sont les hanches qui sont mises en valeur, pendant que l’avant et l’arrière de la robe sont aplatis, c’est la mode des paniers. Plus élégant que son autre défini- tion de vrai hypocrite, le faux-cul désigne ce fameux volume ajouté sous la jupe des femmes au niveau des reins pour donner de l’ampleur au séant au 19e siècle, en contraste absolu avec le siècle précédent.

Mis à part la technique du flou qui se façonne en drapage à même le mannequin, les pièces construites requièrent des techniques prenant en  compte  le corps et ses formes tout en alliant l’aisance à l’esthétique. Il s’agit du patronage, soit les différentes pièces assemblées constituant un vêtement. Cette technique s’adapte aux formes du corps et du développement des tailles.

L’accumulation de couches de tissus cousues ensemble est une manière de rigidifier une forme, comme dans le cas des pourpoints du Moyen-Âge et de la Renaissance. Une technique réinterprétée notamment par l’artiste contemporaine Malou Zryd pour ses sculptures en forme de manteau. Certaines pièces requièrent plus de rigidité pour donner un volume plus important, on utilise alors la technique de l’empesage à l’aide d’amidon de blé. La fraise, cette collerette qui au 17e siècle forme un véritable plateau pour la tête, en est un parfait exemple. Constituée de tissu d’une grande finesse, elle consomme beau- coup d’étoffe, jusqu’à 17 mètres pour les plus grandes, et son bord est replié en plis arrondis réguliers, les godrons. Enfin, pour les très grands volumes de la jupe, on recourt à des superpositions de jupons, voire à de véritables constructions mécaniques, comme les crinolines et les tournures, qui prennent place sous les vêtements.

MODE IN LAUSANNE

Deux créateurs lausannois sont à l’honneur de Silhouette. Le corps mis en forme. Le premier, Olivier Chabloz, a créé sous son propre nom à Montreux après avoir travaillé pour de grands couturiers pari- siens dans les années 60. Styliste formée à l’École de couture de Lausanne, puis au Technicum de Lugano, Geneviève Mathier a travaillé pour des maisons de confection à Zürich avant de lancer sa propre marque, Cicatrice, en 1984.

STREET STYLE LAUSANNOIS

Une collection d’instantanés de styles vestimentaires de la rue. Exploration artistique, étude socio- logique ou encore instantané de la culture urbaine lausannoise, tel pour- rait être la description du  travail  réa- lisé par la photographe Christiane Nill durant toute la durée de l’exposition. Son objectif : trouver des personnes dont le point commun est de manifester un intérêt fort pour l’habit, un véritable rapport de connivence à ses vêtements. Ce projet, soutenu par Arts Visuels Vaud, se présente comme un témoignage de la diversité des styles et de l’imagina- tion vestimentaire que l’on peut trouver à Lausanne.

UNE EXPOSITION CONÇUE ET RÉALISÉE PAR LE MUSÉE HISTORIQUE LAUSANNE

Commissaire de l’exposition:       Claude-Alain Künzi

Directeur du musée:       Laurent Golay

Scénographie et graphisme:       trivial mass (Lausanne)

Catalogue: Silhouette. Le corps mis en forme, textes de Claude-Alain Künzi, Soline Anthore Baptiste, Sylvie Costa, Laurent Golay, Diana Le Dinh, éditions MHL et Favre (Lausanne et Paris)

Musée historique Lausanne
Place de la Cathédrale 4
1005 Lausanne

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